<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163</id><updated>2012-01-07T21:22:38.583+01:00</updated><title type='text'>airelibre</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>379</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7394650816427012884</id><published>2012-01-07T21:21:00.000+01:00</published><updated>2012-01-07T21:22:38.593+01:00</updated><title type='text'>Confessions d'un directeur solitaire</title><content type='html'>Quand j’ai pris en charge la SNIPE, société éditrice de La Presse et d’Essahafa,  le 21 janvier 2011, l’entreprise était dans une situation très difficile. Le service commercial, épine dorsale de la société, était hors de contrôle, ce qui ouvrait la voie aux malversations, petites et grandes,  et l’administration dans un état de totale désorganisation, sans parler de la rédaction, désorientée face à la nouvelle liberté d’expression dont on ne savait trop quoi faire.&lt;br /&gt;La  première décision que j’ai dû prendre en toute urgence était de nommer une personne compétente et surtout honnête à la tête du service commercial, le but étant de couper l’herbe sous les pieds des personnes peu scrupuleuses qui, sans laisser de traces compromettantes, se remplissaient les poches et arrondissaient grassement leurs fins de mois.&lt;br /&gt;La seconde décision était de choisir au poste de directeur administratif et financier une personne connue pour sa compétence, sa probité et sa maîtrise du droit administratif, dans le but de mettre de l’ordre dans une administration anarchique et juguler le flux massif de revendications qui  relevaient beaucoup plus de la surenchère syndicale que des droits des travailleurs, amplement respectés par la SNIPE.  A titre d’exemple, une femme de ménage à La Presse est payée entre sept cents et huit cents dinars par mois et un gardien peut, avec les heures supplémentaires, se faire jusqu’à 1200 dinars mensuels, sans compter les primes de rendement trimestrielles, le treizième mois et autres avantages sociaux accordés généreusement au personnel, toutes catégories confondues.&lt;br /&gt;Mais le plus grave problème auquel j’étais confronté était l’hémorragie financière qui s’élève quotidiennement à plus de 5000 dinars et qu’Essahafa fait subir à la SNIPE. Cela équivaut à 2 milliards par an, et quand on multiplie ce chiffre par les 23 années d’existence de ce journal, on comprend pourquoi La Presse est le seul grand journal qui n’a pas de siège moderne et pourquoi il est toujours dans l’incapacité d’acquérir une rotative performante, continuant de se faire imprimer par une rotative acquise il y a vingt ans et tombant répétitivement en panne.&lt;br /&gt;La longue persistance du quotidien Essahafa contre toute logique économique, journalistique et éthique a été imposée par le régime déchu qui l’utilisait comme point de ralliement des journalistes qu’il chargeait de missions douteuses, ou qu’il voulait faire taire et neutraliser en leur assurant un revenu fixe, parfois en contrepartie de la simple appartenance au journal, sans obligation aucune de produire ou de justifier leurs salaires. Je ne dis pas que tous les journalistes d’Essahafa étaient liés par des relations douteuses au régime corrompu de Ben Ali, mais certains l’étaient indubitablement et je révèle là, un secret de polichinelle.&lt;br /&gt;Essahafa est une incongruité dans le monde journalistique. Il est le premier, et sans doute le dernier, journal dans l’histoire mondiale de la profession qui, avec plus de 60 journalistes, vend une moyenne de 100 numéros par jour, provoque une hémorragie financière insoutenable pendant 23 ans et qui plus est se réfère aux « principes de la révolution » pour défendre l’existence de cette incongruité.&lt;br /&gt;J’ai eu la chance de visiter en 2003 au Japon l’Asahi Shimbun, un quotidien qui forme avec le journal Essahafa l’autre extrémité du très large spectre du journalisme mondial. Ce journal tire à huit millions d’exemplaires le matin et à quatre  le soir. Sur ce total de 12 millions d’exemplaires, plus de dix sont vendus, c’est-à-dire plus que la population tunisienne. Et le plus cocasse est que les journalistes japonais, lus par dix millions de personnes, sont d’une modestie et d’une humilité introuvables chez bon nombre de journalistes d’Essahafa, lus par cent personnes...&lt;br /&gt;Le plus tragique dans cette histoire de ce journal est qu’elle a permis le développement d’une mentalité méprisable, consistant pour certains journalistes à s’inscrire aux abonnés absents tout en percevant le salaire et tous les avantages accordés aux journalistes, aux employés et aux techniciens qui suent et dont le travail et  l’abnégation ont fait que la SNIPE ne s’effondre pas.&lt;br /&gt;En avril dernier, et dans le cadre de mes responsabilités de limiter les dégâts financiers occasionnés par Essahafa, j’ai proposé que ce quotidien boiteux devienne un journal électronique et qu’on crée un hebdomadaire qu’on lancerait sur des bases saines. Evidemment, il était hors de question de renvoyer quiconque. &lt;br /&gt;Cette proposition  a servi de prétexte pour qu’on me fasse subir le désormais classique « Dégage », et a servi surtout à voiler le vrai motif d’animosité à mon égard : la note de service signée fin avril  qui informait les journalistes d’Essahafa qu’à partir du premier mai, la fête du travail, aucun salaire n’allait être versé à ceux qui ne travaillaient pas. C’était suffisant pour que je fusse astreint à travailler pendant six semaines à partir de chez moi, et que les journalistes d’Essahafa remuassent ciel et terre pour avoir un nouveau PDG. En vain, les responsables de l’Etat étant au courant de tout.&lt;br /&gt;Ma tentative de limiter ces dégâts financiers a échoué, car je me suis retrouvé désespérément seul, sans le moindre soutien gouvernemental ou syndical pour imposer une décision exigée par l’impératif de survie de l’entreprise, et par l’impératif moral : mettre fin à cette pratique de salaires indus, héritée du régime corrompu.&lt;br /&gt;Le plus extraordinaire est que le syndicat de base de l’Ugtt de l’entreprise n’a même pas pris une attitude de neutralité. Bien au contraire; il a pris fait et cause pour le maintien du versement des salaires injustifiés, encourageant la mauvaise gestion et faisant fi de l’hémorragie financière qui met en danger l’entreprise. Je souhaiterais tant que l’Etat me demande des comptes sur les salaires indus dont j’ai signé le versement pendant un an. Je souhaiterais vivement que la justice se saisisse de ce dossier et me demande des éclaircissements sur  ce qu’il faut bien appeler une dilapidation de l’argent public. Je souhaiterais avoir l’occasion de répondre sur le pourquoi et le comment de la chose et fournir la liste de ceux qui ont empoché indûment l’argent public. Je souhaiterais du fond du cœur que mon successeur ait les soutiens dont je n’ai pas bénéficié, afin de mettre fin à ce pillage éhonté de l’argent public.&lt;br /&gt;J’ai été victime, en avril-mai, d’un lynchage médiatique affreux, rien que pour avoir osé traiter les survivances pourries de l’ancien régime et défendre les intérêts de l’entreprise qui fait vivre des centaines de familles. Si je n’avais pas répondu alors, c’était pour ne pas ajouter de l’huile sur le feu et donner le prétexte à des « militants » surexcités d’entraver encore plus la marche du journal, à un moment où l’anarchie sévissait dans les quatre coins du pays. N’avaient-ils pas poussé l’indécence jusqu’à aller « louer » les services des badauds de l’Avenue Bourguiba, comme on louait auparavant les pleureuses pour les funérailles, pour venir devant les locaux de La Presse conspuer un PDG qu’ils ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam et qu’ils n’avaient jamais vu de leur vie ? L’un de ces énergumènes s’est même présenté le lendemain au service commercial du journal, exigeant d’être payé pour ses « services ». Et quand la directrice commerciale lui demanda de quels services il s’agissait, il déplia une pancarte sur laquelle était écrit « Hmida Ben Romdhane, dégage »...&lt;br /&gt;Ma surprise est grande de voir maintenant la reprise du lynchage médiatique contre le PDG de la SNIPE sans que la moindre raison sérieuse ne puisse être invoquée. Le communiqué signé jeudi dernier par le secrétaire général du syndicat de base de l’Ugtt, Nabil Jmour, et le représentant du syndicat des journalistes, Zied el Heni, est un tissu de mensonges, de surenchère motivée par la panique du syndicat de base de voir le multi-syndicalisme sur le point de s’installer au sein de la SNIPE, mais aussi par la haine inextinguible que voue le dénommé Zied el Heni à ma personne.&lt;br /&gt;Passons sur les rumeurs sans fondement concernant la prochaine vente de la SNIPE ou sur l’intention que ces deux là m’attribuent de vouloir m’accrocher à mon poste, auxquels on ne peut répondre que par le mépris. L’un des points qui ont attiré mon attention est l’exigence par ces deux messieurs de « mettre à l’écart les éléments corrompus » de l’entreprise. Malheureusement, ils n’ont pas été plus explicites pour nous éclairer sur l’identité de ces « éléments corrompus ». Des deux choses l’une : soit ils visent les gens qui continuent de piller l’entreprise en se faisant servir des salaires indus, et là j’applaudis et apprécie toute aide qui va dans le sens souhaité par l’écrasante majorité des gens honnêtes, soit ils  visent d’autres personnes innocentes et là une explication s’impose. &lt;br /&gt;Commençons d’abord par Nabil Jmour. Ce monsieur a été engagé il y a une vingtaine d’années en tant que correcteur contractuel au journal La Presse avec pour tout bagage académique un baccalauréat et des études inachevées dans une école vétérinaire. Après trois contrats successifs, on a eu la grande surprise de voir Nabil Jmour engagé au sein de l’entreprise en tant que ...chef du service personnel. Allez savoir la relation entre des études vétérinaires inachevées  et le service du personnel d’une grande entreprise de presse qui ne manquait pas alors de cadres compétents. Mais il y a un argument massif : Nabil Jmour et le nouveau PDG de l’époque qui l’avait engagé sont tous deux de Ksar Hélal. &lt;br /&gt;Mais ce n’est pas tout. Le départ rapide du PDG en question a fait que le chef du service du personnel se retrouve en train de patauger tout seul sans soutien et sans les compétences requises pour le service. Le résultat logique était sa mutation dans un autre service, le service social, en l’occurrence. Et là commence la collection des casseroles nouées à la taille de Nabil Jmour, une collection peu honorable qui a continué après sa mutation au service Messagerie. Il a eu la chance de trouver des gens influents pour l’aider à mettre ces casseroles en mode silencieux de sorte qu’elles soient inévitablement visibles par ceux qui connaissent le personnage mais ne fassent pas de bruit. Et là une bonne question se pose : qui a protégé Nabil Jmour ?&lt;br /&gt;Maintenantm venons-en à Zied El Heni. Dans quelles conditions a-t-il émigré du journal Echourouk à Essahafa en passant par Amnesty International ? Je l’ignore. Il est nul en journalisme dans le sens professionnel du terme et très fort en diffamation, attaques basses et insultes qu’il profère très généreusement contre ses directeurs et certains de ses collègues à travers son blog « Journaliste tunisien ».  Les « Bouguerriat » et les « Barhoumiat » publiés contre l’ancien et l’actuel directeurs d’Essahafa, Abdeljélil Bouguerra et Ibrahim Khlifi, sont des pamphlets infects où des hommes sont traînés dans la boue, rien que parce qu’il convoite leur poste.&lt;br /&gt;Pourtant, je lui ai donné sa chance en le nommant, février dernier, au poste de directeur  dont il a toujours rêvé. Je l’avais même aidé en convaincant ses collègues, qui étaient contre sa nomination, de la nécessité de lui accorder cette chance. Il l’a lamentablement ratée, décevant aussi bien ses collègues que le PDG qui l’a nommé. &lt;br /&gt;Il n’était pas seulement peu professionnel et incompétent pour le poste. Il s’était livré à une gravissime manipulation mettant dans une situation très embarrassante le journal public qu’il a dirigé en février-mars et l’Etat tunisien qui en est le propriétaire. &lt;br /&gt;Le 21 mars, il disait avoir reçu un « fax » de la communauté libyenne en Tunisie qui « dénonce les réactionnaires et présente son appui indéfectible au colonel Kadhafi », alors en pleine guerre contre son peuple qu’il qualifiait de « rats ». L’étonnant est que cette « communauté libyenne » ne connaisse que le fax du journal Essahafa auquel elle décide d’envoyer son « communiqué ».  De deux choses l’une : ou cette « communauté » tenait absolument à ce que son message passe inaperçu, et c’est pour cette raison qu’elle l’a envoyé à Essahafa, ou alors c’est une manipulation de Zied El Heni qui préparait son voyage à Tripoli.&lt;br /&gt;La suite des événements a prouvé que la seconde hypothèse était la bonne. Quiconque feuillette le numéro d’Essahafa du 22 mars dernier remarquera en page 5 le « communiqué » de la « communauté libyenne en Tunisie », suivi d’un commentaire très flagorneur, chantant les louanges d’un dictateur sanguinaire Moammar Kadhafi, signé « Abbassi » qui n’est autre que Zied El Heni.&lt;br /&gt;Pourquoi tout ça ? Parce que le bouillonnant syndicaliste avait besoin de montrer des preuves d’allégeance à la clique de Kadhafi qui massacrait alors le peuple libyen. Le problème est que, voulant montrer son allégeance à lui, il a compromis l’Etat tunisien qui n’a jamais proféré un mot de soutien à Kadhafi et qui se trouve engagé dans cette voie par des calculs douteux et des manipulations futiles de l’éphémère directeur d’Essahafa. Evidemment, les courbettes du « journaliste tunisien » ne s’arrêtaient pas là. Il a continué à courber l’échine à Tripoli sur les ondes hertziennes de la chaîne nationale libyenne, dominée alors par la clique kadhafiste, « performance » que beaucoup de collègues ont vue. &lt;br /&gt;Par ailleurs, des dizaines de journalistes et d’employés se demandent en contre partie de quoi Zied El Heni perçoit son salaire ? On le voit tous les jours gesticuler et rendre visite aux différents services, pour médire du PDG ou pour lancer ses flèches acérés contre telle personne ou telle autre. Quant au travail et à la production, la collection du journal Essahafa est là pour témoigner de l’extrême indigence de ses contributions journalistiques. &lt;br /&gt;Telle est la triste vérité de ces deux personnages qui mènent une campagne médiatique virulente contre le PDG et le directeur administratif et financier de la SNIPE, Hmida Ben Romdhane et Abdelfattah Raddadi. Le premier a servi La Presse pendant 25 ans et écrit des milliers d’articles et des douzaines de reportage dans le monde, aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, au Cambodge, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan et dans plusieurs autres pays d’Europe, d’Afrique et du monda arabe. En tant que PDG et pendant un an, j’ai fait de mon mieux dans des conditions de turbulence extrême à maintenir l’entreprise la tête hors de l’eau et le journal sur la voie de la liberté d’expression nouvellement acquise. Le jour où mon successeur sera nommé, je quitterai pour une retraite bien méritée, la tête haute et la conscience tranquille.&lt;br /&gt;Quant à M. Raddadi, la haine que lui vouent certains employés, et surtout les « militants », est due à sa connaissance de la loi et à sa détermination à l’appliquer. Et à ce titre, il est le meilleur défenseur des intérêts de l’entreprise, et, par conséquent, des intérêts des employés, y compris les intérêts de ceux qui le détestent. Parmi eux figure le secrétaire général du syndicat de base qui n’apprécie guère qu’il se dresse comme un barrage face à certaines de ses  revendications, dont la satisfaction nécessite forcément la violation de la loi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7394650816427012884?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7394650816427012884/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7394650816427012884' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7394650816427012884'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7394650816427012884'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2012/01/confessions-dun-directeur-solitaire.html' title='Confessions d&apos;un directeur solitaire'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3380453988291697583</id><published>2011-10-22T19:18:00.001+02:00</published><updated>2011-10-22T19:18:37.077+02:00</updated><title type='text'>Votons, nous serons tous gagnants</title><content type='html'>Aucun des deux seuls présidents que la Tunisie a connus en 55 ans n'a jugé utile ou nécessaire de donner la possibilité au peuple de s'exprimer librement à travers les urnes. De 1956 à 2009 (date de la dernière mascarade présidentielle), il y avait des élections certes, mais elles étaient plutôt objet de plaisanteries populaires que l'occasion pour les citoyens de choisir leurs gouvernants en toute liberté et en toute transparence. &lt;br /&gt; L'Américain qui a 60 ans aujourd'hui a vu défiler 11 présidents, d'Eisenhower à Obama, en passant par les Bush père et fils. Le Tunisien qui a 60 ans aujourd'hui a passé ses années d'enfance et de jeunesse sous un président-à-vie et ses années d'adulte sous un imposteur qu'on a pris 23 ans durant pour président de la république avant de découvrir qu'il n'était qu'un parrain à la tête d'un clan mafieux qui a mis le pays en coupe réglée.&lt;br /&gt; En ce dimanche 23 octobre, les Tunisiens les plus chanceux sont ceux qui viennent d'avoir 18 ans. Leur chance est qu'ils ont atteint l'âge de voter au moment où l'opportunité de véritables élections a enfin été offerte à ce pays. En fait, elle n'a été offerte ni par un homme providentiel ni par une puissance étrangère, mais arrachée par le peuple lui-même qui, un certain 14 janvier, s'est levé comme un seul homme pour exiger la liberté, la dignité et le droit au travail. Nous autres adultes et vieux n'avons pas eu cette chance quand on était à la fleur de l'âge, mais, comme disent nos amis français, mieux vaut tard que jamais.  &lt;br /&gt;  Depuis le 14 janvier, le peuple tunisien vit dans un environnement où la liberté côtoie la dignité. La liberté, les médias l'expérimentent avec des hauts et des bas depuis neuf mois, et le peuple va l'exercer aujourd'hui pour la première fois de son histoire. On va pouvoir être enfin gouvernés par des dirigeants que nous avons choisis et non par ceux qui se sont imposés par la force, la démagogie et la tricherie. &lt;br /&gt; Ce dimanche 23 octobre est l'une des journées les plus décisives de l'histoire millénaire de ce pays. Décisive dans le sens où elle constitue un test devant certifier si ce peuple qui a arraché il y a neuf mois sa liberté à une dictature féroce est capable d'en faire bon usage. &lt;br /&gt; La liberté est là et la dignité aussi puisque, ayant déboulonné le dernier dictateur, les Tunisiens marchent la tête haute. Le monde entier nous observe aujourd'hui et nous avons une occasion unique pour rendre notre dignité plus reluisante et plus étincelante encore en démontrant à ceux qui nous observent que nous méritons bien notre liberté.&lt;br /&gt; Ce qui nous est demandé n'est ni hors de portée ni au dessus de nos capacités, bien au contraire. Deux petites conditions doivent être remplies aujourd'hui si l'on veut prouver à nous-mêmes et aux autres que nous sommes un peuple mûr, un peuple libre, un peuple digne: voter massivement et dans le calme d'une part, et accepter le verdict des urnes d'autre part.&lt;br /&gt; L'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a fait un travail remarquable. En un temps record, ses membres se sont acquittés d'une tache titanesque qui consiste à mettre en place toutes les conditions techniques nécessaire et toute la logistique indispensable à un vote libre, honnête et transparent. Le gouvernement de son côté a débloqué l'argent nécessaire et mis à la disposition de l'Isie 42 mille hommes entre militaires et agents de forces de l'ordre pour veiller à la sécurité du scrutin. Aujourd'hui, c'est le tour des électeurs de faire preuve d'abnégation et du sens de la responsabilité en allant voter massivement et calmement. L'un des signes les plus fascinants de maturité et du sens de responsabilité des peuples démocratiques est la patience avec laquelle les électeurs se mettent en rang devant les bureaux de vote et attendent leur tour pour déposer le bulletin dans l'urne qu'il vente, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il grêle. On attend avec grande impatience aujourd'hui ces longues queues devant les bureaux de vote. Car plus longues sont les files d'attente, plus légitimes seront les élus. &lt;br /&gt; Mais évidemment, il ne s'agit pas seulement d'accomplir son devoir de citoyen libre, il s'agit aussi d'être fair-play et d'accepter le verdict des urnes. L'Isie et les milliers de contrôleurs nationaux et internationaux sont suffisamment intègres et suffisamment déterminés à accomplir leur devoir que la question de la transparence du scrutin ne devrait pas être posée.&lt;br /&gt; Des électeurs mûrs et des dirigeants responsables ne peuvent en ce jour historique se comporter avec cette mentalité de vulgaires joueurs de cartes qui jubilent quand ils gagent et renversent tout sur leur passage quand ils perdent. Une chose que les onze millions de Tunisiens doivent se mettre dans la tête: quels que soient les résultats de ce scrutin, nous serons tous gagnants. En effet, indépendamment des résultats, nous aurons tous gagné la course vers la démocratie entamée le 14 janvier. Nous aurons tous gagné le billet d'entrée dans le club très sélect des pays démocratiques. Votons donc, nous serons tous gagnants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3380453988291697583?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3380453988291697583/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3380453988291697583' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3380453988291697583'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3380453988291697583'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/10/votons-nous-serons-tous-gagnants.html' title='Votons, nous serons tous gagnants'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4792744368446761804</id><published>2011-10-15T16:45:00.000+02:00</published><updated>2011-10-15T16:46:22.854+02:00</updated><title type='text'>Ego surdimentionné et démocratie</title><content type='html'>Le destin de tout un peuple dépend des fois d'un détail d'une futilité à peine croyable. Tenez, nous autres Tunisiens par exemple, notre destin aurait pu être tout autre si le fondateur de la république, Habib Bourguiba, était plus modeste et moins égocentrique.&lt;br /&gt; Cet homme, qui avait beaucoup fait pour ce pays, avait raté l'essentiel: résoudre l'épineuse question de la transmission du pouvoir en douceur et pacifiquement, ce qui implique nécessairement l'édification d'institutions démocratiques. &lt;br /&gt; L'idée même de démocratie est incompatible avec la psychologie du premier président tunisien. Quelqu'un qui se permet, sans le moindre embarras, de se faire appeler pendant des décennies "Combattant suprême"; qui se délecte d'écouter à longueur de journées artistes, musiciens et poètes chanter ses louanges ; qui fait de son anniversaire personnel un événement national où tout un pays est mobilisé pour tresser des lauriers à son chef ; qui considère la moindre critique comme une atteinte à sa dignité et à son honneur ; un tel homme est congénitalement incapable de gouverner démocratiquement et d'accepter l'idée de l'alternance au pouvoir.&lt;br /&gt; L'ego exagérément gonflé du "Combattant suprême" constituait une sorte de barrage qui empêchait le peuple tunisien de s'exprimer librement, de critiquer son chef et de contester tel ou tel choix politique. L'immodestie absolue de Bourguiba l'a poussé à traiter par le mépris non seulement les règles démocratiques de base dont aurait pu et dû bénéficier le peuple tunisien depuis l'indépendance, mais, plus grave encore, à ignorer les règles implacables de la nature qui font que plus on avance dans l'âge, moins on est apte physiquement et mentalement à gouverner un pays et à diriger un peuple. &lt;br /&gt; Peut-être la décision la plus déshonorante de Bourguiba était de se faire couronner président à vie. Déshonorante pour lui d'abord, car, une vingtaine d'années après avoir destitué le bey, il se fait lui-même couronner roi. En effet, qu'est-ce qu'un roi sinon un gouvernant à vie? Déshonorante pour le peuple ensuite, car ma génération et celle de mon père vivions très mal cette condescendance diffuse en provenance de l'étranger, cette dévalorisation de la Tunisie et des Tunisiens qu'avait provoqué la manipulation de la Constitution tunisienne visant à transformer un président en roi.&lt;br /&gt; Le plus terrifiant dans tout ça est que la nature s'est furieusement vengée de la violation de sa loi relative à la vieillesse. Elle s'est vengée de celui qui a pris la décision de la présidence à vie. Le président à vie a fini en loque humaine où l'incontinence, les défaillances de mémoire et l'incapacité de faire deux pas sans se faire soutenir étaient les maux les plus visibles. Ceux qui ont la trentaine aujourd'hui  gardent sans doute quelques souvenirs d'enfance de ces apparitions télévisées scandaleuses d'un président amorphe, inconscient de sa fonction et de ses responsabilités.&lt;br /&gt; Mais la vengeance a atteint aussi le peuple qui a accepté sans broncher la décision contre-nature de la présidence à vie. D'abord en vivant pendant une longue période l'écrasante incertitude du lendemain avec tous les inconvénients et les répercussions négatives sur l'économie du pays et sur la psychologie collective de ses habitants. Ensuite en se retrouvant sous le joug d'une dictature mafieuse qui a duré 23 ans. Un long calvaire dont on aurait fait l'économie si Bourguiba était suffisamment modeste et raisonnable pour doter le pays d'institutions démocratiques, ce qui lui aurait évité sans doute les désagréments de l'incertitude et les angoisses face aux dangers de fin de règne et du vide politique.  &lt;br /&gt; Mais malgré un ego trop gonflé, en dépit d'une carrière de dictateur intraitable, Bourguiba, il faut le reconnaître, a rendu d'éminents services à ce pays. A un moment où d'autres dirigeants, comme le Chah d'Iran, réservaient jusqu'à 45% du budget de l'Etat au ministère de la défense, le nôtre consacrait le tiers du maigre budget de l'Etat au ministère de l'éducation nationale, au point de susciter les critiques des "experts" étrangers qui ne comprenaient pas qu'un seul secteur pût absorber à lui tout seul le gros des maigres ressources d'un pays pauvre.&lt;br /&gt; Avec du recul, on se rend compte maintenant que c'est grâce à cet investissement massif dans l'éducation que la Tunisie a pu négocier avec le minimum de dégâts le processus révolutionnaire qui a mis fin à une dictature pourrie et ouvert la voie à une démocratie balbutiante. C'est grâce à cet investissement massif que nous avons pu éviter le sort que nous souhaitait Kadhafi : la "somalisation" de la Tunisie. Dan une interview accordée à Nessma TV, le dictateur ubuesque disait redouter "la somalisation de la Tunisie". Mais tout le monde savait que son désir le plus ardent était de voir notre pays sombrer dans l'anarchie et le chaos. Il se préparait même à en être l'instigateur et il nous aurait fait sans doute trop de mal, n'eût été le déclenchement inespéré et in extremis de la révolution libyenne.&lt;br /&gt; Cette année, le peuple somalien est entré dans sa vingtième année de guerre civile déclenchée à la suite de l'effondrement de la dictature de Mohamed Siad Barré en 1991. La différence entre celui-ci et Bourguiba est que le premier a dirigé d'une main de fer la Somalie en cultivant l'ignorance et en nourrissant le tribalisme, le second a dirigé d'une main de fer la Tunisie en œuvrant à éradiquer ces tares mortelles. Les résultats sont clairement visible aujourd'hui: vingt ans après l'effondrement de leur dictature, les Somaliens s'entredéchirent encore. Trois jours après l'effondrement de la leur, les Tunisiens ont repris le travail et s'apprêtent à jeter dans dimanche prochain les premières fondations de leur démocratie naissante.       &lt;br /&gt; Cependant, force est de constater que cet investissement massif dans l'éducation n'a pas empêché l'éclosion d'un fanatisme obscurantiste qui tente actuellement de faire obstruction au développement démocratique que le pays entreprend laborieusement depuis le 14 janvier dernier. Mais s'il n'a pas empêché l'émergence de ce fanatisme obscurantiste, l'investissement massif dans l'éducation finira incontestablement par l'isoler et le pousser hors de l'environnement social et politique tunisien. Ce n'est pas la première fois que la lumière et l'obscurité entrent en collision. Mais chaque fois que ça arrive, c'est celle-la qui a toujours fini par l'emporter.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4792744368446761804?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4792744368446761804/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4792744368446761804' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4792744368446761804'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4792744368446761804'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/10/ego-surdimentionne-et-democratie.html' title='Ego surdimentionné et démocratie'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6070835396505842512</id><published>2011-10-11T11:30:00.001+02:00</published><updated>2011-10-11T11:31:16.535+02:00</updated><title type='text'>Criminelle en puissance</title><content type='html'>Elle est avocate et son nom sera tu par pitié. "S'il fait partie du prochain gouvernement, je l'assassinerai et j'irai me dénoncer", a affirmé cette femme à l'envoyé spécial du New York Times à Tunis, David Kirkpatick qui a rapporté cette grave menace proférée contre M. Beji Caid Essebsi dans un article publié par le quotidien new yorkais dans son édition du 4 octobre. &lt;br /&gt;De par sa fonction, cette femme de loi devrait connaître sur le bout des doigts les articles du code pénal relatifs à l'homicide volontaire et la vaste jurisprudence qui détaille les circonstances aggravantes. &lt;br /&gt;Pourquoi cette avocate, une illustre inconnue par ailleurs, a-t-elle choisi l'un des plus grands journaux du monde, les plus lus et les plus influents pour dévoiler sa face cachée de criminelle en puissance? Mystère. A moins qu'il y'ait quelque psychanalyste volontaire pour nous éclairer. &lt;br /&gt;En déversant sa haine intense contre le Premier ministre, en le menaçant d'assassinat, cette avocate tente de se placer sur le terrain politique en affirmant sans ambages au journaliste new yorkais :"Il (Caid Essebsi) est rejeté par le peuple". Voici donc les lecteurs américains édifiés sur l'impopularité de notre Premier ministre rien que parce qu'une illustre inconnue a décidé de parler au nom du peuple en confondant le sentiment particulier d'une avocate anonyme qui n'intéresse personne et le sentiment populaire, décisif dans le choix des dirigeants et l'élaboration de la politique nationale.&lt;br /&gt;Cette confusion et une personnalité troublée de criminelle en puissance interdisent à notre illustre inconnue l'accès au terrain politique et la confinent dans le terrain marécageux de la psychanalyse, voire de la psychiatrie, qui est le sien.&lt;br /&gt;En déclarant publiquement être prête à assassiner un Premier ministre s'il ose faire partie du prochain gouvernement, cette avocate donne la preuve de sa prédisposition à recourir à la violence radicale et absolue pour barrer la route à une personne contre laquelle elle est animée d'une grande haine. Par la même occasion, elle se présente comme l'exemple à ne pas suivre, le virus à isoler et à combattre pour ne pas contaminer un peuple qui s'apprête à désigner ses représentants non pas à travers des processus violents, mais à travers les urnes.&lt;br /&gt;Pourquoi l'avocate est-elle entrée dans un état de grave hystérie face au journaliste du New York Times au point de brandir la menace d'assassiner un vieil homme vénérable qui n'a pas cessé de servir son pays depuis 60 ans? Parce qu'elle a peur de le voir reconduit dans son poste de Premier ministre après le 23 octobre. &lt;br /&gt;Parlons-en un peu justement. M. Beji Caid Essebsi a affirmé qu'"en politique, la retraite vient avec la mort". Il y a là certainement un clin d'œil par lequel le Premier ministre a voulu attirer l'attention sur sa prédisposition à continuer à servir son pays tant que sa santé physique et mentale le lui permet. Y a-t-il là un quelconque problème? Certainement pas. Car, le Premier ministre, comme tout citoyen dans ce pays fraîchement libre, a le droit de dire ce qu'il veut, y compris le droit d'exprimer le vœu de servir son pays au-delà du 23 octobre. &lt;br /&gt;L'hystérie de l'avocate qui l'a transformée en criminelle en puissance est d'autant plus injustifiée que le Premier ministre n'a nullement l'intention d'utiliser les forces armées et de sécurité nationales pour s'imposer comme Premier ministre à vie. S'il a fait des signes destinés à la future autorité légitime signifiant qu'il est toujours disponible, celle-ci aura tous les droits de le reconduire ou de l'ignorer. &lt;br /&gt;Le président déchu et l'avocate hystérique ont un point commun: tous deux ont donné aux Américains une image déplorable de la Tunisie: le premier en se comportant en ignare obséquieux face au président le plus stupide des Etats-Unis, George Walker Bush. C'était au cours de son dernier voyage à Washington pendant lequel Bush fanfaronnait face à un Ben Ali qui avait l'air d'un écolier qui n'avait pas appris sa leçon. Pour ajouter l'insulte à la blessure, le président américain qui organisait des dîners en l'honneur de ses homologues étrangers, avait généreusement offert un "Big Mac" à Ben Ali qui, entre nous, au vu de sa piètre performance à la Maison Blanche, ne méritait pas plus. &lt;br /&gt;Quant à l'avocate qui a déclaré textuellement au New York Times : “If he stays in the coming government, I will assassinate him and declare that I did,” (S'il reste dans le prochain gouvernement, je l'assassinerai et j'irai me dénoncer), elle ne fait honneur ni à son pays ni à la profession qu'elle exerce. Que va penser le lecteur américain en lisant cette affirmation de l'avocate tunisienne? Il devrait se dire que si une avocate est capable d'assassiner un Premier ministre sans raison, de quoi serait capable alors le citoyen ordinaire?&lt;br /&gt;Mais heureusement que "Silbéji" est là. Il a rectifié le tir. Avec son air de vieux sage, sa vaste culture politique et sa longue expérience, il a représenté au mieux la nation tunisienne au cours du voyage officiel qu'il vient d'effectuer aux Etats-Unis. La standing ovation à laquelle il a eu droit au Congrès et l'accueil chaleureux que lui a réservé Obama au bureau ovale effaceront de la mémoire des Américains et des Tunisiens la piètre prestation de Ben Ali. Mais aussi la pulsion criminelle d'une avocate hystérique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6070835396505842512?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6070835396505842512/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6070835396505842512' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6070835396505842512'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6070835396505842512'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/10/criminelle-en-puissance.html' title='Criminelle en puissance'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-242820145949801415</id><published>2011-10-01T18:37:00.000+02:00</published><updated>2011-10-01T18:38:05.302+02:00</updated><title type='text'>Dans l'histoire d'une manière ou d'une autre</title><content type='html'>Un souvenir de la vie estudiantine me fait toujours sourire chaque fois qu'il remonte à la surface. Au début des années soixante dix du siècle dernier, c'est-à-dire il y a une éternité déjà, le professeur Sadok Belaid  était alors doyen de la faculté de droit et enseignait le droit constitutionnel aux nouveaux bacheliers. Le premier contact avec lui était l'occasion de conseils judicieux et d'humour fin. "Mes amis", nous disait-il, "étudiez, prenez de la peine. Vous serez sans aucun doute licenciés d'une manière ou d'une autre".    &lt;br /&gt;Les Tunisiens d'aujourd'hui sont un peu dans le même état psychique que les étudiants de la faculté de droit d'hier. Si ceux-ci avaient fini tous sans exception par être "licenciés d'une manière ou d'une autre", ceux-là finiront tout aussi sûrement par entrer dans l'histoire d'une manière ou d'une autre.&lt;br /&gt;Nous entrerons donc dans l'histoire soit par la grande porte, si l'on fait preuve de grande maturité et si l'on se donne les moyens politiques et économiques de migrer de l'aire des peuples opprimés à celle des peuples libres. Soit par la petite porte juste pour être pointé du doigt comme étant le peuple qui a eu une occasion en or de s'affranchir et de grandir aux yeux du monde et qui est passé lamentablement à côté.  &lt;br /&gt;Dans le premier cas, nous assurerons la liberté et la dignité pour les années, les décennies et pourquoi pas les siècles à venir à nous et à nos enfants et petits enfants, tout en gardant notre statut de phare du monde arabe. Dans le second cas, la facture à payer sera très lourde: retour à la case départ, c'est-à-dire sous le joug d'une dictature bien méritée cette fois-ci, avec, en prime, le mépris de nous-mêmes et des autres.&lt;br /&gt;Jusqu'ici, globalement, tout s'est bien passé. Les trois semaines qui nous séparent du 23 octobre seront consacrées à une campagne électorale comme on n'en a jamais vécue auparavant. On a observé d'authentiques campagnes électorales chez les autres, mais chez nous, de tels événements étaient plutôt de sinistres comédies ressenties comme de véritables humiliations infligées au peuple tunisien soit à travers la présidence à vie, soit à travers les mises en scènes consistant à supplier le dictateur, seulement quelques mois après avoir été "élu", de se préparer encore une fois à l'épreuve du "suffrage universel" en présentant de nouveau sa candidature…&lt;br /&gt;Le défi qui se présente à nous pendant les trois prochaines semaines est de taille: réussir une campagne à laquelle nous n'avons jamais été habitués et remporter le premier jeu du "match démocratique" si l'on peut dire auquel nous n'avons jamais eu réellement l'opportunité de participer.&lt;br /&gt;Maintenant que nous sommes qualifiés à passer l'épreuve d'entrée dans le club des pays démocratiques, il serait impardonnable d'échouer. D'autant plus impardonnable que l'épreuve est loin d'être au dessus des capacités politiques et des qualités intellectuelles du peuple tunisien et de l'élite qui se propose de le servir.&lt;br /&gt;Pour réussir notre marche jusqu'à la station du 23 octobre, entamée il y a plus de huit mois, nous n'avons pas besoin de force exceptionnelle ni d'atout extraordinaire. Nous avons besoin plutôt de choses très simples: le respect que les différents acteurs politiques sont tenus de témoigner les uns aux autres ; la tolérance vis-à-vis de l'opinion ou de la proposition avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord ; l'intériorisation effective et définitive de l'idée que dans un scrutin démocratique et transparent, la victoire et l'échec sont deux résultats naturels de l'opération électorale, que l'un et l'autre ne peuvent en aucun cas être le monopole de tel ou tel parti ou rassemblement et que le vainqueur d'aujourd'hui pourrait très bien être le perdant de demain et vice versa.&lt;br /&gt;Pour résumer, la réussite de la mutation démocratique de la Tunisie que pratiquement tous les Tunisiens désirent ardemment dépend de trois petites choses qui sont à la portée de tout le monde, y compris les gens d'"Ennahdha" qui ont l'air de vouloir "s'erdoganiser" si l'on juge par le chaleureux accueil que Cheikh Rached et ses amis ont réservé au Premier ministre turc. Vous l'avez deviné, ces trois petites choses sont le respect, la tolérance et l'acceptation de la règle du jeu.&lt;br /&gt;Cela fait plus de huit mois que la Tunisie tient bon et s'accroche au but qu'elle s'est fixé le 14 janvier dernier : rompre définitivement avec la dictature et rejoindre une fois pour toutes les pays qui jouissent authentiquement des droits de l'homme et des libertés fondamentales. &lt;br /&gt;Cela fait plus de huit mois que les Tunisiens marchent vers ce but. En trébuchant certes de temps à autre, mais en se relevant aussitôt pour continuer leur marche. Ni le conflit libyen, ni le courroux algérien, ni l'accueil du dictateur-pilleur et de ses complices dans le Golfe n'ont entamé cette immense aspiration collective à la liberté et à des lendemains qui chantent.&lt;br /&gt;Maintenant que nous sommes à trois semaines de la station 23 octobre, il s'agit non seulement d'atteindre en toute sûreté la ligne d'arrivée, mais de continuer ensuite sereinement la marche vers les stations Constitution, Alternance, Indépendance (de la justice), sans oublier la réhabilitation totale et entière de la Station 10 Décembre 1948…Suivez mon regard.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-242820145949801415?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/242820145949801415/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=242820145949801415' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/242820145949801415'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/242820145949801415'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/10/dans-lhistoire-dune-maniere-ou-dune.html' title='Dans l&apos;histoire d&apos;une manière ou d&apos;une autre'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6296292678966171614</id><published>2011-09-24T17:52:00.002+02:00</published><updated>2011-09-24T17:53:13.747+02:00</updated><title type='text'>Washington et la question palestinienne</title><content type='html'>Il y a quelques jours, le 13 septembre exactement, un anniversaire était passé inaperçu. Peu de journaux dans le monde en ont parlé: le 18eme anniversaire des accords d'Oslo qui, à l'époque, avaient suscité de gros espoirs de paix au Moyen-Orient. Si personne n'a parlé de ces accords, c'est parce qu'ils sont morts et enterrés par l'entêtement israélien à maintenir sous occupation les terres palestiniennes, tout en élargissant méthodiquement cette occupation pour servir des colons venus de toutes parts, le tout sous l'œil complaisant, pour ne pas dire complice des différentes administrations américaines. &lt;br /&gt; En fait, la complaisance et la complicité américaines ont encouragé Israël à saboter systématiquement toutes les négociations isralo-palestiniennes: Madrid 1991, Oslo 1993, Wy River 1997, Camp David 2000, Taba 2001, la feuille de route du Quartet 2002, Annapolis 2007, sans oublier les rencontres bilatérales aussi futiles qu'inutiles tout au long de l'année 2008. Sans oublier aussi les promesses d'Obama au Caire en juin 2009 relatives au gel de la colonisation, ou encore son "plan" qui devait aboutir à l'édification d'un Etat palestinien fin 2010…&lt;br /&gt; En dépit de cette longue histoire de sabotages, de la stérilité des négociations, de l'inutilité des rencontres, de la futilité des promesses qui, comme tout le monde sait, n'engagent que ceux qui y croient, voilà Obama qui remet ça en martelant martialement que rien ne vaut les négociations pour aboutir à un Etat palestinien. Ce même Obama qui, après avoir promis un Etat palestinien pour fin 2010, est décidé à utiliser son droit de veto pour s'opposer à la demande de la Palestine de devenir le 194eme membre de l'ONU. Ce même Obama qui, après avoir soulevé tant d'espoirs dans son discours du Caire de juin 2009, a consterné des centaines de millions d'Arabes et de Musulmans après son discours de septembre 2011 à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, "le discours le plus sioniste à ce jour &lt;br /&gt;de Barack Obama. Il ne manquait qu'une jolie photographie de Theodor Herzl, le &lt;br /&gt;fondateur du sionisme", pour reprendre le commentaire sarcastique du journaliste israélien Eitan Haber.&lt;br /&gt; Il n'y a que les naïfs ou ceux qui ne sont pas très familiers avec la politique américaine pour s'étonner du "discours le plus sioniste" de Barack Obama. Celui-ci n'a fait que suivre la voie tracée par ses prédécesseurs: promettre pendant les deux premières années du mandat présidentiel une solution au problème palestinien, et renier ces mêmes promesses pendant les deux dernières années en jurant à ceux qui doutent encore que le président-candidat à sa propre succession est le plus grand ami qu'Israël ait jamais connu, qu'il défendra bec et ongles le "plus grand allié stratégique" des Etats-Unis, sans parler de l'adoption aveugle de l'argumentaire connu des dirigeants israéliens, y compris Netanyahu, le plus obtus d'entre eux… &lt;br /&gt; Pendant les deux premières années de son mandat, Obama a fait son discours au Caire et a promis un Etat Palestinien avant la fin de 2010. Au cours des deux dernières années de son mandat, et n'ayant visiblement en tête que la présidentielle de novembre 2012 et l'irrésistible désir de plaire au Lobby israélien, Obama nous a gratifiés d'un discours dont le contenu n'a absolument rien à envier à ceux prononcés à longueur d'années par Benyamin Netanyahu ou par son ministre des Affaires étrangères, le Moldave et ancien videur de boîte de nuit, Avigdor Lieberman. Ces deux la étaient aux anges et ne se lassaient pas de couvrir d'éloges leur ennemi irréductible d'hier devenu subitement aujourd'hui leur meilleur ami. Décidément, Israël a beaucoup de mal à compter se amis parmi la classe politique américaine tellement ils se bousculent à son perron.&lt;br /&gt; Maintenant venons-en à la question essentielle: pourquoi les Etats-Unis qui ont accompli de si grands miracles économiques, scientifiques et technologiques échouent-ils si lamentablement à régler le problème moyen-oriental, très épineux certes, mais sûrement pas au dessus de leurs moyens de grande puissance?&lt;br /&gt; La réponse est simple: les Etats-Unis n'ont jamais considéré le problème du Moyen-Orient comme un problème international relevant exclusivement de la diplomatie américaine. Depuis des décennies, ce problème lancinant fait partie intégrante de la politique intérieure américaine. Les politiciens américains, depuis au moins deux générations, ont intériorisé l'idée que la question du Moyen-Orient est moins un problème à régler qu'une plateforme à partir de laquelle sont lancées les enchères à qui aime Israël le plus frénétiquement, l'aide le plus généreusement et l'approuve le plus aveuglément. &lt;br /&gt; En d'autres termes, le conflit israélo-arabe est, depuis des décennies, appréhendé à Washington moins comme un drame à régler d'urgence que comme un tremplin susceptible de propulser tout flagorneur pro-Israël à des postes de haute responsabilité dans l'environnement politique douillet de la capitale américaine.&lt;br /&gt;  Nul ne sait combien cette incongruité politique durera encore. Une chose est certaine: elle ne durera pas indéfiniment. Elle ne durera pas plus qu'elle n'a duré déjà. Le temps ne joue pas en faveur d'Israël. La superpuissance qui le protège et lui assure l'impunité pour un demi siècle de violation des lois internationales montre des signes d'essoufflement.&lt;br /&gt; Avec les guerres d'Irak et d'Afghanistan menées à crédit et qu'ils n'arrivent pas à gagner, des dettes faramineuses qui se comptent en trillions de dollars, des difficultés économiques et financières qu'ils maîtrisent de moins en moins, la montée en puissance de la Chine, de l'Inde, de la Russie, du Brésil, de la Turquie,  les Etats-Unis sont en train de quitter imperceptiblement leur statut de grande puissance unipolaire qui façonne le monde à sa façon vers celui d'une puissance parmi tant d'autres dans un monde auquel l'adjectif "multipolaire" colle chaque jour un peu plus. Les Palestiniens qui ont trop patienté, n'attendront plus trop longtemps. Le monde multipolaire qui leur rendra justice se dessine déjà.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6296292678966171614?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6296292678966171614/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6296292678966171614' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6296292678966171614'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6296292678966171614'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/09/washington-et-la-question-palestinienne.html' title='Washington et la question palestinienne'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1553343734954358959</id><published>2011-09-03T18:41:00.000+02:00</published><updated>2011-09-03T18:42:38.245+02:00</updated><title type='text'>Néron sans allumettes</title><content type='html'>Finalement l'appel lancé par Kadhafi aux millions de sortir de chez eux afin de nettoyer Tripoli a été entendu. Une foule immense, hommes, femmes et enfants, ont envahi Tripoli et l'ont nettoyée, non pas "des rats et des croisés", mais de tous les symboles qui rappelaient le long règne dictatorial du colonel. Les débilités tirées du "Livre vert" et affichées des décennies durant dans toutes les rues de Libye ont été gommées, les photos du "Guide" déchirées avec une joie furieuse devant les caméras, les statues de l'Ubu libyen détruites.&lt;br /&gt;	Bien que pratiquement toute la Libye soit nettoyée de tout signe rappelant le dictateur et son régime singulier, bien qu'il ne bénéficie d'aucune espèce de soutien parmi les Libyens ou au sein de la communauté internationale, bien qu'il se terre, tel un rat, quelque part dans le vaste désert libyen, Kadhafi continue de diffuser des appels à la révolte à des partisans imaginaires à travers une énigmatique chaîne (Arraï), diffusant sur NileSat.  &lt;br /&gt;	Dans son dernier appel du fond de son trou, Kadhafi a prononcé trois mots terrifiants: "Que Tripoli brûle" dit-il à ses partisans imaginaires. Heureusement pour nos voisins libyens, et pour nous aussi, que le dictateur déchu n'est plus en mesure de joindre la parole à l'action, n'a plus les moyens de sa politique de la terre brûlée qu'il …brûle de mettre en œuvre. Heureusement pour nos voisins libyens et pour nous aussi que Kadhafi est un Néron sans allumettes, autrement Tripoli aurait brûlé aujourd'hui comme Rome naguère.&lt;br /&gt;	Avant Tripoli, le dictateur visait Benghazi. En mars dernier, il avait envoyé ses hordes déchaînées en direction de la capitale de l'est libyen dans le but annoncé d'étouffer la rébellion. Le dictateur ne cachait pas sa détermination de massacrer tous ceux qui s'opposaient à son pouvoir dictatorial. Et le massacre aurait eu lieu sans doute n'eût été la forte volonté de la Franced d'abord et de l'Otan ensuite de protéger les civils libyens désarmés, menacés par un dictateur surarmé et sans scrupules.&lt;br /&gt;	Il est remarquable que l'intervention de l'aviation française d'abord et de l'Otan ensuite contre la machine de guerre de Kadhafi n'a suscité aucune protestation populaire dans quelque pays que ce soit dans le monde arabo-musulman, et encore moins dans le monde occidental. C'est un message assourdissant chargé de sens, démontrant l'ampleur du rejet universel de ce personnage atypique, dangereux, imprévisible, incohérent, bouffon et, bien sûr, de son régime politique absurde qui a saigné à blanc la Libye et son peuple quarante deux ans durant.&lt;br /&gt;	Cependant, certains commentateurs ont eu recours à la comparaison avec le cas irakien pour prévoir à la fois l'enlisement de l'Otan et une longue guerre civile qui devait mettre, selon eux, la Libye à feu  et à sang. En fait, les deux cas sont incomparables, à part le fait que les deux pays fussent dirigés par des dictateurs impitoyables. &lt;br /&gt;	Mais il y a dictature et dictature. Quiconque connaît les deux pays se rendra compte facilement que tout dictateur qu'il fût, Saddam avait doté son pays d'attributs économiques et militaires solides. Il comptait faire de l'Irak une puissance régionale, et il aurait sans doute réussi, s'il avait fait preuve d'intelligence et de sagesse qui lui auraient permis de jouer avec les grands sans attirer leurs foudres et de préserver ainsi son intégrité et la sécurité de son peuple. &lt;br /&gt;	Kadhafi était un autre type de dictateurs. Bien qu'il ait le double avantage d'une richesse naturelle immense et d'une petite population, il n'a fait durant son règne interminable que dilapider la première et marginaliser la seconde. De sorte que, 42 ans après, le peuple libyen se trouve au point de départ et est obligé de tout reprendre à zéro. &lt;br /&gt;	Aucune comparaison non plus ne peut être faite au niveau des interventions étrangères dans les deux pays. Dans le cas irakien, il y a avait une opposition universelle contre le projet d'invasion de l'Irak de George Bush. Les choses étaient claires pour tout le monde. Saddam ne constituait un danger pour personne et encore moins pour les Etats-Unis, les attentats du 11 septembre étaient le prétexte et le pétrole irakien la cible principale.&lt;br /&gt;	Dans le cas libyen, il y avait une approbation quasi-universelle de l'intervention des bombardiers de l'Otan contre les troupes de Kadhafi. La Russie et la Chine officielles étaient contre et c'est normal, la disparition du régime de Kadhafi mettrait en danger des intérêts économiques substantiels, et notamment les gros investissements chinois. Mieux encore, les "millions de Libyens" dont se prévalait Kadhafi applaudissaient les bombardements ciblés et priaient l'Otan de ne pas partir avant "la capture ou la mort" du dictateur.&lt;br /&gt;	Aucune comparaison enfin quant au sentiment général dans le monde arabo-musulman vis-à-vis de la chute des deux dictateurs. La chute de Saddam était vécue comme un désastre par des millions, celle de Kadhafi comme un soulagement. &lt;br /&gt;	Pour ce qu'ils ont enduré pendant des décennies, les Libyens ont raison de dire que le soulagement ne sera complet que le jour ou le dictateur sera arrêté ou tué. Mais ils ne doivent pas s'inquiéter outre mesure. L'Otan a brisé les dents et limé les ongles du dictateur. Elle a pris soin de confisquer les allumettes du Néron libyen. Que nos voisins se rassurent, Tripoli ne connaîtra pas le sort de la Rome antique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1553343734954358959?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1553343734954358959/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1553343734954358959' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1553343734954358959'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1553343734954358959'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/09/neron-sans-allumettes.html' title='Néron sans allumettes'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8884741761183996034</id><published>2011-08-27T16:41:00.001+02:00</published><updated>2011-08-27T16:42:30.116+02:00</updated><title type='text'>Rois des rois ou rat des rats</title><content type='html'>"A force de forger on devient forgeron", dit-on. L'adage ne s'applique pas à tous les métiers. Ce qui est vrai pour le forgeron ne l'est pas pour le politicien, du moins pour certains politiciens, et notamment les piètres dictateurs qui sèment la désolation dans le monde arabe, dont trois on rejoint la poubelle de l'Histoire et d'autres s'apprêtent à le faire.&lt;br /&gt;Prenons l'exemple du dictateur libyen. Il a régné pendant 42 ans. Une période exagérément longue au cours de laquelle il n'a pas démontré une seule fois qu'il comprend ce que c'est que la politique ou ce que le mot  politicien veut dire. En revanche, il a donné amplement la preuve que détenir le pouvoir pendant 42 ans ne fait pas forcément de son détenteur un politicien clairvoyant et généreux, comme tout politicien devrait normalement être.&lt;br /&gt;Dans ce sens, Kadhafi a été durant tout son règne l'anti-politicien par excellence. Au lieu de servir son peuple, il l'a asservi ; au lieu de l'éclairer, il l'a forcé à ressasser les inepties du "Livre vert" ; au lieu de le mettre sur la voie du développement économique et social, il l'a maintenu dans un état de sous développement indigne ; au lieu de faire de son pays un paradis, compte tenu de l'abondance de matières premières, il en a fait un enfer, compte tenu de la pénurie de  matière grise qui  a toujours caractérisé ce dictateur un peu trop particulier.&lt;br /&gt;Les derniers messages sonores de Kadhafi haranguant "les millions" et les exhortant à sortir de chez eux pour aller écraser "les rats" sont tragiques, mais pas du tout surprenants. Ces messages sont doublement significatifs: d'abord ils nous éclairent sur l'énormité du désarroi vécu par le dictateur ubuesque pendant les derniers jours de son règne ; ensuite ils nous édifient sur l'incapacité congénitale des dictateurs en général, et de Kadhafi en particulier, d'accepter l'idée qu'ils sont vomis par leurs peuples et qu'ils doivent partir.&lt;br /&gt;Cette incapacité de regarder la réalité en face prend chez  le dictateur clownesque libyen des proportions hallucinantes: les millions qui exprimaient leur joie et leur soulagement, qui piétinaient la bannière verte, qui déchiraient les photographies du "Guide", qui brisaient ses statues, ces millions donc étaient appelés au même moment à "écraser les rats,  tuer les traîtres et résister aux croisés…"&lt;br /&gt;Finalement, et tout le monde l'aura relevé, les vrais rats, ce sont Kadhafi et le dernier carré de sa famille et de ses partisans qui, après toutes les fanfaronnades, après tous les crimes commis contre le brave peuple de Libye, ont vite fait d'aller se terrer dans des trous quelque part dans le vaste désert libyen. Triste fin pour ce sinistre dictateur qui pendant 42 ans n'a rien fait d'autre que violer les droits fondamentaux du peuple libyen et voler ses richesses fabuleuses qu'il a outrageusement dilapidées en finançant des guérillas lointaines et des mouvements politiques douteux, en compensant à coups de milliards de dollars les victimes de ses actions terroristes ou encore en achetant le titre pompeux de " roi des rois d'Afrique"…&lt;br /&gt;Le dictateur ubuesque est parti sans retour et le peuple libyen est soulagé. Après avoir perdu 42 ans, ce peuple est aujourd'hui appelé à tout reprendre à zéro, car Kadhafi n'a laissé derrière lui aucune institution politique, administrative, économique ou sociale susceptible de prendre le relais et de prendre en charge le pays. Sorti brusquement il y a 42 ans du désert, Kadhafi est revenu au désert et a laissé derrière lui un désert. Le peuple libyen doit se retrousser les manches pour tout construire à partir de zéro. Mais il ne doit pas se sentir seul. Il a beaucoup d'amis, dont le plus proche, pas seulement sur le plan géographique, est le peuple tunisien.&lt;br /&gt;Le dictateur ubuesque est parti sans retour et le peuple tunisien est content. Nous avons une multitude de raisons de nous sentir soulagés par le départ définitif de Kadhafi (Kadhafou disaient les Africains) car, pendant son règne interminable, il nous a empoisonné l'existence par ses complots contre la stabilité de notre pays, ses extravagances, ses sautes d'humeur, ses chantages, sans oublier la condescendance avec laquelle il traitait les travailleurs tunisiens qui n'oublient pas que 30.000 d'entre eux furent expulsés en 1985 sur un simple coup de tête du dictateur.  &lt;br /&gt;Mais le grand soulagement des Tunisiens est qu'ils vont finalement avoir la possibilité d'établir des relations normales avec la Libye, chose que nous n'avons jamais pu faire depuis un certain 1er septembre 1969. La normalisation de nos relations avec le voisin du sud est d'autant plus facile à réaliser maintenant que le gouvernement transitoire de M. Béji Caid Essebsi a géré les répercussions de la crise libyenne sur la Tunisie avec doigté et intelligence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8884741761183996034?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8884741761183996034/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8884741761183996034' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8884741761183996034'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8884741761183996034'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/08/rois-des-rois-ou-rat-des-rats.html' title='Rois des rois ou rat des rats'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1350768635357003069</id><published>2011-08-15T15:45:00.000+02:00</published><updated>2011-08-15T15:46:31.074+02:00</updated><title type='text'>Krach moral</title><content type='html'>Depuis l'effondrement de la dictature zabaïste, chaque jour qui passe nous fait découvrir une nouvelle dimension du désastre. Chaque procès qui s'ouvre promet des révélations inédites sur l'étendue de la cupidité, de la voracité et de la déchéance morale de la "Famille". Chaque inventaire effectué accroît notre vertige face à l'ampleur de la gangrène qui a affecté l'économie tunisienne, résultant du comportement ahurissant de bandes de malfaiteurs déguisés en hommes d'affaires.&lt;br /&gt;	Il faut dire que l'arrogance, l'insatiabilité, les désirs inassouvissables, les caprices inapaisables, la recherche effrénée du lucre, la poursuite infatigable du gain ne sont pas des caractéristiques propres à la "Famille". Ils sont des éléments constitutifs d'une "déferlante", d'une terrifiante déchéance morale à grande échelle qui mine les milieux d'affaires, la haute finance et les politiciens qui les soutiennent et qui sont parfaitement perceptibles un peu partout dans le monde.&lt;br /&gt;	En Tunisie et en Egypte, les révolutions sont les réponses appropriées à la déchéance morale et à l'arrogance de classes politiques corrompues qui, en relation étroite avec des prédateurs économiques, ont mis les deux pays en coupe réglée. C'est un peu contre les mêmes fléaux que se battent aujourd'hui les Libyens, les Yéménites et les Syriens et que se battront inéluctablement demain d'autres peuples.&lt;br /&gt;	Il ne s'agit pas ici de phraséologie révolutionnaire creuse, mais d'un constat né de l'observation d'une triste réalité qui est loin d'être le monopole d'un seul pays ou d'une seule région et n'épargne point les pays riches.   &lt;br /&gt;	La logique, le bon sens et la rationalité suggèrent l'idée que le haut degré de confort matériel et l'accumulation sans précédent de richesses dans les pays de l'hémisphère nord les immunisent contre la fièvre de la contestation politique et le fléau des désordres sociaux. C'est compter sans la cupidité pathologique des milieux d'affaires et de la haute finance et la complicité coupable dont font preuve des politiciens dogmatiques influents à Washington et dans plusieurs capitales européennes.  &lt;br /&gt;	Toutes proportions gardées, les mouvements qui ont mis fin à la dictature de Ben Ali le 14 janvier et le feu à Londres et Birmingham la semaine dernière ont un point commun: la révolte contre l'injustice, l'inégalité, la cupidité et la complicité des politiciens avec les puissances de l'argent.&lt;br /&gt;	Toutes proportions gardées, les mouvements qui ont mis fin à la dictature de Moubarak le 25 janvier et poussé des dizaines de milliers d'Israéliens à camper dans les rues de Tel Aviv ont un point commun: la révolte contre l'injustice, l'inégalité, la cupidité et la complicité des politiciens avec les puissances de l'argent.&lt;br /&gt;	Mais, le cas le plus aberrant et le plus dangereux se trouve outre-Atlantique. Bien qu'ils semblent, jusqu'à présent, immunisés contre les mouvements sociaux d'envergure et la contestation politique d'ampleur, les Etats-Unis se sont mis dans une situation financière explosive qui menace non seulement les Américains, mais l'ensemble de la planète. &lt;br /&gt;	Avec une dette colossale qui se compte en trillions de dollars, le pays le plus riche du monde ne fonctionne et ne marche que grâce à l'emprunt. Comment expliquer cette situation paradoxale où le pays le plus riche du monde se trouve paralysé s'il ne trouve pas où, ou s'il n'est pas autorisé à emprunter de l'argent? Deux mots simples sont derrière ce paradoxe: cupidité et dogmatisme. Cupidité des riches aussi avides à gagner de l'argent que réticents à payer l'impôt. Dogmatisme des politiciens aussi déterminés à refuser la moindre hausse d'impôts pour les riches qu'à imposer des coupes dans les programmes sociaux, pourtant très modestes, dont bénéficient les pauvres…  &lt;br /&gt;	 Le sobriquet de "talibans de la finance" par lequel des commentateurs occidentaux désignent les requins qui sévissent à Wall Street ou encore à la City de Londres, ne fait pas seulement sourire. Il donne à réfléchir et à se poser des questions du genre pourquoi les hommes sont-ils si insatiables? Pourquoi les riches sont-ils "programmés" de telle sorte que plus ils s'enrichissent, plus leur cupidité grandit? Comment se fait-il qu'aucun montant, aussi faramineux soit-il, ne semble suffisant pour venir à bout ou même modérer juste un peu la fièvre accumulatrice des nantis?&lt;br /&gt;	Dans un monde où tout se sait, s'entend et se voit à la vitesse de la lumière, la générosité, l'altruisme et la disposition au partage deviennent des impératifs de survie de la planète Terre. Il est remarquable que ces qualités morales se trouvent surtout du côté des pauvres. Quant aux riches qui continuent d'avaler de manière gargantuesque le beurre et l'argent du beurre, ils ne sont même pas conscients du krach moral qui les affecte et qui menace de mener le monde à sa perte.&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1350768635357003069?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1350768635357003069/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1350768635357003069' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1350768635357003069'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1350768635357003069'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/08/krach-moral.html' title='Krach moral'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7774114224631426349</id><published>2011-08-06T16:33:00.001+02:00</published><updated>2011-08-06T16:33:49.886+02:00</updated><title type='text'>La carrière de dictateur fortement dévalorisée</title><content type='html'>Les turbulences politiques qui secouent le monde arabe depuis l'hiver dernier ont définitivement dévalorisé la carrière de dictateur. Peu de politiciens arabes aujourd'hui nourrissent l'idée d'embrasser un jour une carrière où ils auront à confondre leurs désirs avec le droit, leurs plaisirs personnels avec le bien commun ou encore leur propre fortune avec le trésor public.&lt;br /&gt; Des batailles sanglantes se déroulent encore en Libye, Syrie et Yémen pour maintenir cette confusion le plus longtemps possible, mais les dés sont jetés, les jeux sont faits. Le rêve des dictateurs s'est transformé en cauchemar.&lt;br /&gt; Le mercredi 3 août 2011 est et restera une journée noire pour les dictateurs. L'ouverture du "procès du siècle" au Caire a permis aux téléspectateurs du monde entier de suivre en direct un moment historique où, pour la première fois dans le monde arabe, un dictateur est traîné devant la justice pour rendre compte des malversations commises durant plus d'un tiers de siècle de règne.&lt;br /&gt; La scène est pathétique. Le vieux dictateur grabataire est traîné sur un lit et placé dans une cage grillagée dans la salle d'audience. Les cameramen avaient beaucoup de mal à prendre des gros plans du dictateur. Mais on n'avait pas besoin de gros plans pour voir dans quel état d'humiliation avancée se trouvait l'ancien maître d'Egypte. Rares sont les dictateurs qui ont trouvé une fin aussi terrible. Même le "Danube de la pensée", le dictateur roumain Ceausescu, renversé en 1989, n'avait pas subi une humiliation aussi dévastatrice.&lt;br /&gt; Le problème avec tous les dictateurs est qu'ils croient dur comme fer qu'ils n'ont jamais fait le moindre mal à leurs peuples, qu'ils les ont servis avec zèle, qu'ils n'ont jamais détourné un sou du trésor public, qu'ils ont dépensé des tonnes d'énergie  à faire le bonheur de leurs administrés, que tous ceux qu'ils ont emprisonnés, torturés ou tués durant leur carrière de dictateurs étaient des ennemis du bien public et que leur renversement, loin d'être une quelconque forme de justice, est une preuve irréfutable de l'ingratitude des peuples…&lt;br /&gt; La réponse tranchante de Hosni Moubarak aux accusations lues en sa présence par le ministère public traduit cet état d'esprit particulier propre aux dictateurs qui nient en bloc tous les crimes réels commis contre leurs peuples, et défendent bec et ongles des bienfaits qui n'existent que dans leur imagination. S'il nie toutes les accusations détaillées par le ministère public, cela veut dire que Moubarak se considère comme innocent et victime d'une grave injustice puisque, dans son esprit, il n'a fait que servir l'Egypte et les Egyptiens pendant les trente ans de son règne.&lt;br /&gt; A ce stade, on quitte la sphère politique pour entrer dans celle de la psychanalyse. Le refus obstiné des dictateurs de reconnaître une quelconque culpabilité nous fait penser que, à force d'avoir sévi, ils ont fini par développer une sorte de filtre au niveau de la mémoire d'où les forfaits et les crimes réels sont systématiquement expulsés et à la place desquels sont stockés des bienfaits parfaitement imaginaires. Il y a quelque chose qui ressemble à un mécanisme de défense au niveau de l'inconscient qui, tout en manipulant les faits, assure aux dictateurs une bonne conscience.&lt;br /&gt; Ce mécanisme remplit sa fonction tant que le dictateur est au pouvoir. Etant le seul juge de ce qui est vrai et de ce qui faux, de ce qui est juste et ce qui est injuste, de ce qui doit être fait et ce qui ne doit pas l'être, le dictateur est en mesure d'imposer à son peuple ses propres vues ainsi que le contenu manipulé de sa mémoire. En d'autres termes, il est en mesure d'opérer une permutation entre une réalité triste, mais concrète, et une réalité rose, mais imaginaire. Car, en dernière analyse, la fonction essentielle de la dictature ne consiste-t-elle pas à faire croire aux gens, par la force ou la démagogie, que leurs conditions d'existence sont idéales?&lt;br /&gt; Mais ce mécanisme de défense psychique s'effondre avec l'effondrement de la dictature. Du fond de sa cage d'accusé, le dictateur égyptien peut nier toutes les accusations qui pleuvent sur lui ; du fin fond de son exil en Arabie Saoudite, notre dictateur à nous peut nier tous les crimes politiques et financiers dont il est accusé. Leur mécanisme de défense ne fonctionne plus, parce qu'il n'est plus protégé par le pouvoir qu'ils ont perdu. Etant, jusqu'à présent, les deux seuls dictateurs arabes à avoir perdu le pouvoir et à être jugés, l'un par contumace et l'autre en état d'arrestation, Moubarak et Ben Ali sont désormais tenus de répondre aux crimes qu'ils ont commis et qu'ils ont réussi à faire passer pendant de longues années pour des bienfaits. &lt;br /&gt; Les procès de Ben Ali et Moubarak font trembler tous les autres dictateurs pour une raison simple: le grand atout de la dictature, c'est-à-dire l'impunité, a volé en éclats. Du coup, la dictature devient une filière politique fortement dévalorisée. Elle risque de se trouver dans les années qui viennent à court de candidats pour la carrière de dictateur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7774114224631426349?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7774114224631426349/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7774114224631426349' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7774114224631426349'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7774114224631426349'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/08/la-carriere-de-dictateur-fortement.html' title='La carrière de dictateur fortement dévalorisée'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4225688444569580919</id><published>2011-07-09T18:35:00.001+02:00</published><updated>2011-07-09T18:36:08.595+02:00</updated><title type='text'>Divorce à la soudanaise</title><content type='html'>On ne sait pas vraiment si l'on doit applaudir ou déplorer la naissance du 54e  Etat africain et du 193e du monde. Hier, samedi 9 juillet, le Sud Soudan est devenu indépendant après que ses 8 millions d'habitants ont voté en janvier dernier à 99% en faveur de l'indépendance, c'est-à-dire pour la division du Soudan en deux pays.&lt;br /&gt; A un moment où les pays cherchent à unir leurs efforts pour relever les immenses défis, à un moment où des nations avec une longue histoire, un Etat bien structuré et expérimenté et une économie solide peinent à s'en sortir, il est légitime de se poser la question de savoir comment va s'en sortir le dernier né de la communauté internationale?&lt;br /&gt; Il est le dernier pas seulement par la naissance. Quel que soit le paramètre utilisé pour l'évaluation, le Sud Soudan est à la queue du peloton. Qu'on en juge: un pays de 630.000 kilomètres carrés (quatre fois la superficie de la Tunisie) est doté de moins de 100 kilomètres de routes asphaltées; le taux le plus élevé du monde en termes de mortalité maternelle et infantile; plus de la moitié de la population dispose de moins d'un dollar par jour pour se nourrir, se vêtir et se loger; 80% des femmes et 70% des hommes sont analphabètes; plus de 10% des enfants n'atteignent pas l'âge de 5 ans et la liste de ces tristes records est longue.  &lt;br /&gt; Ces tristes records ne sont pas une fatalité, mais les résultats logiques de longues décennies de guerres larvées que Sud-Soudanais, majoritairement chrétiens et animistes, et Nord-Soudanais, majoritairement arabes et musulmans, menaient les uns contre les autres, laissant peu de temps et peu de ressources à toute entreprise de développement économique et social.&lt;br /&gt; Un couple qui ne peut pas vivre ensemble, divorce. Un peuple qui ne peut pas coexister, se sépare, s'éparpille. Les Soudanais ne sont ni les premiers ni les derniers à choisir la voie de la séparation. L'éclatement de l'Union soviétique suivi de l'implosion de la Yougoslavie ont augmenté sensiblement le nombre des Etats dans le monde et celui des membres de l'ONU et de l'Union européenne. &lt;br /&gt; Pour le cas du Soudan, les deux termes de l'alternative semblent être soit la séparation, soit la guerre perpétuelle. Entre les deux, la séparation est de loin la solution la plus raisonnable, et c'est ce que les Soudanais, sudistes et nordistes confondus, ont choisi. En effet, s'ils avaient préféré la guerre perpétuelle, les nordistes auraient pu s'opposer par la force à la séparation et auraient même empêché le déroulement du référendum de janvier. Non seulement ils n'ont rien fait pour empêcher leurs ex-compatriotes du sud d'accéder à l'indépendance, mais  Khartoum a été la première capitale dans le monde à reconnaître la nouvelle nation et le président Al Bachir a fait le voyage à Juba pour célébrer avec ses ex-gouvernés l'accession à l'indépendance de la moitié sud du Soudan.  &lt;br /&gt; Ce divorce à la soudanaise est une séparation à l'amiable, un peu tardive puisqu'elle est intervenue après de longues décennies de guerre civile ayant fait près de deux millions de morts. Un peu comme ce couple qui s'est férocement entredéchiré avant de se rendre compte que la vie commune est devenue intenable et qu'il vaut mieux se séparer en amis.&lt;br /&gt; Le défi immédiat que Khartoum et Juba ont à relever n'est ni économique ni politique, mais psychologique: surmonter et vaincre les sentiments négatifs, c'est-à-dire la haine, la rancœur, le désir de se venger, et mettre en avant les sentiments positifs, c'est-à-dire le pardon, l'amitié et le désir de coopérer.&lt;br /&gt;Séparés depuis le 9 juillet, le Nord et le Sud n'en sont pas moins dépendants l'un de l'autre. Les dirigeants de Khartoum et de Juba n'ont d'autre choix que de regarder vers l'avenir et de coopérer en vue de résoudre les problèmes laissés en suspens et qui se posent avec une acuité particulière. Il s'agit essentiellement du tracé frontalier dont la ville d'Abyé est le nœud, et du partage du pétrole dont les trois quarts des réserves se trouvent au Sud-Soudan.&lt;br /&gt; Et les grandes puissances dans tout ça? Les Etats-Unis et l'Europe, après avoir armé directement ou indirectement pendant de longues années les insurgés sudistes, ont poussé de toutes leurs forces à la séparation. Maintenant que leur but est atteint, ils doivent pousser de toutes leurs forces à la coopération, en commençant par mettre eux-mêmes la main à la pâte. Tous ceux qui n'avaient pas caché leur ardent désir de voir le Sud-Soudan indépendant, sont tenus aujourd'hui de l'aider à construire un Etat fiable et une économie capable d'assurer un minimum de dignité aux 8 millions de Sud-Souadanais. C'est une exigence morale et une urgence politique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4225688444569580919?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4225688444569580919/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4225688444569580919' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4225688444569580919'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4225688444569580919'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/07/divorce-la-soudanaise.html' title='Divorce à la soudanaise'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-553185072964048253</id><published>2011-07-02T19:00:00.000+02:00</published><updated>2011-07-02T19:01:35.972+02:00</updated><title type='text'>"Frère, si tu diffères de moi tu m'enrichis"</title><content type='html'>C'est Antoine de Saint-Exupéry qui a écrit cette belle maxime. Si la sagesse et le bon sens contenus dans ces huit mots étaient suivis par les hommes, notre histoire et notre présent auraient eu un tout autre aspect. Mais ce n’est pas le cas. La différence, au lieu d’enrichir les hommes, elle les a divisés et dressés les uns contre les autres. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, le constat le plus frappant qui s’impose est que la caractéristique principale qui marque les rapports humains est la violence.&lt;br /&gt;La dictature est le gouvernement qui gère les affaires de la Cité non pas grâce au consentement des gouvernés, mais par l'usage de la violence contre tous ceux qui préconisent un mode de vie particulier ou défendent une idée différente de ceux imposés par la dictature. S'agissant de la gestion des affaires de la Cité, le but ultime de la révolution tunisienne n'est-il pas de substituer le consentement à la violence? La liberté d'opinion à l'unanimisme de façade? Le pluralisme au strict alignement sur les positions du dictateur? &lt;br /&gt;Curieusement, ceux qui ont souffert le plus de la violence de la dictature sont aujourd'hui les plus enclins à recourir à cette même violence contre ceux qui ont des idées différentes. La dictature de Ben Ali avait impitoyablement pourchassé les courants qu'elle qualifiait d'"intégristes", c'est-à-dire ceux qui mêlaient religion et politique. Les agressés de la dictature hier deviennent aujourd'hui les agresseurs, et leur violence est orientée contre des intellectuels et des créateurs qui abhorrent le mélange des genres, la dangereuse fusion de la religion et de la politique.&lt;br /&gt;Il est opportun de rappeler ici que l'histoire de l'humanité comporte une quantité effarante de pages sanglantes où des millions d'êtres humains étaient morts dans des conditions souvent atroces à cause de cette dangereuse fusion, parce que la religion s'est immiscée dans les affaires politiques, parce que le sacré éprouvait d'évidentes difficultés à  s'éloigner de la sphère réservée aux choses profanes. &lt;br /&gt;Nos intégristes et nos salafistes seraient bien inspirés de lire ou relire ces pages sombres de l'histoire où à chaque télescopage de la religion et de la politique, le sang coulait à flot. &lt;br /&gt;Les guerres dues à l'irruption de la religion dans la sphère politique étaient souvent génératrices de violence à grande échelle dont étaient victimes au nom de Dieu des millions de personnes. Les Français du Moyen-Âge en savent quelque chose. Pas moins de neuf guerres de religion avaient endeuillé leur pays, le rendant ingouvernable pendant des décennies.&lt;br /&gt;Pendant près de deux siècles, de 1095, date de la première croisade, à 1274, date de la neuvième et dernière croisade, les guerres au nom de Dieu avaient déchaîné un torrent de violence horrible entre Chrétiens et Musulmans dont les conséquences, neuf siècles et demi après, n’ont toujours pas disparu. &lt;br /&gt; Le télescopage politico-religieux dans le monde musulman a une histoire tout aussi sanglante et les violences infligées par les Musulmans à leurs coreligionnaires n’ont rien à envier, en termes de cruauté, aux violences que s’infligeaient les Chrétiens entre eux. Sur les quatre successeurs du prophète Mohammed, trois étaient morts violemment. Même les descendants directs du prophète n’ont pas échappé à la violence politico-religieuse. Son petit fils Hussein était sauvagement assassiné, sa tête coupée et son corps mutilé. Son assassin Yazid Ibn Mouawya était sans doute convaincu qu’il servait Dieu et les intérêts de l’Islam en commettant son forfait. C’est sans doute aussi au nom de Dieu qu’Al Hajjaj Ibn Youssef avait massacré un bon nombre d'habitants de la Mecque, décapité le plus célèbre d’entre eux, Abdullah Ibn Zoubeir, et offert sa tête en « cadeau » au Calife omeyyade, Abdelmalek Ibn Marwane.&lt;br /&gt;Tout ça pour dire que la violence au nom de Dieu était l'une des tares les plus dures et les plus insupportables de l'histoire. Mais, visiblement, l'on est toujours  incapable de tirer les leçons qui s'imposent. La preuve est qu'on en est encore  au XXIe siècle à agresser et attaquer des concitoyens, et même à les menacer de mort, parce qu'ils ont une conception différente de la pratique religieuse ou une idée de la création artistique avec laquelle on n'est pas d'accord.&lt;br /&gt;Le refus de l’idée même de dialogue par les salafistes et les intégristes s’explique par le fait qu'ils se considèrent le plus sérieusement du monde comme les dépositaires de la vérité sacrée dont la discussion est un sacrilège, un crime à l’encontre de Dieu. Ils ne raisonnent pas en termes d'idées politiques discutables, mais en dogme indiscutable. C'est ce qui les pousse à combattre les autres en tant qu' « ennemis de Dieu » à éliminer de la scène par tous les moyens.&lt;br /&gt;Ces "barbus" ont peut-être un avenir en Afghanistan ou en Somalie, mais sûrement pas en Tunisie, le pays où le taux d'alphabétisme avoisine celui des pays développés, où le nombre des femmes diplômées tend à dépasser celui des hommes, où la tolérance et la modération sont deux vertus cardinales et où les principales préoccupations de l'écrasante majorité de la population sont d'ordre économique et social et non d'ordre religieux. Il n'est peut-être pas trop tard pour qu'ils se convertissent à ces vertus cardinales de la majorité des Tunisiens en commençant par renier leur "Frère, si tu diffères de moi je te tue" et le remplacer par "Frère, si tu diffère de moi, tu m'enrichis."&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-553185072964048253?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/553185072964048253/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=553185072964048253' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/553185072964048253'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/553185072964048253'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/07/frere-si-tu-differes-de-moi-tu.html' title='&quot;Frère, si tu diffères de moi tu m&apos;enrichis&quot;'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6456864258088642603</id><published>2011-06-27T12:00:00.000+02:00</published><updated>2011-06-27T12:01:31.866+02:00</updated><title type='text'>Tragédie grecque</title><content type='html'>Le cas grec est un exemple singulier de népotisme étatique européen. Avant d'expliciter cette idée, voyons d'abord le sens exact du mot népotisme. La définition qu'en donne le Petit Robert est la suivante:"Abus qu'une personne en place fait de son crédit, de son influence pour procurer des avantages, des emplois à sa famille, à ses amis."&lt;br /&gt; Jusqu'au 31 décembre 1980, l'Union européenne (alors CEE) était formée de neuf pays. Les neuf étaient devenus dix le 1er janvier 1981. Et c'est ce dixième membre, la Grèce, qui, 30 ans après son entrée dans l'UE, cause de graves difficultés à la plus belle structure économique du monde.&lt;br /&gt; C'est l'ancien président français, Valéry Giscard d'Estaing, qui avait plaidé avec le plus de vigueur en faveur de l'entrée de la Grèce au sein de la structure économique européenne. Son idée était simple à expliquer et facile à transmettre: la Grèce étant le berceau de la culture européenne, il était inconcevable qu'elle restât marginalisée et ne bénéficiât pas des avantages économiques qu'offrait l'appartenance à l'Union européenne. En d'autres termes, dans un extraordinaire élan de gratitude, l'Europe ne pouvait pas tourner le dos au pays qui lui a donné la littérature, la poésie, le théâtre, la philosophie, l'astronomie, sans oublier la notion de démocratie. &lt;br /&gt; Il y a trente ans, les neuf pays de la CEE étaient nettement plus développés que la Grèce et les paramètres économiques, sociaux et financiers de cette dernière n'étaient pas tout à fait conformes aux paramètres requis pour l'adhésion. Qu'à cela ne tienne, on manipulera les paramètres, on trichera avec les chiffres, on maquillera la réalité, le but étant que les descendants de Socrate, de Platon, d'Aristote, de Sophocle et d'Aristophane soient associés à la prospérité européenne. &lt;br /&gt; Ce cas singulier de népotisme étatique n'est pas fondamentalement différent du népotisme ordinaire qui fait qu'un haut responsable place délibérément son proche parent non diplômé et incompétent dans un poste qu'il ne peut pas tenir. &lt;br /&gt; Placée par népotisme dans une structure économique très développée, la Grèce aurait pu mettre à profit les trente ans de son appartenance à l'UE pour moderniser son économie, la développer et atteindre les standards européens qui lui manquaient au départ. &lt;br /&gt; Au lieu de retrousser leurs manches et travailler dur, de payer leurs impôts et gérer sainement les budgets familiaux et étatiques, de s'endetter non pas pour mener la belle vie, mais pour investir et fructifier l'argent emprunté, les Grecs (citoyens et responsables étatiques confondus) ont pris le chemin opposé. Quand on travaille modérément et on fraude le fisc frénétiquement, quand on s'adonne à l'hédonisme débridé et à l'épicurisme sans bornes avec l'argent qu'on n'a pas gagné à la sueur de son front mais emprunté, on se retrouve dans la situation des Grecs aujourd'hui qui vivent une véritable tragédie.&lt;br /&gt; Trente ans de pagaille budgétaire, de fraude fiscale généralisée, de mauvaise gestion économique et administrative, le tout aggravé par "une incurie européenne" qui avait "caché et repoussé le scandale grec comme la poussière sous le tapis", comme le soutient l'hebdomadaire français Le Point, le tout donc a fait que la Grèce non seulement rate son adhésion à l'UE, mais met en danger la monnaie unique européenne et en fureur les Allemands qui ne veulent plus payer "la facture de l'inconscience et de l'irresponsabilité" des Grecs.&lt;br /&gt; De l'autre côté de la barrière, il y a le voisin turc qui devait rire sous cape. Il est peut-être en train de se délecter non pas parce que les Grecs vivent une tragédie, mais parce que l'histoire n'a pas tardé à rendre publique son ironie ravageuse. Voici la Turquie, qui s'est vue refuser l'entrée du club européen, fière de ses performances économiques qui suscitent envie et jalousie. Et voilà la Grèce, membre depuis trente ans de ce même club, déprimée, à vau-l'eau et au bord de la faillite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6456864258088642603?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6456864258088642603/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6456864258088642603' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6456864258088642603'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6456864258088642603'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/06/tragedie-grecque.html' title='Tragédie grecque'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1980656247057003471</id><published>2011-06-05T12:52:00.000+02:00</published><updated>2011-06-05T12:53:23.978+02:00</updated><title type='text'>Les deux voies du printemps arabe</title><content type='html'>Les Tunisiens et les Egyptiens sont les plus chanceux dans le sens où ils ont été les premiers à entreprendre des changements politiques majeurs dans leurs pays. Ils ont réussi à prendre de court les dictatures de Ben Ali et de Moubarak en ne leur laissant pas le temps d’organiser une répression à grande échelle qui aurait pu noyer les deux soulèvements dans le sang.&lt;br /&gt; Il faut dire que l’élément fondamental dans la réussite des révolutions tunisienne et égyptienne est le refus des armées des deux pays de se ranger à côté des dictateurs. La neutralité bienveillante des militaires en Tunisie et en Egypte a rendu possible le renversement de deux régimes parmi les plus corrompus et les plus répressifs du monde arabe sans trop de dégâts matériels et avec un nombre relativement limité de victimes. &lt;br /&gt; Neutralité bienveillante des militaires, mais aussi peu de détermination et peu de zèle des forces de l’ordre à défendre des régimes honnis. Saluons au passage la célérité, l’instantanéité même, avec laquelle les forces de sécurité  ont fait allégeance à l’ordre post-révolutionnaire. C’est donc grâce à ces deux éléments que la Tunisie et l’Egypte sont en train de suivre une voie relativement calme et sereine, mais ardue, dans l’instauration de régimes qu’on souhaiterait définitivement démocratiques. &lt;br /&gt; C’est une aubaine extraordinaire pour la Tunisie que les Libyens ne se soient pas soulevés avant. Le dictateur aurait alors préparé beaucoup  plus agressivement la défense de son régime et, même s’il ne pouvait pas le sauver, aurait fait énormément de dégâts matériels et un carnage parmi les contestataires.  &lt;br /&gt; L’exemple libyen est un cas à part. Que le peuple libyen se soit soulevé le premier ou qu’il ait suivi l’exemple tunisien, le résultat aurait été le même. Le dictateur libyen est si bien convaincu de son « bon droit », si persuadé des « services inestimables » rendus par le « guide » à la Libye et à son peuple, qu’il continue de crier sur les toits que les troubles que connaît le pays sont le résultat du « complot » ourdi non pas contre Kadhafi et sa famille, mais contre le peuple …&lt;br /&gt; Suivant cette logique, chez notre voisin du Sud-Est, le peuple, « détenteur du pouvoir, des richesses et des armes », s’est soulevé contre lui-même, et Kadhafi, qui « n’a rien et n’est rien », est une simple victime de dommages collatéraux…&lt;br /&gt; La vérité est que pendant 42 ans, Kadhafi était l’unique détenteur du pouvoir et l’unique propriétaire des richesses fabuleuses du pays qu’il a placées en Europe, en Amérique et même au Japon qui vient d’annoncer le gel de 4,4 milliards de dollars appartenant au « guide » et à sa famille. Les enjeux son tels en Libye que, pour Kadhafi, l’unique alternative est : le pouvoir ou la mort. C’est dans une tentative désespérée de sauver sa peau que Kadhafi n’hésite pas à détruire son pays et à massacrer son peuple, provoquant un consensus universel sur la nécessité de son départ du pouvoir C’est la seconde voie, extrêmement sanglante celle-là, du printemps arabe. &lt;br /&gt; C’est cette même voie sanglante que semble suivre le régime syrien,  avec  nettement moins de destructions qu’en Libye, il est vrai, mais un nombre exagérément élevé de morts.&lt;br /&gt; Tout autre pays qui aurait commis des exactions aussi sanglantes que celles commises par le régime syrien, aurait été mis au pilori, et aurait même subi les foudres de l’ONU suivies des bombes de l’Otan. Visiblement, la Syrie est en train de tirer profit de son statut de « pièce maîtresse » du jeu politique moyen-oriental. Elle bénéficie même de l’indulgence de ses ennemis irréductibles, Israël et les Etats-Unis, le premier observant un mutisme gêné sur ce qui se passe en Syrie, le second faisant des critiques pour la forme, plus pour ne pas être lui-même critiqué pour son silence que par conviction que Bashar Al Assad doit plier bagage.&lt;br /&gt; Il est clair que pour Israël et les Etats-Unis, le régime baathiste syrien est nettement préférable à l’incertitude post-révolutionnaire. Cela fait 44 ans que le plateau du Golan est occupé par Israël et que le régime syrien n’a jamais tiré la moindre cartouche pour le récupérer, ni formulé la moindre stratégie pour reprendre son bien volé. De plus, les autorités baathistes ont toujours étroitement contrôlé les organisations extrémistes palestiniennes, au grand soulagement d’Israël.&lt;br /&gt; Pour tout ce beau monde, le régime syrien dirigé par la famille Assad qui, depuis plus de quarante ans, parle trop et agit trop peu, est le régime idéal dont la disparition pourrait engendrer une instabilité nuisible pour plusieurs intérêts dans la région. Pour une fois, la pérennité d’un régime est souhaitée à la fois  par Israël et les Etats-Unis in petto, et par l’Iran ouvertement.&lt;br /&gt; Le président syrien est sans doute conscient de cette donne stratégique et de la différence fondamentale entre son régime et celui de Kadhafi. Il sait qu’il peut aller assez loin dans la répression et pousser le printemps arabe dans la voie sanglante sans se mettre tout le monde sur le dos, mais il est assez intelligent pour ne pas aller trop loin pour se retrouver dans la situation désespérée du colonel libyen.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1980656247057003471?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1980656247057003471/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1980656247057003471' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1980656247057003471'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1980656247057003471'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/06/les-deux-voies-du-printemps-arabe.html' title='Les deux voies du printemps arabe'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8746618285611781172</id><published>2011-03-05T19:17:00.001+01:00</published><updated>2011-03-05T19:19:22.383+01:00</updated><title type='text'>1er juin 1959-3 mars 2011</title><content type='html'>Les quinquagénaires ont aujourd'hui l'âge de la Constitution de 1959, celle-là même qui fut adoptée un peu plus de trois ans après l'indépendance. Quand on pense à ce document fondateur, le sentiment qui domine est celui d'un malaise profond et d'une frustration étouffante. &lt;br /&gt; Le malaise et la frustration se nourrissent de la conscience aiguë des occasions ratées et du temps perdu. Les Tunisiens n'ont pas perdu une année ou deux, ni une décennie ou deux. Ils ont perdu plus d'un demi siècle pendant lequel ils ont été exclus du processus de décision politique. Si beaucoup d'entre eux n'ont jamais participé aux mascarades électorales des cinq décennies précédentes, beaucoup aussi avaient accepté, consciemment ou inconsciemment, de se laisser instrumentaliser et servir de feuille de vigne à des régimes dictatoriaux.&lt;br /&gt; Le malaise et la frustration se nourrissent des attaques en règle perpétrées par les dictatures contre la Constitution. Celle-ci fut soumise de manière éhontée à toutes sortes de manipulations. L'idée directrices des innombrables révisions subies par le texte constitutionnel de 1959 était de répondre aux désirs des deux chefs de l'Exécutif qu'a connus le pays en plus d'un demi siècle de se maintenir le plus longtemps possible aux commandes et de faire échouer toute tentative de contrôler le développement du pouvoir personnel du président de la république.&lt;br /&gt; Le développement du pouvoir personnel, c'est connu, est le signe le plus évident du sous-développement politique qui a affecté le pays et ses institutions pendant de longues décennies. Certes, le peuple tunisien a construit des institutions administratives et éducatives assez honorables, mais le pouvoir de décision politique est resté rebelle à toute tentative de dépersonnalisation et d'institutionnalisation. &lt;br /&gt; Jusqu'au 14 janvier dernier, nous avons assisté pendant très longtemps, impuissants, à un décalage vertigineux entre le discours et la pratique des représentants de l'Exécutif dont l'appropriation privée des mécanismes de décision sonnait comme un démenti permanent des discours creux sur l'Etat de droit, les libertés de toutes sortes que nous garantissait la Constitution, la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice et autres concepts qui, sous nos cieux n'ont jamais eu une existence réelle.&lt;br /&gt; En d'autres termes, du 1er juin 1959 au 3 mars 2011, plutôt qu'une Constitution, nous avons eu en Tunisie ce que les constitutionnalistes appellent une "pseudo-Constitution" ou une "Constitution-alibi", une sorte d'habillage juridique qui n'a pas résisté à la voracité du pouvoir personnel. Révisée abusivement à maintes reprises, humiliée, méprisée par ceux-là même supposés être les garants de sa force et de son intégrité, la Constitution de 1959 a fini par rendre l'âme le 3 mars 2011.&lt;br /&gt; Si personne ne porte aujourd'hui son deuil, c'est parce que la défunte Constitution était entrée dans une mort clinique peu de temps après sa naissance et que toutes les tentatives politiciennes de faire croire en sa vitalité ou sa validité ont été vaines. Certes, la Constitution de 1959 en général et son article 8 en particulier ont été assez souvent évoqués par les victimes de la dictature, mais c'était dans le but de dénoncer les abus du pouvoir personnel plutôt que de s'assurer une protection constitutionnelle que tout le monde savait illusoire. &lt;br /&gt; La soirée du 3 mars 2011 restera dans les mémoires comme étant le moment précis où la page constitutionnelle de la Tunisie indépendante est tournée et les contours d'une nouvelle page se précisent. Le soulagement général manifesté à travers le pays après le discours du président par intérim, annonçant l'élection d'une Assemblée constituante le 24 juillet prochain, a été renforcé par la "performance" de M. Béji Caid Essebsi. &lt;br /&gt; Maintenant que le train politique est remis sur les rails, entamant son périple vers la "Station du 24 juillet", le plus dur reste à faire. Il s'agit en effet de mettre sur les rails le train économique dont le départ est encore perturbé par des actions illégales et extrêmement dommageables pour le pays. La communauté nationale ne peut plus se permettre ce qu'il faut bien appeler l'anarchie économique où des entreprises génératrices de richesses et d'emplois sont empêchées de fonctionner normalement, quand elles ne sont pas soumises à un chantage inacceptable.&lt;br /&gt; Le nouveau Premier ministre a promis le retour de la sécurité et la restauration du prestige et de l'inviolabilité de l'Etat. Prestige et inviolabilité d'autant plus ardemment désirés maintenant que ceux qui sont en charge de la chose publique, loin d'être des dictateurs, sont des hommes intègres qui se sont mis au service de leur peuple pour une courte période, déterminée d'avance, le temps d'amener le pays à bon port. Laissons les travailler. Aidons les, aidons nous nous-mêmes et aidons le pays à se relever en dénonçant avec vigueur les instigateurs de l'anarchie économique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8746618285611781172?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8746618285611781172/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8746618285611781172' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8746618285611781172'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8746618285611781172'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/03/1er-juin-1959-3-mars-2011.html' title='1er juin 1959-3 mars 2011'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8563949647321090191</id><published>2011-01-21T07:56:00.000+01:00</published><updated>2011-01-21T07:57:28.998+01:00</updated><title type='text'>Sachons préserver la liberté retrouvée</title><content type='html'>L’idéal serait que l’on reconstruise le système politique sur des bases solides. C'est-à-dire prendre la peine et le temps de jeter de nouvelles bases constitutionnelles à travers l’élection d’une Assemblée constituante qui nous doterait d’une nouvelle Constitution. &lt;br /&gt; Tout le monde sait que l’actuelle Constitution est demeurée lettre morte pendant un demi- siècle pour une raison simple. Son initiateur, Habib Bourguiba, l’avait conçue un peu comme s’il allait chez un couturier pour se faire faire un costume. Il avait imposé une Constitution à sa mesure qui assurait des pouvoirs exorbitants à l’Exécutif, c'est-à-dire au président de la République,  aux dépens du parlement et de l’autorité judiciaire qui, depuis l’indépendance jusqu’au 14 janvier 2011, n’avaient jamais ni l’un ni l’autre critiqué ou même discuté une décision présidentielle.&lt;br /&gt; Pendant plus d’un demi-siècle, les pouvoirs législatif et judiciaire s’étaient vus retirer tout pouvoir réel, acceptant passivement  de jouer le rôle de courroie de transmission de la volonté de l’Exécutif, obéissant sans discuter à ses ordres et se contentant de jouer les figurants sur la scène publique.&lt;br /&gt; L’idéal serait que l’on se dote d’une nouvelle Constitution qui donnerait moins de pouvoir au président de la république et renforcerait celui du parlement et de l’autorité judiciaire, seule manière de barrer définitivement la route au culte de la personnalité et à l’abus du pouvoir. Car il y a un aujourd’hui un besoin évident d’apprivoiser l’autorité présidentielle en se dotant de mécanismes solides permettant d’empêcher l’Exécutif d’élargir démesurément le champ de ses compétences aux dépens des autres pouvoirs constitutionnels.  &lt;br /&gt; Une telle perspective demande beaucoup de temps. Compte tenu de la situation exceptionnelle que vit le pays, compte tenu de l’impatience manifestée par de larges secteurs politiques et sociaux, compte tenu du bouillonnement légitime du peuple tunisien blessé dans sa dignité et saigné à blanc par un régime corrompu jusqu’à la moelle, on n’a ni le temps ni les conditions adéquates pour viser l’idéal.&lt;br /&gt; L’idéal n’étant pas possible, nous devons donc  faire avec ce qu’on a. Après tout, même si elle était faite sur mesure, notre Constitution permettait  un certain nombre de libertés qui, si elles étaient respectées par Bourguiba et son successeur, on n’en serait pas là aujourd’hui.&lt;br /&gt; Si l’on veut réussir cette transition, il faudrait établir une échelle des priorités, et la priorité des priorités aujourd’hui  est le rétablissement de l’ordre civil, condition sine qua non du passage à l’ordre démocratique. Il est réconfortant de voir la vitalité et la détermination de cette jeunesse qui descend tous les jours dans la rue pour crier sa colère et réclamer des départs de personnalités et des dissolutions d’institutions qui ont porté gravement atteinte aux intérêts du pays. Il est rassurant de voir la vigilance dont elle fait preuve pour ne pas se laisser voler son acquis précieux : le renversement  pacifique de la dictature.&lt;br /&gt; Cependant, ces hommes et ces femmes qui manifestent quotidiennement ont des enfants, des frères et des sœurs qui étudient à l’école et à l’université, ont des proches qui ont besoin de travailler, ont eux-mêmes un emploi qui les attend ou sont à la recherche d’un travail. Et ni études ni travail ne sont pleinement possibles sans le retour à la vie normale. Nous sommes des millions à appeler de nos vœux un tel retour.&lt;br /&gt; Le retour à la vie normale est aussi indispensable à la préparation des élections que tout le peuple voudrait qu’elles soient transparentes et contrôlées par des commissions indépendantes, renforcées par des observateurs internationaux. C’est cela le plus important et non les débats interminables sur le gouvernement de transition dont le rôle, soulignons-le ici, est purement technique : gérer les affaires courantes et préparer les élections.&lt;br /&gt; Nous avons remporté une victoire éclatante sur la dictature, la corruption et la stupidité d’un clan mafieux qui a fait du slogan « ce qui est à vous est à moi » le principe de base de son comportement. Mais manque à cette victoire sa pièce maitresse : le déroulement d’élections libres et transparentes. Le jour où nous accomplirons ce devoir, le jour où nous imposerons la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et l’alternance au pouvoir, ce jour là on pourra dire que la victoire sur la dictature est complète.&lt;br /&gt; Avec du recul, je suis personnellement heureux que Ben Ali ne nous a offert aucun genre de liberté. Car la vraie liberté, ce n’est pas celle que l’on reçoit en aumône de la part des politiciens, mais celle qu’on leur impose. Contre leur volonté. C’est cette liberté là qui dure. C’est cette liberté qui fera notre dignité. C’est la seule liberté que l’on savoure. L’enjeu pour nous et pour nos enfants est si important que nous devons dès maintenant nous atteler à la tâche.&lt;br /&gt; Une chose est certaine : la liberté qu’on vient d’imposer ne peut être confisquée par aucun politicien, et aucune structure politique ne pourra la mettre en danger si grande est la vigilance populaire. Tout politicien qui s’aventurerait à toucher à cet acquis, il sera banni de la vie politique et peut-être même du pays par la colère populaire. Le seul danger qui guette cette liberté ne pourrait venir que de ceux qui viennent de l’offrir au pays, c'est-à-dire le peuple. &lt;br /&gt;Si le peuple tunisien s’avérait incapable de cimenter cette liberté à travers des élections totalement différentes de toutes celles qu’on a connues depuis 1956 ; si, à Dieu ne plaise, il laissait échapper son précieux acquis en se fourvoyant dans des querelles byzantines ou, pire encore, en ne maîtrisant pas l’instabilité, il n’aurait à s’en prendre qu’à lui-même. Contrairement à la nature, la dictature n’a pas horreur du vide. Elle le souhaite. Elle l’appelle de ses vœux pour s’y engouffrer.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8563949647321090191?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8563949647321090191/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8563949647321090191' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8563949647321090191'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8563949647321090191'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/sachons-preserver-la-liberte-retrouvee.html' title='Sachons préserver la liberté retrouvée'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3526167212658272310</id><published>2011-01-18T11:27:00.000+01:00</published><updated>2011-01-18T11:28:17.762+01:00</updated><title type='text'>L’effondrement de la dictature et le faux alibi de Netanyahu</title><content type='html'>Dans l’euphorie qui a suivi le renversement de la dictature en Tunisie, la dernière chose à laquelle on puisse penser c’est l’avis du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, sur les événements qu’a vécus le pays. Toutefois, on ne peut pas ne pas régir quand ce responsable israélien exploite cette victoire sur la dictature et, tout en la dénaturant, l’utilise pour justifier son intransigeance et son refus de l’idée même d’un processus de paix.&lt;br /&gt; Au cours de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres israéliens, Netanyahu a affirmé que « les troubles qui secouent la Tunisie illustrent l’instabilité généralisée dont souffre le Moyen-Orient », soulignant «  la nécessité de fortifier la sécurité israélienne, même et surtout en cas de signature d’un accord avec les Arabes. » Il ajoute : « Nous devons  jeter les bases d’une sécurité maximale dans tout accord que nous faisons. Nous ne pouvons pas simplement dire “nous signons pour la paix”. On ne peut pas fermer les yeux et dire “nous avons fait la paix.” Non, nous n’avons jamais la certitude que la paix sera réellement appliquée et mise à l’honneur.”&lt;br /&gt; Netanyahu s’accroche aux événements que connaît notre pays pour justifier son refus de se retirer des territoires occupés, comme il l’a fait avant avec les événements qu’ont connus l’Iran, le Liban, l’Irak etc. &lt;br /&gt; Heureux de trouver dans les événements que connaît notre pays un nouvel alibi, le Premier ministre d’Israël a un intérêt évident à ce que les troubles ne s’arrêtent pas. Et à ce niveau, son intérêt coïncide avec ceux du dictateur Ben Ali dont les milices armées tentent désespérément de semer la panique au sein de la population et le désordre et l’instabilité dans le pays.&lt;br /&gt; Netanyahu passe à un autre niveau de démagogie quand il affirme que ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie « illustre l’instabilité généralisée dont souffre le Moyen-Orient ». Il ya une instabilité au Moyen-Orient, c’est évident. Mais cette instabilité est le résultat de décennies de guerres, d’occupation et de répression entreprises par les gouvernements israéliens successifs, plutôt qu’une « illustration » de ce qui se passe en Tunisie.&lt;br /&gt; Les événements de cet hiver chaud en Tunisie n’ont rien à voir avec « l’instabilité généralisée » dont parle le Premier ministre israélien. Ils sont le résultat d’un ras-le-bol généralisé contre une dictature mafieuse qui a érigé le népotisme, la corruption et l’appropriation des biens publics par la famille régnante en système de gouvernement. &lt;br /&gt; Netanyahu n’a pas été le seul à s’inquiéter de la situation en Tunisie. Deux de ses ministres ont tenu à exprimer leurs soucis. Le premier redoute que les événements ne « favorisent la montée de l’islamisme », et le second s’inquiète encore plus pour nous puisque, d’après lui, « les Arabes détrônent un dictateur pour le remplacer par un autre. »    &lt;br /&gt; Il faut absolument rassurer ces deux ministres, d’autant que l’un d’eux, Sylvain Shalom, est natif de Tunisie. L’effondrement de la dictature de Ben Ali ne va pas favoriser la montée de l’islamisme, pour une raison très simple. Il y a un rempart en Tunisie que l’extrémisme islamiste ne peut pas franchir. Ce rempart repose essentiellement sur le tempérament du Tunisien. Un tempérament dominé par un fort penchant pour la modération, la tolérance et le respect de la liberté religieuse. &lt;br /&gt; Il faut rassurer aussi les deux ministres de Netanyahu sur l’autre « crainte » exprimée. Les Tunisiens ont chassé un dictateur, mais ne le remplaceront pas par un autre. La dictature corrompue et pourrie de Ben Ali les a vaccinés à tout jamais contre le risque de se faire piéger par un troisième dictateur. On a eu deux qui ont cumulé à eux seuls plus de 55 ans de pouvoir absolu. C’est plus que suffisant.&lt;br /&gt; Maintenant que les troubles en Tunisie se réduisent chaque jour un peu plus, que la vie a repris normalement, que le gouvernement d’union nationale est en place, que les commissions d’enquête sur la corruption et sur les abus de pouvoir s’apprêtent à entamer leur travail et que des élections générales sous supervision internationale pointent à l’horizon, Netanyahu et ses ministres doivent aller chercher ailleurs un nouvel alibi pour justifier une politique abhorrée dans les quatre coins du monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3526167212658272310?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3526167212658272310/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3526167212658272310' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3526167212658272310'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3526167212658272310'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/leffondrement-de-la-dictature-et-le.html' title='L’effondrement de la dictature et le faux alibi de Netanyahu'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3378509417895335801</id><published>2011-01-16T22:37:00.000+01:00</published><updated>2011-01-16T22:39:41.640+01:00</updated><title type='text'>Une occasion en or</title><content type='html'>Qu’est-ce qui se passe dans la tête des dictateurs ? Cette question a sans doute été posée et reposée par les millions de victimes des dictatures. Beaucoup de Tunisiens se sont sûrement demandé qu’est-ce qui se passait dans la tête de leur dictateur qui, pourtant, a bien commencé, mais qui a fini très mal. Trop mal. &lt;br /&gt;Le samedi 7 novembre 1987, le successeur de Bourguiba avait affirmé que « l’époque que nous vivons ne peut plus souffrir ni présidence à vie, ni succession automatique à la tête de l’Etat desquelles le peuple se trouve exclu. Notre peuple est digne d’une vie politique évoluée et institutionnalisée, fondée réellement sur le multipartisme et la popularité des organisations de masse. »&lt;br /&gt;Ce discours avait plu à l’époque à l’écrasante majorité des Tunisiens qui se sont massés derrière « l’homme du changement ». Mais celui-ci n’avait pas perdu de temps pour tourner le dos à son propre discours et à exclure le peuple de la moindre participation effective à la chose publique.&lt;br /&gt;Il y a un élément psychologique important dans la rapide transformation de Ben Ali en dictateur. Les Tunisiens étaient surpris par le changement effectué à la tête de l’Etat le 7 novembre 1987. Ils n’avaient participé à ce processus ni de près ni de loin. Cette non-participation populaire au changement à la tête de la république a fait que Ben Ali se convainque qu’il était le sauveur du pays et, à partir de là, il s’était donné carte blanche pour gérer le pays à sa guise, se transformant en décideur unique pour tout ce qui touche à la vie politique, économique, sociale et culturelle de 10 millions de personnes. &lt;br /&gt;En entamant sa carrière de dictateur, Ben Ali s’est installé dans une disposition psychologique bien particulière : en tant que président, il n’était pas au service du peuple, mais c’est celui-ci qui devait être à son service en acceptant sans broncher tout ce qui est décidé pour lui au Palais de Carthage, en s’abstenant de discuter les décisions présidentielles et en exprimant tous les jours, à travers les médias apprivoisés, les structures du parti au pouvoir et « les partis cartons », sa gratitude au « sauveur ».&lt;br /&gt;Mais Ben Ali n’a même pas eu l’intelligence de persévérer dans sa carrière de dictateur en se basant sur une application minimale de la loi, permettant une préservation tout aussi minimale des intérêts de l’Etat et des propriétés publiques et privées contre les prédateurs. L’absence, ou plutôt le mépris de ce souci fondamental dans l’exercice du pouvoir a fait que Ben Ali bascule du statut de dictateur à celui de parrain, se souciant beaucoup plus du bien-être de ses proches que des dures conditions de vie des centaines de milliers de chômeurs.&lt;br /&gt;Il est très courant, en dictature comme en démocratie, qu’un détenteur du pouvoir fasse bénéficier ses proches de quelques avantages. C’est l’une des faiblesses humaines. Ben Ali n’aurait pas focalisé sur lui toute cette haine, s’il s’était contenté de suivre cette règle banale. C'est-à-dire s’il s’était permis seulement d’avantager ses proches dans des limites « raisonnables », tout en leur interdisant d’utiliser leur liens de parenté avec le président pour abuser gravement des biens publics et privés.&lt;br /&gt;En laissant la bride sur le cou aux membres de sa famille et de sa belle famille, Ben Ali les a encouragés, volontairement ou involontairement, à se transformer en véritables prédateurs qui,  plus ils pillent, plus leurs dents s’allongent, plus ils s’enrichissent, plus ils en veulent encore. En un mot, comme dit le peuple, plus ils mangent, plus ils ont faim. &lt;br /&gt;Le silence imposé par le sommet de l’Etat aux institutions publiques et aux personnes privées, victimes de la prédation de la famille et de la belle famille, a fait que Ben Ali apparaisse aux yeux du peuple de moins en moins comme président et de plus en plus comme un parrain qui se trouve au centre d’un vaste trafic d’influence ayant transformé, d’année en année, des gens pauvres au départ en milliardaires.&lt;br /&gt;A côté de ces dérives mafieuses qui ont gravement affecté le patrimoine national et les moyens financiers de l’Etat, nous avons assisté à un autre genre de dérives par lequel s’est distinguée la dictature de Ben Ali. Des dérives qui ont ridiculisé l’Etat et qui ont été ressenties par le peuple comme une humiliation intolérable. &lt;br /&gt;N’ayant aucune fonction officielle, la femme du président s’est imposée comme un personnage influent de l’Etat, se réservant un espace surdimensionné dans les médias publics et privés pour couvrir un ensemble d’activités abracadabrantes dont elle s’est auto-chargée. Cette incongruité, bien particulière à la dictature de Ben Ali, frise l’absurde quand « la première dame » se permet de désigner des ministres de l’Etat tunisien pour aller faire des discours en son nom dans des forums internationaux. Ceci pour ce qui est public. Quant à ce qui se passe dans les coulisses, seuls Dieu et quelques uns le savent.&lt;br /&gt;Le poids de plus en plus lourd de ces dérives et l’indifférence ou l’incapacité de Ben Ali à répondre aux besoins de demandeurs d’emplois de plus en plus nombreux, sans oublier l’infection de beaucoup d’agents de l’Etat par le virus de la corruption, ont fini par avoir raison de la patience du peuple. A sa première fronde sérieuse, la dictature mafieuse s’est effondrée comme un château de cartes.&lt;br /&gt;Maintenant, le changement qui vient d’avoir lieu n’a pas été offert au peuple tunisien. Celui-ci l’a réalisé en payant le prix fort : le sang de dizaines de ses enfants dans la fleur de l’âge. La différence est fondamentale avec le changement de novembre 1987. Et c’est cette différence fondamentale que le peuple doit brandir chaque fois qu’il sent un risque de récupération de son exploit et de ses sacrifices par des apprentis-dictateurs. &lt;br /&gt;Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins avec une occasion en or entre nos mains. Nous sommes parfaitement en mesure d’utiliser cette bonne occasion pour imposer trois petites choses très simples à la classe politique, le trépied de la démocratie : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et l’alternance au pouvoir. Mais nous pouvons aussi, à Dieu ne plaise, rater cette occasion unique et sombrer de nouveau dans un autre demi siècle de dictature. Le choix est entre la lumière et l’obscurité, entre la dignité et l’obséquiosité. &lt;br /&gt;Personnellement, je suis optimiste. Mon optimisme, je le tiens de l’histoire de ce pays. Nous avons eu la première Constitution du monde arabe en 1861. Nous avons été le premier pays du monde arabe et bien avant de nombreux pays occidentaux à donner ses droits fondamentaux à la femme. Nous pouvons être le premier pays arabe à se doter d’un réel système démocratique. L’occasion est historique et pourrait ne plus se présenter, si on la ratait. Ne la ratons pas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3378509417895335801?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3378509417895335801/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3378509417895335801' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3378509417895335801'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3378509417895335801'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/une-occasion-en-or.html' title='Une occasion en or'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6828596995281003153</id><published>2011-01-11T17:02:00.001+01:00</published><updated>2011-01-11T17:02:43.384+01:00</updated><title type='text'>L'ultime verrou</title><content type='html'>Au départ, le gouvernement israélien prévoyait la construction de 133 logements pour colons à la place de  l’hôtel Shepherd au quartier arabe de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Face au tollé international, il a réduit ce nombre à une vingtaine de logements. La stupidité de ce gouvernement est qu’il pense que c’est une question quantitative, qu’il suffit de réduire le nombre initialement prévu pour qu’on le laisse tranquille et qu’il puisse continuer sa course effrénée vers la judaïsation de la Ville sainte. &lt;br /&gt; Le paradoxe fondamental qui caractérise la politique d’Israël est de plus en plus évident aux yeux d’une communauté internationale de moins en moins encline à regarder ailleurs. Le monde entier sait maintenant, y compris les Etats-Unis, que si Israël se plaint et se lamente quotidiennement des campagnes qui tentent de le délégitimer, il n’en demeure pas moins que ce sont les politiciens de ce pays eux-mêmes qui alimentent cette campagne et l’entretiennent par des politiques dont les dénominateurs communs sont le mépris de la loi internationale, la colonisation incessante de la Cisjordanie et la répression quotidienne des Palestiniens.    &lt;br /&gt; La décision israélienne d’envoyer les bulldozers démolir l’hôtel Shepherd a provoqué des réactions de condamnation de la part des Etats-Unis, de l’Union européenne, de l’ONU et de plusieurs autres pays dans le monde. Mais c’est surtout les réactions américaine et européenne qui semblent avoir piqué Israël au vif et fait monter les inquiétudes dans les milieux  politiques israéliens.&lt;br /&gt; Ce qui inquiète aujourd’hui Israël c’est que le monde est en train d’évoluer dans un sens où ce pays est de plus en plus considéré comme les autres. Concrètement, les conséquences de cette tendance est qu’Israël, qui a bénéficié depuis pratiquement sa création d’un statut spécial, se trouve aujourd’hui, plus que jamais, pressé de se conformer au droit international. Et plus il traîne les pieds, plus il est isolé, plus il persiste dans son mépris de la loi internationale, plus il est délégitimé aux yeux du monde.&lt;br /&gt; L’exemple de l’Amérique latine est particulièrement significatif à cet égard. Le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Venezuela et l’Equateur ont reconnu l’Etat palestinien dans ses frontières du 4 juin 1967. Israël a bien dépêché son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, en Amérique latine pour dissuader ces pays de poursuivre leur politique « pro-palestinienne ». La tournée de Lieberman au eu l’effet contraire. De par son caractère rustre et arrogant, il a plutôt renforcé la détermination des Latino-Américains à prendre partie pour les opprimés palestiniens contre leurs oppresseurs israéliens.&lt;br /&gt; L’exemple du Chili, dernier pays latino-américain à avoir reconnu l’Etat palestinien, est plus significatif encore et plus inquiétant pour Israël. A la veille de cette reconnaissance, Netanyahu a téléphoné au président chilien Sebastian Piñera, pour le supplier d’annuler sa décision. Peine perdue. Après la reconnaissance du Chili de l’Etat palestinien dans ses frontières de 1967, Israël a de sérieuses raisons d’être inquiet : Ce ne sont pas seulement les présidents  « de gauche », comme le Brésilien Lula (remplacé depuis par Dilma Rousseff), le Bolivien Morales ou encore le Vénézuélien Chavez qui exigent une paix juste au Proche-Orient, mais aussi des présidents  de droite. Et Sebastian Piñera en est un. Non seulement il a fait ses études d’économie à l’université américaine de Harvard, mais, selon le magazine Forbes, sa fortune s’élève à 1,2 milliard de dollars, et,  par conséquent, il ne peut pas être « de gauche »…&lt;br /&gt; L’inquiétude devient panique quand Israël regarde du côté de l’Union européenne. Celle-ci est de moins en moins inhibée et de plus en plus hardie concernant le conflit au Moyen-Orient et la question de la colonisation des terres palestiniennes. L’Union européenne semble avoir dépassé le stade des vœux pieux et des condamnations théoriques. Des voix s’élèvent de plus en plus pour exiger des sanctions et des mesures concrètes tendant à mettre la pression sur Israël. Parmi les propositions avancées figurent le refus d’accepter sur les territoires des pays membres des Israéliens habitant dans les colonies de Cisjordanie et le refus de tout produit israélien fabriqué ou cultivé dans les territoires occupés. &lt;br /&gt; Avec le changement de ton, de langage et de comportement de l’Union européenne, Israël se trouvera absolument isolé dans le monde, avec pour seul soutien les Etats-Unis d’Amérique qui, de par leur politique partiale et biaisée au Moyen-Orient, constituent l’ultime verrou qui barre encore la route à tout règlement jute du conflit israélo-arabe.&lt;br /&gt; A regarder les choses de plus près, on constatera que, finalement, ce n’est pas la politique israélienne qui bloque le règlement du conflit, mais le verrou américain. Car Israël, enfant gâté qui met tout sens dessus dessous sous le regard complaisant de son tuteur américain, ne pourra pas résister indéfiniment seul contre tous. S’il continue sa politique coloniale en se souciant comme d’une guigne de ce que pense le reste du monde, c’est parce qu’il sait qu’il est soutenu inconditionnellement par la plus grande puissance du monde, ou plutôt par ce qu’il sait qu’il est toujours en mesure de fixer lui-même les grandes lignes de la politique moyen-orientale de son grand protecteur. &lt;br /&gt; Cessons de nous leurrer en répétant que c’est la politique intransigeante d’Israël qui bloque le processus de paix. Le problème est dans l’ultime verrou, le verrou américain, qui doit sauter. Cette perspective est considérée en Israël comme l’ultime désastre politique qui guette Israël et que beaucoup d’analystes et de commentateurs israéliens estiment inévitable. Pour eux, c’est simplement une question de temps. Dès que ce verrou saute, l’arrogance et l’intransigeance israéliennes disparaitront comme neige au soleil. La voie sera alors grande ouverte au règlement juste que le monde attend depuis des décennies.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6828596995281003153?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6828596995281003153/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6828596995281003153' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6828596995281003153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6828596995281003153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/lultime-verrou.html' title='L&apos;ultime verrou'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5573721060021476321</id><published>2011-01-08T12:49:00.001+01:00</published><updated>2011-01-08T12:51:03.108+01:00</updated><title type='text'>Un Soudan ou deux?</title><content type='html'>C’est donc aujourd’hui que les Sud-Soudanais commencent à voter  pour ou contre la sécession, et ce dans le cadre d’un référendum qui se déroulera jusqu’au 15 janvier. Le sous développement des moyens de communication et de transport dans les dix gouvernorats du Sud-Soudan est tel que pas moins de six jours sont nécessaires pour faire voter les 3,5 millions d’inscrits. Une telle pauvreté en matière d’infrastructures fait planer à elle seule le doute sur la capacité des Sud-Soudais à construire un Etat viable, s’ils choisissent l’indépendance vis-à-vis de Khartoum.   &lt;br /&gt; Pour comprendre le fond du problème, il faut remonter assez loin dans l’histoire, jusqu’à la conférence de Berlin de 1884-85 quand la Grande Bretagne et d’autres puissances européennes, ignorantes ou indifférentes à l’égard des spécificités ethniques, culturelles, linguistiques et religieuses des populations africaines, entreprirent de charcuter le continent en traçant arbitrairement des frontières. Des groupements humains n’ayant en commun ni langage ni religion ni intérêts quelconques se trouvèrent piégées à l’intérieur de frontières et forcés de vivre ensemble.  &lt;br /&gt; Mais, honnêtement, on ne peut pas faire assumer la responsabilité seulement aux pouvoirs coloniaux. Les élites africaines qui, il y a un demi siècle, avaient pris en charge le lourd fardeau de l’indépendance, assument une responsabilité au moins aussi grande. Leur incapacité congénitale à mettre en place un système économique et social intégrationniste, à même d’assurer un minimum de justice et d’équilibre entre les différentes régions et les différentes ethnies est, sans aucun doute, à la base de tous les problèmes du continent africain. &lt;br /&gt; Le Soudan est le plus grand pays d’Afrique. De par ses richesses naturelles, ses terres immenses d’une rare fertilité et l’extraordinaire atout du Nil blanc et bleu, ce pays aurait pu être le moteur du développement en Afrique et un grenier capable de nourrir une bonne partie des populations africaines et arabes. Il est consternant de voir que 50 ans après l’indépendance, le Soudan est dans l’incapacité de nourrir correctement sa propre population sans recourir à l’aide étrangère, ni de faire coexister paisiblement ses différentes ethnies. &lt;br /&gt; Consternant, mais pas étonnant, car un peuple dont les composantes sociales passent des décennies à guerroyer les unes contre les autres, n’a ni le temps ni les moyens de construire les infrastructures économiques, sociales et politiques nécessaires à une vie politique évoluée. Et à ce niveau, le régime de l’ancien président Jaafar Nimeiry assume une responsabilité qui, sans abus de langage, peut être qualifiée de criminelle. &lt;br /&gt; En plus des politiques économiques et sociales discriminatoires vis-à-vis des populations de Sud, Nimeiry a pris l’une des décisions les plus stupides qu’un politicien puisse prendre : appliquer la Chariaa à des populations majoritairement chrétiennes ou animistes du Sud-Soudan, déclenchant ainsi une guerre civile qui a duré des décennies, faisant deux millions de morts et plusieurs millions de déracinés.&lt;br /&gt; La révolte des Sud-Soudanais est parfaitement compréhensible, car non seulement ils étaient les éternels oubliés de tout effort de développement entrepris par le pouvoir central à Khartoum, mais ils se sont vus imposer les lois d’une religion qui n’est pas la leur. Pour comprendre l’ampleur de l’amertume et du sentiment d’injustice qui prévalaient au Sud-Soudan, imagions un seul instant la réaction des Nord-Soudanais si on leur avait imposé la soumission à certains préceptes de la Bible…&lt;br /&gt; Il est hautement probable que le référendum aboutisse à l’indépendance du Sud, et rares sont ceux qui parient un kopek sur un résultat différent. Même le président Omar el Bechir semble avoir fait son deuil d’un Soudan uni. Au cours de son récent voyage à Juba, capitale du Sud-Soudan, il avait annoncé solennellement son acceptation de la partition du pays en cas de vote en faveur de la sécession. D’ailleurs avait-il le choix à la lumière de l’extraordinaire mobilisation internationale qui laisse deviner la détermination de nombreux pays, dont les Etats-Unis, à suivre étroitement le déroulement du référendum du début à la fin ?    &lt;br /&gt; Cela dit, l’imminente partition du Soudan, pose deux importants problèmes. Le premier problème a trait aux moyens humains et matériels du futur Etat indépendant. Plus explicitement, en choisissant l’indépendance, le Sud-Soudan peut-il se permettre,  au vu des maigres moyens dont il dispose, d’établir un Etat viable, capable de répondre aux besoins de base de la population. Une chose est certaine : les espoirs et les attentes des Sud-Soudanais dépasseront de loin les modestes moyens de leur futur Etat, ce qui n’est pas le moindre des défis qu’aurait à affronter la future nouvelle nation.&lt;br /&gt; Le second problème a trait au continent dans son ensemble. L’imminente partition du Soudan ne risque-t-elle pas d’ouvrir la boîte de pandore dans un continent qui, dés les premiers jours de l’indépendance, a refusé de remettre en cause les frontières héritées du colonialisme pour éviter d’entrer dans le cycle de la guerre perpétuelle ? Le Nigeria et la Côte d’Ivoire, pour ne prendre que ces deux exemples, présentent des similarités troublantes avec le Soudan. Les deux pays font face à des divisions ethniques et religieuses endémiques entre un Nord à majorité musulmane et un Sud à majorité chrétienne. Les forces irrédentistes qui animent ces deux pays ne se trouveront-elles pas revigorées par l’exemple soudanais ?&lt;br /&gt; Mais ne regardons pas seulement la moitié vide du verre. Beaucoup de pays africains ont réussi à faire vivre ensemble des ethnies différentes pendant plus d’un demi siècle, et ce en dépit de la pauvreté et du sous-développement qui n’aident pas à la tolérance et à l’acceptation de l’autre. Et si l’on pousse l’optimisme plus loin encore, peut-être qu’un jour l’on assistera à des mouvements inverses, c'est-à-dire en faveur de la destruction des barrières frontalières, poussant l’Afrique à imiter, dans leurs prodigieuses entreprises de développement, la Chine, le Brésil et l’Inde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5573721060021476321?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5573721060021476321/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5573721060021476321' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5573721060021476321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5573721060021476321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/un-soudan-ou-deux.html' title='Un Soudan ou deux?'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7609852712820505240</id><published>2011-01-04T16:42:00.000+01:00</published><updated>2011-01-04T16:43:02.571+01:00</updated><title type='text'>La mise en garde ignorée d'Eisenhower</title><content type='html'>Trois jours avant de quitter la Maison blanche, le président Dwight Eisenhower, dans son discours de fin de mandat, avait mis en garde ses concitoyens contre les dangers provenant de « l’influence injustifiée » qu’exerçait le complexe militaro-industriel aux Etats-Unis. C’était il y a un cinquante ans, plus précisément le 17 janvier 1961.&lt;br /&gt;Il serait intéressant de reproduire ici les passages les plus significatifs du discours d’Adieu  d’Eisenhower à son peuple. « La présence simultanée d’un énorme secteur militaire et d’une vaste industrie de l’armement est un fait nouveau dans notre histoire (…).  Notre travail, nos ressources, nos moyens d’existence sont en jeu, et jusqu’à la structure même de notre société. Dans les organes politiques, nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques (…). Seul un ensemble uni de citoyens vigilants et conscients réussira à obtenir que l’immense machine industrielle et militaire qu’est notre secteur de la défense nationale s’ajuste sans grincement à nos méthodes et à nos objectifs pacifiques, pour que la sécurité et la liberté puissent prospérer ensemble. »&lt;br /&gt;Avant de devenir président et de faire son entrée à la Maison blanche le 20 janvier 1953, Dwight Eisenhower avait mené une brillante carrière militaire qui a fait de lui le soldat le plus gradé de la hiérarchie militaire américaine (général 5 étoiles). La place centrale qu’il occupait dans cette hiérarchie faisait de lui un observateur privilégié des pratiques peu orthodoxes du complexe militaro-industriel. Et les huit années passées à la Maison blanche avaient fini par le convaincre de la dangerosité de ce puissant lobby qui, sans la présence d’un « ensemble uni de citoyens vigilants et conscients », risquait de faire main basse sur les mécanismes de prise de décision de la stratégie militaire et de la politique étrangère des Etats-Unis. &lt;br /&gt;La mise en garde d’Eisenhower fut ignorée, car il n’y a avait pas aux Etats-Unis cet « ensemble uni de citoyens vigilants et conscients » pour empêcher les dérives militaires et politiques qui, depuis des décennies, ne cessent de miner le statut, la réputation et les finances de la superpuissance américaine. &lt;br /&gt;S’agissant des grands choix de  stratégie militaire et de politique étrangère de leur pays,  les citoyens américains, dans leur grande majorité, ne sont ni « vigilants » ni « conscients » dans le sens souhaité par Eisenhower, c'est-à-dire dans le sens d’une force capable de contrôler étroitement les décisions gouvernementales, et de s’y oppose éventuellement si elles vont à l’encontre de l’intérêt général. Leur indifférence absolue à ce qui se passe en dehors de leurs frontières les prédispose à faire confiance à leurs dirigeants et à prendre pour argent  tout ce que ceux-ci leur disent.  &lt;br /&gt;L’exemple le plus ahurissant est celui de la relation de la majorité des citoyens américains avec l’ex-président George W. Bush. Ce n’est un secret pour personne que celui-ci était la marionnette commune du complexe militaro-industriel et du lobby pétrolier qui l’avaient utilisé et manipulé à volonté. Pour servir les intérêts des fabricants d’armes et des compagnies pétrolières, Bush et son équipe avaient manipulé à leur tour le peuple américain en lui faisant avaler le mensonge des armes de destruction massive et du danger que posait Saddam Hussein pour le monde en général et pour les Etats-Unis en particulier. Et bien que le mensonge de Bush éclatât au grand jour, bien que son invasion de l’Irak tournât au désastre, les citoyens américains l’avaient réélu en novembre 2004 pour un second mandat. Un si grand déficit de vigilance et de conscience ferait retourner Eisenhower dans sa tombe.&lt;br /&gt;Mais il y a plus ahurissant encore. Le peuple américain, qui compte 300 millions d’individus et représente moins de 5% de la population mondiale, ne s’est jamais posé la question pourquoi dépense-t-il pour son armée et sa sécurité autant sinon plus que le reste du monde ? L’ironie de l’histoire a fait que le cinquantième anniversaire de la célèbre mise en garde d’Eisenhower coïncide avec l’adoption par les représentants du peuple américain d’un budget militaire record : 735 milliards de dollars, dont le principal bénéficiaire n’est autre que le complexe militaro-industriel. Si l’on ajoute à ce budget du Pentagone ceux des départements de la sécurité intérieure, de l’énergie et de celui des vétérans des guerres américaines, le budget total pour la défense et la sécurité  s’élèvera à 861 milliards de dollars pour l’année fiscale 2011, dépassant de loin ce que dépense le reste de l’humanité dans ces secteurs.&lt;br /&gt;Le peuple américain n’a jamais pris la peine non plus de se demander pourquoi a-t-il besoin de 800 bases militaires disséminées dans une quarantaine de pays, alors que l’Amérique est le pays le mieux protégé du monde, non seulement par son armée puissante et sa défense anti-aérienne performante, mais, mieux encore, par deux océans immenses capables d’épuiser à eux seuls tout ennemi qui s’aventurerait à les franchir pour envahir la république américaine. Là aussi, le principal bénéficiaire de la dissémination et la multiplication des bases américaines à travers le monde est le complexe militaro-industriel dont avait mis en garde Eisenhower il y a un demi-siècle.&lt;br /&gt;La course à l’armement nucléaire et conventionnel imposée par les Etats-Unis à leurs rivaux de la Guerre froide, les politiques agressives menées par Washington vis-à-vis du Vietnam et de plusieurs pays au Moyen-Orient et en Amérique latine et la « guerre globale contre le terrorisme » ne peuvent être comprises qu’à travers l’ « influence injustifiée » du complexe militaro-industriel dont l’unique intérêt se limite au nombre de contrats décrochés et au calcul du pourcentage relatif à la progression annuelle de son chiffre d’affaires. Jusqu’à quand cela va continuer ? Jusqu’à l’émergence de cet « ensemble uni de citoyens vigilants et conscients ». Si jamais il émergera un jour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7609852712820505240?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7609852712820505240/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7609852712820505240' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7609852712820505240'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7609852712820505240'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/la-mise-en-garde-ignoree-deisenhower.html' title='La mise en garde ignorée d&apos;Eisenhower'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2872614112669564039</id><published>2011-01-01T17:27:00.001+01:00</published><updated>2011-01-01T17:27:33.801+01:00</updated><title type='text'>Des échecs à méditer</title><content type='html'>La « guerre globale contre le terrorisme » en Afghanistan est entrée dans sa dixième année ! En octobre prochain, cela fera dix ans que de puissantes armées  équipées de matériel  sophistiqué font la chasse aux « terroristes ». Au vu des résultats, on est en droit de se demander si cette « guerre globale » est en train d’éradiquer le mal ou de le nourrir, de réduire le nombre des insurgés ou de les multiplier, de rendre le monde plus sûr ou plus dangereux ?&lt;br /&gt; Comment se fait-il que cette « guerre globale » qui mobilise 200.000 soldats surarmés et plus de 10 milliards de dollars par mois s’est-elle révélée le plus grand fiasco de cette première décennie du XXIe siècle ? Pourquoi les forces combinées des Etats-Unis et de l’Otan, la première puissance du monde et la plus grande organisation militaire de la planète, trouvent-elles tant de difficultés à s’imposer face à des va-nu-pieds qui ne possèdent rien d’autre que quelques réserves de trinitrotoluène (TNT) ?&lt;br /&gt; La raison principale qui explique l’échec en Afghanistan, c’est le déchaînement contre les civils qui ont vu leur vie se transformer en enfer et ont payé un très lourd tribut à « la guerre globale contre le terrorisme ». Les bombardements aveugles sont la stratégie suivie par les forces étrangères depuis des années. Il est donc inévitable que les « dommages collatéraux », censés être l’exception, deviennent la règle. En d’autres termes, plus on tue de civils, plus on rend service aux insurgés en leur facilitant la tâche de renforcer continuellement leurs rangs par de nouvelles recrues.&lt;br /&gt; A cette raison s’ajoute une autre qui rend pratiquement toute solution en Afghanistan extrêmement difficile pour ne pas dire impossible : la rivalité entre le Pakistan et l’Inde. Chacun de ces deux pays ennemis cherche à étendre sa propre influence en Afghanistan et à limiter celle de l’autre. C’est cette rivalité qui fait que le Pakistan se trouve dans une drôle de situation : d’une part, il tente de détruire les structures de ses propres talibans qui menacent gravement la stabilité du pays, et, d’autre part, il aide discrètement les talibans afghans à travers lesquels il tente de préserver ses « intérêts stratégiques » en Afghanistan. &lt;br /&gt; Les Américains ne peuvent pas ne pas être conscients que ces deux obstacles majeurs s’opposent à toute pacification de l’Afghanistan. Mais ils ne peuvent rien faire. Ils continueront à bombarder et à faire des ravages parmi les civils, car leurs forces et celles de l’Otan sont conçues et équipées pour combattre une armée et non une guérilla dont les combattants plantent leurs bombes et se fondent en un clin d’œil parmi les civils. &lt;br /&gt; Quant au Pakistan, c’est une histoire plus compliquée encore. Ce pays, depuis sa création en 1947, a toujours été une pièce maîtresse dans la stratégie américaine en Asie du sud. Pendant toute la Guerre froide, Washington et Islamabad ont vécu en totale symbiose et ont entretenu une alliance presque parfaite. Les intérêts des deux pays reposaient sur  leur antisoviétisme militant, mais aussi sur l’inimitié commune que les deux témoignaient envers l’Inde, amie de l’Union soviétique à l’époque.&lt;br /&gt; La valeur stratégique du Pakistan s’est accrue énormément aux yeux de Washington avec l’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques. Pendant la décennie qu’avait duré cette invasion (1979-1989), aucune divergence ni dissonance n’était venue troubler les relations des deux alliés qui avaient les mêmes alliés et les mêmes adversaires en Afghanistan et, par conséquent, les choses étaient d’une clarté exemplaire. &lt;br /&gt; Les attentats terroristes du 11 septembre 2001 ont eu l’effet d’un séisme majeur qui avait déréglé l’axe autour duquel tournaient les relations américano-pakistanaises. Celles-ci se sont trouvées fortement perturbées par la radicalisation de l’anti-américanisme au Pakistan, par le rapprochement entre New Delhi et Washington et par les divergences croissantes concernant la situation en Afghanistan.&lt;br /&gt; Ces trois changements majeurs, s’ils ont perturbé fortement la sérénité passée des relations américano-pakistanaises, ils n’ont affecté en rien la valeur stratégique du Pakistan aux yeux des Etats-Unis, les deux pays se trouvant dans la situation du couple qui ne file plus le grand amour, mais qui ne peut pas divorcer non plus. Islamabad ne peut pas se passer de l’aide financière et militaire massive des Etats-Unis et Washington ne peut pas se passer du Pakistan dans sa « guerre globale contre le terrorisme ». &lt;br /&gt; Le plus intriguant dans cette relation particulière entre les deux alliés est qu’ils se trouvent dans l’obligation d’agir l’un contre les intérêts de l’autre tout en faisant croire qu’ils avancent la main dans la main pour la réalisation de leurs objectifs communs.&lt;br /&gt; Toutefois, les deux alliés ont de plus en plus de mal à garder secrets l’amertume qu’ils ressentent l’un vis-à-vis de l’autre. Les autorités pakistanaises sont extrêmement embarrassées par les bombardements quotidiens de leurs zones tribales du nord-ouest menées par les drones de la CIA, ce qui verse de l’eau au moulin des intégristes pakistanais et aiguise leurs penchants pour les attentats suicide qui ont fait déjà des milliers de morts. De leur côté, les autorités américaines sont très contrariées par l’aide aux talibans afghans qu’ils attribuent aux services secrets de l’armée pakistanaise, ce qui entrave fortement leur mission en Afghanistan.&lt;br /&gt; La guerre d’Afghanistan détient déjà le record de longévité par rapport à toutes les guerres qu’ont mené les Etats-Unis depuis leur création en 1776, y compris la guerre civile. Obama a promis de commencer à retirer les troupes à partir de la fin de cette année. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. En attendant, les décideurs américains doivent méditer les cas de ces guerres déclenchées sous l’effet de l’émotion (Afghanistan) ou sous de faux prétextes (Irak), pour éviter de nouvelles mésaventures à leur pays et de nouveaux échecs stratégiques dans le monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2872614112669564039?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2872614112669564039/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2872614112669564039' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2872614112669564039'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2872614112669564039'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2011/01/des-echecs-mediter.html' title='Des échecs à méditer'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2826556845488986593</id><published>2010-12-28T12:16:00.002+01:00</published><updated>2010-12-28T12:17:14.094+01:00</updated><title type='text'>2010: Un bilan en demi-teinte</title><content type='html'>Dans quatre jours, l’année 2010 fera partie de l’histoire et l’on entamera une nouvelle année. L’année 2010 n’a pas connu d’événements catastrophiques majeurs semblables au tsunami de 2004 en Indonésie ou à l’invasion de l’Irak un plus tôt. Toutefois,  la nature et les hommes ont continué au cours de l’année qui s’écoule à provoquer ici et là des dégâts, transformant la vie de millions de gens en enfer. &lt;br /&gt;  La nature a été particulièrement inclémente avec Haïti et le Pakistan. Le premier fut frappé en janvier par un séisme dévastateur qui avait fait des milliers de morts et des millions de sans-abris dans l’un des pays les plus pauvres de la planète, et le second fut dévasté en juillet-août par des inondations bibliques qui ont ramené le pays plusieurs années en arrière. &lt;br /&gt; Les Pakistanais auraient été heureux s’ils n’avaient affaire qu’au déchaînement des forces de la nature. Les hommes au Pakistan sont plus cruels. En effet, il ne  passe pas de jour sans qu’un kamikaze ne se faufile au sein d’une foule de citoyens et ne se fasse exploser, emportant avec lui des innocents dont l’unique tort est de s’être trouvé dans l’endroit choisi par l’illuminé. Près de 1400 personnes sont mortes en 2010, un record depuis la transformation des talibans pakistanais en mouvement terroriste majeur dont le but est de déstabiliser le pays et détruire son régime politique.&lt;br /&gt; Juste à côté du bourbier pakistanais, le bourbier afghan bât lui aussi des records en 2010 en nombre d’attaques sanglantes contre les forces étrangères et en nombre de morts parmi elles. Autour de 700 soldats américains et de l’Otan sont morts cette année, nettement plus que les 521 morts enregistrés en 2009, elle-même année record sur ce plan. Les 30.000 soldats supplémentaires envoyés par Obama au début de l’année n’ont pu renverser la tendance, comme l’espérait la Maison blanche.&lt;br /&gt; En Irak, « toutes les unités combattantes »  sont parties en août dernier et le reste partira la fin  2011. La situation sécuritaire s’est fortement améliorée en dépit de quelques attaques qui se déroulent de temps à autre et par lesquels Al Qaida, apparemment aux abois, tente désespérément de signifier qu’elle est toujours là. Les forces de police et l’armée irakiennes semblent maintenant capables de prendre elles-mêmes en charge la sécurité dans le pays. Le signe le plus significatif à cet égard est la réussite par les forces irakiennes d’assurer seules la sécurité des millions de pèlerins qui, chaque année, convergent vers Karbala pour se lamenter sur la mort de Hussein. Cette année, aucun incident majeur n’a troublé la célébration de l’Achoura.&lt;br /&gt; Sur le plan politique, l’impasse résultant des élections du printemps dernier en Irak a duré de mars à décembre. Il a fallu attendre tout ce temps pour que les différents partis politiques arrivent à un accord minimal qui a finalement ouvert la voie à la formation d’un gouvernement de coalition.&lt;br /&gt; Au Moyen-Orient, ce n’est pas l’impasse du processus de négociations israélo-palestiniennes qui a focalisé l’attention mondiale. Cette impasse est devenue la règle puisque ce processus n’a pas avancé d’un iota depuis son déclenchement en 1991. Ce qui a fait l’événement plutôt cette année, c’est cette étrange volonté de Washington de faire n’importe quoi pourvu que soit donné au monde l’illusion que le processus de paix est en cours. Obama n’a pas hésité à proposer un pot de vin à Netanyahu de 71.428.571 dollars par jour (selon les calculs d’un quotidien britannique), en contrepartie d’un simple gel de la construction dans les colonies pendant une période de 3 mois. Netanyahu a refusé cette offre mirobolante et les Etats-Unis ont reconnu, face à un monde ahuri, leur échec d’obtenir  une si insignifiante concession de la part d’Israël, même en y mettant le prix fort. La construction des colonies dans les territoires occupés palestiniens a repris depuis octobre à un rythme effréné.&lt;br /&gt; Toujours au Moyen-Orient, l’événement stratégique de l’année est la dégradation brutale des relations israélo-turques, suite à l’attaque le 31 mai par un commando israélien du Mavi Marmara qui a fait plusieurs morts dont 7 de nationalité turque. Depuis, Ankara ne cesse  d’exiger des excuses et des réparations et Israël ne cesse de refuser.&lt;br /&gt; Concernant le dossier du nucléaire iranien, le bras de fer continue d’opposer les Iraniens aux Occidentaux après la volte-face d’Obama et le refus de la Maison blanche de la médiation du Brésil et de la Turquie. L’attaque israélienne tant redoutée contre les installations nucléaires iraniennes n’a pas eu lieu cette année, mais le danger n’a pas disparu entièrement, les Israéliens pouvant à tout moment allumer un incendie qui mettrait la région à feu et à sang.&lt;br /&gt; En Asie, la montée en puissance de la Chine continue de provoquer des inquiétudes et des remous stratégiques en Extrême-Orient. L’année 2010 a été marquée par une crise diplomatique grave entre Pékin et Tokyo qui a engendré un resserrement des liens nippo-américains, après une timide et éphémère tentative du gouvernement Hatoyama de s’ouvrir sur l’Asie et de réduire la présence et l’influence américaines au Japon. Toujours en Extrême-Orient, Séoul et Pyongyang étaient à deux doigts de la guerre, les deux Corées s’accusant toujours mutuellement de tous les maux et  menaçant l’une l’autre de « représailles dévastatrices ».&lt;br /&gt; L’Union européenne, en dépit de la crise de l’euro et des problèmes financiers aigus de certains de ses membres, poursuit son chemin de développement paisible loin du bruit et de la fureur qui sévissent ailleurs. Elle n’est pas immunisée contre les menaces terroristes, mais a réussi jusqu’à présent à démanteler des réseaux et à faire avorter des complots dont le dernier, qui vient d’être éventé en Grande Bretagne, aurait pu être dévastateur. &lt;br /&gt; En Afrique,  l’élection présidentielle en Guinée a réussi à résoudre la grave crise politique déclenchée par le coup d’état de Moussa Dadis Camara. Les Ivoiriens n’ont pas été aussi chanceux que les Guinéens. L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, censée résoudre la longue crise politique du pays, l’a au contraire aggravée. La politique du « J’y suis, j’y reste » de Laurent Gbagbo risque de déclencher une nouvelle guerre civile, replongeant le pays dans un chaos qui a marqué le pays durant plus d’une décennie.&lt;br /&gt; La nouveauté dans la crise ivoirienne est la mobilisation de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CDEAO). Face à l’incroyable obstination de Laurent Gbagbo de garder un pouvoir qui ne lui appartient pas et de défier le monde entier, la CDEAO menace de le déloger par la force. Si elle le fait, ce sera alors un changement politique majeur qui révolutionnera les relations interétatiques en Afrique. Bonne Année.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2826556845488986593?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2826556845488986593/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2826556845488986593' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2826556845488986593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2826556845488986593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/2010-un-bilan-en-demi-teinte.html' title='2010: Un bilan en demi-teinte'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5536309839482202818</id><published>2010-12-25T09:58:00.001+01:00</published><updated>2010-12-25T16:01:33.568+01:00</updated><title type='text'>Il fait plus froid parce qu'il fait plus chaud</title><content type='html'>La nature de la relation entre la neige et les habitants de l’hémisphère nord est en train de changer radicalement. Il n’y a pas longtemps, cette relation était conviviale et même chaleureuse si l’on peut dire. L’apparition de la neige annonçait les vacances d’hiver, provoquait la joie des enfants face aux bonhommes de neige que les grands érigeaient pour eux, étalait à l’infini le manteau blanc dont se recouvrait la terre et que l’on admirait à travers les vitres du salon douillet.&lt;br /&gt; Cet hiver, la neige est devenue synonyme de cauchemar. Au lieu d’annoncer les vacances d’hiver comme d’habitude, elle les a fortement perturbées, obligeant des centaines de milliers de personnes à passer plusieurs nuits d’affilée dans les aéroports et les gares. Avions cloués au sol, trains immobilisés, automobilistes piégés dans des autoroutes impraticables, la couche de neige inhabituellement épaisse a déréglé entièrement le système de transport, et donc la vie de millions d’Européens en pleines vacances de Noël.&lt;br /&gt; Les perturbations se sont étendues à ceux qui n’ont pas de rapport direct avec la neige. Un peu plus au sud, de Tunis à Dakar, de Rio à Mexico, de Kuala Lumpur à Singapour, des centaines de milliers de voyageurs ont vu leurs vols retardés ou annulés et leurs programmes fortement perturbés par cette neige qui tombait à des milliers de kilomètres de chez eux.&lt;br /&gt; Du moins en ce qui concerne les voyages en avion, leur forte perturbation n’est pas une fatalité au dessus des forces humaines. L’exemple d’Anchorage, la capitale de l’Alaska, le prouve. Recouvert de neige au moins six mois par an, l’aéroport d’Anchorage, passage obligé de tous les avions qui empruntent « la route polaire », n’a jamais fermé ni annulé de vols. C’est que cet aéroport s’est équipé du matériel approprié, adapté aux dures conditions climatiques de l’Alaska, l’un des cinquante Etats américains coincé entre le nord de l’océan pacifique et le sud de l’océan arctique. Ceux qui ont atterri une fois à Anchorage ont dû se rendre compte que les « snowplows » (véhicules chasse-neige) font partie du paysage et que le stock le plus important et le plus précieux est celui des produits de dégivrage des avions, le fameux Glycol.&lt;br /&gt; Si l’on en croit les scientifiques, les milliers de personnes qui étaient forcés de passer les fêtes de Noël sur un fauteuil dans les aéroports de Roissy et de Heathrow à attendre un hypothétique avion, sont les victimes du changement climatique. Selon eux, s’il y a eu tant de neige en Europe en ce mois de décembre, c’est parce qu’il fait plus froid, et cela s’explique par… le réchauffement climatique. En somme, si l’on veut être fidèle aux conclusions de ces scientifiques et les résumer en une phrase, on ne peut le faire qu’en recourant à un paradoxe : il fait plus froid parce qu’il fait plus chaud. &lt;br /&gt; En fait, cette relation de cause à effet établie entre le chaud et le froid est loin d’être absurde. Pour mieux comprendre ce phénomène, revenons huit cent mille ans en arrière. Des bulles d’air emprisonnées depuis cette éternité dans la glace de l’océan arctique ont été minutieusement analysées. D’après ces analyses, l’atmosphère d’il y a huit cent mille ans contenait entre 200 et 300 parts de dioxyde de carbone par million. En d’autres termes, dans chaque million de litres d’air, il y avait 200 à 300 litres de ce gaz à effet de serre.&lt;br /&gt; Les premières mesures dans notre atmosphère ont été effectuées par le scientifique américain Charles David Keeling dans les années 1950. Il avait trouvé alors 310 litres de dioxyde de carbone par million de litres d’air. En 2005, cette part était de 380 litres par million et, au rythme où va la pollution, on aura avant la fin de ce siècle 560 litres de dioxyde de carbone par million de litres d’air. On constatera que l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère était plus importante au cours du dernier siècle qu’au cours du dernier million d’années, ce qui n’est guère étonnant dans un monde où la civilisation est basée essentiellement sur la combustion des énergies fossiles.&lt;br /&gt; En dépit de sa part infime par rapport au volume de l’air, le dioxyde de carbone, en atteignant un certain seuil, devient suffisamment puissant pour engendrer un effet de serre qui fait monter la température sur terre. Il se transforme en une sorte de couverture à sens unique qui laisse pénétrer la chaleur du soleil et la piège en l’empêchant de repartir dans l’espace, ce qui se faisait naturellement avant grâce à l’effet réfléchissant des océans. &lt;br /&gt; C’est ce phénomène d’effet de serre qui est en train de provoquer la fonte des glaces de l’océan arctique. En devenant liquide, nous expliquent les scientifiques dans une étude effectuée en 2009, l’eau de l’Arctique atteint 0°, « une température très élevée par rapport aux très basses températures de l’air au dessus de l’océan. » La rencontre entre « la chaleur » émise par l’eau de l’Arctique et l’air extrêmement froid provoque une haute pression entourée de vents glaciaux qui tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, englobant l’Europe du Nord dans leurs mouvements circulaires.&lt;br /&gt; Les hivers « normaux » dont on jouissait avant nous étaient donc offerts par la calotte glacière qui recouvrait l’océan arctique et jouait le rôle de couvercle, empêchant la « chaleur » de l’eau de monter dans l’atmosphère et de provoquer les hautes pressions désastreuses. &lt;br /&gt; Et que faisons-nous face à de tels dangers existentiels ? On se rencontre, on bavarde à Kyoto et à Cancun, on jure nos grands Dieux qu’on va tout faire pour diminuer les émissions de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, on prend des décisions qu’on consigne noir sur blanc, mais dont l’encre s’évapore…comme la glace de l’Arctique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5536309839482202818?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5536309839482202818/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5536309839482202818' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5536309839482202818'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5536309839482202818'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/il-fait-plus-froid-parce-quil-fait-plus.html' title='Il fait plus froid parce qu&apos;il fait plus chaud'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8353085697422792129</id><published>2010-12-21T17:04:00.000+01:00</published><updated>2010-12-21T17:05:30.931+01:00</updated><title type='text'>Les ravages d'une vision en noir et blanc</title><content type='html'>Tous les dangers qui guettent le Moyen-Orient en particulier et le monde en général proviennent d’une vision simpliste des réalités complexes. En d’autres termes, cette accumulation sans précédent de dangers trouve son origine dans une politique basée sur une vision duale des choses où il n’y a de places que pour deux couleurs : le noir et le blanc. C’est cette vision qui a enfanté la plus désastreuse des trouvailles politiques américaines : « l’axe du mal » qui regroupe tous les ennemis des Etats-Unis et de leurs alliés qui, eux, forment, bien entendu, « l’axe du bien ».&lt;br /&gt; Bien avant que George W. Bush n’annonce au monde sa célèbre trouvaille, Ronald Reagan l’avait précédé sur cette voie en exprimant son anti-soviétisme viscéral par une trouvaille similaire : « l’empire du mal ». Il visait par là l’Union soviétique qui était alors le principal ennemi de l’Amérique, l’une et l’autre étant engagées dans une course effrayante à l’armement nucléaire. Compte tenu de l’aversion réciproque entre les deux superpuissances, compte de l’ampleur des contentieux idéologiques et politiques qui les opposaient, c’était un miracle que le monde échappât à un cataclysme nucléaire.&lt;br /&gt; Si l’invention du concept politico-religieux d’ « empire du mal » n’a pas engendré de cataclysme majeur, la désignation par George Walker Bush d’un certain nombre d’ennemis sous l’appellation d’ « axe du mal » et la mise en application des procédures politico-militaires pour le détruire, continue de provoquer des ravages dans la région, tel un grand séisme qui n’arrête pas de produire des répliques.&lt;br /&gt; Les décisions politiques les plus catastrophiques sont celles qui sont prises sous l’effet d’une grande émotion ou sous l’emprise de l’hystérie. C’est le cas de la classe politique américaine qui, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, avait désigné arbitrairement un ennemi et décidé de le détruire. Une telle décision prise dans des conditions d’hystérie généralisée a provoqué des dégâts majeurs chez l’ennemi désigné arbitrairement, en l’occurrence l’Irak, mais n’a pas épargné l’initiateur de la guerre qui s’est involontairement auto-infligé des dommages incommensurables sur les plans militaire, financier et stratégique. &lt;br /&gt; Ainsi, la décision de détruire un pays de l’ « axe du mal », en guise de procédé thérapeutique visant à « soigner » l’Amérique du choc des attentats terroristes du 11 septembre, a engendré un effet contraire à celui recherché. Au lieu d’une Amérique guérie de son choc, Bush a transformé son pays en puissance déclinante, avec une armée épuisée qui ne sait plus ni contre qui ni pourquoi elle continue de guerroyer à 10.000 kilomètres de chez elle. Sans parler de la dette astronomique contractée auprès des Chinois, des Japonais et des Etats pétroliers puisque Bush avait pris la double décision antinomique d’entrer dans des guerres extrêmement coûteuses et de baisser substantiellement les impôts en faveur des riches.   &lt;br /&gt; Le plus terrible est que, en dépit des grands dommages subis par l’Amérique suite à l’invention du concept politico-religieux de « l’axe du mal », les décideurs américains refusent encore obstinément de tirer la moindre leçon des erreurs passées et de s’engager dans des politiques qui réduisent à la fois les dommages subis par leur pays et les dangers qui guettent le monde, et en particulier le Moyen-Orient.&lt;br /&gt; Le Liban est une image réduite de la région dans laquelle il se trouve. Les forces actives qui y opèrent concentrent en elles toutes les contradictions, les divergences et les inimitiés qui déchirent le grand Moyen-Orient. On y trouve les tendances pro-iraniennes, pro-syriennes, pro-américaines qui n’ont guère le choix qu’entre la guerre civile et le gouvernement de coalition. Sans le souvenir cauchemardesque des 15 ans de guerre civile (1975-1990), il est fort probable que le Liban serait à feu et à sans aujourd’hui. On ne peut que saluer ici la maturité et la retenue des groupes politiques libanais qui ont résisté à tous les complots et toutes les tentatives de rallumer de nouveau la guerre civile fomentés par ceux qui cherchent à détruire le Liban et au premier rang desquels se trouve Israël.&lt;br /&gt; Au Liban, les Etats-Unis ont toujours appliqué leur politique en noir et blanc, considérant comme « terroristes » les groupes pro-iraniens et pro-syriens, car anti-israéliens, contre lesquels ils soutiennent les groupes politiques pro-occidenatux, les poussant vers l’intransigeance et encourageant discrètement un règlement violent des crises politiques. Ce n’est un secret pour personne que Washington a tout fait pour affaiblir le Hezbollah à défaut de pouvoir le détruire. Or, même ceux qui ne portent pas ce parti pro-iranien dans leurs cœurs reconnaissent aujourd’hui que toute tentative de l’affaiblir en le désarmant par la force entrainerait une nouvelle guerre civile.&lt;br /&gt; Le Liban est un terrain idéal dans lequel les Etats-Unis, s’ils sont intéressés de tirer les leçons de leurs erreurs, pourront expérimenter une nouvelle politique où de nouvelles couleurs auront leur place à côté du noir et blanc. Au lieu d’aider militairement et financièrement les uns et chercher la destruction des autres, ils devraient œuvrer au renforcement du gouvernement de coalition que les Libanais ont eu la sagesse de mettre sur pied. S’ils réussissent au Liban, ils réussiront au Moyen-Orient. &lt;br /&gt; Les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui dans la situation du daltonien qui souffre d’une pathologie visuelle l’empêchant de jouir de la beauté du monde. Ils sont prisonniers de leur vision en noir et blanc qui les empêchent de voir clairement où se trouvent leurs intérêts qu’ils n’arrêtent pas de desservir depuis des années, perdant le respect et l’admiration dont ils étaient l’objet à un certain moment dans une large partie du monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8353085697422792129?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8353085697422792129/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8353085697422792129' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8353085697422792129'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8353085697422792129'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/les-ravages-dune-vision-en-noir-et.html' title='Les ravages d&apos;une vision en noir et blanc'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1625610190291303757</id><published>2010-12-18T16:30:00.002+01:00</published><updated>2010-12-18T16:30:56.397+01:00</updated><title type='text'>Remous stratégiques en Extrême-Orient</title><content type='html'>Pendant quatre décennies, le Japon était la deuxième puissance économique du monde. Les performances de ce pays montagneux, dépourvu de ressources naturelles mais regorgeant de ressources humaines, étaient telles que dans les années 1980, des économistes commençaient à parler de la possibilité pour les Japonais de dépasser les Américains et de faire  un jour de leur pays la première puissance économique du monde…&lt;br /&gt;La crise qui s’est installée dans les années 1990 au Japon était profonde et durable au point que l’on parle de « décennie perdue ». Le Pays du soleil levant non seulement n’a pas rattrapé  les Etats-Unis  mais, au cours de cette année, il vient lui-même d’être rattrapé et dépassé par la Chine qui occupe désormais la deuxième place en termes de puissance économique.   &lt;br /&gt; Le coup pour le Japon est d’autant plus dur qu’il vient d’être dépassé non pas par quelque puissance géographiquement et culturellement lointaine, mais par un pays avec qui les liens historiques étaient dramatiquement mouvementés, et les liens actuels demeurent marqués avant tout par la méfiance de part et d’autre. &lt;br /&gt; Le fort sentiment de  méfiance que nourrissent les Chinois envers les Japonais et ceux-ci envers ceux-là trouve son origine dans l’histoire certes, mais se trouve exacerbé par un contentieux territorial qui empoisonne les relations sino-japonaises. Des îles inhabitées que les Japonais appellent Senkaku et les Chinois Diaoyu sont revendiquées par les deux pays.&lt;br /&gt; C’est en relation avec ce contentieux territorial qu’une grave crise diplomatique a éclaté il y a trois mois quand la marine japonaise a arrêté le capitaine d’un navire chinois qui évoluait à proximité de ces îles. La forte réaction de Pékin a obligé Tokyo à relâcher le capitaine prisonnier, et l’incident n’a pas seulement exacerbé la méfiance entre les deux Etats, mais aussi entre les deux peuples si l’on en juge par les manifestations anti-japonaises en Chine et anti-chinoises au Japon. &lt;br /&gt; L’accalmie diplomatique suite à la libération du capitaine du navire chinois risque de ne pas durer longtemps. La décision annoncée vendredi dernier par le Japon de procéder à un changement stratégique majeur dans sa politique régionale et internationale risque de relancer la crise diplomatique entre Pékin et Tokyo à une échelle autrement plus grande. &lt;br /&gt; La nouvelle stratégie japonaise pour la décennie 2010-2020 consiste à redéployer ses forces stationnées dans l’île de Hokkaido au nord du Japon vers Okinawa dans le sud. Ces forces qui étaient déployées dans le nord au lendemain de la seconde guerre mondiale pour contrer la menace soviétique, vont, selon la nouvelle stratégie, être développés et renforcées par de nouveaux sous-marins, de nouveaux avions de chasse et de nouveaux systèmes de défense anti-missiles pour contrer "la menace chinoise" et, dans une moindre mesure, "la menace nord-coréenne".&lt;br /&gt; L’idée centrale qui se trouve derrière ce changement stratégique majeur a été écrite noir sur blanc dans un document officiel japonais rendu public vendredi : « La Chine modernise rapidement son armée et intensifie ses activités dans les eaux voisines de son territoire. (…) Avec le manque de transparence de la Chine sur les questions militaires et de sécurité, cette tendance est une source d’inquiétude pour la région et pour la communauté internationale. »&lt;br /&gt; La réaction de la Chine ne s’est pas fait attendre. Par la voix de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu, Pékin a qualifié ces déclarations d’ « irresponsables », tout en soulignant que « la Chine poursuit la voie du développement pacifique et sa politique de défense nationale est défensive. » Déniant le droit au Japon de « parler au nom de la communauté internationale », la Chine affirme n’avoir « nullement l’intention d’être une menace pour qui que ce soit. »&lt;br /&gt; L’inquiétude du Japon vis-à-vis de la montée en puissance de la Chine n’est pas nouvelle. Elle suivait une courbe ascendante qui évoluait parallèlement à la courbe du développement économique et militaire de la Chine. Curieusement, le Japon, à travers ses grandes entreprises, a joué un rôle important dans les progrès économiques de la Chine, mais cette coopération à grande échelle, qui s’est avérée bénéfique aux deux, ne s’est pas traduite par un développement des relations politiques ni par une baisse du niveau de méfiance entre les deux pays.&lt;br /&gt; En fait, cette inquiétude des Japonais de la puissance militaire grandissante de la Chine n’est pas basée sur des éléments historiques concrets ni sur des précédents, mais très probablement sur la peur d’une éventuelle vengeance de la Chine. Celle-ci, bien qu’agressée et humiliée par l’Occident et le Japon aux XIXe et XXe siècles, a beaucoup plus intérêt à se concentrer sur le développement de ses régions et l’amélioration du niveau de vie de son immense population plutôt que de se laisser divertir par de futiles considérations de vengeance.&lt;br /&gt; C’est précisément ce que répètent à l’envi les responsables chinois. C’est aussi l’idée  principale qui s’est dégagée des entretiens que nous avons eus avec de nombreux citoyens chinois au cours d’un récent voyage en Chine. Ces citoyens en veulent au militarisme japonais qui avait sévi en Asie au cours de la première moitié du dernier siècle, mais ne semblent animés d’aucune animosité ni bellicisme vis-à-vis du Japon du moment que « tous les responsables du militarisme japonais sont morts, que le Japon n'est plus en mesure de menacer la Chine et que celle-ci a un très long chemin de développement à parcourir, et donc ni le temps ni le désir de se livrer à des règlements de compte. »&lt;br /&gt; Certes, l’avis des citoyens et celui des Etats ne coïncident pas toujours. Mais une chose est certaine : la Chine a besoin de stabilité chez elle et chez ses voisins pour continuer son expansion économique. Il en est de même pour le Japon pour retrouver le rythme d’une croissance économique soutenue et régulière. Et si l’objectif commun des deux pays est la stabilité régionale et internationale, un tel objectif serait sans aucun doute mieux assuré par la résolution diplomatique des différends plutôt que par des remous stratégiques qui ne feront qu’aiguiser la méfiance et la susceptibilité des uns et des autres.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1625610190291303757?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1625610190291303757/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1625610190291303757' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1625610190291303757'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1625610190291303757'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/remous-strategiques-en-extreme-orient.html' title='Remous stratégiques en Extrême-Orient'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2413154149469343100</id><published>2010-12-14T11:51:00.000+01:00</published><updated>2010-12-14T11:52:35.335+01:00</updated><title type='text'>Le rêve irréalisable des Kurdes</title><content type='html'>Le mystère demeure entier sur les motivations réelles de Massoud Barzani, le président de la province du Kurdistan irakien. Dans son discours d’ouverture du 13 Congrès du PDK (Parti démocratique du Kurdistan)  samedi dernier à Erbil, il étonna l’assistance en déclarant que les congressistes se prononceront sur la question relative au « droit » des Kurdes à l’autodétermination.  &lt;br /&gt; De nombreux dirigeants arabes irakiens, sunnites et chiites, étaient là, dont les deux principaux rivaux pour le pouvoir, Nouri al-Maliki et Iyad  Allawi. Surpris et interloqués, aucun d’eux n’a fait le moindre commentaire public ni la moindre allusion dans les discours qu’ils ont prononcés en tant qu’invités au Congrès du PDK.&lt;br /&gt; La revendication claire par Barzani du droit des Kurdes à l’autodétermination a fait l’effet d’une bombe. Et la surprise des dirigeants irakiens était d’autant plus grande que Barzani fut le principal artisan du dénouement de la crise politique irakienne qui a duré des mois, en jouant efficacement le mois dernier son rôle d’intermédiaire et en arrachant aux chefs des formations politiques irakiennes un accord sur le partage du pouvoir.&lt;br /&gt; Beaucoup se demandent pourquoi, après son succès dans la médiation et les bénéfices politiques qui en découlent, et alors que Maliki s’active toujours à former son gouvernement, Barzani a-t-il jugé utile de mettre sur la table à nouveau la question de l’autodétermination ?&lt;br /&gt; Le plus plausible est qu’il s’agit là d’une manœuvre de la part du chef du PDK plutôt que d’une volonté de créer un Etat indépendant, une affaire trop complexe qui dépend beaucoup moins du bon vouloir des Kurdes que de celui des puissances régionales. Le but de la manœuvre est de mettre la pression sur les responsables chiites et sunnites pour engranger les avantages et rafler d’importants portefeuilles ministériels. &lt;br /&gt;  En revendiquant le droit à l’autodétermination, Barzani pourrait être motivé aussi par le désir d’exercer un chantage politique sur ses partenaires arabes irakiens dans l’espoir de faire valider par eux ses visées sur la ville pétrolière de Kirkouk ainsi que ses ambitions territoriales dans les autres provinces limitrophes du Kurdistan, c'est-à-dire Naïnawa (Ninive) et Diyala.&lt;br /&gt; En mars prochain, les Kurdes fêteront le 20eme anniversaire de leur quasi-indépendance vis-à-vis du pouvoir central de Bagdad. Cela va faire donc deux décennies que les Kurdes vivent avec tous les attributs d’un Etat indépendant. Le seul ministère qu’ils n’étaient pas en mesure de créer était celui des Affaires étrangères et de la Défense.&lt;br /&gt; Jusqu’en 2003, les Kurdes irakiens vivaient sous protection internationale dans les trois provinces kurdes d’Erbil, Souleimaniyeh et Dohuk. L’effondrement du régime baathiste et leur étroite relation avec l’occupant américain les ont aidés non seulement à renforcer leur autonomie dans leurs trois provinces, mais à élargir leur influence au-delà de leurs frontières, au point de revendiquer aujourd’hui clairement et ouvertement l’annexion du gouvernorat pétrolier de Kirkouk à la région autonome kurde. &lt;br /&gt; Il faut rappeler ici qu’au lendemain de l’effondrement du régime baathiste en avril 2003, et forts du soutien de l’occupant américain, les Kurdes ont fait subir aux Arabes de Kirkouk ce que leur avait fait subir Saddam Hussein dans les années 1970-1980. Profitant de l’anarchie généralisée créée par l’intervention militaire américaine, ils ont expulsé massivement des milliers de familles arabes et organisé un transfert tout aussi massif de populations kurdes dans le but évident de changer l’équilibre démographique du riche gouvernorat pétrolier. &lt;br /&gt; Les experts et analystes irakiens et internationaux sont pratiquement tous d’accord que Kirkouk constituera pour longtemps encore une pomme de discorde entre Arabes et Kurdes, et pourrait même un jour aboutir à des affrontements ethniques sanglants. Cela dit, les ambitions kurdes dans les provinces de Kirkouk, de Mossoul et de Diyala, loin de les aider dans leurs objectifs stratégiques d’indépendance, accroissent la méfiance des pouvoirs régionaux à leur égard, notamment la Turquie, l’Iran et la Syrie qui ont tous trois des minorités kurdes. &lt;br /&gt; L’unique chance qu’avaient les Kurdes de construire leur propre Etat leur fut donnée le 10 août 1920 par le traité de Sèvres par lequel les puissances signataires accordaient le droit aux Arméniens et aux Kurdes de créer leurs propres Etats. Ce traité n’avait pas duré plus de trois puisqu’en juillet 1923, le traité de Lausanne l’annula et le remplaça. Les puissances signataires du nouveau traité, confrontées à la forte opposition de Kemal Atatürk à la création de deux Etats arménien et kurde, revinrent sur leurs promesses. Depuis, les Kurdes, peuple montagnard, vivent accrochés à leurs montagnes du nord-est de l’Irak, du nord-ouest de l’Iran et du plateau anatolien du sud-est de la Turquie.               &lt;br /&gt; La création d’un Etat kurde aujourd’hui suppose l’amputation de l’Irak, de la Turquie et de l’Iran d’une partie de leur territoire, ce qu’aucun de ces trois pays n’est prêt à consentir, cela va sans dire. Et à supposer que les conditions internationales et régionales sont favorables à l’exhumation de la promesse du traité de Sèvres, les Kurdes de différents pays, différents dialectes et différentes traditions sauront-ils s’unir et travailler la main dans la main pour l’édification d’un foyer national ? L’expérience des Kurdes irakiens est édifiante à cet égard.&lt;br /&gt;  A peine installés dans leur nouveau statut de région autonome après l’éviction des forces de Saddam du Koweït en 1991, les Kurdes irakiens n’ont pas perdu de temps à faire éclater au grand jour leur rivalité pour le pouvoir. La rivalité politique entre les deux dirigeants kurdes, Massoud Barzani et Jalal Talabani, s’est transformée en guerre larvée entre les combattants du PDK, qui dominaient Erbil et Dohuk, et ceux du l’UPK (Union patriotique du Kurdistan), qui dominaient Suleimanyeh. Ces affrontements avaient duré de 1996 à 1998 et fait 3000 morts, sans compter les blessés et les « prisonniers de guerre » des deux côtés.  &lt;br /&gt; Qu’on l’aborde sous l’angle des réticences des puissances régionales ou sous l’angle de la diversité et de la rivalité des Kurdes eux-mêmes, l’Etat revendiqué par Barzani restera pour longtemps encore un rêve irréalisable.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2413154149469343100?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2413154149469343100/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2413154149469343100' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2413154149469343100'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2413154149469343100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/le-r%C3%AAve-irr%C3%A9alisable-des-kurdes.html' title='Le rêve irréalisable des Kurdes'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5728574609941475819</id><published>2010-12-11T17:44:00.001+01:00</published><updated>2010-12-11T17:44:37.856+01:00</updated><title type='text'>Délires rabbiniques</title><content type='html'>Il y a des rabbins fous en Israël et on s’est habitué à leurs vociférations hystériques contre les Arabes en général et les Palestiniens en particulier. Le plus connu d’entre eux est Ovadia Yossef qui, à 90 ans, a toujours l’indécence de  souhaiter qu’un « fléau s’abatte sur les Palestiniens et les fasse disparaître ». Le chef spirituel du parti religieux extrémiste Shass a scandalisé même  ses coreligionnaires ashkénazes en soutenant que « tous les Juifs tués durant l’holocauste étaient la réincarnation de pécheurs des générations passées. » Rappelons encore sa mégalomanie ethnocentriste qui lui a fait dire que « les Non-Juifs n’existent que pour servir les Juifs. »&lt;br /&gt;Ces délires, qu’ils soient engendrés par la sénilité ou par le fanatisme le plus aveugle, ne sont pas le monopole d’Ovadia Yossef. Les rabbins qui épousent ses  idées  et qui lui sont fidèles se comptent par centaines, en Israël. Le danger ne provient pas du fait que ces délires soient prononcés par ces rabbins, qui sont des fonctionnaires publics nommés par le ministère des Affaires religieuses, ni qu’ils trouvent des médias complaisants ou complices en Israël. Le danger provient plutôt du fait qu’ils trouvent les conditions favorables qui les transforment de simples délires, engendrant sarcasme et mépris, en pratiques sociales et juridiques, engendrant de graves conséquences pour les Arabes israéliens.&lt;br /&gt;La dernière initiative des rabbins extrémistes israéliens est la signature par plus des centaines d’entre eux  au début de cette semaine d’un manifeste appelant les Juifs à refuser de vendre ou de louer des biens immeubles (terrains, maisons, appartements) aux Arabes israéliens. « "La Torah interdit de vendre à un étranger une maison ou un champ de la Terre d’Eretz Israël », écrivent les rabbins dans une lettre publique. « Quiconque vend ou loue un appartement dans un quartier où vivent des Juifs cause un grand tort à ses voisins, vu que le mode de vie (des non-Juifs) est différent de celui des juifs. »&lt;br /&gt;« Si un Juif vend ou loue un bien immobilier à un non-Juif, ses voisins doivent couper tout contact avec lui et le mettre en quarantaine », insistent les rabbins dans leur manifeste. Le « contrevenant » doit même être « empêché d’entrer dans une synagogue ou de toucher à la Torah »…&lt;br /&gt;Ce qu’il faut noter ici, c’est que ces rabbins constituent la base religieuse du parti extrémiste et ultra-orthodoxe Shas, qui dispose de 11 députés et de quelques ministères, dont celui de l’Intérieur et des Affaires religieuses. Et même si Netanyahu a, au moins publiquement, dénoncé l’initiative des rabbins, celle-ci n’aurait pas été conçue sans l’aval du parti séfarade et de ses cadres dirigeants, y compris Eli Yshai, chef du parti et ministre de l’Intérieur, et Yaakov Margi, ministre des Affaires religieuses.&lt;br /&gt;Venant de la base active d’un tel parti, cette initiative, qui vise le un cinquième des habitants d’Israël, n’étonne vraiment personne. Elle n’est pas étonnante, mais grotesque.&lt;br /&gt;L’écrasante majorité des activistes du Shas et des rabbins en question ne sont pas originaires du territoire qu’ils habitent. En tant que Juifs séfarades, eux ou leurs parents étaient nés et avaient vécu longtemps dans des pays arabes et musulmans avant d’émigrer. L’aspect grotesque de la chose est que ce sont ces émigrés qui refusent que des biens immeubles soient loués ou vendus aux habitants d’origine, c'est-à-dire les Arabes palestiniens qui vivent là de père en fils depuis des siècles.&lt;br /&gt; La plupart des Séfarades, dont font partie les rabbins racistes, n’ont connu Israël qu’après la guerre de 1967, à la suite de laquelle ils ont entrepris une émigration massive des pays arabes et musulmans vers leur nouvelle patrie. &lt;br /&gt; Il est peut-être opportun de rappeler ici que les ancêtres des Séfarades qui vivent aujourd’hui en Israël avaient bénéficié pendant des centaines d’années de la paix et la sécurité que leur assuraient les Arabes et les Musulmans auprès de qui ils avaient trouvé refuge et hospitalité, alors que leurs coreligionnaires ashkénazes d’Europe étaient martyrisés, des siècles durant, par l’église catholique et les régimes politiques violents.&lt;br /&gt; Mais tout ça c’est de l’histoire qui n’intéresse pas les centaines de rabbins signataires. Ce qui les intéresse, c’est de priver le cinquième de la population israélienne du droit élémentaire d’acheter ou de louer des biens immeubles. &lt;br /&gt; De nombreux intellectuels, universitaires et journalistes juifs ont protesté avec virulence contre « le racisme primaire » de ces rabbins séfarades. Mais leurs protestations se perdent dans la léthargie du public israélien dont la majorité est soit indifférente, soit elle soutient carrément les vues racistes des rabbins du Shas.       &lt;br /&gt; Par leur initiative raciste, les centaines de rabbins contribuent à la dégradation continue de l’image d’Israël et à son isolement croissant dans le monde. Et à ce niveau, leur initiative n’est pas pire que n’importe quelle action entreprise par le gouvernement, l’armée ou les organisations des colons. Il y a une sorte d’émulation entre toutes ces parties à qui ternit mieux l’image du pays et endommage plus ses intérêts.&lt;br /&gt; Cela dit, il est pour le moins curieux que les représentants du Congrès juif mondial, reçus au Vatican vendredi dernier, expriment au Pape Benoît XVI leur « inquiétude face à la  délégitimation d’Israël », l’exhortant à s’opposer à cette tendance. Mais avant de demander l’intervention du Pape, les gens Congrès juif mondial se sont-ils demandés quelles forces sont derrière la « délégitimation » d’Israël ? Ce sont le gouvernement, l’armée et les colons de ce pays qui s’appliquent depuis des décennies à en faire un pays-paria, ternissant irrémédiablement son image et grignotant irrévocablement sa légitimité. Ce sont aussi tous ceux qui, de l’establishment américain à l’AIPAC, en passant par le Congrès juif mondial, qui les soutiennent toujours inconditionnellement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5728574609941475819?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5728574609941475819/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5728574609941475819' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5728574609941475819'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5728574609941475819'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/delires-rabbiniques.html' title='Délires rabbiniques'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2069434237430045204</id><published>2010-12-07T11:56:00.000+01:00</published><updated>2010-12-07T11:57:06.037+01:00</updated><title type='text'>Les fossoyeurs de l'empire</title><content type='html'>La quantité d’erreurs commises depuis des années par les décideurs américains en matière de politique étrangère a non seulement terni l’image du pays, mais affaibli sévèrement la première puissance du monde en saignant à blanc les ressources financières et militaires du pays. &lt;br /&gt; Aucun signe permettant d’espérer que des leçons aient été tirées des erreurs passées n’est perceptible à l’horizon, bien au contraire. Quand on observe l’attitude des décideurs américains vis-à-vis de la question nucléaire iranienne ou, surtout, du conflit israélo-palestinien, l’impression qu’ils donnent est qu’ils sont tous porteurs d’œillères chevalines et foncent tout droit, indifférents à tout ce qui se passe en dehors de leur champ de vision minuscule.&lt;br /&gt; Mais à regarder de plus près encore l’empire américain, il n’y a pas que la politique étrangère où les choses vont de travers. Certains aspects de la situation intérieure américaine sont déroutants. On ne veut pas parler ici de la réalité économique difficile où le chômage ne cesse de monter et où des millions d’Américains n’arrivent plus à s’acquitter de leurs prêts-logement auprès des banques. A ce niveau, il n’y a rien d’extraordinaire. Les Etats-Unis ont connu des situations plus dures encore au cours de leur histoire.&lt;br /&gt; Ce qui est terrible, ce sont les inégalités qui se développent à un rythme effréné depuis au moins trente ans au point de dépasser les inégalités absurdes observées dans les républiques bananières. Nicolas Kristof du New York Times informait dans une récente chronique ses concitoyens qu’ils n’ont plus besoin « de voyager vers des pays lointains et dangereux pour observer une telle inégalité rapace. Vous l’avez maintenant juste là, chez vous ! »       &lt;br /&gt; Il est choquant de constater que les Etats Unis, qui se disent le pays le plus démocratique et le plus prospère du monde, arrivent à accumuler des statistiques dignes des dictatures militaires qui pullulaient dans l’hémisphère sud il y a trois ou quatre décennies à l’exemple du Nicaragua des Somoza, de Haïti des Duvalier, du Brésil, de l’Argentine et du Chili des généraux etc.&lt;br /&gt; L’évolution observée durant le dernier tiers de siècle est à peine croyable : La part du revenu national accumulée par 1% des Américains les plus riches est passée de 9% en 1976 à 24% aujourd’hui. Le salaire des PDG des grandes entreprises était en 1980 l’équivalent de 42 salaires du travailleur moyen américain. Cette proportion est passée à 531 fois en 2001. Plus significatif encore : de 1980 à 2005, les quatre cinquièmes des richesses produites aux Etats-Unis sont allés dans les poches des 1% les plus riches…&lt;br /&gt;Sans nul doute, le système fiscal excessivement dégressif qui produit une inégalité massive est plus dangereux pour l’avenir de l’empire américain que toutes les erreurs commises en politique étrangère réunies. &lt;br /&gt;Le prédécesseur de Barack Obama, George W. Bush, que le peuple américain a jugé utile d’élire en 2000 et de réélire en 2004, se distingue par le douteux privilège d’avoir menée parallèlement une politique étrangère et une politique intérieure désastreuses qui, jusqu’à ce jour s’alimentent l’une l’autre en termes de résultats nocifs, au point qu’il est déjà désigné par plusieurs historiens comme le plus grand fossoyeur de la puissance américaine.&lt;br /&gt;Fossoyeur de la puissance américaine, Bush l’est pour deux raisons fondamentales : il avait déclenché une guerre inutile qui s’était avérée extrêmement coûteuse en vies humaines pour les Irakiens et en argent pour les Américains. Et alors qu’il s’apprêtait à partir en guerre, il avait imposé une très généreuse réduction fiscale en faveur des riches, ce qui a mené l’Amérique à s’engager dans des guerres à crédit d’une part, et à voir ses inégalités sociales s’approfondir d’autre part.&lt;br /&gt;Concrètement, cette double décision de déclencher des guerres et, simultanément, de réduire les impôts des riches a scellé la dépendance financière des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine et d’autres argentiers mondiaux, et forcé l’Etat fédéral à réduire dangereusement les programmes sociaux, médicaux et éducatifs aux dépens des Américains les plus pauvres et les plus vulnérables.&lt;br /&gt;On aurait pensé qu’à la lumière de ces résultats désastreux, les représentants élus du peuple américain allaient se rebiffer contre l’héritage de Bush et imposer un renversement de la tendance. C’est le tout contraire qui se passe. La majorité républicaine est convaincue et tente de convaincre ceux qui l’ont élue que l’intérêt de l’Amérique passe avant tout par la perpétuation des avantages fiscaux décrétés par Bush et qui arrivent à expiration d’ici à la fin de l’année. Dans son aveuglement, cette majorité n’a même pas relevé le côté ridicule de ses exigences quand, il y a une semaine ou deux, quelques dizaines de millionnaires et de milliardaires américains ont fait circuler une pétition demandant à payer plus d’impôts « dans l’intérêt du pays ».&lt;br /&gt;Il va sans dire que ces pétitionnistes sont une exception qui confirme la règle qu’en Amérique les riches sont les plus cupides et les moins concernés par l’intérêt national. Ils ne reculent devant rien pour défendre leurs privilèges scandaleux, y compris le ridicule le plus déroutant. L’organe officiel des milliardaires américains, le magazine Forbes, s’en est pris à Obama en ces termes : « Le président des Etats-Unis est en train de saper la base de la puissance américaine. Cela fait partie de son programme anticolonialiste kényan (…). Les Etats-Unis sont maintenant dirigés conformément aux idées défendues par un homme de la tribu Luo (du Kenya) dans les années 1950 », une allusion claire au père d’Obama. &lt;br /&gt;Concluons avec le commentaire de prix Nobel d’économie, Paul Krugman, qui, lui, connaît bien quels sont les vrais fossoyeurs de l’empire américain : « Quand il s’agit de défendre les intérêts des riches, les règles du discours civilisé et rationnel n’ont plus de place. »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2069434237430045204?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2069434237430045204/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2069434237430045204' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2069434237430045204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2069434237430045204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/les-fossoyeurs-de-lempire.html' title='Les fossoyeurs de l&apos;empire'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5680279566645636147</id><published>2010-12-04T11:53:00.000+01:00</published><updated>2010-12-04T11:54:44.996+01:00</updated><title type='text'>L'aigle cul-de-jatte</title><content type='html'>On peut dire tout ce qu’on veut des Etats, qu’ils sont des monstres froids, qu’ils n’ont pas d’amis mais seulement des intérêts, qu’ils n’ont pas de sentiments et n’éprouvent pas d’émotion etc. Mais quand l’un d’eux fait face à un désastre naturel, ils deviennent soudain émotifs, sentimentaux, éprouvent un désir irrépressible de se montrer généreux et solidaires, se retroussent les manches et volent pour aider l’Etat-victime, fût-il un ennemi irréductible.&lt;br /&gt; L’incendie biblique qui vient de ravager le mont Carmel, surplombant la ville de Haïfa et la Méditerranée, illustre bien ces observations. Plusieurs Etats n’ont pas perdu de temps pour aider le peuple israélien. Des pays européens, bien sûr, mais aussi la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, qui ont oublié les incendies qu’allume épisodiquement et volontairement Israël dans la région, unissant leurs forces et leurs moyens pour venir à bout du plus grand désastre naturel que connaît Israël depuis sa création.&lt;br /&gt; Plusieurs Etats ont aidé le peuple israélien sauf son Etat, l’Etat d’Israël, qui s’est trouvé tétanisé, dans l’incapacité totale de faire quoi que ce soit contre le feu ravageur, sinon appeler le monde au secours. Soudain, le carnassier qui domine le ciel du Moyen-Orient, déclenchant des incendies et semant la destruction où et quand il veut, s’est révélé être un aigle cul-de-jatte incapable de voler assez haut pour éviter de se brûler les ailes.&lt;br /&gt; Ce n’est pas un malheureux hasard qui fait qu’Israël se montre incapable de faire face par ses propres moyens au premier désastre naturel qui le frappe. Cette incapacité n’est pas le résultat d’une fatalité, mais des choix politiques erronés qui font qu’Israël peut aligner aujourd’hui 360 chasseurs ultra sophistiqués F-16 et de nombreux F-15, mais ne dispose pas d’un seul canadair, avion de lutte anti-incendie, dont sont équipés la plupart des pays où le feu de forêt peut se déclencher à n’importe quel moment, accidentellement ou par des pyromanes.&lt;br /&gt; Ne se sentant pas très en sécurité avec ses centaines de bombardiers F16 et F-15, Israël a commandé aux Américains un nombre indéterminé de chasseurs F-35. Or, pour le prix d’un seul de ces chasseurs, on peut avoir trois canadairs capables chacun d’ingurgiter plusieurs tonnes d’eau avant de prendre de l’altitude et de les déverser sur les feux de forêt.&lt;br /&gt; Certains feux de forêts ne peuvent pas être éteints autrement que par des canadairs. C’est le cas des feux du mont Carmel dont beaucoup de flancs escarpés et truffés d’arbres sont inatteignables autrement que par ces avions de lutte anti-incendie. Les incendies du mont Carmel n’auraient jamais causé autant de ravages si, par exemple, au lieu d’aligner 360 bombardiers F-16, Israël avait acheté dix de moins et commandé à la place une douzaine d’avions de lutte anti-incendie. Le feu n’aurait probablement pas eu le temps de s’étendre et devenir incontrôlable.             &lt;br /&gt; L’erreur fatale d’Israël est d’avoir considéré et de continuer à penser qu’il ne court qu’un seul danger, le danger qui lui vient « du côté des Arabes » avant d’être « amplifié » ces dernières années par « la menace iranienne ». C’est cette erreur d’appréciation qui a amené Israël à se surarmer, à développer démesurément sa machine de guerre, négligeant de s’équiper de manière préventive contre toute une panoplie de dangers indépendants de la volonté humaine et qui pourraient frapper à n’importe quel moment n’importe quel pays.&lt;br /&gt; Alors que depuis 1967 les Arabes ne constituaient plus un danger pour Israël, celui-ci a poursuivi depuis une politique qu’on peut qualifier de course solitaire à l’armement qui, au fil des ans, a créé un rapport de forces très déséquilibré en défaveur des pays arabes. C’est ce déséquilibre qui a rendu possible tous les huis-clos sanglants menés impunément depuis des décennies par la puissance de feu israélienne contre les populations civiles palestinienne et libanaise.&lt;br /&gt; Cette accumulation d’armement, en l’absence d’un véritable adversaire militaire, n’a servi qu’à martyriser des populations civiles sans défense. Le sentiment d’invincibilité de l’armée israélienne provient moins de sa capacité que de l’absence d’une force militaire unifiée en mesure de mettre un terme au brigandage des forces israéliennes et à leur appropriation des terres d’autrui.     &lt;br /&gt; Outre des sentiments d’invincibilité et de fierté  totalement déplacés, les cibles étant des civils sans défense, cette accumulation d’armement a engendré un désastre politique en Israël. En l’absence d’une véritable force coercitive, et grâce à un environnement international complaisant ou, au mieux, indifférent, Israël a acquis la conviction qu’il n’y a aucune raison de faire des concessions, ni de négocier sérieusement, ni de respecter la loi internationale, mais toutes les raisons de continuer son expansion et la colonisation de territoires habités, mais dépourvus d’armée pour défendre leur intégrité.&lt;br /&gt; L’impasse dans laquelle s’est fourré Israël est annonciatrice d’un désastre politique, car les erreurs commises durant des décennies ne resteront pas indéfiniment sans conséquence. Il y a nécessairement un prix à payer et un jour ou l’autre il le sera. Et ce jour n’est plus très loin, car l’environnement international est de moins en moins complaisant et de plus en plus enclin à demander des comptes aux dirigeants israéliens. &lt;br /&gt; En attendant, si Israël n’a pas un seul canadair pour éteindre les incendies du mont Carmel, il continue d’accumuler les F-16 et attend le F-35 pour mieux bombarder les populations civiles palestinienne et libanaise. Mais y a-t-il dans ce pays un seul politicien clairvoyant pour expliquer à ses concitoyens que, pour sa sécurité, Israël a besoin bien plus d’avions de lutte anti-incendie que de bombardiers qui sèment la mort et la destruction chez ses voisins et le singularisent comme le pays le plus dangereux pour la paix mondiale ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5680279566645636147?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5680279566645636147/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5680279566645636147' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5680279566645636147'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5680279566645636147'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/12/laigle-cul-de-jatte.html' title='L&apos;aigle cul-de-jatte'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5285123354300118257</id><published>2010-11-30T23:04:00.000+01:00</published><updated>2010-11-30T23:05:34.876+01:00</updated><title type='text'>Et si WikiLeaks existait avant le 11 septembre ?</title><content type='html'>Julian Assange persiste et signe. Son site internet est devenu « un danger pour le monde » et un foyer à partir duquel sont menées « des attaques contre la communauté internationale », si l’on en croit la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton.&lt;br /&gt; Mme Clinton a de sérieuses raisons d’être furieuse contre le fondateur de WikiLeaks. Non seulement des centaines de milliers de secrets du département d’Etat sont étalés sur la place publique, mais l’un des documents, signé de sa main, demande à ses subordonnés à collecter toutes sortes d’informations sur les hauts responsables de l’ONU, et même, bizarrement, les données relatives à la carte bancaire du secrétaire général Ban Ki-moon…&lt;br /&gt; Cette fois, Julian Assange a mis en ligne 251 288 documents secrets, couvrant la période du 28 décembre 1966 au 28 février 2010, et totalisant 261 276 536 mots, de quoi remplir 3000 livres. Les premières fournées, si l’on peut dire, de ces documents vont des plus futiles (portraits souvent peu flatteurs de dirigeants étrangers) aux plus importants (informations ultraconfidentielles sur des questions brûlantes de  politique internationale). &lt;br /&gt; Grâce à WikiLeaks, le commun des mortels a pu donc avoir accès à des informations inhabituelles, ce qui pose avec acuité le problème de la confidentialité à l’âge numérique. Bien avant la création de Wikileaks, des commentateurs ont déjà pointé du doigt le fait qu’il est désormais très difficile d’envelopper trop longtemps du sceau du secret des informations à un âge où celles-ci circulent avec un débit effarant et une vitesse vertigineuse.&lt;br /&gt; On comprend le département d’Etat pour qui seul compte l’aspect dommageable de ces fuites. C’est un fait que WikiLeaks va rendre le travail des diplomates américains beaucoup plus difficile qu’avant. Leurs interlocuteurs parleront moins et les collecteurs d’informations américains auront bien du mal à trouver de quoi remplir leur rapports réguliers qu’ils sont tenus d’envoyer à Washington.&lt;br /&gt; On comprend aussi l’inquiétude des politiciens qui aiment se chuchoter des confidences dans un monde où les micros, les caméras et les oreilles indiscrètes n’ont pas de place. Que sera la politique si les coulisses et les palais fortifiés deviennent transparents ? Suscitera-t-elle autant d’intérêt si elle perd son côté obscur, ses mystères et ses intrigues ?&lt;br /&gt; Mais que les responsables américains se rassurent. La politique restera ce qu’elle a toujours été, c'est-à-dire secrète, mystérieuse, intrigante. Elle comportera toujours ses deux parties bien distinctes : la partie superficielle à laquelle le public peut accéder, et la partie essentielle non accessible au commun des mortels et où se prennent les décisions les plus importantes souvent vitales pour les milliards d’êtres humains qui ont choisi de vivre en communauté.&lt;br /&gt; A l’ère numérique, où l’information circule à la vitesse de la lumière, ou à l’ère préindustrielle, où la vitesse de l’information ne dépassait guère celle du cheval, la politique et les politiciens restent fondamentalement les mêmes. Hier comme aujourd’hui, le public n’a droit qu’aux informations qu’on veut bien lui donner à condition qu’il n’y ait pas d’erreurs rendant les fuites possibles.&lt;br /&gt; Julian Assange n’est pas un magicien. Il n’est doté d’aucun pouvoir surnaturel lui permettant de s’approprier les secrets les mieux gardés. Les centaines de milliers de câbles confidentiels qu’il publie sur site depuis quelques temps lui sont parvenus sans qu’il ait cherché ni payé pour les avoir. Donc à la base il y a une erreur qui a détraqué le système et mis dans l’embarras les politiciens de Washington.&lt;br /&gt; Cette erreur a été commise précisément par l’administration américaine qui doit assumer sa responsabilité et s’en prendre à elle-même plutôt que de pointer des doigts accusateurs à celui qui, ayant reçu des informations, a décidé de les partager avec le plus grand nombre via son site WikiLeaks.&lt;br /&gt; On sait maintenant qui a fourni la masse de secrets à Julian Assange. Il s’agit d’un soldat américain de 22 ans, Bradley Manning, analyste au Pentagone. Son poste lui permettait d’accéder à une masse d’informations secrètes, civiles et militaires. Tout en écoutant Lady Gaga, il gravait sur des CD tout ce que contenait l’ordinateur mis à sa disposition par le Pentagone.&lt;br /&gt; La question qui se pose est comment une puissance de la taille des Etats-Unis avec la masse d’informations secrètes ou compromettantes dont elle dispose peut-elle se permettre une telle imprudence en les mettant à la disposition d’un simple soldat de 22 ans ?&lt;br /&gt; Evidemment Bradley Manning est en prison attendant son procès. On peut légitimement se demander qui est le plus coupable : le soldat Manning qui, enivré par Lady Gaga, a voulu se montrer  important en faisant savoir aux autres qu’il est dans le secret des dieux, ou bien le politicien chevronné qui a décidé d’élargir le champ d’accès aux informations confidentielles.&lt;br /&gt; Un responsable américain a justifié cette décision par… les attentats du 11 septembre. Ces attentats n’ont pu être évités entre autres à cause de l’ « accaparement de l’information et du refus des différents services à la partager. »&lt;br /&gt;A propos des attentats du 11 septembre, un débat est en cours actuellement aux Etats-Unis. Ces attentats auraient-ils eu lieu si WikiLeaks existait alors ? Cette question a été posée par  une ancienne collaboratrice du FBI, Coleen Rowley qui a affirmé au Los Angeles Times : « Nous étions nombreux, dans la période précédant le 11-Septembre, à avoir vu des signes alarmants que quelque chose de dévastateur était sur le point d’être planifié. Mais nous travaillions pour des bureaucraties sclérosées incapables d’agir rapidement et de manière décisive. Dernièrement, deux d’entre nous se sont demandé si les choses auraient pu être différentes s’il y avait eu un moyen rapide et confidentiel d’obtenir des informations. (…) Wikileaks aurait pu permettre de fournir une soupape aux agents qui étaient terriblement inquiets de ce qui pourrait arriver et qui étaient frustrés par l’indifférence apparente de leurs supérieurs.»&lt;br /&gt;            En effet, si WikiLeaks existait avant le 11 septembre 2001, et s’il disposait des informations monopolisées par les services secrets sur les préparatifs des attentats, il les aurait sans aucun doute diffusées et la configuration du monde serait nettement meilleure aujourd’hui.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5285123354300118257?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5285123354300118257/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5285123354300118257' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5285123354300118257'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5285123354300118257'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/et-si-wikileaks-existait-avant-le-11.html' title='Et si WikiLeaks existait avant le 11 septembre ?'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7620710614955400691</id><published>2010-11-27T12:02:00.002+01:00</published><updated>2010-11-27T12:04:19.492+01:00</updated><title type='text'>Au "cimetière des empires"</title><content type='html'>Les Soviétiques s’étaient englués en Afghanistan du 27 décembre 1979 au 15 février 1989, soit 9 ans et 50 jours. Les Américains, qui avaient déclenché leur guerre d’Afghanistan le 7 octobre 2001, ont surpassé jeudi dernier leurs malheureux prédécesseurs. Ce samedi 27 novembre, cela fait 9 ans et 52 jours que les Etats-Unis sont englués dans ce « cimetière des empires », et le bout du tunnel, si bout il y a, est encore loin.&lt;br /&gt; On nous a dit d’abord que l’armée américaine quittera les lieux en 2011. Et puis, tout compte fait, non, ce n’est pas possible. Ensuite, on nous jure que cette fois c’est décidé, c’est réfléchi, c’est sûr, le départ des G’Is est programmé pour 2014. Et puis, le doute s’installe aussitôt de nouveau. Oui, bon on quitte l’Afghanistan d’accord, mais on ne l’abandonnera pas à son sort et on ne le laissera pas redevenir un camp d’entraînement géant pour les terroristes.&lt;br /&gt; Ces valses-hésitations montrent le degré de confusion des Etats-Unis, dont l’armée s’était laissé entraîner dans le piège afghan par une série de décisions dont la plus désastreuse était celle de George W. Bush qui, en 2003, avait décidé d’attaquer l’Irak, laissant les choses pourrir en Afghanistan.  &lt;br /&gt; En intervenant le 27 décembre 1979 en Afghanistan, les Soviétiques étaient à mille lieux de penser qu’ils allaient livrer leur ultime bataille de la guerre froide. S’ils n’avaient que les rebelles afghans à combattre, l’URSS en serait sans doute venue à bout facilement et le régime pro-soviétique installé à Kaboul aurait eu une longévité beaucoup plus importante. &lt;br /&gt; Les Soviétiques avaient affronté les rebelles pendant plus de neuf ans. Et si ceux-ci avaient tenu aussi longtemps, bien qu’ils fussent une mosaïque politico-ethnique, c’est parce qu’ils étaient armés et financés par la CIA, qui avait acheminé jusqu’à 2000 fusées portables Stringer et des valises de billets verts distribués généreusement à quiconque, intégriste ou laïc, Afghan ou Arabe, prêt à combattre l’ennemi numéro un des Etats-Unis, l’Union soviétique.&lt;br /&gt; Tous les historiens sont pratiquement d’accord pour dire que l’élément déterminant dans la défaite soviétique en Afghanistan, c’est le missile Stinger. Cette petite fusée, qui ne pesait pas plus de 15 kilogrammes, se portait sur l’épaule et était très efficace contre les hélicoptères et les avions de combat qui volaient très bas. Son utilisation massive par les résistants afghans avait provoqué la destruction de centaines d’hélicoptères et, finalement, la défaite de l’armée soviétique, préfigurant l’écroulement de l’URSS.&lt;br /&gt; En intervenant le 7 octobre 2001 en Afghanistan, les Etats-Unis, en comparaison avec l’aventure soviétique, avaient une tâche très facile à accomplir. Ils avaient à détruire un régime honni, isolé, détesté par l’ensemble de la communauté internationale, sauf peut-être le Pakistan,  pour ses pratiques moyen-âgeuses. &lt;br /&gt;Contrairement aux Soviétiques qui avaient fait face à une condamnation universelle en 1979, les Américains avaient bénéficié d’un soutien ouvert ou tacite de la part de la quasi-totalité de la communauté internationale. Le régime des talibans avait vite fait de s’écrouler et les terroristes d’Al Qaida, responsables des attentas du 11 septembre 2001, subissaient des bombardements intensifs dans les montagnes de Tora Bora. En un mot, c’était la débandade générale. Les talibans et les partisans de Ben Laden qui avaient survécu cherchaient désespérément un répit. Il leur avait été offert sur un plateau d’argent grâce à la fixation pathologique du régime de George Walker Bush sur l’Irak.&lt;br /&gt;La concentration de la force politico-militaire américaine sur l’Irak avait permis aux talibans et à Al Qaida d’avoir un répit de quelques années, ce qui leur avait permis de regrouper  leurs forces, de les réorganiser et de s’engager dans une guérilla contre laquelle 100.000 hommes en armes et 100 milliards de dollars par an (7 fois le PIB de l’Afghanistan) n’ont pas pu grand-chose.&lt;br /&gt;Alors que, en hiver 2001, ils étaient sur le point de venir à bout de deux ennemis irréductibles, les talibans et Al Qaida, les Américains se retrouvent, neuf ans plus tard, englués dans deux bourbiers. Et si, en rapatriant la moitié de leurs forces, les Etats-Unis s’efforcent de se libérer avec peine du bourbier irakien, les choses vont de mal en pis en Afghanistan où ils n’arrivent ni à dénicher l’ennemi qu’ils veulent détruire  ni à déterminer l’origine de l’armement et des explosifs qu’il utilise contre eux. &lt;br /&gt;En désespoir de cause, les Américains et leurs alliés de l’Otan pensaient avoir trouvé la parade en faisant savoir aux talibans qu’il était possible de trouver une solution négociée au problème afghan. Il s’agissait pour la hiérarchie militaire américaine de rééditer l’expérience irakienne en Afghanistan en créant une scission au sein de la résistance afghane. La tactique était la même : utiliser les valises bourrées de dollars comme appât pour attirer les talibans « modérés » dans le but de les impliquer dans des négociations avec le pouvoir à Kaboul.&lt;br /&gt;La tactique semble avoir satisfait ses initiateurs puisque pendant des mois on a négocié avec « le mollah Akhtar Mohammed Mansour, un ex-ministre taliban et bras droit du mollah Omar ». Le négociateur était protégé, chouchouté, transporté dans les avions de l’Otan pour les séances de négociation, gratifié de chèques à six chiffres, et plus il se montrait souple plus il recevait encore, jusqu’à la découverte du pot aux roses. &lt;br /&gt;Le négociateur était un imposteur. Il s’agissait d’un escroc qui avait usurpé une identité pour s’enrichir. Dans d’autres circonstances, nul ne se serait inquiété d’un tel incident d’une banalité ordinaire. Mais dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’un incident banal, mais d’un signe supplémentaire de la grande confusion qui caractérise les forces étrangères en Afghanistan qui, visiblement, ne savent plus à quel saint se vouer.&lt;br /&gt;En dépit des milliards de dollars dépensés en Afghanistan, les services secrets occidentaux se sont laissé berner par un imposteur qui les a grugés pendant des mois. C’est d’autant plus étonnant que la CIA connaît bien le pays où elle est présente depuis 1980. Hier, comme aujourd’hui, entrer au « cimetière des empires » est nettement plus facile que d’en sortir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7620710614955400691?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7620710614955400691/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7620710614955400691' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7620710614955400691'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7620710614955400691'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/au-cimetiere-des-empires.html' title='Au &quot;cimetière des empires&quot;'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5839271193198294366</id><published>2010-11-23T12:26:00.000+01:00</published><updated>2010-11-23T12:27:50.304+01:00</updated><title type='text'>Pourquoi acheter la vache quand le lait est gratuit?</title><content type='html'>C’est un pot de vin royal qu’Obama a proposé à Netanyahu rien que pour s’arrêter pendant 90 jours de mettre la main sur ce qui ne lui appartient pas. En d’autres termes, le Premier ministre israélien se voit proposer par le président américain l’équivalent de trois milliards de dollars en avions de combat ultra performants et ultra sophistiqués en contrepartie d’un arrêt momentanée de la colonisation de trois mois.&lt;br /&gt; Le journaliste britannique de l’« Independent », Robert Fisk, a fait le calcul et a trouvé que si les Israéliens s’arrêtent de voler pendant 90 jours les terres palestiniennes, ils recevront un pot de vin du contribuable américain de 500 millions de dollars par semaine, soit 71.428.571 dollars par jour, ou 2.976.190 dollars par heure, ou 49.603 dollars par minute, ou encore 827 dollars par seconde. &lt;br /&gt; C’est probablement la première fois dans l’histoire des nations que l’on recourt à ce genre de procédé pour convaincre un Etat de se conformer à la loi internationale en s’arrêtant très momentanément de s’approprier par la force des biens d’autrui.&lt;br /&gt; Mieux encore, ou pire. Pour convaincre Israël d’arrêter de construire sur des terres qui ne lui appartiennent pas, Obama a enveloppé ce pot de vin royal dans un emballage plus attirant encore. En plus des trois milliards, Israël aura le droit de rester dans la vallée du Jourdain après l’établissement d’un Etat palestinien ; les Etats-Unis opposeront leur habituel veto à toute résolution qui ne plairait pas à Israël ; ils s’engagent, en outre, à ne plus jamais demander à un gouvernement israélien de moratoire pour la construction des colonies. Et ce ne sont pas des promesses verbales, mais écrites comme l’ont exigé les Israéliens, si l’on en croit le « Jerusalem Post ».&lt;br /&gt; Tous ces cadeaux pour un simple arrêt de trois mois de la construction dans les terres palestiniennes occupées, Jérusalem-Est non comprise ! &lt;br /&gt; Rappelons que quelques semaines avant les élections législatives de mi-mandat du 2 novembre, Obama avait fait une offre tout aussi généreuse à Netanyahu, mais sans préciser le montant de l’aide militaire, en contrepartie d’un moratoire de deux mois seulement. Rappelons aussi que l’offre a été ignorée par Netanyahu. Pour le convaincre d’accepter cette nouvelle offre, Madame Clinton a passé pas moins de sept heures de négociations avec le Premier ministre israélien. Si la secrétaire d’Etat américaine a eu besoin de négocier pendant sept heures, cela en dit long sur la réticence de ses interlocuteurs israéliens d’accepter un gel de la construction pendant trois mois, même si l’offre est scandaleusement généreuse.&lt;br /&gt; Mais si l’offre américaine est absurde, la réticence d’Israël à l’accepter ne l’est pas. Après tout, ce pays a toujours été habitué à prendre sans rien donner, pourquoi change-t-il d’habitude maintenant ? Pourquoi consent-il une contrepartie à ce qu’il aura de toute façon gratuitement que la Maison blanche le veuille ou non ? Pourquoi fait-il preuve de flexibilité quand tout le monde sait, et Israël le premier, que la politique américaine au Moyen-Orient se décide à Tel Aviv et non à Washington ?  En un mot, pourquoi Israël achète-t-il la vache du moment qu’il a toujours eu le lait gratuitement ?           &lt;br /&gt;     Cela dit, que les Etats-Unis tentent désespérément maintenant de vendre une petite vache du troupeau qu’Israël continue de traire gratuitement, c’est un problème israélo-américain. Les Palestiniens ont parfaitement raison de protester et de demander que leur cause soit dissociée de ce marchandage pitoyable entre Washington et Tel Aviv. Le président Mahmoud Abbas a parfaitement raison de remarquer que Washington a toujours armé Israël, que les Etats-Unis sont libres de donner à ce pays autant d’armes et autant d’avions qu’ils veulent, mais ils n’ont pas le droit d’impliquer, en les dénaturant, les exigences palestiniennes dans leur marchandage avec Israël.&lt;br /&gt; Les exigences palestiniennes sont constantes. Elles ne consistent pas à demander un moratoire sur la colonisation de deux mois, deux ans ou deux décennies. Elles consistent en un retrait pur et simple des territoires occupés en 1967, y compris Jérusalem-Est, y compris la vallée du Jourdain. Mais ce qui est extraordinaire, c’est cette manière américaine de demander quelques semaines de moratoire en contrepartie d’offres stupéfiantes, comme si en deux ou trois mois de moratoire, on va pouvoir résoudre tous les problèmes accumulés pendant 43 ans d’occupation !    &lt;br /&gt; Les Palestiniens n’ont aucun intérêt à s’impliquer plus loin encore dans ce qui est devenu la mascarade des négociations du moratoire ou du moratoire des négociations, on ne sait plus. D’autre part, il est grand temps que les Etats-Unis jettent l’éponge et reconnaissent à la face du monde qu’ils sont incapables d’avancer le processus de paix d’un iota. &lt;br /&gt;Il ne fait pas de doute qu’une bonne partie de la classe politique américaine, y compris la Maison blanche, souhaite ardemment une solution au problème du Moyen-Orient. Mais, de par la structure du pouvoir à Washington et du poids écrasant des lobbies, les Etats-Unis sont dans l’incapacité de jouer le rôle d’intermédiaire impartial. Et c’est cette incapacité qui les amène à recourir à des procédés consternants pour convaincre leur allié d’arrêter de violer la loi internationale pendant seulement trois mois en contrepartie d’une prime de 827 dollars par seconde.&lt;br /&gt;Comme d’habitude, Israël répond à toute offre généreuse par une décision humiliante pour son grand allié américain. Cette fois, avant même de se pencher sur les propositions américaines, le Knesset israélien a adopté lundi dernier par 65 voix contre 33 une loi soumettant tout retrait de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan à un référendum populaire. En d’autres termes, ce sont les centaines de milliers de  juifs russes, ukrainiens, moldaves et autres falashas d’Ethiopie, qui n’étaient pas encore nés en 1967 ou qui ont émigré en Israël il y  a seulement quelques années, ce sont ceux-là donc qui décideront si les Palestiniens et les Syriens vont récupérer leurs droits spoliés depuis 43 ans ou non. Décidément, la scène du Moyen-Orient n’a jamais autant ressemblé au théâtre de l’absurde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5839271193198294366?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5839271193198294366/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5839271193198294366' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5839271193198294366'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5839271193198294366'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/pourquoi-acheter-la-vache-quand-le-lait.html' title='Pourquoi acheter la vache quand le lait est gratuit?'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8622998545579868520</id><published>2010-11-20T15:38:00.002+01:00</published><updated>2010-11-20T15:42:32.309+01:00</updated><title type='text'>Cherche ennemi désespérément</title><content type='html'>Le sommet tant attendu de l’Otan a fini par avoir lieu ce week-end dans la capitale portugaise, Lisbonne. A la lumière des résultats, il est difficile de tirer des conclusions solides et dire que le problème existentiel dont souffre depuis 20 ans l’organisation atlantique est maintenant résolu.&lt;br /&gt; Si elle était un homme, l’Otan vivrait sous antidépresseurs. La raison est que, depuis l’effondrement de l’Union soviétique, elle ne sait vraiment plus ni qui elle est ni ce qu’elle fait sur terre. Depuis la disparition de son ennemie intime, l'Union soviétique, il y a 20 ans, l’Otan semble ne pas arrêter de la pleurer à chaudes larmes, car c’est cet ennemi soviétique qui était sa raison d’être, qui lui permettait une vie active et équilibrée et qui interdisait à quiconque de mettre en doute l’utilité de son existence ou de récuser les budgets faramineux qui lui étaient alloués.&lt;br /&gt; Depuis 20 ans, l’Otan n’arrête pas de chercher une occupation qui justifierait son existence et les milliards payés annuellement pour son entretien. Elle vit toujours dans  la nostalgie du bon vieux temps (1949-1991) quand elle avait tenu le rôle de gardien du système occidental contre une menace réelle qui venait de l’Est sous forme de 50 divisions, comprenant deux millions d’hommes en armes, une quantité faramineuse d’armement classique et une masse terrifiante d’armement nucléaire.&lt;br /&gt; En 1991, suite à l’effondrement de l’Union soviétique, l’Otan avait raté une occasion de résoudre radicalement son problème : disparaître avec la disparition de la menace qui l’avait fait naître. Mais au lieu de s’auto-dissoudre comme son rival d’alors, le Pacte de Varsovie, l’Otan avait jugé utile non seulement de continuer à mener une existence sans objet, mais aussi de s’étendre encore à l’Est pour englober ce qu’on appelle désormais les « Intermarum », c'est-à-dire les ex-membres du Pacte de Varsovie situés entre la mer noire et la mer baltique.&lt;br /&gt; Les années 1999 et 2001 étaient des années charnières dans l’existence de l’Otan. La guerre du Kosovo a permis à l’Organisation atlantique de trouver un remède à une oisiveté qui a trop duré en s’attribuant le rôle de pompier dans l’extinction de ce foyer de tension balkanique. Les bombardements massifs et continus de la Serbie pendant plus de deux mois ont été aussi une occasion pour l’Otan de bomber le torse et de montrer à qui veut voir qu’elle est une Organisation suffisamment forte pour pouvoir intervenir là où elle juge nécessaire de le faire.&lt;br /&gt; En 2001, les attaques terroristes d’une ampleur inédite contre New York et Washington, suivies des attaques sanglantes contre Madrid et Londres, ont convaincu l’Otan, ou du moins certains de ses membres les plus influents, d’avoir enfin eu l’ennemi qu’elle attendait depuis 1991 : « le terrorisme global » contre lequel « une guerre globale » devait être déclenchée. &lt;br /&gt; L’impasse afghane, que le sommet de Lisbonne a tenté de débloquer en fixant 2014 comme date limite à la présence des forces étrangères, a amplement démontré que l’Otan s’est trompée d’adversaire. Certes les talibans et Al Qaida posent un problème certain pour la sécurité internationale, mais l’erreur est d’avoir cru possible de les écraser par les moyens militaires classiques. L’erreur monumentale de l’Otan est d’avoir appliqué les techniques de guerre classique à des groupes d’insurgés mobiles, aguerris, déterminés et prêts à se sacrifier « pour une place au paradis ». &lt;br /&gt; L’Otan a échoué en Afghanistan parce que l’adversaire qu’elle veut anéantir est insaisissable et que l’écrasante majorité de ses bombes ont servi soit à écraser les rochers des montagnes afghanes, soit à tuer les civils. L’Otan a échoué en Afghanistan parce qu’elle n’a aucune vision stratégique cohérente et qu’elle s’est laissée entraîner dans le bourbier afghan par l’administration de George W. Bush, connue par son incompétence notoire et par sa propension à faire tout de travers. &lt;br /&gt; Le sommet de Lisbonne s’est donné  pour objectif de doter l’Otan d’une stratégie claire qui lui permet de faire face aux dangers multiformes qui menacent le monde en ce début de siècle. Le problème, c'est qu’un tel objectif est beaucoup plus facile à coucher sur papier qu’à réaliser sur le terrain.&lt;br /&gt; L’Otan est composée de 28 pays aux intérêts disparates et aux perceptions des menaces et des dangers très différentes les unes des autres. Les experts classent ces 28 pays en trois groupes : les « Atlantistes » (Etats Unis, Canada, Danemark et Pays Bas), la « Vieille Europe » (Allemagne et France essentiellement) et les « Intermarum » (les pays d’Europe centrale).&lt;br /&gt; Qu’il s’agisse de la définition des menaces prioritaires et des moyens de les juguler, de la politique à mener vis-à-vis de le Russie, de l’approche à travers laquelle est appréhendée la guerre d’Afghanistan, de la question du multilatéralisme et de la nature de la relation à entretenir avec l’ONU, les trois catégories composant l’Otan ne sont pratiquement d’accord sur aucun sujet. Les divergences dominent largement les perceptions relatives aux grands problèmes internationaux. Par conséquent, il est difficile de doter l’Otan d’une vision stratégique qui bénéficierait de l’appui unanime des 28 membres. &lt;br /&gt; Cela dit, les divergences qui séparent les 28 membres de l’Otan ne sont pas du genre irréductible, car, comme l’a dit Marko Papic, analyste à « Stratfor », une institution américaine d’analyse géostratégique, si l’Otan continue d’exister aujourd’hui, ce n’est pas à cause de son unité d’objectif, mais à cause du manque de sujets irrémédiablement controversés de nature à provoquer la rupture entre les membres et l'écroulement de l'Otan. &lt;br /&gt; L'Otan tâtonnera encore longtemps à la recherche d'un ennemi à sa mesure qui justifierait son existence. L'ennemi que le sommet de Lisbonne lui a trouvé (une éventuelle pluie de missiles d'origine indéfinie contre lesquels l'Europe doit être protégée) n'est pas sérieux. Car, nonobstant les hallucinations des néoconservateurs américains et des extrémistes au pouvoir en Israël, on ne voit vraiment pas pourquoi la Chine ou l'Iran s'amuseraient à fabriquer des missiles et à les lancer sur la tête des Européens?!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8622998545579868520?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8622998545579868520/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8622998545579868520' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8622998545579868520'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8622998545579868520'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/cherche-ennemi-desesperement.html' title='Cherche ennemi désespérément'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5864441226528871447</id><published>2010-11-17T23:48:00.000+01:00</published><updated>2010-11-17T23:49:11.688+01:00</updated><title type='text'>La faute de Nixon et les crimes de Bush</title><content type='html'>Peut-être vaut-il mieux pour lui de se faire oublier plutôt que de continuer à pérorer, défendant des décisions désastreuses qui ont mis le monde sens dessus dessous, ramené des pays à l’âge de pierre, provoqué la mort de centaines de milliers de personnes, détruit la vie de millions d’autres, fait de son pays un Etat-paria, affaibli, diminué, exténué, surendetté et, globalement, sur la pente déclinante.&lt;br /&gt; George W. Bush était dimanche sur CNN. Il persistait contre vents et marais à croire qu’il avait raison d’avoir envahi l’Irak, qu’il ne s’était pas détourné de l’Afghanistan, que le monde est mieux sans Saddam Hussein et autres formules à l’emporte pièce à vous mettre sur leurs nerfs les plus blasés et les plus flegmatiques. &lt;br /&gt; Il se défend d’avoir abandonné l’Afghanistan après avoir ordonné l’invasion de l’Irak.  Si les choses ont mal tourné en Afghanistan, ce n’est pas parce que Bush avait transféré ses troupes vers l’Irak, mais « parce qu’il s’est avéré que nos alliés de l’Otan  ne désiraient pas combattre. » En d’autres termes, la faute n’incombe pas à Bush, mais aux « alliés », membres de l’Otan, qui n’ont pas fait leur devoir en prenant aussitôt la place des troupes américaines qui étaient parties pour l’Irak…&lt;br /&gt; La décision d’envahir l’Irak était « la bonne », même s’il s’est avéra que les armes de destruction massive étaient une vue de l’esprit. Car, si Saddam était toujours là, le monde aurait été aujourd’hui  dans une situation « bien pire ». &lt;br /&gt; La journaliste qui l’interviewait, Candy Crowley, était un peu trop timoré et avait raté une occasion en or de faire son travail professionnellement. Le responsable d’une grande partie des malheurs du monde en ce début de siècle sanglant était devant elle, mais elle n’a pas eu le réflexe ou le désir ou le courage de lui poser quelques questions sur quelques uns des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qu’il a commis.&lt;br /&gt; La « prestation » de George W. Bush sur CNN cache mal le désarroi de l’ex-président qui, conscient sans doute de l’ampleur des malheurs provoqués par ses décisions insensées, se réfugie dans l’état psychologique classique de fuite en avant dans une tentative désespérée de se convaincre et de convaincre les autres que ce qu’il a fait était pour le bien de son pays et du monde, et que si les choses ont mal tourné, la responsabilité doit être assumée par les « alliés qui n’ont pas voulu combattre en Afghanistan », et aux « terroristes irakiens qui détestent la liberté, la démocratie ».&lt;br /&gt; La réalité dans de nombreux endroits au monde, créée par les décisions de Bush est si affreuse que, c’est compréhensible, il cherche à l’ignorer et à la fuir, tout en imaginant une autre « réalité », celle d’une « démocratie irakienne transformative de toute la région » que le peuple irakien est en train d’en jouir avant d’en faire bénéficier ses voisins. &lt;br /&gt; Face à l’ampleur des désastres engendrés par la politique de Bush, la timidité et l’inhibition de la journaliste de CNN, Candy Crowley, sont sidérantes. Son silence face à la démagogie de l’ex-président sur la « démocratie transformative » irakienne, alors que l’Irak, plus de sept ans et demi après l’invasion, est toujours à feu et à sang, ne fait nullement honneur au journalisme américain qui nous a habitué à de puissantes investigations et à des interpellations sérieuses de responsables d’erreurs politiques infiniment moins graves que celles commises par le prédécesseur d’Obama.&lt;br /&gt; Au lieu d’être poursuivi par la justice internationale pour rendre compte des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il a commis, George Bush continue, comme si de rien n’était, à parler, commenter, donner des leçons, écrire des livres, empocher les millions et mener la belle vie.&lt;br /&gt; Imaginons un instant que c’est un dirigeant arabe ou africain ou asiatique qui a fait le dixième de ce que Bush a fait ! On aurait en cent Luis Moreno Ocampo pour le conspuer et exiger son jugement à La Haye et mille médias, dont CNN sans aucun doute, pour pleurer les victimes et rameuter les chasseurs de criminels de guerre pour que le coupable soit arrêté et que justice soit faite.      &lt;br /&gt; Mais il se trouve que le coupable ici est américain et que les seuls qui soient en mesure de lui demander des comptes sont américains aussi. Si l’on prend l’exemple de deux présidents ayant commis des fautes, Richard Nixon et George Bush, l’attitude des Américains vis-à-vis d’eux est déroutante. La faute du premier est d’une banalité extraordinaire par rapport à celle du second. Le « crime » de Nixon est d’avoir ordonné le placement de quelques micros dans le siège du parti démocrate, histoire d’assouvir une curiosité un peu excessive. Le crime du second est d’avoir causé la mort de centaines de milliers d’Irakiens et détruit la vie de millions de familles et fait perdre à l’Irak sous ses bombes des décennies d’efforts et de construction, histoire d’assouvir une haine un peu excessive contre le président Saddam Hussein.&lt;br /&gt; Et pourtant, Nixon fut traîné dans la boue, obligé de démissionner, traité en pestiféré par ses compatriotes jusqu’à son dernier soupir. Quant à Bush, il est traité en ex-président qui a préservé du mieux qu’il a pu les intérêts de son pays et de son peuple. Il est invité dans les forums et les plateaux de télévision, et on le laisse tordre le cou à la réalité et à débiter les mensonges les plus éhontés sans réagir ! &lt;br /&gt; Bush est beaucoup plus chanceux que Nixon. Il a échappé au jugement des hommes, mais il n’échappera pas au jugement de l’Histoire qui le considère déjà comme « le pire président » des 44 que les Etats Unis ont eu en 234 ans. Mais il est fort douteux que Bush ait la force intellectuelle et morale requise pour s’inquiéter sérieusement des jugements de l’Histoire. Pour lui, elle peut dire tout ce qu’elle veut du moment qu’il bénéficie, dans l’impunité la plus totale, d’une retraite dorée dans son ranch de millionnaire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5864441226528871447?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5864441226528871447/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5864441226528871447' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5864441226528871447'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5864441226528871447'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/la-faute-de-nixon-et-les-crimes-de-bush.html' title='La faute de Nixon et les crimes de Bush'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6095020512293530703</id><published>2010-11-13T16:09:00.000+01:00</published><updated>2010-11-13T16:10:13.624+01:00</updated><title type='text'>Sombres visions</title><content type='html'>Il y a des questions que les journalistes posent des fois et qui s’avèrent être d’une naïveté époustouflante. Elles ressemblent un peu aux questions posées par les ménagères qui, avant d’acheter les tomates, demandent au marchand de légumes si elles sont bonnes ? &lt;br /&gt;A l’issue du sommet du G20 qui s’est terminé à Séoul vendredi, le président américain avait tenu une conférence de presse et un journaliste lui avait posé la question suivante : Vous sentez-vous affaibli à l’intérieur des Etats-Unis et votre influence a-t-elle diminué sur la scène internationale à la suite de votre défaite aux élections législatives du 2 novembre ? La réponse d’Obama était tout simplement et évidemment « Non ». &lt;br /&gt;La réponse d’Obama est loin d’être une aberration. Elle est dans la logique des choses et le surprenant aurait été qu’il réponde par oui. Car, tout le monde sait que l’une des principales caractéristiques de la politique consiste à tordre le cou à la réalité et à l’interpréter d’une manière avantageuse. &lt;br /&gt;Les arguments mis en avant par Obama pour justifier son « Non » ne méritent pas qu’on s’y attarde, car ce n’est pas parce qu’il va parler avec la majorité républicaine qu’il n’est pas affaibli à l’intérieur des Etats-Unis. De même, ce n’est pas parce qu’il s’est fait beaucoup d’amis parmi les chefs d’Etat et de gouvernement et qu’il a visité de nombreux pays, qu’il a gagné en influence sur la scène internationale.&lt;br /&gt;La réalité à l’intérieur des Etats-Unis est loin d’être avantageuse pour le président américain qui, en effet, est sorti très affaibli des élections législatives du 2 novembre dernier. Non seulement il aura toutes les difficultés du monde à poursuivre son programme économique et social, mais ce sera déjà un miracle s’il arrive à sauver sa loi sur l’assurance- maladie et à priver les riches des avantages fiscaux que leur a accordés George W. Bush.&lt;br /&gt;La bataille annoncée entre les pouvoirs exécutif et législatif aux Etats-Unis tournera autour de ces deux questions principales, les républicains se disant déterminés à abroger la loi sur l’assurance-maladie et à perpétuer les avantages fiscaux, inexplicables du reste dans un pays surendetté, dont bénéficient les millionnaires et les milliardaires.&lt;br /&gt;La réalité sur la scène internationale n’est pas plus avantageuse pour un président qui a très peu d’atouts en main pour amener Israël à suspendre la construction dans les colonies, la Chine à infléchir sa politique monétaire ou les Européens à redoubler d’efforts en Afghanistan.     &lt;br /&gt;Alors qu’Obama était en Asie, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, était aux Etats-Unis pour fêter avec ses amis républicains leur victoire aux législatives et pour tenter de manipuler les priorités et les urgences dans les programmes de la politique étrangère américaine. &lt;br /&gt;Avec un Congrès majoritairement complaisant jusqu’à la complicité avec le Premier ministre d’un Etat étranger, et intransigeant jusqu’à l’hostilité avec le Président des Etats-Unis, on peut dire, sans grand risque d’erreur, qu’en matière de politique moyen-orientale américaine, Netanyahu est plus influent à Washington que ne l’est le chef de la Maison blanche. La preuve est que l’establishment américain est beaucoup plus proche de la vision de Netanyahu que de celle d’Obama pour tout ce qui touche aux problèmes du Moyen-Orient. &lt;br /&gt;La perte d’influence de l’Exécutif américain est telle que personne ne sera surpris si, dans les semaines et les mois qui viennent, la diplomatie américaine se détourne de la question palestinienne et consacre toute son énergie et ses moyens à la question du nucléaire iranien, comme le désire ardemment le gouvernement israélien et ses amis républicains fraîchement élus pour un mandat de quatre ans.&lt;br /&gt;Mais cette perte d’influence n’est pas visible seulement à travers le refus catégorique des Israéliens de faire la moindre petite concession à l’Exécutif américain. Elle est visible dans les rapports avec Pékin, qui a refusé toute médiation américaine dans le différend avec le Japon au sujet des îles de sud de la mer de Chine ; dans les rapports avec New Delhi qui a décliné poliment mais fermement la médiation américaine dans le différend avec le Pakistan au sujet du Cachemire ; avec Islamabad qui persiste à refuser de déplacer ses forces de la frontière avec l’Inde à la frontière avec l’Afghanistan, comme ne cesse de le demander Washington depuis des années etc.&lt;br /&gt;De là à dire que les Etats-Unis sont désormais un « géant aux pieds d’argile », il n’y a qu’un pas que beaucoup d’observateurs et d’analystes ont franchi. Parmi ceux-ci, Juan Cole, professeur d’Histoire et directeur du Centre d’études asiatiques à l’Université du Michigan, est allé beaucoup plus loin. &lt;br /&gt;Pour Juan Cole, « la vision la plus sombre » de l’avenir des Etats-Unis on la doit à George H. Bush qui lança en 1991 sa guerre pour « défendre les pays producteurs de pétrole contre l’agressivité irakienne ». Du moment que la note fut payée « dans une large mesure par le Koweït et l’Arabie Saoudite », les Etats-Unis se sont trouvés « pour la première fois dans la situation d’une force mercenaire globale ».&lt;br /&gt;La conclusion du professeur Juan Cole est sidérante. Il n’exclut pas l’idée de voir un jour les Etats-Unis devenir « le soldat appauvri qui combat pour les intérêts des autres », ou encore « le glorieux forgeron qui fabrique les armes pour les futures grandes puissances ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6095020512293530703?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6095020512293530703/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6095020512293530703' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6095020512293530703'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6095020512293530703'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/sombres-visions.html' title='Sombres visions'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7226104334124293090</id><published>2010-11-09T12:16:00.001+01:00</published><updated>2010-11-09T12:16:56.666+01:00</updated><title type='text'>Obama et l'imbroglio indo-pakistanais</title><content type='html'>Le président américain continue son périple asiatique qui doit durer dix jours et l’amener, après l’Inde, en Indonésie, en Corée du sud (où se tiendra la réunion du G20) et au Japon. Les observateurs n’ont pas manqué de relever la « bizarrerie » de ce voyage : la non-inclusion du Pakistan dans l’itinéraire de Barack Obama, en dépit de l’importance vitale que revêt ce pays aux yeux de Washington pour la lutte contre le terrorisme et pour la guerre en Afghanistan. Et le fait que le rival malheureux d’Obama, John McCain, ait été dépêché à Islamabad ne résoudra pas l’énigme et ne consolera pas la classe politique pakistanaise, dont la frustration est d’autant plus grande que le président américain a entamé son voyage par l’Inde.&lt;br /&gt; L’Inde est de loin l’étape la plus intéressante de ce périple, mais également la plus délicate. Intéressante par la moisson des contrats dont l’économie américaine a désespérément besoin. Plusieurs milliards de dollars en avions, en armements et en contrats civils, « de quoi assurer du travail à 50.000 Américains ». Le volet commercial du voyage a de quoi remplir d’aise les 200 chefs d’entreprises américains qui ont fait le voyage avec Obama.&lt;br /&gt;Le volet politique n’a pas engendré de résultats aussi brillants et les responsables politiques de la délégation américaine n’ont pas été aussi contents que les responsables économiques. La difficulté vient du fait que la nature des deux principaux sujets politiques du voyage, l’Afghanistan et le Pakistan, font que les Etats-Unis se trouvent déchirés entre deux visions difficilement conciliables qu’ont toujours eues New Delhi et Islamabad.&lt;br /&gt;Ce qui complique encore les choses c’est que, au sein de l’establishment américain lui-même, il n’y a pas de consensus sur la position qui doit être soutenue vis-à-vis de l’Inde. Une tendance veut renforcer les liens entre « les deux plus grandes démocraties du monde » en mettant l’accent sur les avantages économiques et commerciaux à tirer et, surtout, en faisant de l’Inde un atout dans le bras de fer avec la Chine qui cache de moins en moins ses ambitions de déclasser les Etats-Unis sur le double plan militaire et économique. La seconde tendance, représentée par le Pentagone et la hiérarchie militaire, considère la question afghane comme la priorité des priorités. A partir de là, le sujet principal de négociation avec l’Inde doit être la détente avec le Pakistan afin que ce pays accepte de déplacer une large partie de ses troupes massées du côté de la frontière avec l’Inde vers les zones « chaudes », c'est-à-dire le nord ouest pakistanais et la frontière avec l’Afghanistan.&lt;br /&gt;Les trois jours de voyage d’Obama en Inde ont été un délicat exercice d’équilibrisme entre ces deux positions sinon contradictoires, du moins sensiblement différentes. Un délicat exercice d’équilibrisme aussi entre les deux positions, contradictoires celle-là, exprimées par l’Inde et le Pakistan.&lt;br /&gt;Mais si Obama peut se prévaloir de certains succès commerciaux réalisés au cours de ce voyage, s’il peut mettre en avant un certain renforcement des liens politiques entre les deux pays (il a clairement défendu le droit de l’Inde à un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU), force est de constater que les choses les plus importantes sont restées en suspens. &lt;br /&gt;Une question vitale pour Washington n’a pas été abordée par Obama au cours de son voyage : la « doctrine militaire» indienne, dite « Cold Start », dont l’existence est niée par New Delhi, mais mise en avant par Islamabad pour refuser de déplacer ses troupes de sa frontière orientale vers sa frontière occidentale. Selon des sources américaines et pakistanaises, « la doctrine Cold Start » a été mise en place au lendemain de l’attaque en 2001 du parlement indien à New Delhi par « des militants pakistanais ». Elle consiste en une « force d’intervention rapide qui mènerait, dans les trois jours suivant une attaque terroriste, des actions de représailles à l’intérieur du Pakistan, suffisamment dures pour punir les responsables, mais sans provoquer trop de dommages pour éviter une confrontation nucléaire. »&lt;br /&gt;Cette « doctrine » a fait l’objet de discussions à Washington en automne dernier à l’occasion de la visite du premier ministre indien, Manmohan Singh, et le mois dernier à l’occasion de la visite du chef de l’armée pakistanaise, le général Ashfaq Parvez Kayani. Ce n’était guère surprenant que le premier niât jusqu’à l’existence d’une telle doctrine, et que le deuxième en fît l’un des sujets principaux de discussion avec ses hôtes militaires et civils américains.&lt;br /&gt;Les Indiens sont cohérents. Puisqu’ils nient l’existence d’une telle doctrine, ils ont refusé jusqu’au bout qu’elle soit inscrite parmi les sujets à aborder par le président Obama au cours de sa visite en Inde. Les Pakistanais sont cohérents aussi. Puisqu’ils sont convaincus du danger que représente pour eux une telle doctrine, ils font la sourde oreille chaque fois que les Américains les pressent de déplacer leurs troupes d’est en ouest.    &lt;br /&gt;Ces deux positions extrêmes sont exacerbées par ce qui est devenue une rivalité en plein jour entre Islamabad et New Delhi en Afghanistan. Si le Pakistan considère celui-ci comme sa « profondeur stratégique », vitale en cas de nouveau conflit avec l’Inde, celle-ci le considère comme vital en tant que tête de pont pour ses relations commerciales avec les pays d’Asie centrale et pour son approvisionnement en énergie. Et ce n’est pas pour les beaux yeux des afghans que l’Inde a dépensé depuis 2001 plus d’un milliard de dollars dans la construction d’infrastructures, ni pour faciliter seulement leur déplacement qu’elle a construit la route qui relie l’Afghanistan à l’Iran.&lt;br /&gt;Pour le moment, c’est l’Inde qui marque des points. Non seulement, elle a réussi à avoir de « très bonne relations » avec le gouvernement afghan, mais celui-ci voit ses rapports avec Islamabad aller de mal en pis. Il y a deux jours, Kaboul a publié un communiqué dans lequel il accuse des « cercles » au Pakistan d’aider l’insurrection afghane. Face à un tel imbroglio, il est difficile pour Obama de tenir sa promesse de commencer le retrait des troupes américaines d’Afghanistan en 2011.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7226104334124293090?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7226104334124293090/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7226104334124293090' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7226104334124293090'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7226104334124293090'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/obama-et-limbroglio-indo-pakistanais.html' title='Obama et l&apos;imbroglio indo-pakistanais'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3773648622720577388</id><published>2010-11-06T10:58:00.001+01:00</published><updated>2010-11-06T15:21:58.741+01:00</updated><title type='text'>L'art de se faire détester</title><content type='html'>L’argent a coulé à flot pendant les préparatifs des dernières élections de mi-mandat aux Etats-Unis, de façon inhabituelle. Les observateurs ont comparé la masse d’argent accumulée pour les dernières législatives aux sommes consenties par les donateurs pour l’élection présidentielle, généralement beaucoup plus coûteuse.&lt;br /&gt; La générosité des donateurs a profité surtout aux républicains qui ont eu la part du lion pour une raison simple : les grandes corporations industrielles et commerciales américaines qui s’estiment « très lésées » par les nouvelles lois initiées par Obama et relatives à la sécurité sociale, ont déboursé sans compter en faveur des candidat républicains dans le but évident d’affaiblir le locataire de la Maison blanche, en aidant les gens du Grand Old Party à faire main basse sur la Chambre des représentants et du sénat et d’abroger la loi « scélérate ».&lt;br /&gt; Les républicains ont réussi à s’emparer de la Chambre des représentants, mais ont échoué au sénat. Obama a gardé certes une majorité au sénat, mais elle est si mince qu’elle ne lui est pratiquement d’aucun secours dans la mise en pratique de sa politique. Il aura beaucoup de difficultés à gouverner pendant les deux années qui lui restent. &lt;br /&gt; Si les républicains ont bénéficié largement des dons des grandes corporations économiques américaines, il n’est pas certain que cette générosité, inhabituelle dans des élections de mi-mandat, soit un élément déterminant dans leur victoire. En revanche, il est certain que l’un des éléments déterminants de cette victoire est la désaffection des électeurs et leur profonde déception vis-à-vis d’un homme qui, deux ans auparavant, les a séduits en leur promettant de réparer tout ce que son prédécesseur, George W. Bush, avait mis de travers.  &lt;br /&gt; Déçus, et même furieux contre un président qui n’a rien pu faire contre la profonde crise économique, les Américains, pour reprendre la métaphore du New York Times, lui ont confisqué les clefs de la voiture et les ont données aux républicains sans leur dire quelle direction prendre. Il est loin d’être certain que ceux qui se sont installés au volant sachent conduire prudemment et dans la bonne direction.&lt;br /&gt; Quand on a en tête leur programme qui consiste notamment à limiter le rôle de l’Etat fédéral (sauf quand il s’agit de débourser les milliards pour sauver de la banqueroute les banques ou les compagnies d’assurances), à abroger la loi relative à l’assurance-maladie (l’unique réalisation importante d’Obama), à instaurer un système fiscal dégressif  (favorisant les riches et accablant les pauvres), on peut être certain que les républicains prendront la route dangereuse et feront tout pour accentuer le déclin, déjà visible, de la puissance américaine. Leur victoire dans les législatives de mardi dernier, ils la doivent donc, dans une large mesure, à Barack Obama.   &lt;br /&gt;En deux ans d’exercice du pouvoir, Barack Obama a réussi à décevoir tout le monde. Aux Etats-Unis, ceux qui s’étaient opposés à son élection ont trouvé de nouveaux motifs pour lui en vouloir encore, et ceux qui l’ont fortement soutenue se sont détournés de lui. A l’étranger, les choses sont plus déroutantes encore. Obama est toujours détesté en Israël, bien qu’il n’ait pas pris une seule mesure en faveur des Palestiniens. Il n’a pas réussi à garder le capital de sympathie que son discours du Caire lui a fait gagner dans le monde arabo-musulman. En Europe, la déception est à la mesure des espoirs soulevés par l’élection de Barack Obama qui, pendant la campagne présidentielle, a fait siens la plupart des griefs que les pays européens retenaient contre George W. Bush. &lt;br /&gt; Il semble qu’il y ait un consensus entre Américains, Européens Arabes et Musulmans que le principal défaut du président Obama est qu’il parle beaucoup et agit très peu. Il parle avec beaucoup d’éloquence, mais semble atteint d’une grande inhibition quand il s’agit de concrétiser les idées exprimées dans ses discours.&lt;br /&gt; Au plus fort de la crise des banques américaines, et avant de mettre au point son plan géant de sauvetage de 700 milliards de dollars, Barack Obama conspuait sévèrement dans ses discours les primes faramineuses que versaient les banques à leurs « traders ». Une fois l’argent du contribuable versé, et comme pour narguer leur bienfaiteur, les banques ont continué, comme si de rien n’était, à signer les gros chèques au bénéfices des « traders », sans que le chef de l’Etat fédéral n’intervienne pour arrêter la mascarade. On a là l’un des multiples exemples qui soulignent le large fossé entre ce que dit Obama et ce qu’il fait, ce que les Américains trouvent exaspérant.&lt;br /&gt; Pour prendre un autre exemple, ses critiques acerbes pendant la campagne de 2008 contre la politique carcérale  que pratiquait George Bush dans le cadre de la lutte anti-terroriste, n’ont pas empêché la prison de Guantanamo de continuer, deux ans après l’élection d’Obama, d’accueillir 174 détenus.&lt;br /&gt; Les Arabes et les Musulmans ont applaudi avec beaucoup de ferveur et d’espoir le discours du Caire du 4 juin 2009. A en croire Obama alors, le problème israélo-palestinien et la question iranienne allaient se résoudre dans les jours qui suivaient. Un an et demi après, la politique d’Obama envers l’Iran ne diffère en rien de celle de Bush. Quant à la solution du problème israélo-palestinien, il n’a même pas pu imposer à Israël un simple moratoire de deux mois sur la construction de colonies, en dépit d’offres mirobolantes que Netanyahu n’a même pas daigné examiner.&lt;br /&gt; Les Européens ne sont pas moins déçus. En Afghanistan, Obama est allé plus loin que Bush, en dépit de son prix Nobel de la paix. Au sommet de Copenhague de décembre dernier sur le climat, il a préféré faire équipe avec la Chine, et au printemps dernier, il a annulé le sommet UE-USA à Madrid, ce que les Européens ont ressenti comme une humiliation. Et personne en Europe ne se fait d’illusion sur l’issue du prochain sommet USA-UE, prévu à Lisbonne le 20 novembre. &lt;br /&gt;Si Obama maîtrise bien l’art de la rhétorique, il maîtrise mieux encore l’art de se faire détester.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3773648622720577388?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3773648622720577388/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3773648622720577388' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3773648622720577388'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3773648622720577388'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/lart-de-se-faire-detester.html' title='L&apos;art de se faire détester'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4431535339926904627</id><published>2010-11-02T12:36:00.000+01:00</published><updated>2010-11-02T12:40:06.585+01:00</updated><title type='text'>La "seule chance" d'Obama</title><content type='html'>A l’heure où cet article est mis en ligne, il était une heure de l’après midi sur la côte Est des Etats-Unis et dix heurs du matin sur la côte Ouest. Les électeurs américains se pressaient aux bureaux de vote pour renouveler l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants, 37 des 100 sièges du sénat et 37 des 50 postes de gouverneurs des Etats fédérés. Tous les sondages sans exception prédisaient un raz de marée républicain qui devrait déposséder les démocrates de leur majorité au Congrès et mettre le président Obama en grande difficulté pour les deux ans qui restent de son premier mandat, et réduire largement ses chances de remporter un second.&lt;br /&gt; Mais si l’on en croit l’un des commentateurs les plus célèbres du Washington Post, Obama a une chance et une seule non seulement de s’assurer le soutien de la nouvelle majorité républicaine au Congrès, mais de se faire réélire haut la main en novembre 2012, avec les félicitations bien sûr, mais aussi la gratitude du monde entier. &lt;br /&gt; Le commentateur en question est David Broder qui a rejoint le Washington Post en 1966, après avoir travaillé ailleurs, notamment au New York Times. Il était à la pointe de la désinformation qui a poussé les Etats-Unis à la désastreuse guerre d’Irak, et continue jusqu’à ce jour ses commentaires désinformateurs sur une base bihebdomadaire au grand journal washingtonien.&lt;br /&gt; Dans son dernier commentaire, publié dimanche 31 octobre, il s’adresse directement au président Obama et l’assure qu’il ne peut en aucun cas compter sur les investisseurs américains pour améliorer le rendement d’une économie à vau-l’eau. Le seul moyen de revigorer l’économie américaine et, par conséquent, de se faire réélire, c’est de suivre le précieux conseil qu’il lui donne. Ce conseil, vaut la peine d’être traduit et cité en entier.&lt;br /&gt; « Pensez un peu à FDR (Franklin Delano Roosevelt) et à la grande dépression. Qu’est-ce qui a finalement résolu cette crise économique ? La deuxième guerre mondiale. Et c’est là où Obama pourrait réussir. Avec un grand soutien des Républicains au Congrès (fortement opposés aux ambitions nucléaires de l’Iran), il pourrait s’engager en 2011 et 2012 dans une épreuve de force avec les mollahs. Et à mesure que la tension monte et que nous accélérons les préparatifs de guerre, l’économie s’améliore.&lt;br /&gt; Je ne suis pas en train de suggérer, bien sûr, que le président déclenche une guerre pour se faire réélire. Mais la nation sera unie autour d’Obama parce que l’Iran est la plus grande menace du monde dans ce jeune siècle. S’il peut faire face à cette menace et contenir les ambitions nucléaires de l’Iran, il aura fait un monde plus sûr et sera vu comme l’un des meilleurs présidents de l’histoire. » Voilà ce qu’avait écrit en substance David Broder, dimanche dernier, dans les pages de l’un des plus grands et des plus influents journaux américains.     &lt;br /&gt; Ce qu’il faut remarquer en premier lieu, est que David Broder est un boutefeu, mais un boutefeu hypocrite et lâche. Car, dans un même élan, il appelle Obama à entrer en guerre contre l’Iran s’il veut améliorer la situation économique du pays et s’assurer un second mandat, et, en même temps, se défend de suggérer au président américain de déclencher une guerre pour se faire réélire.  &lt;br /&gt; Mais mettons de côté son hypocrisie et sa lâcheté, et examinons de plus près son appel à engager une troisième guerre contre un troisième pays musulman en dix ans. Sa comparaison entre la situation qui prévalait au lendemain de la deuxième guerre mondiale et celle d’aujourd’hui, est indigne d’un journaliste qui travaille depuis un demi siècle pour les grands journaux. C’est un fait que la deuxième guerre mondiale avait résolu le problème de la grande crise économique. Les grands centres industriels américains étaient épargnés grâce à l’éloignement géographique des Etats-Unis des champs de bataille en Europe et en Asie. L’économie américaine avait pu alors tourner à plein régime, profitant de l’immense demande en biens d’équipement et de consommation engendrée par les destructions à grande échelle des économies européennes et japonaise.  &lt;br /&gt; On ne voit vraiment pas comment des bombardements, même massifs, et même de longue durée contre l’Iran, pourraient revigorer l’économie américaine. Bien au contraire, une telle initiative pourrait provoquer la fermeture du détroit d’Hormuz et le doublement du prix de pétrole, insupportable pour une économie très affaiblie. Sans parler  de l’approfondissement du fossé, déjà vertigineux, des déficits, puisque les Etats-Unis seront obligés de s’endetter encore auprès des Chinois pour financer la guerre proposée par David Broder. &lt;br /&gt; Hypocrite et lâche, David Broder est aussi inhumain. Car il sait pertinemment que la guerre à laquelle il appelle de toutes ses forces ne pourrait pas ne pas prendre la forme de bombardements massifs, comme ceux dont étaient victimes l’Irak en 1991 et 2003 et la Serbie en 1999, avec la mort de dizaines de milliers de civils et la souffrance biblique de millions d’autres.&lt;br /&gt; Enfin, il ne faut pas oublier qu’en 2002-2003, David Broder était parmi les désinformateurs américains les plus zélés qui remuaient ciel et terre pour nous convaincre que l’Irak de Saddam était « la plus grande menace du monde », et que celui qui la fera disparaître nous garantira un monde plus sûr et entrera dans l’histoire comme l’un des plus grands présidents. Résultat : un monde plus dangereux que jamais et le président responsable de ce désastre s’est déjà assuré une place dans la poubelle de l’histoire.&lt;br /&gt; Au lieu de tirer la leçon qui s’impose de la terrifiante mésaventure irakienne, David Broder remet ça en pointant du doigt vers l’Iran qu’il qualifie, comme il l’a fait pour l’Irak huit ans plus tôt, de « plus grande menace du monde ». Si, à Dieu ne plaise, Obama s’avère suffisamment écervelé pour prendre en compte le conseil de David Broder, il aura donné le coup de grâce à l’économie américaine, aura rendu le monde autrement plus dangereux qu’il ne l’est aujourd’hui et se sera assuré une place dans l’histoire à côté de celle occupée par son prédécesseur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4431535339926904627?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4431535339926904627/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4431535339926904627' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4431535339926904627'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4431535339926904627'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/11/la-seule-chance-dobama.html' title='La &quot;seule chance&quot; d&apos;Obama'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2241165740634945127</id><published>2010-10-30T17:29:00.000+02:00</published><updated>2010-10-30T17:30:31.237+02:00</updated><title type='text'>En attendant l'oiseau rare</title><content type='html'>Le Président syrien Bachar al Assad a donné une longue interview au journal saoudien basé à Londres, Al Hayat, parue au début de cette semaine et dans laquelle il a abordé un grand nombre de sujets régionaux et internationaux. Les réponses du Président syrien aux questions d’al Hayat ne comportaient pas de révélations particulières. Qu’il s’agisse du Liban, de la question de la paix dans la région ou de l’Iran, les positions de la Syrie, connues depuis que Feu Hafedh al Assad était au pouvoir, ont été réaffirmées encore une fois par son fils.&lt;br /&gt; Toutefois, son évaluation de la politique américaine a quelque peu surpris. Non pas par son opposition à cette politique qui, du reste, a presque toujours distingué la Syrie, mais par la dureté inhabituelle dans le chois des mots pour évaluer cette politique. Qu’on en juge : « L’expérience des dernières décennies montre que là où vont les Etats-Unis, ils amènent avec eux le chaos. Les faits prouvent cela. La situation en Afghanistan est-elle stable ? La situation s’était-elle stabilisée en Somalie quand ils étaient intervenus dans ce pays ? Avaient-ils amené la stabilité au Liban en 1983 ? Ils ont provoqué le chaos partout où ils sont allés. » Voilà ce qu’a dit en substance le Président syrien en réponse à une question relative à la politique étrangère américaine.&lt;br /&gt; Ce qui est surprenant, ce n’est pas tant le contenu de cette évaluation des interventions américaines à travers le monde, que la décision de dire les choses aussi franchement et aussi crûment, sans le recours aux acrobaties diplomatiques d’usage. La raison pourrait être que le président Assad a perdu tout espoir d’amélioration sérieuse des relations syro-américaines.&lt;br /&gt; Il faut noter que la Syrie a toujours été intéressée par une amélioration de ses relations avec les Etats Unis, mais que les conditions posées par Washington ne pouvaient pas être acceptées par Damas, à moins d’un revirement brutal et d’un reniement des choix politiques et stratégiques qui caractérisent le pays depuis 1970, année où Hafedh al Assad accéda au pouvoir.&lt;br /&gt; Les Etats-Unis ont dit et redit que pour normaliser leurs relations avec la Syrie, celle-ci devrait s’éloigner de l’Iran et couper tout lien avec le Hezbollah libanais. Ceci est évidemment inacceptable pour les dirigeants syriens pour différentes raisons. D’abord, les Syriens sont convaincus que même s’ils font toutes les concessions requises par les décideurs américains, ceux-ci ne feront jamais les pressions nécessaires pour amener Israël à se retirer des hauteurs du Golan. &lt;br /&gt; Ensuite, l’Iran est un allié stratégique de la Syrie, et les dirigeants syriens sont loin d’être de piètres stratèges pour échanger leur meilleur ami contre une relation incertaine avec l’allié stratégique de leur pire ennemi. Les Syriens n’oublieront sans doute jamais leur participation à côté de Washington à la guerre de 1991 pour expulser les troupes de Saddam du Koweït, une participation que les Etats Unis avaient ignorée entièrement, puisqu’ils n’ont pas changé d’un iota leur politique anti-syrienne.   &lt;br /&gt; Enfin, la situation de la Syrie est aujourd’hui nettement meilleure de celle qui prévalait il y a quelques années quand elle était entourée de deux sérieux ennemis : l’Irak et la Turquie. Celui-là, en dépit de la persistance du chaos, ne constitue plus un danger ; et celle-ci, depuis l’arrivée au pouvoir du parti de Tayyip Erdogan, ses relations avec la Syrie se sont améliorées de manière spectaculaire. Il y a dix ans, Damas et Ankara étaient au bord de la guerre, aujourd’hui, ils sont presque alliés. Tout ça pour dire que la Syrie est aujourd’hui très à l’aise dans son environnement régional avec des relations stratégiques avec l’Iran et de bon voisinage avec la Turquie. Par conséquent, elle n’a aucune raison pressante de courir derrière la normalisation avec les Etats-Unis.&lt;br /&gt; Si l’on examine de très près le ton et les mots choisis dans son évaluation des interventions américaines à travers le monde, on constatera que le Président Assad est assez irrité. Peut-être à cause de l’entêtement des Etats-Unis qui continuent de croire sérieusement que le simple fait d’envoyer leur ambassadeur à Damas est « un cadeau » fait aux syriens qui, en retour, doivent se soumettre aux conditions américaines.&lt;br /&gt; Clairement, les Etats-Unis semblent incapables de comprendre les immenses changements intervenus dans la région depuis leur invasion désastreuse de l’Irak en 2003. Les décideurs américains ont visiblement beaucoup de mal à reconnaître l’énorme influence qu’ils ont fait gagner à l’Iran depuis qu’ils l’ont débarrassé de ses pires ennemis : Saddam à l’ouest et les talibans à l’est.&lt;br /&gt; L’Iran est aujourd’hui beaucoup plus fort et beaucoup plus influent dans la région que les Etats-Unis dont l’armée a lamentablement échoué en Irak et en Afghanistan. Et la Syrie a d’autant plus de raisons de s’attacher à son alliance avec l’Iran, que ce pays n’a jamais été aussi fort qu’il ne l’est aujourd’hui, grâce justement aux erreurs monumentales commises par les responsables de la politique étrangère américaine. &lt;br /&gt; Pour gagner du temps et de l’énergie, Washington devrait comprendre que l’envoi d’un ambassadeur à Damas, même après cinq ans d’absence, est très insuffisant pour convaincre la Syrie de changer radicalement de politique. Une seule chose pourrait peut-être convaincre les dirigeants syriens de franchir un tel pas : la certitude de récupérer les hauteurs du Golan. Pour résoudre ce problème et tous les autres en instance,  la région a besoin d’un intermédiaire à la fois fort et honnête. On cherche toujours l’oiseau rare.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2241165740634945127?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2241165740634945127/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2241165740634945127' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2241165740634945127'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2241165740634945127'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/en-attendant-loiseau-rare.html' title='En attendant l&apos;oiseau rare'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5277596016321647270</id><published>2010-10-27T01:07:00.001+02:00</published><updated>2010-10-27T01:07:34.040+02:00</updated><title type='text'>Le grand déballage de WikiLeaks</title><content type='html'>A un certain moment, Jullian Assange, le citoyen australien, fondateur du fameux site WikiLeaks, était chouchouté dans les capitales occidentales, en particulier à Londres et Washington. Il était considéré comme l’un des principaux soutiens de « la cause démocratique » dans le monde. C’était quand il publiait sur son site des informations relatives à la situation en Chine, au Kenya ou dans d’autres pays non occidentaux. &lt;br /&gt; Depuis juillet dernier, les choses ont changé, et Jullian Assange est devenu le mouton noir, un perturbateur qui empêche les responsables d’atrocités commises en Afghanistan et en Irak de dormir sereinement. Tout a commencé en effet au mois de juillet dernier quand WikiLeaks a mis en ligne 77 000 documents secrets du Pentagone relatif à la guerre en Afghanistan, mettant à nu ses excès, ses abus et ses atrocités. Les autorités américaines ont tout fait pour empêcher ce grand déballage, en vain.&lt;br /&gt; WikiLeaks a récidivé samedi 23 octobre avec la publication de 391 832 documents secrets sur la guerre d’Irak cette fois, mettant à nu également les excès, les abus et les atrocités commis par la soldatesque américano-britannique, d’une part, et par des Irakiens d’autre part, autorités et milices confondues. Branle-bas de combat dans les cercles dirigeants américains et britanniques. On accuse WikiLeaks et son fondateur, Jullian Assange de mettre en danger la vie des soldats.&lt;br /&gt; La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a eu la réaction la plus virulente contre WikiLeaks, et était la plus inquiète pour la vie des soldats américains en Irak. Mme Clinton se trouve dans une position peu enviable de par le déchirement intérieur qu’elle ne peut pas ne pas vivre du fait de sa double casquette. En tant que politicienne, Hillary Clinton s’en prend aux diffuseurs de secrets qui mettent à mal le gouvernement et l’armée américains. En tant qu’avocate, elle devrait avoir une tout autre opinion de WikiLeaks, dans la mesure où ce site rend justice à des centaines de milliers d’Irakiens en empêchant que les atrocités dont ils étaient victimes soient enterrées. Ce qui, en principe, ne devrait déplaire à l’avocate Hillary Clinton.&lt;br /&gt; Cela dit, les 391 832 documents secrets mis en ligne par Jullian Assange, bien qu’ils relatent un nombre immense d’atrocités commises en Irak entre 2004 et 2009, ne comporte pas d’informations fracassantes, ni de scoop, comme ce fut le cas par exemple avec la diffusion des photographies sur les tortures dans la prison d’Abou Ghraib.&lt;br /&gt; La question qui se pose est pourquoi les autorités américaines et britanniques sont-elles dans tout leurs états ? L’argument selon lequel WikiLeaks met la vie des soldats en danger est assez comique. Ce ne sont pas ces centaines de milliers d’informations, dont le contenu n’a étonné personne, qui mettent la vie des soldats en danger. Il est parfaitement normal que la vie des soldats américains et britanniques soit en danger puisqu’ils sont en guerre. Et si ces soldats ne veulent vraiment courir aucun danger, ils n’ont qu’à ne pas partir en guerre. Et si les autorités civiles qui les ont envoyés guerroyer à 10000 kilomètres de chez eux ont si peur pour leurs vies, elles n’ont qu’à ne pas déclencher de guerre. Car, si les hommes peuvent courir des dangers sans guerre, ils ne peuvent pas mener de guerres sans danger. &lt;br /&gt; En fait, il y a autre chose qui explique la gêne et l’embarras ressentis tant à Washington qu’à Londres et les attaques virulentes contre WikiLeaks et Jullian Assange. La raison est que les autorités américaines et britanniques sont extrêmement conscientes de l’extraordinaire fiasco de la guerre d’Irak et des dégâts matériels, moraux,  politiques et stratégiques monumentaux engendrées par ce fiasco. &lt;br /&gt; Mais en dépit de ce fiasco, on continue de nous servir de temps en temps l’ennuyeuse litanie, tant répétée par Bush &amp; Co., que le monde sans Saddam est mieux, que l’Irak est désormais un pays démocratique, que la mission des armées américaine et britannique ne consistait pas à envahir l’Irak, mais à sauver son peuple etc.   &lt;br /&gt; Il est vrai que, par peur du ridicule, ceux qui acceptent de répéter cette litanie sont de moins en moins nombreux aujourd’hui, et que, désormais, l’on préfère oublier et faire oublier le grand fiasco irakien. Mais cette volonté d’oublier est fortement perturbée par Jullian Assange et son site WikiLeaks qui se comportent un peu comme le trouble-fête qui s’amuse à éparpiller des saletés  hâtivement cachées sous le tapis.   &lt;br /&gt; Le nœud du problème est là. A Washington et à Londres, on dénonce WikiLeaks en soulignant les prétendus dangers que courent les soldats, mais en cachant la vraie raison de la fureur des milieux dirigeants américano-britanniques. On en veut à WikiLeaks parce que ce site empêche que la page irakienne soit tournée. Il continue d’alerter l’opinion mondiale sur des atrocités que leurs auteurs directs et leurs chefs militaires et civils cherchent désespérément à oublier et à faire oublier.&lt;br /&gt; Ce qui s’est passé en Irak est très grave pour qu’il soit oublié. Trop grave pour que la page soit tournée comme si de rien n’était. Tout un pays a été détruit sur la base d’un mensonge. 25 millions de personnes ont vu leur vie se transformer en véritable enfer du jour au lendemain, et les deux principaux responsables de leur calvaire biblique, Bush et Blair, filent le vrai bonheur et vivent sereinement comme s’ils avaient rendu des services inestimables à l’humanité. Pas une cour de justice, pas un procureur n’a pensé à leur demander des comptes ni à leur poser la moindre question. &lt;br /&gt; En dépit des 391 832 documents secrets rendus publics par WikiLeaks, les hauts cadres de la justice internationale vont sans doute continuer à regarder ailleurs. Mais de plus en plus de gens dans le monde se demandent pourquoi cette justice a-t-elle demandé des comptes à Milosevic et à Al Bachir et ignoré Bush et Blair.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5277596016321647270?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5277596016321647270/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5277596016321647270' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5277596016321647270'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5277596016321647270'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/le-grand-deballage-de-wikileaks.html' title='Le grand déballage de WikiLeaks'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-946769636384070283</id><published>2010-10-23T17:00:00.000+02:00</published><updated>2010-10-23T17:01:00.753+02:00</updated><title type='text'>La politique des nains</title><content type='html'>Le commentateur israélien Ari Shavit a écrit dans sa dernière chronique au journal « Haaretz » que « Benyamin Netanyahu pense qu’il était sorti du ventre de sa mère dans le but de sauver le peuple juif et la civilisation occidentale du danger iranien. » A voir l’obsession que fait le Premier ministre israélien du programme nucléaire de l’Iran, on est tenté de souscrire à l’allégorie d’Ari Shavit.&lt;br /&gt;Cette obsession semble avoir un effet paralysant sur le gouvernement israélien dont le chef, Benyamin Netanyahu, à l’instar du lieutenant Drogo dans le roman de Dino Buzzati « Le désert des tartares », donne l’impression de se tenir immobile à la lisière du désert iranien, avec des jumelles braquées sur le complexe nucléaire de Natanz, attendant le lancement des premiers missiles iraniens vers Israël. Il risque d’attendre autant que le héros de Dino Buzzati.&lt;br /&gt;Car, à supposer que les Iraniens arrivent d’ici un an ou une décennie à produire une bombe nucléaire, ils ne sont pas assez fous pour la lancer sur un pays qui en possède deux cents. La propagande israélienne, relayée par certains médias occidentaux, tente depuis longtemps d’accréditer l’idée que les mollahs iraniens sont des gens dangereux, irrationnels et que le monde commettrait une grave erreur s’il ne les surveillait pas étroitement et continuellement.&lt;br /&gt;La vérité est que, depuis près d’un tiers de siècle qu’ils sont au pouvoir, les mollahs iraniens ont largement prouvé qu’ils sont des politiciens talentueux, des diplomates chevronnés et des négociateurs habiles. Les fanfaronnades d’Ahmadinejad, relèvent de la guerre des nerfs plutôt que des préparatifs de la guerre nucléaire. Et à supposer qu’il ait les moyens de rayer Israël de la carte comme il dit, il sait très bien que la moindre action entreprise dans ce sens ne peut pas ne pas provoquer la disparition de l’Iran de la carte.  &lt;br /&gt;La vérité aussi est, depuis près d’un demi siècle d’occupation des terres palestiniennes et syriennes, les gouvernants israéliens ont largement prouvé qu’ils sont de piètres politiciens qui, année après année, se sont appliqués avec un zèle incroyable à pousser leur pays dans l’impasse et la région au bord de l’explosion.&lt;br /&gt;Depuis 1979, année de leur arrivée au pouvoir en Iran, les mollahs iraniens n’ont mené qu’une guerre, celle qui leur fut imposée par Saddam Hussein en septembre 1980, très probablement sous l’instigation de pays occidentaux qui avaient du mal à accepter l’idée que leur ami le Shah fût remplacé par un vieillard enturbanné. Cette guerre avait duré huit ans, et était d’autant plus dévastatrice pour les deux pays que le président américain, Ronald Reagan, avait estimé qu’il était de l’intérêt des Etats-Unis d’armer l’Irak ouvertement et l’Iran secrètement. Ce fut la première et la dernière guerre de l’Iran en près d’un tiers de siècle.&lt;br /&gt;Il serait intéressant de passer en revue ici les drames les plus significatifs engendrés par le comportement d’Israël au cours du dernier tiers de siècle. Citons de mémoire la guerre de 1978 contre le Liban ; le bombardement du réacteur Osirak en 1981 ; la guerre dévastatrice contre le Liban en 1982, avec, en prime Sabra et Chatila et l’occupation du sud-Liban pendant 18 ans ; le bombardement de Hammam Chatt en 1985 avec des dizaines de victimes palestiniennes et tunisiennes ; la répression pendant près de 5 ans sur une base quotidienne de la première intifada déclenchée en décembre 1987 ; la répression, plus terrifiante encore, de la deuxième intifada en 2000 ; guerres dévastatrices contre la ville de Jénine en 2002, contre le Liban en 2006, contre Gaza en 2008, sans parler des centaines, peut-être des milliers de bombardements, de raids aériens et d’interventions terrestres de l’armée israélienne en Cisjordanie et Gaza depuis la signature des accords d’Oslo en 1993.&lt;br /&gt;En dépit de ces trois décennies sanglantes, la propagande israélienne, relayée par des médias occidentaux, s’égosille à nous convaincre que le danger mortel qui guette les Arabes vient de l’Iran, que la route de Jérusalem ne passe plus par Bagdad maintenant mais par Téhéran, qu’Arabes et Israéliens ne goûteront aux délices de la paix qu’après la disparition du danger iranien et autres absurdités du même genre.&lt;br /&gt;La vérité, enfin, est que le gouvernement israélien s’accroche à la fiction du danger iranien comme à une bouée de sauvetage. Depuis des années, les politiciens israéliens l’utilisent comme prétexte pour saborder toute initiative de paix. Netanyahu aujourd’hui, tout comme ses prédécesseurs hier, ne veut visiblement pas entrer dans l’histoire comme celui qui a fait la paix, car la paix est catastrophique pour lui, puisqu’elle veut dire la division de Jérusalem et la restitution des territoires occupés en 1967. &lt;br /&gt;C’est pour maintenir cette perspective à distance que Netanyahu multiplie les prétextes consternants et pose les conditions déroutantes pour ne pas avoir à négocier une solution au problème israélo-palestinien. Sa dernière « sortie » est que « les Palestiniens ne sont pas prêts pour la paix parce qu’ils refusent de reconnaître la judaïté de l’Etat d’Israël. » Quand on entend de telles futilités, on ne peut qu’approuver encore une fois le collègue du « Haaretz », Ari Shavit, quand il affirme que « les politiciens israéliens sont des nains ». Et de fait, c’est parce qu’ils sont des nains qu’ils sont incapables de prendre à bras le corps les problèmes gigantesques du Moyen-Orient. Que fait un nain quand il est confronté à un problème gigantesque ? Il s’immobilise. C’est ce que fait aujourd’hui le gouvernement Netanyahu. Mais jusqu’à quand ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-946769636384070283?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/946769636384070283/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=946769636384070283' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/946769636384070283'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/946769636384070283'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/la-politique-des-nains.html' title='La politique des nains'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5404571303157105475</id><published>2010-10-20T10:49:00.000+02:00</published><updated>2010-10-20T10:50:25.718+02:00</updated><title type='text'>Une société à deux vitesses</title><content type='html'>Après plus de 62 ans d’existence, Israël est non seulement dépourvu de frontières fixes et reconnues, mais ne s’est toujours pas doté de Constitution. Ces deux incongruités font de lui un pays singulier avec un statut particulier dans le monde, un statut qui ne semble pas déranger outre mesure les citoyens israéliens et qui, de toute évidence, arrange bien les politiciens d’Israël, toutes tendances confondues.&lt;br /&gt; Les frontières, Israël ne les fixera jamais de son propre chef en ayant pour référence la résolution 181 de l’ONU du 29 novembre 1947, dite résolution de partage. Les droites laïque et religieuse, largement majoritaires, défendent toutes deux le concept irrationnel d’ « Eretz Israël » selon lequel, en Palestine, il y a bien des territoires occupés, mais ce sont des territoires israéliens occupés par les Arabes. En Palestine, il y a bien une injustice, mais c’est une injustice subie par les Israéliens, empêchés d’hériter la terre de leurs ancêtres dont le titre de propriété est vieux de quelque 4000 ans.&lt;br /&gt; Ce concept d’ « Eretz Israël », n’est pas nouveau et n’est pas né avec l’Etat israélien, mais il lui est antérieur. Déjà dans les années 1930-1940, des groupes politiques juifs en Palestine nourrissaient des projets grandioses. Les « Canaanites » souhaitaient établir un « Pays Hébreu » avec pour frontières naturelles la Méditerranée à l’ouest et l’Euphrate à l’Est. D’autres groupes de droite, dirigés par des activistes du genre Ben-Zion Netanyahu, le père de Benyamin, avaient pour objectif d’établir un « Royaume d’Israël » avec des frontières s’étendant du Nil à l’Euphrate&lt;br /&gt; Il est à rappeler ici que Ben-Zion Netanyahu, aujourd’hui âgé de 100 ans est « en pleine possession de ses facultés mentales ». Apparemment, il n’est pas très content de son fils à cause des « concessions » que celui-ci ne cesse de faire aux Palestiniens… En 1947, Ben-Zion Netanyahu avait rédigé une pétition, publiée dans le New York Times, dans laquelle il dénonçait, dans les termes les plus virulents, la résolution du partage de la Palestine. Benyamin est bel et bien le fils de son père. Il a enterré les accords d’Oslo, se dresse aujourd’hui comme un barrage contre tout traité de paix qui amènerait Israël à évacuer la Cisjordanie et Jérusalem-Est, et ne rate pas une occasion pour rappeler l’ « ingratitude » des Arabes qui, bien qu’Israël ait « renoncé à son droit sur la Jordanie », continuent de réclamer d’autres territoires.&lt;br /&gt; Tout ça pour dire que, sans l’intervention d’une force étrangère contraignante, Israël continuera à refuser tout tracé de frontières qui écarterait de ses considérations le concept irrationnel de la terre promise et les titres de propriété bibliques. &lt;br /&gt; Mais Israël n’a pas de Constitution non plus, ce qui ouvre la voie à toutes sortes d’abus législatifs. N’importe quel parti peut proposer n’importe quoi sous forme de projet de loi, et s’il a le soutien de 61 membres du Knesset, ce n’importe quoi pourra devenir une loi. C’est le cas du projet de loi adopté par le gouvernement Netanyahu et qui sera discuté bientôt par le Knesset avant d’être soumis au vote. Selon ce projet, toute personne désirant obtenir la nationalité israélienne sera tenue de prêter un serment d’allégeance à « l’Etat d’Israël, l’Etat-nation du peuple juif ».&lt;br /&gt; Mais ce projet n’est rien par rapport à ce que prépare Avigdor Lieberman et son parti russe Israël Beitenou. Depuis des mois, ils font campagne pour un projet de loi qui exigerait un serment d’allégeance à l’ « Etat-nation du peuple juif » que prêteraient les citoyens israéliens eux-mêmes. Il est bien évident que personne en Israël, y compris Lieberman, le chef d’orchestre de cette campagne, n’osera jamais exiger un tel serment des citoyens juifs, et encore moins des extrémistes religieux qui abhorrent l’Etat laïc israélien, même s’ils bénéficient de ses services, de sa protection et de ses subventions. Il est clair que les vraies cibles de ce projet en gestation sont le million et demi d’Arabes israéliens.&lt;br /&gt; L’absence de Constitution en Israël a d’autres conséquences plus graves encore : elle rend possible l’instauration d’un système administratif et judiciaire à deux vitesses, avantageant les Juifs et désavantageant les autres citoyens de confession musulmane et chrétienne. Ces avantages pour les uns et désavantages pour les autres embrassent tous les secteurs d’activité économique et sociale en Israël et s’étendent aux droits les plus élémentaires tels ceux à l’emploi, à l’éducation, à la propriété et, bien sûr, à l’égalité devant la loi.&lt;br /&gt; Les absurdités juridiques en Israël sont telles aujourd’hui que l’attribution de la nationalité, par exemple, est régie par deux lois différentes : une loi pour les Juifs, dite « la loi du Retour », et une autre pour les non Juifs. « La loi du Retour » donne droit à tout Juif de quelque nationalité et de quelque origine qu’il soit de bénéficier automatiquement et sans restriction aucune de la nationalité israélienne et du droit de s’établir et de travailler en Israël. L’autre loi, déjà très draconienne, s’apprête à s’alourdir de nouvelles difficultés, comme celles qui consistent pour le postulant à prêter serment pour l’ « Etat-nation du peuple juif ». &lt;br /&gt; Israël n’a pas de Constitution, mais a un document qu’il fête chaque année avec fanfare : la « Déclaration d’indépendance ». Dans ce document, on peut lire notamment qu’ Israël « veillera au développement du pays au bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix ainsi que cela avait été conçu par les prophètes d’Israël ; il assurera une complète égalité sociale et politique à tous ses citoyens, sans distinction de religion, de race ou de sexe ; il garantira la liberté de culte, de conscience, d’éducation et de culture ; il assurera la protection des Lieux saints de toutes les religions, et respectera les principes de la Charte des Nations unies. » Difficile de trouver une dichotomie aussi absolue entre le texte fondateur d’un Etat et la pratique de ce même Etat.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5404571303157105475?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5404571303157105475/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5404571303157105475' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5404571303157105475'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5404571303157105475'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/une-societe-deux-vitesses.html' title='Une société à deux vitesses'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4295898835153162338</id><published>2010-10-16T16:27:00.001+02:00</published><updated>2010-10-16T16:29:11.712+02:00</updated><title type='text'>Une solution alternative à méditer</title><content type='html'>Le Ligue arabe, qui s’est réunie la semaine dernière à Syrte, en Libye, a donné un mois  aux Etats-Unis pour qu’ils tentent de sauver le processus de paix ou ce qu’il en reste. Il est hautement improbable, pour ne pas dire impossible, que les Américains parviennent en l’espace d’un mois ou d’un an à convaincre le gouvernement Netanyahu de prolonger le moratoire sur la construction dans les colonies de Cisjordanie.  &lt;br /&gt; Jeudi dernier, Netanyahu a donné son feu vert à la construction de 238 unités d’habitation dans les colonies de Ramot et de Pisgat Ze’ev, situées dans la région de Jérusalem-Est. Le message, adressé en premier lieu au Américains par le Premier ministre d’Israël, est clair : « Epargnez vos efforts et vos énergies. Vous ne pouvez rien faire contre notre volonté de construire dans les colonies. » Et de fait, depuis plus de quatre décennies, aucune force au monde n’a été en mesure de s’opposer à la voracité coloniale d’Israël ! &lt;br /&gt; Le ministre du logement israélien, Ariel Attias, membre du Shas, un parti religieux extrémiste, n’a pas pu garder plus longtemps le secret, tellement il était impatient d’enterrer le moratoire et les négociations avec : « Ces 238 logements s’inscrivent dans le cadre d’un plan plus vaste de 1700 logements à Jérusalem-Est non rendu public pour le moment pour éviter de saboter les tractations avec Washington », a dit Attias, dont les propos ont été rapportés par la presse israélienne et internationale.  &lt;br /&gt; Rien d’étonnant à cela, puisqu’on est habitué à ce genre de pied de nez israéliens aux Américains, aux Européens, aux Palestiniens et à tous ceux qui refusent le credo sioniste de l’ « Eretz Israël ». Aux propositions sérieuses des Arabes et des Palestiniens, Netanyahu répond par des contre-propositions dont la futilité suscite le mépris et le dégoût. Comment continuer à croire en l’utilité des négociations isrélo-palestiniennes quand on entend Netanyahu réclamer la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël en contrepartie de la prolongation du moratoire sur la construction dans les colonies de deux mois ? En proposant une renonciation au droit de retour des Palestiniens, l’un de leurs droits fondamentaux, en contre partie d’une prolongation de deux mois d’un moratoire qui n’inclut pas Jérusalem-Est, Netanyahu choisit de narguer le monde plutôt que de négocier sérieusement avec les Palestiniens.&lt;br /&gt;Il est certain que la Ligue arabe, qui connaît bien Netanyahu depuis 1996, ne nourrit aucun espoir et n’escompte aucun progrès de son côté. Netanyahu, qui était un fervent opposant aux accords d’Oslo de 1993, avait pour principal objectif, lors de son premier mandat de Premier ministre en 1996, d’enterrer ces accords durement négociés pendant des années, et il avait réussi. Les Palestiniens, et Mahmoud Abbas le premier, savent depuis le début que c’est une perte de temps de négocier un règlement avec le fossoyeur des accords d’Oslo. Ils étaient poussés vers ces négociations stériles par les Américains qui, eux, avaient besoin, pour des raisons de politique intérieure, de maintenir l’illusion que le processus de paix est toujours en marche.&lt;br /&gt;C’est un grand pas que la Ligue arabe et les Palestiniens en sont arrivés à la conclusion qu’il n’y a plus rien à attendre d’un simulacre de négociations. Celles-ci, pendant des années, n’avaient servi à rien, sinon à fournir une couverture pour l’activisme colonial débordant d’Israël.&lt;br /&gt;Dans trois semaines prendra fin le délai d’un mois que la Ligue arabe a donné à Washington pour convaincre Israël de prolonger le moratoire. Au lieu du moratoire, on aura plus sûrement d’ici là les fondations des nouveaux logements annoncés dans les colonies de Ramot et Pisgat Ze’ev. On ne voit pas alors ce que pourraient inventer les Américains pour dissuader la Ligue arabe et les Palestiniens d’explorer d’autres alternatives à ces négociations de paix qui n’ont mené nulle part.&lt;br /&gt;En visite à Bruxelles, vendredi dernier, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a averti que la Ligue arabe pourrait être amenée à demander au Conseil de sécurité de l’ONU à reconnaître un Etat palestinien. C’est une solution alternative, certes, mais qui pourrait être bloquée par le traditionnel veto américain.&lt;br /&gt;La meilleure solution alternative serait peut-être l’exemple du Kosovo que la Ligue arabe et les Palestiniens gagneraient à étudier sérieusement. Le Kosovo avait de sérieux opposants à son indépendance, notamment la Russie et la Chine, deux membres permanents au Conseil de sécurité avec droit de veto, sans parler de la Serbie qui le considère toujours comme l’une de ses provinces, et même l’Espagne qui craint que cela ne ravive les ardeurs séparatistes de ses Basques.         &lt;br /&gt;En dépit de cela, le parlement kosovar, réuni à Pristina, avait proclamé son indépendance le 17 février 2008. Le 18 février, la Russie saisit le Conseil de sécurité et le somme de déclarer « nulle et non avenue » la déclaration d’indépendance du Kosovo. Elle ne sera pas suivie, mais la question de la reconnaissance par l’ONU est toujours en suspens. Elle sera résolue le jour où le Kosovo sera reconnu par la majorité des 192 pays membres. Signalons au passage qu’au 3 septembre 2010, 70 pays ont déjà reconnu le Kosovo. Par ailleurs, une bonne nouvelle pour les Kosovars est arrivée le 22 juillet dernier de La Haye : Dans un avis consultatif, la Cour internationale de justice a estimé que la déclaration d'indépendance du Kosovo n'a pas violé le droit international. &lt;br /&gt;Les Palestiniens ne violeront donc aucune loi internationale en proclamant unilatéralement leur indépendance. Une telle perspective comporte à la fois un avantage et un inconvénient par rapport à l’exemple kosovar. L’avantage est que les Palestiniens sont pratiquement assurés de la reconnaissance de l’écrasante majorité des 192 membres de la communauté internationale, fatiguée du statut hors-la-loi d’Israël. L’inconvénient est que celui-ci n’est pas la Serbie qui, du 23 mars 1999 au 10 juin de la même année, fut bombardée jour et nuit par l’Otan pour avoir fait subir aux Kosovars le millième de ce que fait subir Israël aux Palestiniens. Avantage pour inconvénient, la piste kosovare vaut la peine d’être explorée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4295898835153162338?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4295898835153162338/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4295898835153162338' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4295898835153162338'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4295898835153162338'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/une-solution-alternative-mediter.html' title='Une solution alternative à méditer'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1743952923497467905</id><published>2010-10-12T16:01:00.001+02:00</published><updated>2010-10-12T16:01:56.718+02:00</updated><title type='text'>Un dîner mémorable</title><content type='html'>Bernard Kouchner et Miguel Angel Moratinos, les ministres français et espagnol des Affaires étrangères, doivent regretter amèrement de s’être abaissés au niveau d’Avigdor Lieberman, leur homologue israélien, de l’avoir considéré comme collègue et d’avoir accepté de dîner avec lui. &lt;br /&gt; Le dîner a eu lieu dimanche lors de la visite effectuée par les deux responsables européens en Israël, destinée à « revigorer » le rôle de l’UE dans les interminables tractations pour la solution introuvable au conflit du Moyen-Orient. Au menu : une série de remontrances et d’attaques en règle administrées aux deux ministres européens par l’émigré moldave. Il est hautement improbable, au vu de la tension qui avait régné au cours du dîner, que Kouchner et Moratinos aient eu l’envie de terminer la soirée dans l’une des boîtes de nuit où leur hôte avait commencé sa première carrière de videur.  &lt;br /&gt; « Réglez vos propres problèmes en Europe avant de venir chez nous vous plaindre. Peut-être à ce moment là je serai ouvert à vos suggestions », a affirmé Lieberman aux deux ministres interloqués. Il leur a même donné des exemples de ces « problèmes en Europe » à résoudre avant de proposer leurs services à Israël : « Je ne m’attend pas à ce que l’Europe résolve tous les problème du monde, mais j’attends d’elle qu’elle règle au moins quelques uns de ses problèmes, comme la crise au Kosovo ou le conflit à Chypre. »&lt;br /&gt; Au cours de ce dîner, que Kouchner et Moratinos n’oublieront pas de sitôt, Lieberman a, à un certain moment, élargi le champ de ses attaques en s’en prenant à la communauté internationale. Celle-ci, d’après lui, est en train de maquiller ses échecs en Afghanistan, au Soudan et en Corée du Nord, en voulant atteindre un accord entre Israéliens et Palestiniens en une année. » &lt;br /&gt; La cerise sur le gâteau-dessert de ce dîner est cette trouvaille de Lieberman : « En 1938, la communauté européenne a décidé d’être conciliante avec Hitler au lieu de soutenir sa fidèle alliée, la Tchécoslovaquie, la sacrifiant sans rien y gagner. Nous espérons ne pas être la Tchécoslovaquie de 2010 et nous assurerons la sécurité d’Israël. »&lt;br /&gt; Lundi dernier, c'est-à-dire au lendemain du fameux dîner, les deux ministres européens ont exprimé leur « fureur », non pas pour les positions déroutantes du ministre israélien, mais parce qu’il a « violé toutes les règles de la diplomatie » en rendant public le contenu des « discussions ». &lt;br /&gt; Cette « fureur » européenne aurait eu un sens, si elle était exprimée pour dénoncer les absurdités et les inepties débitées par Lieberman plutôt que pour son manque de discrétion. Nul ne s’étonne de ce que dit ou fait le ministre israélien des Affaires étrangères, et personne, y compris en Israël, ne s’attend à écouter quelque chose de censé quand il fait un discours ou rend publique une déclaration. &lt;br /&gt; Tout le monde s’étonne, en revanche, quand deux brillants ministres européens se contentent d’écouter Lieberman comparer Abbas à Hitler, les Palestiniens aux Allemands sous le IIIe Reich et Israël à la Tchécoslovaquie de 1938, sans réagir. Les politiciens israéliens sont habitués à faire  ce genre de comparaisons. Mais ils les font toujours à l’envers. Car tout le monde sait, qu’en termes de puissance de feu, de répression de tout un peuple, de calvaire imposé à un groupe social sans défense, Sharon et Netanyahu ressemblent à Hitler beaucoup plus que ne lui ressemblent Arafat et Abbas, et qu’en termes de propagande mensongère et de défense de la « pureté ethnique », Lieberman ressemble à Goebbels beaucoup plus que ne lui ressemble Saeb Erekat.&lt;br /&gt; Quant à la comparaison avec la Tchécoslovaquie, ce n’est pas Israël qui risque de subir son sort en 2010, mais c’est la Cisjordanie et Jérusalem-Est qui le subissent chaque jour un peu plus, et cela dure depuis quatre décennies.&lt;br /&gt; Evidemment, on ne peut pas en vouloir à deux ministres de deux grands pays européens de taire ces vérités si évidentes. Ils sont tenus d’observer les règles diplomatiques en usage dans le monde, la principale de ces règles étant que toutes les vérités ne sont pas forcément bonnes à dire.        &lt;br /&gt; En revanche, MM. Kouchner et Moratinos auraient pu crier haut et fort que l’Union européenne a non seulement le droit, mais aussi le devoir de jouer un rôle au Moyen-Orient et de contribuer à la recherche d’une solution à son conflit. D’abord parce que l’UE est un géant économique dans le monde, même si son influence politique n’est pas encore proportionnelle à son poids économique. Ensuite, parce que l’UE contribue à elle seule  au tiers du budget de l’Autorité palestinienne, ce qui arrange parfaitement Israël qui a depuis longtemps refusé ses obligations de puissance occupante que lui impose le droit international, dont la prise en charge totale des besoins de la population occupée. Enfin, compte tenu de l’impartialité et de l’inefficacité de la puissance qui a monopolisé la médiation depuis des décennies, il est peut-être temps que des intermédiaires plus neutres et plus impartiaux fassent leur entrée sur la scène moyen-orientale.&lt;br /&gt; On ne sait pas si les ministres français et espagnol ont présenté ces arguments au cours du dîner avec Lieberman. S’ils ne l’ont pas fait, ils ont tort. S’ils l’ont fait, pourquoi ne pas le dire publiquement ? Le ministre israélien s’est bien permis lui de rendre publiques des absurdités et des inepties, pourquoi les ministres européens ont-ils des scrupules à rendre public le contenu de leurs réponses ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1743952923497467905?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1743952923497467905/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1743952923497467905' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1743952923497467905'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1743952923497467905'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/un-diner-memorable.html' title='Un dîner mémorable'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8164285371634286306</id><published>2010-10-09T16:33:00.000+02:00</published><updated>2010-10-09T16:34:04.512+02:00</updated><title type='text'>Guerres sans fin</title><content type='html'>Jeudi dernier, la guerre, déclenchée par George W. Bush le 7 octobre 2001 contre le régime des talibans en Afghanistan, est entrée dans sa dixième année, et ni Washington, ni l’Otan n’ont la moindre idée sur la manière de conclure ce conflit insensé. Jusqu’à présent, les stratèges occidentaux, qu’ils soient à Kaboul, à Washington ou à Bruxelles (où l’Otan a son siège) se sont avérés incapables d’imaginer une stratégie de sortie qui mettrait fin à ce qu’il est devenu le cauchemar des troupes étrangères, confrontées à une insurrection talibane de plus en plus hardie et de plus en plus agressive. &lt;br /&gt; Les attaques quotidiennes effectuées au nord-ouest du Pakistan à coups de missiles lancés par des drones américains, visaient à tuer les cadres de la nébuleuse terroriste d’Al Qaida, réfugiés dans les montagnes surplombant la frontière pakistano-afghane. Presque tous les jours, des communiqués d’origine américaine font état de la mort de nombreux « terroristes », information que personne ne peut vérifier. En revanche, ce qui est parfaitement vérifiable, c’est que les attaques des drones ont accru de manière dramatique les difficultés des troupes étrangères en Afghanistan.&lt;br /&gt; Les talibans pakistanais, voulant se venger des attaques américaines, se sont mis à attaquer quotidiennement les convois de carburant, de nourriture et de matériel destinés aux troupes de l’Otan avant même qu’ils ne franchissent la frontière afghano-pakistanaise du côté de Peshawar ou,  plus au sud, du côté de Quetta. Les camions incendiés à proximité de ces deux villes pakistanaises se comptent par centaines, posant un véritable problème d’approvisionnement pour les troupes étrangères en Afghanistan qui s’élèvent actuellement à plus de 150.000 soldats.&lt;br /&gt; On peut légitimement s’étonner qu’avec un nombre si élevé de soldats dotés d’armes, de tanks, d’hélicoptères et d’avions de combat des plus sophistiqués, les Etats-Unis et l’Otan peinent à venir à bout d’une insurrection dont la pauvreté, l’ignorance et le sous-équipement sont les caractéristiques principales de ses combattants !&lt;br /&gt; Il est vrai que les talibans sont chez eux, connaissent les montagnes afghanes comme leurs poches et peuvent en un clin d’œil fondre parmi les civils, laissant l’armée la plus puissante du monde désorientée. Il est vrai aussi que les forces étrangères, qui ont souvent la gâchette trop facile, ont servi beaucoup plus les talibans que la « cause » pour laquelle elles combattent. &lt;br /&gt;En faisant un nombre élevé de victimes civiles, les forces américano-atlantistes ont involontairement accru la popularité des talibans, en dépit de leur cruauté et de leur obscurantisme, et accru en même temps le ressentiment et la haine des forces étrangères parmi la population afghane, qui ne croit plus beaucoup aux promesses d’un avenir démocratique et prospère.&lt;br /&gt;Mais les Afghans ont-ils jamais cru en un avenir démocratique et prospère ? Il est permis d’en douter quand on sait l’histoire de l’Afghanistan, un pays ensanglanté tour à tour par des conflits fratricides et des guerres contre l’occupation étrangère. Avant l’invasion du pays par les troupes soviétiques en décembre 1979, les Afghans s’étaient entredéchirés pendant des années durant lesquelles se succédaient coups d’état et révolutions de palais.&lt;br /&gt;L’invasion soviétique avait unifié des factions et des tribus dont la plupart étaient à couteaux tirés. Pendant les 10 ans de guerre contre l’occupant soviétique (1979-1989), les Afghans n’ont jamais été aussi unis. Une unité qui a vite fait de voler en éclats dès le départ du dernier soldat russe.&lt;br /&gt; Les Etats-Unis qui, durant cette décennie, étaient excessivement généreux en argent et en armes avec la résistance hétéroclite afghane, avaient tourné le dos à l’Afghanistan aussitôt les soviétiques défaits. Une erreur stratégique monumentale qu’ils sont en train de payer jusqu’à ce jour.&lt;br /&gt;Pendant sept ans (1989-1996), les Afghans s’étaient entretués dans l’indifférence quasi-totale, détruisant le peu d’infrastructures qui avaient échappé à la guerre avec les Soviétiques. Le régime obscurantiste des talibans, qui avait fini par s’imposer en 1996, avait un seul point positif : il a avait apporté une stabilité que le pays n’avait pas connu depuis des décennies.&lt;br /&gt;Le régime des talibans se serait probablement maintenu jusqu’à ce jour, si son chef, le Mollah Omar, avait accepté de remettre Oussama Ben Laden aux Américains, comme ils le lui avaient demandé au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre New York et Washington. Il faut dire aussi que l’Afghanistan en particulier et le monde en général se seraient portés aujourd’hui beaucoup mieux, si George Bush n’avait pas décidé en 2003 d’abandonner le travail inachevé en Afghanistan pour aller tirer le diable par la queue en Irak. &lt;br /&gt;Ce sont ces erreurs stratégiques monumentales commises par les politiciens américains  qui font que malgré 100.000 GI’s et 52000 soldats de l’Otan, les Etats Unis se trouvent encore embourbés dans ce qui est devenu la plus longue guerre étrangère de l’histoire américaine.&lt;br /&gt;Cette guerre coûte aujourd’hui au contribuable américain plus de 100 milliards de dollars par an, soit sept fois le produit national brut afghan. Nous avons là l’une des énigmes que les futurs historiens auront du mal à élucider : la plus grande puissance du monde, aidée par la plus grande alliance militaire de la planète, a échoué, en dépit de dépenses illimitées, à stabiliser un pays pauvre et arriéré.&lt;br /&gt;Le plus terrifiant est que la métastase du cancer afghan n’a pas l’air de se limiter aux frontières afghanes. Les zones tribales du nord-ouest du Pakistan semblent succomber de jour en jour au modèle afghan, combinant anarchie et violence. Ce que tout le monde redoute, c’est que les clones pakistanais des talibans afghans arrivent à leur fin qui consiste à « afghaniser » le Pakistan. Et si, à Dieu ne plaise, ils arrivent à menacer les structures étatiques à Islamabad et à généraliser l’anarchie et la violence au « pays des purs » qui, de surcroît, est détenteur d’un arsenal d’armes nucléaires, les conséquences désastreuses ne se limiteront sûrement pas à l’Asie du sud.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8164285371634286306?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8164285371634286306/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8164285371634286306' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8164285371634286306'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8164285371634286306'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/guerres-sans-fin.html' title='Guerres sans fin'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6943068384117082092</id><published>2010-10-05T13:39:00.000+02:00</published><updated>2010-10-05T13:40:33.601+02:00</updated><title type='text'>Le stratagème naïf d'Obama</title><content type='html'>On sait qu’Israël n’a pas de politique étrangère, mais seulement une politique intérieure. Les trois piliers de l’Etat israélien, le politicien, le soldat et le diplomate, sont mobilisés pour la concrétisation de deux objectifs : maintenir au pouvoir le plus longtemps possible la coalition qui gouverne le pays d’une part, et absorber arpent après arpent les terres palestiniennes à travers le programme commun à tous les gouvernements israéliens, c'est-à-dire la colonisation, d’autre part. &lt;br /&gt; Israël n’a pas besoin de politique étrangère parce qu’il ne demande l’approbation de personne avant de décider ce qu’il a à faire, et ne cherche à convaincre personne du « bien fondé » de ses actions ni avant d’agir ni après. C’est un pays qui a toujours agi comme bon lui semble, faisant peu de cas des réactions de la communauté internationale, y compris de son membre le plus puissant, qui se trouve être en même temps le plus grand allié de l’Etat hébreu. D’ailleurs qu’un Moldave ayant émigré en Israël à l’âge de 20 ans et qui, après une carrière de videur de boîte de nuit, arrive à décrocher le poste de ministre des Affaires étrangères, en dit long sur l’importance de ce secteur aux yeux du public et des politiciens israéliens.&lt;br /&gt; Qu’Israël mène des guerres dévastatrices contre les Palestiniens ou s’engage avec eux dans un processus de négociations stériles, en ayant en tête seulement des considérations de politique intérieure, cela n’étonne personne, puisque c’est la nature même du régime israélien. C’est tout autre chose quand les Etats-Unis, puissance qui se veut médiatrice dans le conflit du Proche-Orient, interviennent dans le processus de paix pour des raisons de politique intérieure. On vient d’en avoir la preuve, bien que la Maison blanche, très embarrassée après les « fuites », multiplie les démentis.  &lt;br /&gt; La bombe a été lancée par un certain David Makovsky du Washington Institute for Near East Policy, proche collaborateur de Dennis Ross, lui-même conseiller en chef du président Obama pour les affaires du Moyen-Orient. Il s’agit d’une lettre qu’Obama aurait écrite à Netanyahu dans laquelle il lui fait des propositions époustouflantes dans le vrai sens du terme, au regard de ce qu’offre la Maison blanche et ce qu’elle demande en retour.&lt;br /&gt; Commençons par l’offre. Netanyahu se voit proposer un veto américain au Conseil de sécurité de l’ONU contre toute résolution relative au conflit du Proche-Orient qui ne plairait pas à Israël ; celui-ci serait autorisé à rester dans la Vallée du Jourdain, même après la création de l’Etat palestinien et à contrôler les frontières de celui-ci pour empêcher le trafic d’armes ; Washington fournirait à Israël un système d’armement sophistiqué et augmenterait son aide annuelle qui s’élève déjà à trois milliards de dollars ; last but not least, un pacte régional de sécurité contre l’Iran serait créé. &lt;br /&gt; Que demande Washington en contrepartie de tout ça ? Une prolongation du moratoire israélien sur la construction des colonies de deux mois seulement. On aurait pensé à un canular si la lettre et son contenu n’avaient pas été confirmés par des sénateurs juifs américains avec lesquels Dennis Ross s’était réuni mercredi dernier, probablement pour le informer de cette offre extravagante et de les exhorter à utiliser leurs bonnes relations avec les Israéliens pour les convaincre d’accepter le marché. &lt;br /&gt; Le contenu de cette lettre ne fait pas honneur à la Maison blanche, et il n’est pas étonnant que l’administration Obama soit profondément embarrassée et multiplie les démentis. &lt;br /&gt; L’offre d’Obama à Netanyahu n’est pas motivée par une détermination américaine à faire tout, y compris les choses les plus extravagantes, pour résoudre le conflit israélo-arabe. Celui-ci est la dernière chose à laquelle pensaient Obama et ses collaborateurs au moment où ils rédigeaient leur lettre au Premier ministre israélien. Le motif fondamental de la démarche américaine est de faire en sorte que le moratoire sur la construction des colonies dans les territoires occupés se prolonge jusqu’à la tenue des élections législatives du 2 novembre prochain qui verraient le renouvellement de l’ensemble de la Chambre des représentants et du tiers du sénat.&lt;br /&gt; Avec une baisse record de popularité jamais atteinte par aucun président au terme de deux ans d’exercice, avec la perspective de perdre la majorité au Congrès, l’équipe Obama semble déterminée à faire flèche de tout bois, y compris utiliser la tragédie biblique des Palestiniens à des fins de politique intérieure, dans l’espoir de limiter les dégâts électoraux que les démocrates s’apprêtent à subir le 2 novembre prochain.&lt;br /&gt; L’offre extravagante faite à Netanyahu qui, du reste l’a ignorée, montre le degré de panique et de naïveté de l’administration Obama qui, à deux mois d’une échéance électorale cruciale, ne sait plus à quel saint se vouer. Une chose est certaine : les électeurs américains se soucient comme d’une guigne du fait que les colons israéliens continuent de construire sur les terres palestiniennes ou font une pause temporelle ou définitive. Ce qui les intéresse les ménages modestes, c’est de garder leurs emplois et leurs maisons, et ce qui intéresse les riches, c’est de garder les avantages fiscaux que Bush leur avait offerts gracieusement. Obama n’a aucune chance de détourner l’attention des uns et des autres de leurs principales préoccupations en recourant à des stratagèmes qui ne trompent personne.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6943068384117082092?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6943068384117082092/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6943068384117082092' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6943068384117082092'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6943068384117082092'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/le-stratageme-naif-dobama.html' title='Le stratagème naïf d&apos;Obama'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7719899861026827971</id><published>2010-10-02T12:10:00.002+02:00</published><updated>2010-10-02T16:25:18.791+02:00</updated><title type='text'>Les bons comptes font les bons amis</title><content type='html'>Les Etats ont toutes les caractéristiques d’Harpagon, le fameux avare de Molière, quand il s’agit de sous. On ne parle pas ici de l’Etat collecteur, mais de l’Etat créancier. On ne parle pas de l’argent de l’impôt que l’Etat a le devoir d’exiger et le citoyen l’obligation de s’en acquitter, ni du montant des amendes ou des contraventions que les contrevenants doivent aux autorités publiques, mais plutôt de gros sous que les membres de la communauté internationales prêtent et empruntent les uns aux autres.&lt;br /&gt;Un Etat créancier, l’histoire pullule de preuves, ne peut pas avoir de trous de mémoires, ne devient jamais amnésique et ne connaît pas le sens du mot amnistie. Un Etat créancier peut vous poursuivre  un Etat débiteur pendant des années, des décennies, et même un siècle, pour se faire rembourser une dette accordée deux, trois ou quatre générations avant. &lt;br /&gt; Même si, après avoir mené des guerres destructrices, l’Etat créancier et l’Etat endetté deviennent des amis intimes, entrent dans une alliance indéfectible et entretiennent des relations d’une cordialité exemplaire, cela ne change rien à la nature de la dette et n’influe nullement sur le taux d’intérêt de son service. L’Etat créancier gardera toujours la main tendue pour récupérer la dette, même si ceux qui ont prêté et ceux qui ont emprunté, au nom de l’Etat il est vrai, sont morts depuis longtemps. &lt;br /&gt; L’un des exemples les plus étonnants est celui des Etats-Unis d’Amérique et de la Grande Bretagne. Pendant le deuxième conflit mondial, l’Etat britannique avait besoin de beaucoup d’argent pour acheter les armes et résister à Hitler. Qui d’autre pouvait le lui prêter sinon les Etats-Unis d’Amérique ? On aurait pu naïvement penser que, compte tenu de la « relation spéciale » qui lie les deux pays, même si leur histoire était un peu tumultueuse au temps de la jeune république américaine, Washington aurait pu faire passer la dette britannique par pertes et profits, ou l’intégrer dans le chapitre « dépenses de guerre », surtout que les deux pays avaient combattu les troupes nazies côte à côte pendant trois ans au moins, avant de triompher et imposer ensemble leurs conditions draconiennes de puissances victorieuses aux vaincus.&lt;br /&gt; Visiblement, les Américains ont appliqué textuellement et jusqu’au bout l’adage « les bons comptes font les bons amis », puisque Londres a continué à payer sa dette de la deuxième guerre mondiale, (principal et intérêts), jusqu’en 2006, c'est-à-dire plus de 60 ans après la fin de la catastrophe provoquée par Hitler. Ni l’amitié euphorique entre Winston Churchill et Franklin Roosevelt, ni la relation presque amoureuse entre Margaret Thatcher et Ronald Reagan, ni  la participation de Tony Blair à la guerre d’Irak aux côtés de son ami Bush, ni l’envoi de troupes britanniques en Afghanistan n’ont constitué de motifs sérieux aux yeux de Washington qui justifieraient l’annulation du reliquat. &lt;br /&gt; L’autre exemple est plus étonnant encore. C’est aujourd’hui, dimanche 3 octobre, que l’Allemagne paie le dernier chèque relatif à sa dette en rapport avec les péripéties de la première guerre mondiale qui s’est terminée il y a près d’un siècle. L’histoire de cette dette est abracadabrante. Elle remonte au traité de Versailles qui, en 1919, imposa aux vaincus des réparations d’un montant faramineux : 132 milliards de marks-or, beaucoup d’argent, ce que l’Allemagne, ruinée à l’époque, ne pouvait pas payer. Le recours à l’emprunt était donc nécessaire pour payer les sommes prévues dans la liste des sanctions du traité de Versailles. &lt;br /&gt; La deuxième guerre mondiale et la division de l’Allemagne qui s’en était suivie avaient perturbé le remboursement pendant quelques décennies, mais n’avaient pas annulé la dette. En 1953, un accord signé à Londres entre la République fédérale d’Allemagne et les pays créanciers ajournait le remboursement de la dette à l’ « après-réunification » du pays, divisé entre RFA, dans le camp occidental, et RDA (République démocratique d’Allemagne), dans le camp soviétique.&lt;br /&gt; Il faut dire qu’au moment de la signature de l’accord de Londres, le monde était entré dans une période où les incertitudes étaient telles que personne n’était prêt à payer un kopek pour parier sur la réunification de l’Allemagne ou sur la reprise des remboursements de la dette de la première guerre par les Allemands. &lt;br /&gt; Aujourd’hui, le peuple allemand célèbre deux événements. Des festivités sont organisées un peu partout en Allemagne pour fêter le 20eme anniversaire de la réunification intervenue le 3 octobre 1990. Un événement d’autant plus marquant que cette réunification avait la caractéristique d’une divine surprise dans la mesure où, seulement quelques mois plus tôt, nul ne savait avec certitude si l’Allemagne sera réunifiée un jour. &lt;br /&gt; Le second événement, célébré aussi ce dimanche 3 octobre, n’est pas aussi important, mais a une valeur hautement symbolique. En payant la dernière tranche d’une dette vieille de 92 ans, l’Allemagne tourne définitivement l’une des pages les plus douloureuses de son histoire et se débarrasse définitivement du fardeau humiliant du traité de Versailles dont les conditions étouffantes, visant à réparer les conséquences d’une catastrophe, avaient largement contribué à déclencher, 20 ans plus tard, une catastrophe plus grande encore.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7719899861026827971?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7719899861026827971/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7719899861026827971' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7719899861026827971'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7719899861026827971'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/10/les-bons-comptes-font-les-bons-amis.html' title='Les bons comptes font les bons amis'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7962410443153861321</id><published>2010-09-29T12:19:00.001+02:00</published><updated>2010-09-29T12:22:05.968+02:00</updated><title type='text'>La cause palestinienne entre espoir et désespoir</title><content type='html'>En se rendant à l’esplanade des mosquées le 28 septembre 2000, Ariel Sharon ne comptait pas effectuer une visite de courtoisie, mais visait à mettre sur les rails un stratagème qui devait lui permettre de reprendre les rênes du pouvoir en Israël. Il ne restait plus alors que quelques semaines au lancement de la campagne électorale, et Sharon savait que sa chance résidait dans une explosion de violences dans les territoires occupés. D’où sa provocation calculée et étudiée minutieusement.&lt;br /&gt; Il n’y avait absolument aucune autre raison qui expliquerait la promenade de Sharon sur l’esplanade des mosquées, sous la protection de dizaines de gardes du corps lourdement armés, sinon de provoquer une réaction violente de la part des Palestiniens, qui provoquerait une réaction plus violente de la part de l’armée israélienne, qui déclencherait une seconde intifada, qui, à quelques semaines des élections, mobiliserait les électeurs israéliens derrière leur « homme fort ».&lt;br /&gt; Et de fait, le stratagème s’était révélé payant pour son concepteur. Sharon était élu le 5 février 2001 par 62,4% des voix contre seulement 37,6% pour son rival Ehud Barak. Etant devenu Premier ministre, il avait réussi au-delà de ce qu’il espérait à attirer la résistance palestinienne dans le piège de la violence, dans le cadre d’une confrontation trop déséquilibrée. En se laissant attirer dans le piège d’une confrontation armée dans laquelle ils étaient trop désavantagés par rapport à un adversaire dont la supériorité en nombre et en matériel de guerre était écrasante, la résistance palestinienne avait offert à Sharon le prétexte qui lui avait permis d’assouvir sa haine inextinguible contre les peuple palestinien. Rappelons-nous la destruction aussi gratuite qu’impitoyable de la ville de Jénine au printemps 2002, ordonnée par Sharon…&lt;br /&gt; La première intifada, celle de la pierre, déclenchée en décembre 1987, avait abouti aux accords d’Oslo et à la poignée de mains historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin le 13 septembre 1993 à la Maison blanche. Nul ne peut dire quelle tournure aurait pris l’histoire au Proche-Orient, si Rabin n’avait pas été assassiné le 4 novembre 1995 par un extrémiste juif au cœur de Tel Aviv et sous les yeux de 150.000 personnes, venues soutenir le processus de paix.  &lt;br /&gt; L’assassinat de Rabin avait ouvert la voie à Netanyahu qui devint Premier ministre en 1996 avec la ferme intention d’enterrer les accords d’Oslo, dont il était l’un des plus fervents adversaires. Il avait réussi au-delà de ses rêves les plus délirants. Aujourd’hui, 23 ans après la première intifada, ce soulèvement emblématique qui avait suscité d’immenses espoirs, n’est plus qu’une page parmi d’autres de l’histoire tragique du peuple palestinien. Avec du recul, et si l’on veut parler franchement, ce premier soulèvement, où la pierre était l’arme de prédilection des Palestiniens, n’avait contribué ni à l’amélioration de leur situation matérielle ni, encore moins, à leur libération.&lt;br /&gt; Dix ans après son déclenchement, la deuxième intifada, où le fusil, la ceinture d’explosifs et les missiles artisanaux ont remplacé la pierre, n’a pas eu de meilleurs résultats. Pire encore, si la première intifada avait suscité d’importants élans de soutien et de sympathie pour le peuple palestinien, la deuxième avait versé de l’eau au moulin de ses adversaires qui n’avaient pas raté l’occasion de dépoussiérer leurs théories usées du « terrorisme palestinien » et de « l’autodéfense israélienne », annulant du coup une bonne partie du capital de sympathie accumulé lors du soulèvement de décembre 1987.&lt;br /&gt; Dix ans après le déclenchement de la deuxième intifada, le peuple palestinien se trouve confronté à un grand problème, ou plutôt à deux grands problèmes. Le premier est celui de l’inefficacité de la lutte armée qui n’a finalement servi qu’à verser surtout le sang palestinien, à accroître sa misère et à exacerber ses difficultés. Le second problème est celui de l’inutilité du processus de paix qui, jusqu’à présent, n’a servi à rien sinon d’alibi aux gouvernements successifs israéliens dans la mesure où il donnait l’impression au monde qu’Israël cherchait un accord de paix, alors que dans la réalité il était plutôt engagé frénétiquement dans l’entreprise de colonisation. Une entreprise qui, bien qu’illégale aux yeux du droit international, a été le principal cheval de bataille des Premiers ministres israéliens, de Menahem Begin à Benyamin Netanyahu. Tous sans exception se sont efforcés de changer la réalité sur le terrain dans le but évident de rendre matériellement impossible l’établissement d’un Etat palestinien.&lt;br /&gt; Que conclure après un constat aussi désolant ? Après deux intifadas qui n’ont abouti à rien et l’échec aussi bien de la lutte armée que du processus de paix ? D’abord une évidence : Israël a jusqu’ici réussi à avoir tout ce qu’il veut, soit par la force en mobilisant son armée, soit par le chantage en mobilisant son lobby aux Etats-Unis. Quant aux Palestiniens, n’ayant ni les attributs de la force ni les moyens de faire chanter qui que ce soit, leurs revendications sont restées lettre morte, et cela dure depuis des décennies.    &lt;br /&gt; Mais il y a une autre évidence constituée de deux motifs contradictoires : un motif d’espoir et un motif de désespoir. Le premier est soutenu par l’idée qu’en dépit des innombrables échecs, le peuple palestinien n’a jamais jeté l’éponge. Il continue de s’accrocher à ses droits légitimes dont la revendication est transmise de génération en génération. Le second motif est réellement désespérant. Comment ne pas désespérer en effet face à cette faramineuse capacité de la « communauté internationale » à tolérer pendant si longtemps l’injustice et à se montrer si complaisante avec les oppresseurs ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7962410443153861321?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7962410443153861321/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7962410443153861321' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7962410443153861321'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7962410443153861321'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/la-cause-palestinienne-entre-espoir-et.html' title='La cause palestinienne entre espoir et désespoir'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7684697853787747430</id><published>2010-09-25T16:25:00.000+02:00</published><updated>2010-09-25T16:26:40.811+02:00</updated><title type='text'>A propos d'une "mort" annoncée de l'UE</title><content type='html'>Jean Monnet, Robert Shuman et Konrad Adenauer, les pères fondateurs de l’Europe, doivent se retourner dans leurs tombes et leur repos éternel doit être perturbé. Leur belle réalisation européenne, qui force l’admiration et l’envie un peu partout dans le monde, menace de prendre eau de toute part et de s’écrouler. C’est du moins ce que l’on comprend après la lecture de l’article de Charles Kupchan, publié dans le Washington Post le dimanche 29 août sous le titre : « As nationalism rises, will the European Union fall ? » (Avec la montée du nationalisme, l’Union européenne va-t-elle s’écrouler ? »&lt;br /&gt; Charles Kupchan est un observateur assidu de la scène mondiale. Il enseigne les relations internationales à l’université Georgetown de Washington. Auteur de plusieurs livres et d’articles qui tournent pour la plupart autour de la politique étrangère américaine et des relations complexes entre les Etats-Unis et l’Europe. &lt;br /&gt; Son dernier article, il le commence brutalement : « L’union européenne est en train de mourir. Non pas d’une mort dramatique ou subite, mais lente et certaine. Un jour pas très lointain, nous pourrons regarder à travers l’Atlantique et réaliser que le projet d’intégration européenne, que nous avons pris pour argent comptant durant un demi siècle, n’est plus. »&lt;br /&gt; Son principal argument de cette mort annoncée de l’Union européenne est puisé dans la série des élections qui se sont déroulées ces derniers temps dans divers pays européens et qui ont abouti à des résultats assez substantiels réalisés par les partis d’extrême droite connus pour être d’un nationalisme à fleur de peau et viscéralement eurosceptiques. C’est ce qui a amené notre auteur à conclure que « de Londres à Berlin, en passant par Varsovie, l’Europe est en train d’expérimenter une renationalisation de la vie politique, avec des pays qui s’accrochent de nouveau à une souveraineté qu’ils avaient un jour volontairement sacrifiée au bénéfice d’un idéal commun. »&lt;br /&gt; C’est un fait que depuis un certain temps, chaque fois qu’une élection a lieu dans un pays européen, l’extrême droite réalise des scores qui font rougir de jalousie (et de honte) la gauche et la droite classiques. Le dernier exploit de ce courant très nationaliste et excessivement xénophobe, a eu lieu en Suède, un pays pourtant connu pou sa tolérance et sa générosité.  &lt;br /&gt; C’est un fait aussi que le traité établissant une Constitution pour l’Europe, le plus important depuis le traité de Rome de 1957, a été rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005, obligeant les technocrates européens à concocter en catastrophe un nouveau document beaucoup moins ambitieux, le traité de Lisbonne, lui-même rejeté par les Irlandais en 2008, avant d’être finalement accepté à leurs conditions un an plus tard.&lt;br /&gt; C’est un fait également que la crise financière qui a secoué récemment l’Europe a mis à nu les instincts primaires de l’égoïsme et réveillé les sentiments refoulés du nationalisme parmi les peuples de l’Union européenne. Les Allemands ont dit « Nein » à toute aide à la Grèce, allant jusqu’à proposer aux Grecs de vendre quelques unes de leurs îles pour résoudre leurs problèmes financiers. Et si Mme Merkel a finalement accepté de signer un chèque, c’est moins par solidarité européenne que par peur que la crise grecque ne débouche sur de graves perturbations dans l’ensemble de la zone euro.&lt;br /&gt; C’est un fait enfin que la génération qui a vécu dans sa chair les affres des guerres dévastatrices en Europe, est de moins en moins représentée dans les centres de décision. Beaucoup de ceux qui décident aujourd’hui et tous ceux qui s’apprêtent à prendre  la relève très bientôt ont une idée plutôt théorique et livresque des antagonismes nationaux qui avaient ravagé l’Europe au XXe siècle, et dont le désir de s’en débarrasser était le principal mobile derrière la création de structures intégrationnistes européennes.&lt;br /&gt; Cela dit, tous ces motifs, aussi pertinents soient-ils, sont-ils suffisants pour annoncer avec certitude la mort prochaine de l’Union européenne ? La notion d’éternité étant étrangère à ce monde, tout ouvrage créé par l’homme est par définition temporaire. Et si, comme n’importe quelle autre structure, l’UE n’est pas éternelle, il n’est pas sûr que sa disparition sera aussi rapide que ne le prévoit ou ne le souhaite le courant de pensée américain qui voit en l’Europe un continent rival économiquement, ingrat politiquement et lourd à porter stratégiquement.&lt;br /&gt; L’idée d’ingratitude de l’Europe est assez répandue aux Etats-Unis. Elle a pris de l’ampleur avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Cette idée est entretenue par la supposition que les Etats-Unis avaient sauvé « la liberté et la démocratie » dans le continent européen en intervenant contre le nazisme et que les Européens n’avaient pas renvoyé l’ascenseur quand l’Amérique s’était engagée dans sa guerre contre l’Irak.&lt;br /&gt; La vérité est que les Américains étaient intervenus seulement après que Hitler leur eût déclaré la guerre le 11 décembre 1945, qu’ils ont facturé toute l’aide militaire apportée à leurs alliés, y compris aux Britanniques qui ont payé à Washington leur dernière facture de la deuxième guerre mondiale en… 2006. Sans oublier le fait que tous les Européens, à l’exception de Tony Blair, avaient mis en garde Washington contre l’invasion de l’Irak, mise en garde traité avec mépris par Bush &amp; Co. &lt;br /&gt; Tout aussi répandue est l’idée que l’Europe est « un fardeau stratégique » pour les Etats-Unis du fait de la « démilitarisation » des pays européens et de leurs budgets de défense « insignifiants ». Une idée qui, à la limite, pouvait se défendre du temps de l’Union soviétique, mais qui relève aujourd’hui du fantasme, car l’unique menace qui pèse sur l’Europe, le terrorisme, ne peut être combattue par des moyens militaires développés et des budgets de défense gonflés, mais plutôt par des services de renseignements efficaces et des appareils de sécurité aguerris.&lt;br /&gt; Visiblement, l’Union européenne n’est pas la même quand on la regarde de l’autre côté de l’Atlantique ou de ce côté-ci de la Méditerranée. De ce côté-ci, on voit un groupement toujours dynamique et prospère. Ceux qui n’y sont pas encore continuent de frapper obstinément à sa porte. L’auraient-ils fait si, comme nous l’expliquait le professeur Charles Kupchan, l’UE était agonisante ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7684697853787747430?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7684697853787747430/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7684697853787747430' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7684697853787747430'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7684697853787747430'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/propos-dune-mort-annoncee-de-lue.html' title='A propos d&apos;une &quot;mort&quot; annoncée de l&apos;UE'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4198415839669401789</id><published>2010-09-22T15:50:00.002+02:00</published><updated>2010-09-22T15:54:00.275+02:00</updated><title type='text'>Les obstacles aux objectifs du millénaire</title><content type='html'>Il y a dix ans, en septembre 2000, l’ONU avait réussi à faire adopter par la communauté internationale un important document appelé les objectifs du millénaire (ODM),  qu’il faudrait réaliser en 15 ans. Ces objectifs au nombre de huit consistaient à réduire de moitié la pauvreté extrême dans le monde, à généraliser l’éducation primaire, à progresser au niveau de l’égalité des sexes, à promouvoir la santé maternelle, à combattre la mortalité infantile, le sida et le paludisme et, huitième objectif, à préserver l’environnement.&lt;br /&gt; Plus de 140 dirigeants du monde entier s’étaient réunis au début de cette semaine pour évaluer les réalisations et voir si les deux tiers du temps écoulé étaient des années précieuses pour l’aide apportée aux pauvres ou, au contraire, du temps perdu.&lt;br /&gt; Il faut dire que la décennie passée à tenter de réaliser les objectifs du millénaire n’était ni un modèle de générosité  dont se souviendraient les générations futures, ni une décennie totalement perdue. Le bilan est très mitigé en fait. Et si les cinq années qui nous séparent de l’échéance de 2015 ressemblaient aux dix précédentes, les objectifs du millénaire ne seraient certainement pas réalisés à temps.&lt;br /&gt; Cela dit, il y a des pays qui, durant les dix dernières années, ont fait de réels progrès sur la voie de la réalisation des objectifs fixés par l’ONU en 2000. La Chine a tiré des centaines de millions de ses citoyens de l’extrême pauvreté, et le niveau de vie du peuple chinois progresse assidûment. En Afrique, et bien que la guerre continue à faire des ravages dans plusieurs régions, des pays comme l’Ouganda, le Rwanda, le Malawi ont fait de réels progrès en termes de lutte contre le sida, le malaria et la tuberculose, ce qui s’est traduit par un substantiel accroissement de l’espérance de vie.&lt;br /&gt; Au niveau économique, l’Afrique avait un taux de croissance négatif de moins 0,3% par an au cours de la décennie 1990-2000. Au cours de la décennie écoulée, 2000-2010, le taux était porté à 3,1% en moyenne grâce notamment à la demande massive de la Chine de matières premières africaines et de la grande implication de ce pays au niveau de la construction des infrastructures de base dans le continent noir.&lt;br /&gt; Mais les quelques progrès enregistrés çà et là ne font pas oublier l’immensité de la tâche et les obstacles sérieux qui entravent la marche collective sur la voie de la réalisation des objectifs du millénaire.&lt;br /&gt; Le premier obstacle est le taux de croissance démographique qui reste exagérément élevé dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Un taux ayant une relation de cause à effet évidente avec le niveau de pauvreté. Plus on est pauvre, plus on a d’enfants et moins on a de possibilités pour bien les nourrir, les soigner et les éduquer. C’est le piège de la pauvreté qui fait que tous les progrès réalisés dans les régions pauvres d’Asie et d’Afrique sont pratiquement annulés par un taux de croissance démographique galopant.&lt;br /&gt; Le deuxième obstacle est celui des catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes. Le cas du Pakistan est particulièrement inquiétant. Voici un pays pauvre qui avait déjà beaucoup de peine à réaliser ne serait-ce qu’une modeste partie des objectifs du millénaire, quand il fut frappé par une catastrophe de proportions bibliques qui le ramena cinquante ans en arrière. Du coup, ses objectifs ne sont plus ceux du millénaire, mais consistent plutôt à réparer ce que les terrifiantes inondations ont détruit, ce qui prendrait des années et coûterait des centaines de milliards de dollars. &lt;br /&gt; Ce genre d’obstacles, par définition imprévisible et contre lequel on ne peut rien, risque d’être plus fréquent et exacerbé par les changements qui affectent le climat et l’environnement dont la préservation est l’objet du huitième objectif du millénaire. Un objectif qui, jusqu’à maintenant, est un échec total, si l’on se réfère aux résultats désastreux du sommet de Copenhague de décembre 2009.       &lt;br /&gt; Le troisième obstacle est relatif aux difficultés de financement des objectifs du millénaire. La crise économique et financière qui a secoué les pays donateurs a constitué sans doute un frein à la réalisation de ces objectifs. Mais de par son caractère momentané, elle ne constitue pas à proprement un problème fondamental. Le vrai obstacle à ce niveau réside dans la cupidité incroyable des contribuables très riches des pays nantis. &lt;br /&gt; Ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis, par exemple, laisse pantois les plus blasés d’entre nous. Ceux qui se plaignent aujourd’hui, se lamentent et s’arrachent les cheveux, ce ne sont pas les millions de chômeurs qui peinent à joindre les deux bouts, ce ne sont les centaines de milliers de familles qui se sont vus saisir leurs logements par les banques, mais les millionnaires et les milliardaires en dollars qui pestent et fulminent contre Obama.&lt;br /&gt; Pourquoi cette « rage politique », comme l’appelle le Prix Nobel d’économie, Paul Krugman, des Américains les plus riches qui traitent Obama non seulement de « communiste », mais aussi de « Hitler » et de « traître à l’Amérique » ? Tout simplement parce que, face au déficit budgétaire vertigineux, il leur a demandé de faire un petit effort et d’accepter de payer un peu plus d’impôt…&lt;br /&gt; Voilà où se trouve le plus grand obstacle à la réalisation des objectifs du millénaire. Il est dans cette cupidité des immensément riches qui, plus ils accumulent de l’argent, plus ils sont réticents à en donner. S’ils refusent de contribuer à combler le déficit budgétaire abyssal de leur pays, comment peut-on attendre d’eux qu’ils contribuent à la construction d’écoles en Afrique ou de conduites d’eau potable dans les coins reculées d’Asie ou d’Amérique latine ?&lt;br /&gt; Certes, il y a les deux personnes les plus riches d’Amérique, Bill Gates et Warren Buffett, qui ont décidé de mettre le gros de leur fortune au service de la lutte contre la pauvreté et les épidémies dans le monde, mais elles demeurent deux exceptions dans un milieu foncièrement cupide, pas seulement aux Etats-Unis, cela va sans dire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4198415839669401789?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4198415839669401789/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4198415839669401789' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4198415839669401789'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4198415839669401789'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/les-obstacles-aux-objectifs-du.html' title='Les obstacles aux objectifs du millénaire'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7964152274888174035</id><published>2010-09-18T11:39:00.002+02:00</published><updated>2010-09-18T16:37:47.159+02:00</updated><title type='text'>La France, l'UE et les Roms</title><content type='html'>Ce n’est peut-être pas le meilleur moment choisi par le président français, Nicolas Sarkozy, pour « régler » la question des Roms, ces gitans « nomades », originaires d’Europe centrale. Il a des dossiers beaucoup plus importants à traiter, notamment le projet de réforme des retraites. Bien qu’il ait été voté mercredi denier par l’Assemblée nationale, ce projet reste impopulaire en France, si l’on en juge par la forte mobilisation du 7 septembre  dernier qui a drainé dans les rues françaises un grand nombre de manifestants (1 million selon la police et près de 3 millions selon les syndicats). Les Français s’attendent à d’autres manifestations à l’occasion de l’examen du projet par le sénat à partir du 5 octobre.   &lt;br /&gt; Mais ce n’est pas la meilleure manière non plus, car Sarkozy aurait pu faire l’économie de la tempête médiatique et de la crise avec l’Union européenne en procédant,  comme il est d’usage dans nombre de pays européens, à des rapatriements discrets de ce groupe ethnique que, pour être franc, personne n’aime et personne n’en veut en Europe.&lt;br /&gt; Et à commencer par leur principal pays, la Roumanie, où les Roms sont toujours marginalisés et méprisés. Dans la Roumanie d’aujourd’hui, la communauté des gitans souffre d’un taux de pauvreté 3 fois supérieur à la moyenne nationale, une espérance de vie et un taux d’alphabétisation bien inférieurs à la moyenne nationale et un taux de chômage qui, des fois, atteint carrément 100%.&lt;br /&gt; Depuis l’adhésion de la Roumanie à l’Union européenne, et sous la pression de celle-ci, une discrimination positive a, certes, été tentée par le gouvernement roumain en vue d’intégrer les Roms au sein de la communauté nationale et d’en faire des citoyens à part entière, actifs et honnêtes. Des programmes relatifs à l’éducation et à la santé pour les gitans ont bien été menés à grand renfort de publicité en Roumanie, mais peu de résultats concrets ont été enregistrés. La responsabilité est partagée : après des siècles d’oisiveté et de nomadisme, il est difficile pour la communauté des Roms de faire preuve d’enthousiasme à l’égard d’initiatives visant à les intégrer en changeant leur mode de vie. D’un autre côté, les sentiments de mépris vis-à-vis des Roms restent forts en Roumanie tant parmi le public que parmi les responsables politiques. Donc, si les Roms sont réticents à l’intégration dans leur propre pays, comment peuvent-ils s’intégrer chez les autres ? Et s’ils traînent le statut de pestiférés dans leur propre pays, comment peut-on en vouloir à ceux qui n’en veulent pas chez eux ? &lt;br /&gt; La France évidemment n’est pas le seul pays où les Roms ont élu domicile. Ils sont un peu partout en Europe, et principalement dans trois grands pays européens : la France, l’Italie et l’Allemagne. Leur mode de vie un peu trop particulier, leur oisiveté, leur propension à vivre aux crochets des autres par la mendicité ou par le vol, la facilité avec laquelle ils s’adonnent à des activités illicites ou criminelles, autant d’éléments qui font que les Roms soient pointés du doigt, détestés et fortement impopulaires dans pratiquement tous les pays où ils sont établis.&lt;br /&gt;  Pour prendre le cas de l’Italie, le ministre de l’intérieur, Franco Maroni, déclarait en mai 2008 : « Tous les camps de Roms doivent être démantelés aussitôt et leurs occupants rapatriés ou incarcérés. » Deux jours plus tard, une foule de jeunes italiens incendia un camp de Roms à Naples. Commentaire du même ministre : « C’est ce qui arrive quand les gitans volent les bébés ou commettent des violences sexuelles »…&lt;br /&gt; La Suède, l’un des pays les plus tolérants du monde, expulsa une cinquantaine de gitans au printemps dernier, et, en juillet de cette année, le Danemark expulsa à son tour un groupe de Roms que le maire de Copenhague qualifia de « criminels ». Quant à l’Allemagne, elle essaie le plus discrètement possible, passé nazi oblige, à renvoyer vers le Kosovo les Roms ayant fui ce territoire, chassés par les Kosovars albanophones qui les accusaient de collaboration avec les Serbes pendant la guerre civile de 1999.&lt;br /&gt; Ces quelques exemples montrent clairement que l’expulsion des Roms n’est ni une spécialité typiquement française, ni une cause sérieuse de crises politiques opposant l’Union européenne à certains de ses membres. Pourquoi alors une pratique anodine d’expulsion de « résidents illégaux » indésirables, s’est-elle soudain transformée en une profonde crise politique entre le gouvernement français et les technocrates de l’UE, gardiens autoproclamés du temple et de la morale européens ?   &lt;br /&gt; La responsabilité est partagée et le tort se situe de part et d’autre. On ne peut pas ne pas relever une certaine hypocrisie chez les technocrates européens qui ont toujours regardé ailleurs, tant que les expulsions de Roms se faisaient discrètement, loin des feux de la rampe. Il faut rappeler aussi que la virulence exagérée de certaines réactions de responsables européens contre la France cache mal le fait que l’échec de l’intégration des Roms est avant tout l’échec de l’Union européenne qui, en dépit des immenses moyens économiques  et financiers à sa disposition, n’arrive pas à tirer de la marginalisation « le plus grand groupe ethnique d’Europe ».     &lt;br /&gt; Le président Sarkozy, de son côté, assume une large part de responsabilité en médiatisant à l’excès une pratique à laquelle la France est habituée depuis près d’un siècle, c'est-à-dire depuis 1912, date de la promulgation des premières lois anti-Roms. L’expulsion des gitans a toujours bénéficié du soutien de la majorité des Français. Le dernier sondage publié il y a deux ou trois jours par « Le Figaro » montre que 56% des Français soutiennent la décision de leur gouvernement de rapatrier les gitans dans leurs pays d’origine, la Roumanie et la Bulgarie. &lt;br /&gt; A moins de deux ans de la présidentielle de 2012, et à un moment où sa popularité est loin d’être au zénith, on peut comprendre que le président Sarkozy veuille tirer le maximum de profit politique d’une décision populaire. Mais au vu des développements dramatiques de cette affaire, et compte tenu des dommages subis par la France au sein de l’UE en termes de crédibilité et d’influence, il n’est pas sûr que le jeu vaille la chandelle. &lt;br /&gt; Cela dit, il y a peu de chance qu’une telle crise franco-européenne se reproduise, car les uns et les autres auront tiré les leçons qui s’imposent. La France règlera la question de « ses » Roms comme elle l’a toujours fait, dans la discrétion, et les technocrates européens regarderont ailleurs comme d’habitude. Quant aux Roms, une fois expulsés, rien ne les empêche de revenir en France ou en Italie, leurs passeports roumains ou bulgares les dispensant des formalités de visas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7964152274888174035?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7964152274888174035/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7964152274888174035' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7964152274888174035'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7964152274888174035'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/la-france-lue-et-les-roms.html' title='La France, l&apos;UE et les Roms'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5681821922010839370</id><published>2010-09-15T11:49:00.000+02:00</published><updated>2010-09-15T11:50:18.588+02:00</updated><title type='text'>De la première place à la onzième</title><content type='html'>On comprend les soucis de Barack Obama. Il a été élu président de la plus grande puissance de la planète, c'est-à-dire du pays numéro 1 dans le monde, il ne veut pas terminer son mandat (ou ses deux mandats) en laissant les Etats-Unis dans un autre classement. C’est pour cela qu’au début du mois d’août, pendant un grand meeting politique, il s’est égosillé devant la foule en répétant que « les Américains ne s’accommoderont pas avec la deuxième place » (Americans won’t settle for number 2 !).&lt;br /&gt; Quelques jours plus tard, dans son édition du 12 août, le magazine « Newsweek » publie son classement des cents premiers pays du monde. Les Etats-Unis ne sont ni numéro un ni numéro deux. Pas même numéro dix. Ils sont classés 11eme pays du monde où il fait bon vivre. L’article de Michael Hirsh, journaliste de « Newsweek » qui commentait ce classement, a fait beaucoup de bruit aux Etats-Unis, relançant un débat entamé depuis quelques années sur « le déclin » de l’Amérique entre deux écoles, celle qui rejette l’idée de la dégringolade de la première puissance du monde, et celle qui estime qu’elle s’est placée déjà sur la pente descendante. &lt;br /&gt; Plusieurs signes objectifs montrent que la deuxième école a raison, c'est-à-dire que les Etats-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient et que, comme le soutient le Washington Post, les années 2000s sont « une décennie perdue ». En effet, qu’il s’agisse des indicateurs de l’économie, de l’éducation, de la santé, ou de la recherche, les Etats-Unis sont maintenant dépassés par d’autres pays. Le seul indice de puissance dont ils se prévalent encore est d’ordre militaire. Avec un millier de bases disséminées à travers le monde, et un budget de défense égal à celui de tous les autres pays de la planète, les Etats-Unis continuent d’exercer une influence inégalée bien au-delà de leurs frontières qu’aucun autre pays au monde ne peut la leur disputer.&lt;br /&gt; Beaucoup de penseurs et d’historiens, et le premier d’entre eux Ibn Khaldoun, nous ont enseigné que les puissances et les empires suivent le processus évolutif du corps humain : ils naissent, grandissent, évoluent, atteignent l’apogée et entament le processus de vieillissement jusqu’à la mort et la disparition. Cette thèse s’est vérifiée à maintes reprises au cours de la courte histoire humaine et elle continuera à se vérifier, car si l’Homme n’est pas éternel, les empires qu’il crée sont à son image.&lt;br /&gt; Si les puissances et les empires sont par définition temporaires, les hommes qui les dirigent interviennent de deux manières : soit ils retardent le processus de vieillissement, soit ils l’accélèrent. Tout dépend des politiques qu’ils suivent et des erreurs fatales qu’ils commettent ou qu’ils évitent.&lt;br /&gt; Dans le cas de l’empire américain, que beaucoup d’historiens et d’analystes qualifient de « Rome moderne », si l’on considère la série de présidences américaines de Franklin D. Roosevelt à George W. Bush, on distinguera en gros deux sortes de générations. Une « grande génération », celle des Roosevelt et des Eisenhower qui ont retardé le processus de vieillissement de la puissance américaine, et « la génération des baby-boomers », pour reprendre l’expression de Thomas Friedman du New York Times, les Clinton et les Bush, qui a accéléré ce processus de vieillissement.&lt;br /&gt; La « grande génération » était confrontée à des dangers réels, l’Allemagne nazie, l’URSS et le mouvement communiste international notamment, et les a surmontés victorieusement. Les Etats-Unis ne s’étaient jamais sentis aussi revigorés et aussi admirés qu’en 1945 et 1991, c'est-à-dire aux lendemains de la deuxième guerre mondiale et de l’effondrement de l’URSS. Les secrets de ces deux grands succès américains étaient la sagesse politique de la « grande génération » et sa capacité à convaincre le peuple américain de la nécessité de faire des sacrifices. &lt;br /&gt; La « génération des baby-boomers » était, elle, confrontée à des dangers imaginaires inventés et amplifiés par des courants d’idées qui relevaient plus de la pollution politique que de la stratégie digne des grandes puissances. Pire encore, l’extraordinaire mobilisation militaire contre ces dangers imaginaires était financée non pas par les sacrifices consentis par le peuple américain, mais par les emprunts à l’étranger. &lt;br /&gt;Cette décision d’engager des guerres destructrices à crédit pour confronter des dangers imaginaires est révélatrice de la frivolité et de l’immaturité de la « génération des baby-boomers » qui, en se trouvant accidentellement aux commandes de la plus grande puissance du monde (George Bush a été « élu » par cinq juges de la Cour suprême contre quatre), a fortement contribué à l’accélération du processus de déclin de la puissance américaine. Les Etats-Unis ne s’étaient jamais sentis aussi affaiblis et aussi détestés qu’en 2003, c'est-à-dire au lendemain de l’agression gratuite contre l’Irak.&lt;br /&gt; Une autre différence fondamentale sépare la « grande génération » de celle des « baby-boomers ». Celle-là travaillait en étroite collaboration avec de vrais capitaines d’industrie et de réels créateurs de richesses. Celle-ci a aidé et encouragé l’émergence d’une espèce de spéculateurs qui, au lieu de créer des richesses et des emplois, préfèrent jouer au poker menteur à Wall Street. Un jeu dangereux qui explique dans une large mesure la grave crise financière de l’automne 2008 et dont les Etats-Unis ne se sont pas encore remis.&lt;br /&gt; Il est bien évident que tous ces éléments ne peuvent échapper à un homme aussi brillant que Barack Obama. Son accès d’éloquence concernant le refus des Américains de s’accommoder avec la deuxième place relève plus de la politique politicienne si l’on peut dire que d’une volonté sérieuse de remettre l’Amérique sur la pente ascendante. En d’autres termes, Obama a un besoin impérieux de gagner les élections de mi-mandat de novembre prochain. Et il est normal qu’il dise aux Américains tout ce qu’ils aiment entendre. Qu’ils sont toujours « number 1 » alors qu’ils sont « number 11 ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5681821922010839370?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5681821922010839370/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5681821922010839370' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5681821922010839370'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5681821922010839370'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/de-la-premiere-place-la-onzieme.html' title='De la première place à la onzième'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3629065312674426241</id><published>2010-09-11T12:21:00.000+02:00</published><updated>2010-09-11T12:22:53.525+02:00</updated><title type='text'>Le 11 septembre, 9 ans après</title><content type='html'>Neuf ans après, les attentats dramatiques du 11 septembre 2001 continuent de faire des ravages en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, pour ne citer que les endroits où leurs conséquences sont les plus désastreuses. Neuf après, le principal commanditaire de ces attentats, Ousama Ben Laden, continue de narguer ses traqueurs depuis les montagnes du Waziristan pakistanais, en dépit de la grosse somme, 50 millions de dollars, que les Américains avaient promis à quiconque le leur livrerait mort ou vif. Neuf ans après, les événements tragiques du 11 septembre sont toujours exploités par les extrémistes aux Etats-Unis. Le dernier épisode de cette exploitation est l’initiative (avortée ?) d’une secte américaine de brûler 200 copies du Coran, projet condamné universellement.&lt;br /&gt; Il y a neuf ans donc, étaient perpétrés une série d’attentats contre des symboles économiques et militaires de la puissance américaine à New York et Washington. Par leur caractère spectaculaire et inédit, par le niveau terrifiant de violence, par le nombre de morts (plus de trois mille innocents y ont laissé la vie), ces attentats ont provoqué un séisme politique majeur qui ne pouvait pas ne pas dérégler l’axe stratégique autour duquel tournait la puissance américaine.&lt;br /&gt; La profonde perturbation de la ligne stratégique suivie par les Etats-Unis était visible dès le lendemain, 12 septembre. Le malheur de l’Amérique est qu’à un moment aussi crucial, elle était dirigée par un président inexpérimenté, influençable et atteint de myopie politique, pour ne pas dire cécité.&lt;br /&gt; Le grave déficit en termes d’expérience, d’intelligence et de flair politique qui caractérisait alors le centre de décision à Washington a fait qu’un groupe de néoconservateurs, obsédés par l’Irak et déterminés à le détruire, puisse exploiter les événements dramatiques du 11 septembre pour obtenir ce qu’ils n’ont pu obtenir depuis des années : la guerre contre l’Irak. &lt;br /&gt; L’erreur originelle commise par les Etats-Unis est qu’ils ont négligé de se pencher sérieusement sur les attentats eux-mêmes pour faire en sorte qu’ils ne se répètent plus et que leurs commanditaires soient mis hors d’état de nuire, mais ils les ont exploités pour suivre des objectifs n’ayant rien à voir avec les attentats et leurs commanditaires. En d’autres termes, ils ont conçu un remède sans relation aucune avec le mal.       &lt;br /&gt; Au moment où les Etats-Unis ont déclenché leur guerre contre le régime taliban en Afghanistan le 7 octobre 2001, personne n’avait levé le petit doigt pour défendre le régime moyen-âgeux qui sévissait en Afghanistan depuis 1996. George W. Bush, alors président de l’Etat fédéral américain, bénéficiait d’un large soutien au sein de la communauté internationale. Après avoir déchiqueté le régime des talibans, protecteur des commanditaires des attentats contre New York et Washington, l’armée américaine avait la capacité de déraciner Al Qaida d’Afghanistan et de l’empêcher de s’enfuir vers les montagnes du Waziristan pakistanais.&lt;br /&gt; La réussite des néoconservateurs à influencer George Bush et à le persuader des « avantages » que cueillerait l’Amérique de la destruction du régime de Saddam Hussein allait s’avérer extrêmement coûteuse. La décision d’abandonner l’Afghanistan dans un état anarchique et de « s’occuper » du régime baathiste de l’Irak allait s’avérer fatale. Elle est déjà considérée par des historiens américains comme la décision la plus désastreuse dans l’histoire de la politique étrangère américaine. &lt;br /&gt; En lâchant dans le relief escarpé de la frontière afghano-pakistanaise les vrais responsables des actes terroristes spectaculaires contre New York et Washington, et en détruisant le régime baathiste irakien, dictatorial certes, mais un barrage infranchissable contre le terrorisme, George Bush et son cercle de néoconservateurs ont ouvert les portes de l’enfer non seulement pour l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan et Yémen, mais aussi pour leur propre pays. Par leur décision insensée d’envahir un pays qui ne leur a rien fait, les Etats Unis ont alimenté pour plusieurs années un genre de terrorisme nihiliste et suicidaire inconnu jusqu’alors et contre lequel les armées les plus puissantes du monde ne peuvent pas grand-chose. Résultat : partis en 2001 en grande fanfare pour « terrasser le terrorisme » dans le cadre d’une « guerre globale », Bush et ses amis l’ont, au contraire, nourri et entretenu par une série de décisions erronées.   &lt;br /&gt; C’est un fait indiscutable que les malheurs qui s’abattent sur les Irakiens, les Afghans, les Pakistanais et les Yéménites ont un lien direct avec les attentats du 11 septembre 2001. Le calvaire biblique enduré par les millions de victimes (morts, blessés, déplacés, réfugiés) n’aurait certainement pas eu lieu si ces attentats avaient été évités, ou si l’Amérique était dotée de politiciens intelligents capables de gérer positivement l’après-11 septembre. &lt;br /&gt; Le plus terrifiant est que les erreurs monumentales commises et les millions de victimes qu’elles ont engendrées ne semblent pas avoir ému outre mesure les responsables américains actuels qui continuent de couvrir d’éloges celui par qui tous ces malheurs sont arrivés. En effet, le 31 août dernier, à l’occasion du départ des « troupes de combat » d’Irak, Barack Obama a affirmé que « personne ne doute de l’amour du président Bush pour son pays et de son engagement pour sa sécurité », ajoutant que la guerre d’Irak constitue « un chapitre remarquable dans l’histoire de l’engagement de l’Amérique envers la liberté ».&lt;br /&gt; Quelques jours plus tard, c’était autour du vice-président Joe Biden de lancer des fleurs au responsable de la mort de milliers d’Américains et de centaines de milliers d’Irakiens : « M. le président merci. Nous avons divergé sur la politique à suivre, mais on vous doit beaucoup. » En quinze mots, Biden a réussi à glisser deux contre-vérités. Il n’a pas divergé avec Bush au niveau de la politique à suivre, puisqu’il était un fervent promoteur de la guerre d’Irak. Et personne ne doit quoi que ce soit à George Bush. C’est plutôt lui qui doit aux Américains et au monde une explication sur les crimes de guerre qu’il a commis et sur la délapidation du formidable crédit international que l’Amérique avait accumulé au lendemain des attentats du 11 septembre. &lt;br /&gt; Quant à « l’engagement de l’Amérique envers la liberté », l’écrasante majorité des Irakiens aurait été heureuse de ne pas en bénéficier. Car, quitte à choquer quelques âmes occidentales sensibles, la dictature de Saddam Hussein est de loin préférable à l’anarchie et au terrorisme suicidaire qui ensanglantent l’Irak depuis 2003 et que certains Américains s’obstinent toujours à appeler liberté.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3629065312674426241?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3629065312674426241/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3629065312674426241' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3629065312674426241'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3629065312674426241'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/le-11-septembre-9-ans-apres.html' title='Le 11 septembre, 9 ans après'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8886543567960924245</id><published>2010-09-08T15:21:00.000+02:00</published><updated>2010-09-08T15:22:26.665+02:00</updated><title type='text'>Les horloges de la Maison blanche</title><content type='html'>Qui aurait pensé qu’un jour c’est l’heure qu’il est à Bagdad, Islamabad, Kaboul, Sanaa et Téhéran qui sera affichée dans les horloges de la Maison blanche, après avoir longtemps affiché celle relatives aux fuseaux horaires de Londres, Moscou, Paris et Tokyo ? Des journalistes habitués à arpenter les couloirs du centre du pouvoir de l’empire américain l’ont constaté et n’ont pas manqué de relever le désintérêt croissant qu’affiche Washington vis-à-vis de « la vieille Europe ».&lt;br /&gt; Les horloges de la Maison blanche n’affichent pas seulement l’heure dans les foyers de tension où les Etats-Unis se sont laissés imprudemment entraîner, mais elles affichent également, pour qui sait lire correctement l’heure qu’il est et le temps qu’il fait, le virement stratégique d’un pays qui, pendant trois siècles a fait de l’Europe le centre de son intérêt, ce qui était dans la logique des choses, étant lui-même une ex-croissance européenne à l’autre bout de l’océan atlantique.&lt;br /&gt; Aujourd’hui, les Etats-Unis sont si absorbés par les troubles qui sévissent au Moyen-Orient, au Golfe, en Afghanistan et au Pakistan qu’ils n’ont plus le temps d’accorder la moindre attention à l’Europe. Le flot quotidien de mauvaises informations relatant les dégâts occasionnés par les attentats suicide est tel qu’il est parfaitement normal que les fonctionnaires de la Maison blanche, du département d’Etat et du Pentagone raccordent leurs horloges avec les fuseaux horaires de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Irak, du Yémen ou encore de l’Iran.&lt;br /&gt; Pourtant, ce ne sont pas les appels du pied en provenance de l’Europe qui manquent. La France qui, pendant un demi siècle, a eu des relations plutôt difficiles avec les Etats-Unis, est, depuis l’accession de Nicolas Sarkozy à la présidence, aux petits soins de Washington. Sarkozy est le président le plus pro-américain et le plus atlantiste que les Français aient jamais élu. Il a sauté sur beaucoup d’occasions pour faire l’éloge de la puissance américaine, lui exprimer son admiration et défendre les choix de Washington, y compris les plus contestables. &lt;br /&gt; Les déclarations d’amour enflammées du numéro un français envers l’ami américain n’ont pas eu l’effet escompté par Nicolas Sarkozy. Pire encore, lors du voyage d’Obama en France, en juin 2009, celui-ci a préféré aller dîner avec sa famille dans un restaurant des beaux quartiers parisiens, après avoir décliné une invitation à dîner à l’Elysée.&lt;br /&gt; Le cas de la Grande Bretagne est plus significatif encore. Il n’y a pas si longtemps, Britanniques et Américains célébraient à tout bout de champ « la relation spéciale » liant les deux pays et les deux peuples. Les relations se sont nettement distendues à cause des problèmes entre les deux armées et les deux classes politiques causés par les guerres d’Irak et d’Afghanistan, surtout après la disparition de la scène de George W. Bush et de Tony Blair. Il y a quelques semaines, le nouveau Premier ministre britannique, David Cameron, s’est rendu à Washington pour tenter de donner un nouveau souffle à « la relation spéciale ». Peine perdue. Obama a de si nombreux chats à fouetter qu’il n’a visiblement pas le temps de se pencher sur la tiédeur inhabituelle qui caractérise les relations entre Londres et Washington. Aujourd’hui, cette « relation spéciale rencontre de réelles difficultés », comme l’a souligné un expert européen, Julian Lindley-French, de l’académie militaire des Pays-Bas.&lt;br /&gt; Les Américains devraient considérer avec quelque nostalgie le bon vieux temps quand les horloges de la Maison blanche étaient raccordées aux fuseaux horaires de Londres, P aris, et Moscou. C’était le bon vieux temps en effet, car, même au plus fort de la guerre froide, les Etats-Unis ne s’étaient jamais trouvés dans une si mauvaise posture qu’aujourd’hui. Même au plus fort de la guerre du Vietnam, ils ne s’étaient jamais senti désorientés et saignés à blanc financièrement et militairement comme ils le sont aujourd’hui par les guerres insensées d’Irak et d’Afghanistan. &lt;br /&gt; Les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui dans la situation peu enviable d’un pays qui n’a plus de temps à consacrer à ses amis parce qu’il est mobilisé 24 heures sur 24 pour faire face à ses ennemis. Parce que tout son temps et toute son énergie sont absorbés par des batailles perdues les unes après les autres.&lt;br /&gt; Le problème, c’est que les Etats-Unis semblent toujours réticents à accepter l’idée que leurs ennemis ne se sont pas réveillés un jour pour dire « voilà, nous sommes maintenant les ennemis des Américains parce que nous détestons leur liberté, leur démocratie et leur mode de vie », comme l’a soutenu malhonnêtement George W. Bush. Les Etats-Unis ont créé leurs propres ennemis par les politiques erronées suivies depuis la chute du Mur de Berlin, et surtout depuis les attentats du 11 septembre.&lt;br /&gt; Ces deux événements qui ont bouleversé le cours de l’histoire auraient pu être exploités par la puissance américaine pour combattre les vraies forces du mal qui sont l’injustice, la cupidité, l’arrogance et l’ignorance, et contribuer à créer un monde où prédominent la coopération et la confiance. Mais pour cela, il aurait fallu de grands hommes à la Maison blanche en 1989 et en 2001 pour influer sur le cours de l’histoire et lui éviter les turbulences vertigineuses que l’on est en train de vivre. Au lieu des grands hommes nécessaires pour gérer ces deux séismes majeurs, l’Amérique a eu la malchance de confier la gestion des conséquences de la chute du Mur de Berlin à Bush père en 1989 et des attentats du 11 septembre à Bush fils en 2001. Une famille d’incompétents qui ne croule pas sous les honneurs pour services rendus à la patrie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8886543567960924245?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8886543567960924245/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8886543567960924245' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8886543567960924245'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8886543567960924245'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/les-horloges-de-la-maison-blanche.html' title='Les horloges de la Maison blanche'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5172983952342018988</id><published>2010-09-04T15:56:00.000+02:00</published><updated>2010-09-04T15:57:02.851+02:00</updated><title type='text'>En attendant le miracle</title><content type='html'>Palestiniens et Israéliens ont finalement repris les négociations directes abandonnées depuis deux ans et que ni les premiers ni les seconds ne voulaient reprendre. Il a fallu tout le poids des pressions américaines pour que le Premier ministre israélien et le président palestinien s’assoient à la même table et se penchent sur un processus de paix moribond. &lt;br /&gt; Cette reprise de contact direct entre les parties ennemies ne suscite ni optimisme ni enthousiasme. Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahu ont fait le voyage de Washington non pas parce qu’ils portent en eux l’espoir du règlement d’un conflit qui s’éternise, mais parce que les Etats-Unis veulent de ce dialogue et ont poussé les intéressés à l’entamer malgré eux.&lt;br /&gt; La double question qui se pose est pourquoi les Américains tiennent-ils tant à ce dialogue direct et pourquoi les Palestiniens et les Israéliens n’en veulent pas ?&lt;br /&gt; C’est devenu une tradition aux Etats-Unis. Chaque administration veut avoir sa contribution au processus de paix, chaque nouveau président veut tenter d’entrer dans l’histoire en aidant à résoudre l’un des conflits les plus complexes que les hommes ont eu à gérer. Bush père était en 1991 derrière l’ouverture de la conférence de Madrid qui a vu pour la première fois Israéliens et Palestiniens réunis à la même table. Clinton a eu sa conférence de Camp David en juillet 2000 qui avait réuni pendant deux ou trois jours Yasser Arafat et Ehud Barak avant d’échouer lamentablement. Bush fils a eu sa conférence d’Annapolis en novembre 2007 préparée dans la précipitation et dont les signes de l’échec étaient évidents avant même qu’elle ne commence. Et aujourd’hui Barak Obama a traîné presque de force les protagonistes du conflit dans l’espoir de les voir signer un accord de paix avant la prochaine élection présidentielle de novembre 2012.&lt;br /&gt; C’est devenu aussi une tradition aux Etats-Unis, chaque président voulant donner l’impression au monde en général, et aux Arabes et aux Musulmans en particulier, que la grande puissance américaine est soucieuse de paix et de stabilité dans la région du Moyen-Orient. Chaque président tente de voiler autant que faire se peut le soutien inconditionnel que les Etats-Unis accordent à Israël en se créant des occasions qui montreraient les Etats-Unis dans le rôle d’arbitre et feraient oublier pendant quelques temps sa complicité flagrante avec l’occupant israélien. Obama, plus que tout autre président, a un besoin brûlant d’un accord de paix israélo-palestinien qui le montrerait aux yeux du monde comme un homme de principe qui tient ses promesses.&lt;br /&gt; Il va sans dire qu’il y a beaucoup plus de chance qu’Obama rejoigne le groupe de présidents américains qui ont échoué face à la complexité du conflit que d’entrer de plain pied dans l’histoire. Il y a peu de chance de le voir réussir à maîtriser les formidables forces pro-israéliennes aux Etats-Unis et de faire jouer à la puissance américaine le rôle qu’elle n’a pu jouer jusqu’à présent, c’est à dire le rôle d’arbitre objectif et honnête.&lt;br /&gt; On en vient à l’autre aspect de la question : pourquoi Israéliens et Palestiniens ont-ils fait preuve de si peu d’empressement face aux exhortations d’Obama de les voir reprendre le dialogue ? Pourquoi ont-ils traîné les pieds avant de céder et de prendre la route pour Washington ?&lt;br /&gt; Aussi bien le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahu que l’Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas, sont confrontés à des oppositions intérieures virulentes déterminées à dérailler toute espèce d’accord que les parties en négociation arriveraient à conclure. Les négociateurs israéliens et palestiniens sont conscients des difficultés qui les attendent et ne peuvent ignorer une donnée fondamentale : tout accord nécessite des concessions des deux côtés, et toute concession porte en elle un risque de guerre civile aussi bien pour la société palestinienne que pour la société israélienne.&lt;br /&gt; D’ailleurs les négociations n’ont pas encore commencé que le Hamas d’un côté et les colons de l’autre se sont appliqués à mettre les bâtons dans les roues. Le mouvement islamiste palestinien a organisé, à deux ou trois jours de la reprise des négociations, une attaque contre les colons qui a fait quatre morts. L’attaque, c’est évident, visait à provoquer une réaction violente de l’armée israélienne qui rendrait difficile toute négociation.&lt;br /&gt; De leur côté les colons de Cisjordanie ont brisé le moratoire sur la construction dans les colonies en entamant des travaux de terrassement le jour même où Netanyahu arrivait à Washington. La manœuvre, c’est tout aussi évident, visait à provoquer la fureur des négociateurs palestiniens et de les pousser à tourner le dos aux négociations. C’est dans ce sens que les deux parties, en traînant les pieds avant d’accepter les négociations, semblaient animées par l’idée que le statu quo est préférable au risque de déstabilisation.&lt;br /&gt; Cela dit, la journée du 26 septembre qui marquera la fin du moratoire de dix mois sur la construction dans les colonies, sera cruciale pour cette énième série de négociations que les Américains souhaitent voir aboutir à une solution de deux Etats d’ici un an. Dans trois semaines donc, Netanyahu sera confronté à un dilemme : ou il prolonge le moratoire et fera face à la fureur des colons et de leurs représentants au gouvernement, soit il ne le prolonge pas et fera face à quelques critiques mesurées de l’administration américaine et à la fureur des Palestiniens qui quitteront les négociations.&lt;br /&gt; Si l’on se réfère à la longue histoire des échecs répétés des négociations, la probabilité de succès de ce nouveau round de palabres israélo-palestiniennes est bien mince. En cas de nouvel échec, personne ne s’étonnera, cela va sans dire. En revanche, tout le monde sera étonné en cas de succès et l’on parlera de miracle. Pour cela, il faut que, comme le souhaite la presse israélienne de gauche, que Netanyahu se transforme en un « Gorbatchev israélien ». Mais les miracles, depuis le temps des prophètes, le Moyen-Orient n’en a connu aucun.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5172983952342018988?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5172983952342018988/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5172983952342018988' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5172983952342018988'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5172983952342018988'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/09/en-attendant-le-miracle.html' title='En attendant le miracle'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-6384348837851305510</id><published>2010-08-31T15:19:00.000+02:00</published><updated>2010-08-31T15:20:17.703+02:00</updated><title type='text'>La dure vérité</title><content type='html'>C’est donc aujourd’hui que le dernier soldat américain de la dernière brigade de combat aura quitté l’Irak, conformément à la promesse de Barack Obama. Le 2 août dernier, le chef de la Maison blanche a réaffirmé cette promesse devant le congrès national des vétérans américains handicapés, réuni à Atlanta. Le discours qu’il avait prononcé à cette occasion comportait une phrase assez bizarre : « La dure vérité est que nous ne voyons pas la fin du sacrifice américain en Irak », avait-il dit.&lt;br /&gt; La notion de sacrifice implique forcément de grandes qualités morales, telle que générosité,  grandeur d’âme, penchant altruiste assez poussé, qualités dont l’armée américaine en Irak ne peut en aucun cas se prévaloir, cela va sans dire et mieux encore en le disant.&lt;br /&gt; Parler de sacrifice américain en Irak relève de la démagogie, car la guerre qui a détruit ce pays n’était pas motivée par le désir d’aider le peuple irakien, comme ont tenté vainement de le faire croire les responsables de ce désastre, mais par un calcul où l’égoïsme et la cupidité de grande puissance ont joué un rôle de premier plan dans le processus de prise de décision qui a conduit à l’invasion de l’Irak.&lt;br /&gt; S’il voulait être honnête et coller à la réalité, le président Obama aurait dû dire aux vétérans américains handicapés que la dure vérité est que personne ne voit la fin des conséquences des erreurs commises par les administrations Bush I et Bush II. La dure vérité est que ni Clinton, qui a succédé à Bush I, ni Obama, qui a succédé à Bush II, n’ont remis en question les choix désastreux de leurs prédécesseurs. Bien au contraire, Clinton a appliqué avec un zèle impitoyable les sanctions imposées à l’Irak par Bush père en 1991, et Obama n’a pas émis la moindre critique de ce qui est désormais connu comme le plus grand fiasco de la politique étrangère américaine depuis la création des Etats-Unis d’Amérique.         &lt;br /&gt; Ceux-ci ne sont pas en train de se sacrifier pour l’Irak, même s’ils ont maintenu 50.000 soldats pour « former » l’armée et la police irakiennes, mais sont en train de payer les erreurs tragiques commises par les Bush père et fils, dont la fixation pathologique sur l’Irak a provoqué le malheur de millions d’Irakiens et de milliers de familles américaines.&lt;br /&gt; Sans doute Saddam Hussein était loin d’être un saint. Il a commis des erreurs monumentales que les ennemis de l’Irak ont pris pour prétexte pour ramener le pays plusieurs décennies en arrière. Mais aussi monumentales que fussent ces erreurs, elles ne justifiaient nullement la destruction d’un pays et son infection par un virus qui s’est révélé d’une virulence cauchemardesque.&lt;br /&gt; Le virus est celui d’Al Qaida que l’intervention américaine a implanté dans le cœur de l’Irak et dont les hordes de kamikazes avaient pris pour cibles les Irakiens et leurs institutions sociales et politiques plutôt que les forces d’occupation américaines.  &lt;br /&gt; L’intervention américaine en Irak a eu des conséquences terrifiantes pour la population irakienne. L’armée envoyée par Bush avait une incroyable capacité de destruction et une tout aussi incroyable incapacité de construction. Elle a détruit en un clin d’œil les institutions politiques, administratives et judiciaires de l’Irak, mais elle n’est pas arrivée en plus de sept ans d’occupation à construire la moindre institution crédible capable de s’acquitter convenablement de son devoir vis-à-vis du peuple irakien. De sorte que, aujourd’hui, celui-ci se trouve dans une situation économique, sociale et politique bien pire qu’au temps du règne du Baath. Pour illustrer le propos avec un seul exemple, au temps de Saddam les Bagdadis avaient de l’électricité pratiquement 24 heures sur 24, aujourd’hui ils ne l’ont pas plus de 6 heures par jour.   &lt;br /&gt; Mais plus grave que la destruction des infrastructures ou des institutions est l’infection de l’Irak par le virus d’Al Qaida, infection qui a déteint largement sur de nombreux pays de la région. La Jordanie a essuyé une série d’attaques meurtrières contre ses installations hôtelières le 9 novembre 2005, le Liban a connu trois mois de violences meurtrières initiées par le groupe terroriste Fatah al islam en automne  2007, et le Yémen fait face aujourd’hui à une vaste campagne de déstabilisation orchestrée par des groupes radicaux liés à Al Qaida. Il est évident que les violences terroristes subies par ces trois pays ont un lien direct avec l’intervention américaine en Irak.&lt;br /&gt; N’ayant réalisé ni succès stratégique, ni succès politique, ni succès militaire, les Américains se rabattent aujourd’hui sur « le succès » du retrait de la moitié de leurs troupes d’Irak. Ce retrait ne peut certes pas être comparé à la déroute américaine au Vietnam au printemps 1975, mais il ne peut pas non plus être qualifié de « succès ». Car pour qu’un retrait soit qualifié de succès, les soldats devraient se retirer la tête haute. Or, dans le cas d’espèce, les 50.000 soldats ayant quitté l’Irak ont peu de raisons d’être fiers de leur mission. On ne peut pas être fiers ni parler de succès quand on a participé à une mission indigne qui se résume en trois mots : intervenir, détruire, partir.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-6384348837851305510?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/6384348837851305510/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=6384348837851305510' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6384348837851305510'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/6384348837851305510'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/08/la-dure-verite.html' title='La dure vérité'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-1560123222954619477</id><published>2010-07-24T11:51:00.000+02:00</published><updated>2010-07-24T11:52:52.597+02:00</updated><title type='text'>La lâcheté de l'un et le courage de l'autre</title><content type='html'>La Commission d’enquête Chilcot, du nom de son président Sir John Chilcot, poursuit ses auditions pour connaître la vérité sur la participation britannique dans l’invasion de l’Irak au printemps de 2003 et ses conséquences. Le 20 juillet dernier, elle a entendu un important témoin : la baronne Eliza Banningham-Buller, patronne du MI5 (les services de sécurité intérieure) entre 2002 et 2007. Compte tenu du poste stratégique qu’elle occupait, Lady Manningham-Buller est sans aucun doute l’une des responsables britanniques les mieux informés à la fois des combines, manigances et tromperies auxquelles avait eu recours le gouvernement d’alors dirigé par Tony Blair pour imposer la participation de Londres à l’invasion de l’Irak au public britannique, et des conséquences désastreuses de cette aventure sur la sécurité de la Grande Bretagne. &lt;br /&gt; Après sept ans de silence, l’ancienne patronne du MI5 a dit tout ce qu’elle a sur le cœur. Son témoignage est dévastateur pour tout ceux qui s’accrochent encore désespérément au mensonge que la guerre d’Irak était nécessaire pour la sécurité de leurs pays et du monde. Ecoutons-la : « Notre implication en Irak a radicalisé toute une génération, pas toute une génération, mais quelques uns d’une génération de jeunes qui voient en notre intervention en Afghanistan et en Irak une agression contre l’islam. »&lt;br /&gt; La baronne a dit aux membres de la Commission d’enquête « ne pas être surprise » par les attentats dans le métro de Londres du 7 juillet 2005 ni par le fait que « de plus en plus de jeunes britanniques soient attitrés par l’idéologie de Ben Laden. »&lt;br /&gt; Elle va plus loin encore en faisant assumer clairement la responsabilité de la terrifiante montée du terrorisme en Irak aux envahisseurs : « L’envahissement de l’Irak et le renversement de Saddam Hussein ont permis à Al Qaida de s’établir dans ce pays, chose qu’elle n’a jamais pu faire avant. De toute évidence, nous avons offert à Oussama Ben Laden son Jihad irakien, de sorte qu’il pût agir librement en Irak comme  jamais auparavant. » Un autre élément important dans le témoignage de Lady Eliza Banningham-Buller : elle a développé l’idée que Saddam Hussein ne constituait aucune menace pour la Grande Bretagne. « Nous ne croyions pas qu’il possédât la capacité d’entreprendre quoi que ce soit contre le Royaume Uni », a-t-elle affirmé devant la Commission Chilcot.&lt;br /&gt; Il serait intéressant de rappeler ici l’idée centrale du témoignage de l’ancien Premier ministre Tony Blair devant la même Commission le 29 janvier dernier : « Si l’on me demande si nous sommes plus sécurisés, si l’Irak va mieux, si notre sécurité est mieux assurée avec Saddam et ses deux fils loin du pouvoir, je réponds, oui en effet, nous le sommes. C’était mieux de faire face à cette menace et de renverser le régime de Saddam. Et, en conséquence, je crois sincèrement que le monde est plus sûr. »&lt;br /&gt; Quelques semaines plus tôt, Tony Blair avait déjà donné le ton. Dans une interview à BBC1, l’ancien Premier ministre britannique a affirmé que « l’invasion de l’Irak était justifiée, même en l’absence d’armes de destruction massive. »&lt;br /&gt; Voici deux anciens responsables d’un même pays, témoignant devant la même Commission, mais avec des dépositions aux antipodes l’une de l’autre. Ni les lecteurs, ni les observateurs, ni les membres de la Commission Chilcot ne trouveront la moindre difficulté pour décider de quel côté se trouve la vérité. La déposition de Lady Banningham-Buller est conforme à la réalité ; celle de Tony Blair est plutôt conforme à un monde imaginaire dans lequel il vit, un monde où tout un chacun vit heureux et en sécurité grâce à la disparition du danger qui menaçait la planète entière : Saddam et ses enfants.&lt;br /&gt; Mais Blair vit-il réellement dans un monde imaginaire, et croit-il sincèrement à ce qu’il a dit le 29 janvier devant la Commission Chilcot ? Il est difficile d’accepter l’idée qu’un homme de l’envergure de Tony Blair qui a mené son parti trois fois successives à la victoire, qui a gouverné la Grande Bretagne une décennie sans interruption, puisse croire honnêtement que le monde d’aujourd’hui est plus sûr et que l’Irak va mieux aujourd’hui qu’au temps de Saddam.  &lt;br /&gt; Tony Blair n’est pas fou et, en déposant devant la Commission, ne peut pas ne pas avoir en tête les millions de morts, de blessés et de mutilés à vie parmi la population irakienne ; il ne peut pas ignorer les millions de déplacés irakiens qui ont vu leur vie détruite ; il ne peut pas ignorer le terrifiant développement du terrorisme suicidaire, rarissime avant l’invasion de l’Irak ; il ne peut pas ignorer le mal dévastateur infligé au droit international et au système onusien d’une manière générale. Mais il a feint d’ignorer tout ça, répétant à l’envi que le monde va mieux sans Saddam, que l’invasion est justifiée même sans armes de destruction massive et que si c’était à refaire, il ne changerait rien à sa décision.&lt;br /&gt; Blair est un cas atypique. Il est à la fois intelligent et lâche. Intelligent par l’impact personnel qu’il a pu imprimer à La Grande Bretagne au cours de la décennie écoulée. Lâche par son incapacité à reconnaître son erreur, en dépit ou, peut-être, à cause de l’immensité de cette erreur. Il demeure une exception dans le mauvais sens du terme. La règle est du côté de la coexistence de l’intelligence et du courage, comme dans le cas typique de Lady Eliza Banningham-Buller. Bien qu’il eût été plus intelligent et plus courageux de sa part de dire ce qu’elle avait sur le cœur sept ans plus tôt. Par exemple le 5 février 2003, le jour où Colin Powell, secrétaire d’Etat américain, et Jack Straw, ministre britannique des AE, faisaient leur cinéma à l’ONU.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-1560123222954619477?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/1560123222954619477/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=1560123222954619477' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1560123222954619477'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/1560123222954619477'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/la-lachete-de-lun-et-le-courage-de.html' title='La lâcheté de l&apos;un et le courage de l&apos;autre'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3251023056139896063</id><published>2010-07-21T11:42:00.000+02:00</published><updated>2010-07-21T11:43:47.575+02:00</updated><title type='text'>La confession banale de Benyamin Netanyahu</title><content type='html'>Plus d’une fois on l’a dit et redit dans ces mêmes colonnes. Durant son premier mandat de Premier ministre d’Israël (1996-1999), Benyamin Netanyahu a tout fait pour briser les accords d’Oslo du 13 septembre 1993. Et il a réussi au-delà de ses espérances sans que cela ne provoque de réaction sérieuse de la part des Etats-Unis. Pourtant ce pays avait payé cher, en énergie et en argent, pour voir ces accords signés, et Bill Clinton, le président américain de l’époque, en avait fait une fierté personnelle.&lt;br /&gt; Pendant les trois années qu’il a passées au poste de Premier ministre à la fin du siècle dernier, Netanyahu était engagé dans une véritable course contre la montre, le but étant de faire tout ce qu’interdisaient les accords d’Oslo et de bloquer tout ce qu’ils appelaient à concrétiser. Il avait remporté la course, et ces accords étaient entrés lentement dans le domaine de l’oubli. &lt;br /&gt; Qui parle maintenant des accords d’Oslo ? Qui se rappelle de leur contenu ? Ils ont été enterrés sous les bombes des guerres israéliennes engagées contre les Palestiniens à Jénine, Naplouse, Ramallah, Gaza, Qalqilia, Tulkaram. Pas une ville palestinienne n’a échappé aux campagnes de l’armée israélienne, dont la violence s’est dramatiquement intensifiée depuis le déclenchement de la deuxième intifadha le 27 septembre 2000, suite à la visite provocatrice d’Ariel Sharon à l’esplanade des mosquées.&lt;br /&gt; L’agressivité excessive qui a marqué les campagnes de l’armée israélienne durant la décennie 2000-2010 vise bien sûr à réprimer la combativité palestinienne, mais elle vise aussi à signifier que les accords politiques n’intéressent pas Israël. Ce qui compte pour ce pays, c’est la force militaire. D’autant plus que son usage, aussi excessif soit-il, n’a jamais provoqué autre chose de la part de la communauté internationale que des protestations timides et inoffensives dont l’effet est encourageant plutôt que dissuasif pour la classe politique israélienne.&lt;br /&gt; Morts et enterrés, les accords d’Oslo ont ressuscité la semaine dernière. On en parle depuis quelques jours, non pas parce qu’ils suscitent l’intérêt d’une quelconque force influente dans le monde, ni parce que les Israéliens se sont rendus compte qu’ils ont raté une belle occasion de résoudre un conflit dans lequel ils sont embourbés depuis des décennies. On en parle parce qu’une vidéo montrant Netanyahu parler de ces accords a été rendue publique.&lt;br /&gt; La vidéo a été filmée en 2001 à l’insu de Netanyahu. A l’époque, Ariel Sharon avait entrepris sa large et violente campagne de recolonisation des grandes villes de Cisjordanie. Netanyahu, qui était en chômage temporaire avant de rejoindre le gouvernement Sharon au poste de ministre des Finances, se trouvait en ce jour de 2001 dans une maison de colons située dans l’une des colonies les plus extrémistes et les plus violentes de Cisjordanie, celle d’Ofra qui surplombe la route reliant Jérusalem à Naplouse. &lt;br /&gt; On n’a pas d’idée précise sur le timing choisi par la 10e chaîne israélienne pour passer la vidéo vendredi dernier à une heure de grande écoute. Toujours est-il que, juste après avoir été vue par le public israélien, elle a fait le tour du monde, et les médias internationaux en ont fait leurs choux gras. &lt;br /&gt; Filmé malgré lui donc, Netanyahu était assis sur un sofa et parlait à ses hôtes sur le ton de la confidence. Il leur expliquait comment il trompait Bill Clinton, le président américain de l’époque, en lui faisant croire qu’il appliquait les accords d’Oslo, alors qu’il s’appliquait plutôt à les détruire. Comment ? En faisant des retraits mineurs de la Cisjordanie, tout en intensifiant la colonisation. Il a dévoilé à ses hôtes le « truc » qu’il a trouvé pour arrêter les retraits : redéfinir les endroits de Cisjordanie classés « zones militaires ». Il a inclus parmi ces zones la vallée du Jourdain, de manière à ne pas se retirer de cette partie vitale des territoires palestiniens occupés.&lt;br /&gt; Deux autres confessions ont été faites par Netanyahu. Il a informé ses hôtes de la colonie d’Ofra combien « il est facile d’orienter les Etats-Unis dans la bonne direction ». Il les a informés aussi que loin d’être défensive, la répression impitoyable du soulèvement palestinien (on était en 2001 et la répression de la seconde intifada battait son plein), cette répression donc visait à détruire l’Autorité palestinienne, dirigée alors par Yasser Arafat, afin de l’obliger à se plier aux « diktats israéliens ».&lt;br /&gt; Il est peu probable que la diffusion à grande échelle de cette confession puisse embarrasser son auteur. Car Netanyahu sait que le monde sait, bien avant sa banale confession, que sa politique ainsi que celles de ses prédécesseurs n’ont qu’un seul objectif : barrer la route à toute initiative de paix, violer l’esprit et la lettre de tous les accords signés avec les Palestiniens, tout en transformant sans relâche la réalité sur le terrain de manière à rendre impossible matériellement et géographiquement l’établissement d’un Etat palestinien.&lt;br /&gt; En revanche il est très probable, et même certain, que cette confession et le bruit qu’elle est en train de faire embarrasse assez sérieusement le président américain. Non pas le « trompé » Bill Clinton qui, d’après lui, n’a plus qu’un rêve : « escalader le Kilimandjaro avant de mourir », mais Barack Obama qui, il y a juste quelques semaines, a eu l’imprudence d’affirmer : « Oui, je crois que Benyamin Netanyahu est capable de faire la paix ». Maintenant que le monde entier apprend de la bouche même de Netanyahu qu’il est bien plus capable de tromper les présidents américains que de faire la paix avec les Palestiniens, Obama doit être bien embarrassé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3251023056139896063?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3251023056139896063/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3251023056139896063' title='2 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3251023056139896063'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3251023056139896063'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/la-confession-banale-de-benyamin.html' title='La confession banale de Benyamin Netanyahu'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8208641386102423689</id><published>2010-07-19T16:25:00.003+02:00</published><updated>2010-07-19T16:55:36.478+02:00</updated><title type='text'>Une bougie dans le vent</title><content type='html'>Le père de Nelson Mandela avait tort de donner à son fils le nom de « Rolihlahla », ce qui signifie, en langue xhosa, celui par qui les problèmes arrivent. Si, en langue xhosa, il y avait un mot qui signifiait « celui par qui les solutions arrivent », il siérait beaucoup mieux à celui qui est devenu dans le monde entier le symbole de la tolérance, du pardon, et de l’humilité.&lt;br /&gt; C’est grâce à ces trois qualités essentielles que Mandela a pu organiser une transition étonnamment pacifique d’un pays qui, durant des décennies, a vécu l’une des plus grandes injustices de l’histoire : cinq millions de Blancs maintenaient, par le fer et le feu, vingt cinq millions de Noirs dans des conditions infrahumaines. &lt;br /&gt; L’ampleur des injustices subies par les Noirs sud-africains de la part des Boers étaient telles que la transition aurait sans aucun doute été terrifiante sans les trois qualités essentielles de Nelson Mandela, et sans son charisme, élément fondamental, qui explique la facilité avec laquelle il a pu convaincre son peuple de se laisser guider par les sentiments positifs (tolérance, pardon, humilité), plutôt que par les sentiments négatifs (intolérance, vengeance, arrogance). &lt;br /&gt; Le 11 février 1990, « le détenu 46664 » était libéré. Ses geôliers n’en croyaient pas leurs yeux. Comment, se demandaient-t-ils, un homme qui a passé 27 ans de sa vie dans une cellule de la prison de Robben Island, en sort équilibré, souriant, sans amertume, malgré les terribles conditions de détention ? Comment, se demandaient-ils, un homme qui a été soumis aux pires traitements par le régime raciste de Pretoria, arrive-t-il à se fixer pour unique objectif de construire une nation arc-en-ciel où Blancs et Noirs travailleraient côte à côte et auraient les mêmes chances, alors qu’il avait tous les moyens de régler des comptes et de se venger des oppresseurs de son pays et de son peuple ?&lt;br /&gt; Mandela s’est vengé à sa manière. Une manière douce, intelligente, noble. Une manière qui consiste à pousser l’ancien oppresseur à se poser les questions les plus dérangeantes et les plus déroutantes, à se torturer lui-même moralement en lui montrant la différence entre sa petitesse et la grandeur d’âme de sa victime, entre son arrogance et l’humilité de sa victime, entre le traitement inhumain de 25 millions d’êtres humains à cause de la couleur de leur peau et le pardon de leurs victimes.&lt;br /&gt; Mandela a pardonné, mais, bien entendu, pardon ne signifie pas oubli. Car ce qu’a fait l’apartheid en Afrique du sud ne s’oublie pas. Cependant, la grandeur d’âme de Mandela, son intelligence politique, sa conception particulière de la justice qui consiste non pas à punir l’ancien oppresseur, mais à le pousser à regretter ce qu’il a fait, à déchaîner en lui l’intolérable sentiment du remords, tous ces éléments, donc, ont balisé le terrain à l’instauration d’un régime politique acceptable à la fois pour les Blancs et les Noirs, et à la transformation de l’Afrique du sud en moins de deux décennies en première puissance économique de continent. Ainsi, en moins de deux décennies l’Afrique du sud est passé du statut de pays méprisé, isolé, honni, à celui de pays respectable, couvert de louanges et dont l’amitié et la coopération sont recherchées par pratiquement tous les pays du monde.&lt;br /&gt; Cette réalisation peu commune, d’une part, et l’esprit de tolérance et de pardon de Nelson Mandela, d’autre part, ont apporté au continent africain et au monde une bouffée de fraîcheur, de paix et de liberté dans une planète secouée par la haine et les conflits sanglants. &lt;br /&gt; Dans le bruit et la fureur qui caractérisent notre monde d’aujourd’hui, l’esprit de tolérance et d’ouverture sur l’autre de Mandela est aussi fragile q’une bougie dans le vent. La célèbre chanson « Candle in the wind » (Bougie dans le vent), écrite par Bernie Taupin, interprétée une première fois par Elton John en 1973 en hommage à Marilyn Monroe, et interprétée une deuxième fois en 1997 en hommage à la princesse Diana, pourrait parfaitement être interprétée une troisième fois en hommage à Nelson Mandela, qui a fêté dimanche son anniversaire, en soufflant 92 bougies…&lt;br /&gt; Et précisément, c’est parce qu’elle est consciente du caractère à la fois précieux et fragile de l’héritage politique et moral de Nelson Mandela, que l’ONU a fait du 18 juillet, jour de son anniversaire, « une journée internationale » pour la promotion de la paix et de la tolérance dans le monde. C’est une décision très inspirée, car elle aide cette bougie qui s’entête à briller au milieu de l’obscurité et de l’obscurantisme ambiants à résister aux tempêtes qui font rage dans de nombreux foyers de tension en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, dans le Golfe et ailleurs.&lt;br /&gt; Dimanche dernier, on a assisté à une première mondiale : un homme fête en privé et dans l’intimité familiale son anniversaire, célébré en même temps dans le monde entier, dans le cadre de la journée internationale qui lui est dédiée. Mandela le mérite amplement après 67 ans de combat au service de son peuple d’abord, de l’humanité ensuite. Si tous les politiciens avaient le même patrimoine génétique que Nelson Mandela, la planète ne serait-elle pas un paradis ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8208641386102423689?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8208641386102423689/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8208641386102423689' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8208641386102423689'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8208641386102423689'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/une-bougie-dans-le-vent.html' title='Une bougie dans le vent'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-2127407957976614585</id><published>2010-07-17T11:33:00.002+02:00</published><updated>2010-07-17T17:08:46.624+02:00</updated><title type='text'>A propos d'un "Comité d'urgence pour Israël"</title><content type='html'>Ils rasent les murs pendant un moment, font profil bas, tentent de se faire oublier, puis émergent de nouveau et, comme si de rien n’était, comme s’ils n’avaient provoqué aucun malheur, comme s’ils n’avaient contribué à aucun désastre, reprennent leur travail de sape de la paix dans le monde en général, et au Moyen-Orient en particulier.&lt;br /&gt; On se rappelle comment les néoconservateurs américains se sont alliés aux chrétiens sionistes et aux évangélistes. On se rappelle comment ils ont profité de la naïveté politique de George W. Bush pour le convaincre qu’il est un bienfaiteur de l’humanité, que Dieu l’a chargé de la mission sacrée de « terrasser l’axe du mal » et qu’il devait commencer par abattre son premier pilier : le régime baathiste de Saddam Hussein.  &lt;br /&gt; Après avoir contribué de manière décisive à embourber leur pays dans les sables mouvants mésopotamiens, les pseudo-intellectuels du courant néoconservateur américain se sont inscrits pendant un certain temps aux abonnés absents. On n’entendait plus beaucoup les Paul Wolfowitz, Richard perle, Robert Kagan, William Kristol,  Elliot Abrams, Michael Ledeen, David Frum, John Bolton etc.   &lt;br /&gt; Certes, les deux organes principaux de ce courant, « Commentary » et « The Weekly Standard », n’ont pas cessé de paraître, mais ils ont perdu beaucoup de leur crédibilité et de leur influence. Le désastre irakien a été pour ces gens du néoconservatisme américain un coup fatal, signalant une triple banqueroute : intellectuelle, morale et politique.&lt;br /&gt; Cependant, en dépit de cette banqueroute, on vient d’apprendre par la presse américaine que les durs à cuire de ce courant, William Kristol, Michael Goldfarb, Noah Pollack, Rachel Abrams et quelques autres, se sont associés avec l’évangéliste Gary Bauer pour créer un… « Comité d’urgence pour Israël ». &lt;br /&gt; Mais avant de commenter cette nième trouvaille américaine pour la défense d’Israël, on doit avouer qu’il est réellement difficile de conclure si ces revenants sont conscients de leur banqueroute multiforme et font comme si elle n’existe pas, ou alors, tout comme le fou de Gogol qui se prend pour le roi d’Espagne, ils se prennent pour la crème des intellectuels américains, convaincus que non seulement les intérêts d’Israël et des Etats-Unis sont intimement liés, mais que les intérêts du reste de la planète ne peuvent se concevoir qu’en fonction des intérêts israélo-américains. &lt;br /&gt; Quoiqu’il en soit, ces pseudo-intellectuels pensent qu’Israël court un grand danger et a besoin, en plus de l’armée la plus puissante du Moyen-Orient, en plus des deux cents têtes nucléaires, en plus du soutien inconditionnel financier et militaire américain, en plus de tout cela donc, Israël a besoin d’un « Comité d’urgence » évangélisto-néoconservateur pour terrasser les dangers qui le menacent.    &lt;br /&gt; C’est un fait qu’Israël a besoin de toute urgence de ce genre de Comité. Non pas parce qu’il est en danger, mais parce qu’il est un danger. Un danger pour ses voisins d’abord, pour lui-même ensuite.&lt;br /&gt; Depuis sa création, Israël s’est révélé être un Etat incroyablement agressif. Si l’on fait le bilan de la période historique allant du 5 juin 1967 (guerre des 6 jours) au 28 décembre 2009 (guerre de Gaza), on restera bouche bée face au nombre monstrueusement élevé de guerres et d’agressions contre ses voisins, face à son appétit gargantuesque d’avaler les terres des autres, face à l’inhumanité foncière qui l’habite et qui le pousse à détruire en une journée des infrastructures que ses victimes mettent des années à construire. Les Palestiniens et les Libanais en particulier ont vécu cela dans leur chair et peuvent citer mille et un exemples sur la férocité de ce pays qui, depuis 43 ans au moins, constitue pour eux un danger permanent.&lt;br /&gt; Mais Israël s’est révélé aussi être un danger pour lui-même dans la mesure où, durant près d’un demi siècle, son comportement d’Etat agressif, injuste, impitoyable et au dessus des lois internationales devrait un jour ou l’autre avoir l’effet d’un boomerang. Et de fait, de par son isolement international de plus en plus prononcé, de par l’inimitié ou le mépris que lui vouent des milliards d’êtres humains dans le monde, de par l’impasse dans laquelle il s’engage inexorablement, Israël est en train de vivre cet effet de boomerang, se transformant chaque jour un peu plus en danger pour lui-même.&lt;br /&gt; Danger pour lui-même et pour ses voisins, Israël n’a pas besoin d’un « Comité d’urgence » évangélisto-néoconservateur, mais d’un véritable Comité d’urgence que créerait  un groupe de pays pour traiter ce cas pathologique inédit dans les relations internationales. Il y a un groupe de pays qui, en plus du crédit international dont il dispose aux yeux d’une bonne partie du monde, possède les moyens politiques et matériels pour créer un tel Comité : le BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). &lt;br /&gt;Ces quatre pays sont suffisamment honnêtes et suivent des politiques suffisamment équilibrées avec les uns et les autres. Par conséquent, ils ne peuvent qu’être assurés du soutien le plus large possible pour toute initiative par laquelle ils viseraient à assainir les relations internationales de la pollution provoquée depuis des décennies par les excès de la politique israélienne.           &lt;br /&gt; Pour revenir aux néoconservateurs, il faut relever ici le paradoxe qui veut qui ceux qui ne cessent de mette Israël en difficulté en le poussant à commettre les plus grandes folies, sont aussi ceux qui s’inquiètent le plus de ces difficultés au point de créer des comités d’urgence pour lui venir en aide. Cela dit, le meilleur service que ces gens du néoconservatisme américain puissent présenter à Israël, à leur propre pays et au monde, c’est de s’abstenir d’aider. C’est de ne plus rater les occasions en or de se taire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-2127407957976614585?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/2127407957976614585/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=2127407957976614585' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2127407957976614585'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/2127407957976614585'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/propos-dun-comite-durgence-pour-israel.html' title='A propos d&apos;un &quot;Comité d&apos;urgence pour Israël&quot;'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-3511019339985844221</id><published>2010-07-14T16:30:00.000+02:00</published><updated>2010-07-14T16:31:43.742+02:00</updated><title type='text'>Manipulation à des fins répugnantes</title><content type='html'>Cela fait trois ans maintenant depuis que les Jordaniens ont découvert 65000 tonnes d’uranium enfouis dans le désert, non loin d’Amman, mais ils continuent toujours d’importer 95% de leurs besoins en énergie électrique, principalement d’Arabie Saoudite. Les milliards de dollars dépensés chaque année pour payer la facture d’électricité sont une charge intenable pour la trésorerie jordanienne, ce qui constitue un obstacle majeur au développement économique et social du pays.&lt;br /&gt;Le roi Abdallah II de Jordanie a mis la chose sur la place publique en juin dernier dans une interview qu’il a accordée au quotidien américain « The Wall Street Journal ». A la lecture de l’interview, on apprend que les relations israélo-jordaniennes n’ont jamais été aussi mauvaises qu’aujourd’hui depuis 1994, date de la signature du traité de paix entre les deux pays par Feu le roi Hussein et le Premier ministre israélien d’alors, Yitzhak Rabin.&lt;br /&gt;La dégradation des relations est due à l’interférence d’Israël dans les affaires jordaniennes. Cette interférence israélienne est d’une extrême gravité pour l’avenir de la Jordanie dans la mesure où elle vise à perpétuer la dépendance énergétique et l’hémorragie financière qui s’ensuit, en empêchant l’exploitation de l’uranium jordanien.&lt;br /&gt;Il est à rappeler ici que la Jordanie a mis au point un plan ambitieux consistant à exploiter l’uranium de son sous-sol et de l’utiliser dans la production de l’électricité. Le plan prévoit dans un premier temps l’autosuffisance en matière d’énergie électrique, et dans un deuxième temps, l’exportation aux voisins de cette même énergie, ce qui constituerait un développement prodigieux pour le pays.  &lt;br /&gt;On imagine la consternation des Jordaniens quand Israël s’est manifesté aussitôt pour leur mettre les bâtons dans les roues. Au début, Israël a proposé à la Jordanie une exploitation en commun de leur uranium fraîchement découvert. Un peu comme si, sans rime ni raison, votre voisin vient vous demander de partager avec lui vos biens. Après le refus légitime de cette demande incongrue, Israël a décidé d’agir sur deux axes. D’une part, il s’est tourné vers la France et la Corée du sud chez qui la Jordanie a commandé des réacteurs nucléaires pour les presser de ne rien fournir aux Jordaniens. D’autre part, il a demandé à Washington de faire ce qu’il faut pour empêcher Amman d’aller de l’avant dans la concrétisation de son programme nucléaire civil.&lt;br /&gt;Pour l’instant aucune information n’est disponible sur l’effet des pressions israéliennes sur la France et la Corée du sud, et on ne sait pas si ces deux pays vont fournir les réacteurs commandés ou ils vont se défiler.&lt;br /&gt;Pour les Etats-Unis, les choses sont claires et limpides. Ils ont adopté comme étant les leurs toutes les objections et les exigences israéliennes. Pourtant, ce ne sont pas les arguments qui manquent pour remettre Israël à sa place et laisser les Jordaniens s’occuper de leurs affaires comme ils l’entendent, du moment qu’ils ne nuisent à personne.&lt;br /&gt;La Jordanie est un pays signataire du TNP, et, à ce titre, elle a le droit de construire des centrales nucléaires et d’enrichir son uranium. De plus, pays pauvre, la Jordanie ne cherche qu’à développer son économie et à améliorer les conditions de vie de son peuple. Par conséquent, l’idée qu’elle puisse un jour constituer une menace pour ses voisins est absurde.&lt;br /&gt;Au lieu d’opposer ces arguments aux Israéliens et de leur demander d’arrêter un peu de tirer le diable par la queue, les Etats-Unis ont adopté leurs points de vue et, avec une frivolité indigne d’une grande puissance, ont soumis les Jordaniens à un chantage en règle : ou ils « coordonnent » leur programme nucléaire civil avec Israël, ou ils mettent une croix su l’aide annuelle qu’ils reçoivent de Washington. En termes concrets, pour donner l’autorisation à Amman, Washington a besoin de l’autorisation de Tel Aviv. Voilà où en sont aujourd’hui les relations internationales…    &lt;br /&gt;Apparemment cet ultimatum a été transmis à la Jordanie lors de la récente rencontre entre la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, et le ministre jordanien des Affaires étrangères, Nasser Judah. Cette rencontre n’a pas dû pas être très cordiale et le ministre jordanien a sûrement quitté son homologue américaine avec une amertume profonde. La même amertume que ressent quelqu’un qui, vivant à l’étroit et inconfortablement dans sa maison, et qui, ayant eu les moyens d’améliorer son sort et celui de sa famille, s’est vu refuser les travaux nécessaires par son voisin qui a pu lui imposer sa volonté rien que parce qu’il est bien introduit et a des relations haut placées.  &lt;br /&gt;Israël a des relations haut placées dans le monde. On sait que depuis des décennies, ce pays utilise ses relations pour se comporter impunément en hors-la-loi. On sait qu’il les utilise pour coloniser, déclencher des guerres, détruire des infrastructures, bombarder où et quand il veut, transformer la vie de millions de personnes en enfer. Mais Israël utilise aussi ses relations haut placées pour maintenir des pays dans la pauvreté et le sous-développement. &lt;br /&gt;Derrière les guerres répétées contre le Liban, n’y a-t-il pas l’idée de couper les ailes de ce pays chaque fois qu’il s’apprête à décoller ? Derrière la dépossession du peuple palestinien de ses terres, les bombardements rituels de ses infrastructures et les blocus à répétition, n’y a-t-il pas une volonté de maintenir ce peuple dans la misère afin qu’il n’ait jamais les moyens de recouvrer ses droits légitimes ? Derrière ces pressions visant à empêcher la Jordanie de développer ses propres sources d’énergie, n’y a-t-il pas une détermination à maintenir le peuple jordanien dans la pauvreté afin qu’il demeure dépendant de l’aide étrangère, et donc sans aucun moyen de refuser les ordres venant de Washington et de Tel Aviv ?&lt;br /&gt;Voici la vérité que la propagande israélo-américaine tente de cacher aux yeux du monde. Israël se sert de ses relations avec les Etats-Unis pour semer la destruction et perpétuer la misère au Moyen-Orient. Jusqu’à quand la République fondée par George Washington et ses amis va-t-elle se laisser manipuler à des fins aussi répugnantes ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-3511019339985844221?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/3511019339985844221/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=3511019339985844221' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3511019339985844221'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/3511019339985844221'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/manipulation-des-fins-repugnantes.html' title='Manipulation à des fins répugnantes'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7882707844238415622</id><published>2010-07-12T16:49:00.000+02:00</published><updated>2010-07-12T16:50:16.167+02:00</updated><title type='text'>La tragi-comédie du Proche-Orient</title><content type='html'>Il semble que Barack Obama a battu George Bush à plate couture, le dépouillant de son titre de président le plus pro-israélien des Etats-Unis. C’est en tout cas l’avis de MJ Rosenberg, l’un des analystes politiques les plus en vue à Washington qui a analysé le « match » Netanyahu-Obama de mercredi dernier à Washington, une partie qui, dit-t-il, s’est terminée « 1-0 » en faveur du Premier ministre israélien.&lt;br /&gt; Dana Milbank, du Washington Post, est allé plus loin encore. Ayant fait remarquer que le drapeau israélien flottait sur Blair House, où résidait Netanyahu lors de sa récente visite à Washington, et que, à quelques dizaines de mètres de là, la bannière étoilée flottait sur la Maison blanche, le journaliste du Washington Post a ajouté cette phrase assassine : « les responsables de la Maison blanche auraient très bien pu arborer à la place le drapeau blanc de la reddition. »&lt;br /&gt; Tout d’abord, considérons ce passage d’une déclaration d’Obama après sa rencontre avec Netanyahu : « Nous avons discuté des questions relatives à la conférence sur la non-prolifération nucléaire, et j’ai répété au Premier ministre qu’il n’y a aucun changement dans la politique américaine à ce niveau. Nous croyons fermement que, compte tenu de sa taille, de son histoire, de la région dans laquelle il se trouve, et des menaces qui nous guettent et qui le guettent, Israël a des exigences de sécurité uniques. Il doit être capable de répondre à toute menace ou combinaison de menaces dans la région. Et c’est pour cela que nous demeurons inébranlables dans notre engagement à l’égard de la sécurité d’Israël. »&lt;br /&gt; Les mots clés dans cette déclaration sont « les exigences de sécurité uniques ». Le message est clair : à pays unique et peuple unique, des exigences de sécurité uniques et un engagement unique de la part de l’unique superpuissance. En d’autres termes, tous les autres pays du monde peuvent estimer qu’ils ont des exigences de sécurité, mais aucun n’a droit à l’adjectif « unique ». Quiconque pense avoir les mêmes exigences de sécurité qu’Israël et commence à agir en conséquence, est mis à l’index, diabolisé, dénoncé, honni, traîné devant les instances onusiennes et forcé de subir les sanctions les plus lourdes.&lt;br /&gt; La faute, la très grande faute de pays comme l’Iran et la Corée du nord, par exemple, est qu’ils ont pensé eux aussi avoir des exigences de sécurité uniques, tout comme Israël, et d’avoir estimé que le droit international est suffisamment juste et objectif pour les laisser se doter des moyens de se défendre, en les traitant sur le même pied d’égalité qu’Israël. Ils ont fini par se rendre compte à leurs dépens, sanctions à l’appui, qu’il n’en est rien et que, dans ce bas monde, n’est pas Israël qui veut.&lt;br /&gt; Pour revenir à Obama, il a le doit de tenir une année un discours, et celle d’après le contraire. Après tout, comme disent les Français, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Mais ce qui est inacceptable, c’est la duplicité, le double jeu et cette manière bien américaine de soutenir par la parole le processus de paix au Proche-Orient, tout en le minant par l’action.&lt;br /&gt; La puissance américaine a le droit de soutenir sans retenue Israël, si elle estime que c’est là et nulle part ailleurs que se trouve son intérêt vital. Les Etats-Unis ont le droit d’accorder tous les avantages fiscaux qu’ils veulent aux institutions américaines qui financent les colonies de Cisjordanie, s’ils ne savent plus quoi faire de leur argent. Le président Obama a le droit de dire que son pays ne demandera jamais à Israël de faire la moindre concession qui mettrait en danger sa sécurité, si telle est sa conclusion à quatre mois d’échéances électorales vitales pour son administration. Les Américains ont le droit de considérer les armes nucléaires israéliennes et la colonisation qui se poursuit depuis 43 ans comme des éléments fondamentaux de la sécurité israélienne, si telle est leur conception de la sécurité. Mais ils n’ont aucun droit de continuer indéfiniment à prendre les Palestiniens pour les dindons de la farce et de les maintenir sous pression pour qu’ils continuent à jouer ce rôle malgré eux.&lt;br /&gt; Les Etats-Unis, tout en laissant à Israël la bride sur le cou, ont mobilisé leur puissante machine diplomatique pour presser les Palestiniens à reprendre les négociations directes avec le gouvernement israélien actuel. La question centrale est la suivante : négocier quoi ? Les Américains n’ont aucune réponse à cette question, parce qu’ils savent pertinemment qu’au rythme où va la colonisation, qu’ils n’ont même pas eu le courage de discuter avec Netanyahu la semaine dernière, les négociations n’ont plus d’objet. &lt;br /&gt; Les Palestiniens, qui ont discuté pendant 17 ans directement avec Israël en vain, savent mieux que quiconque qu’il n’y a rien à discuter. Le président Abbas a eu raison d’affirmer dimanche qu’« il est futile et inutile » de reprendre les négociations directes avec Israël. Les Palestiniens savent pertinemment aussi que les pressions américaines de les faire revenir à la table des négociations n’ont rien à voir avec la paix au Proche-Orient, mais avec la volonté israélo-américaine de maintenir aux yeux du monde la fiction d’un processus de paix enterré depuis longtemps sous le béton des centaines de colonies dont certaines, à l’exemple d’Ariel et de Ma’ali Adumim, sont de véritables villes israéliennes au cœur de la Cisjordanie, sans parler de la judaïsation de la ville sainte de Jérusalem.     &lt;br /&gt; Il est inacceptable que les Etats-Unis utilisent les quelques dollars qu’ils donnent aux Palestiniens pour les obliger à tenir un rôle peu glorieux dans ce qu’il faut bien appeler désormais la tragi-comédie du Proche-Orient. Il serait plus honnête de reconnaître la triste vérité et de l’annoncer au monde. Le cancer des colonies israéliennes a fait sa métastase et est devenu incurable. Par conséquent, et si l’on veut être honnête avec soi et avec les autres, il faut dire la vérité. Israël n’a plus que deux solutions : soit un Etat binational démocratique, soit un régime d’apartheid à la sud africaine.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-7882707844238415622?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/7882707844238415622/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=7882707844238415622' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7882707844238415622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/7882707844238415622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/la-tragi-comedie-du-proche-orient.html' title='La tragi-comédie du Proche-Orient'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-5931841478123335652</id><published>2010-07-10T10:46:00.002+02:00</published><updated>2010-07-10T16:26:34.802+02:00</updated><title type='text'>Sortira-t-on un jour de l'auberge?</title><content type='html'>Commençons par rappeler les faits. Mars 2010 : le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, arrivait aux Etats-Unis pour rencontrer le président Barack Obama. Celui-ci était furieux contre celui-là, et l’accueil était extrêmement glacial. Obama avait même laissé patienter le visiteur indésirable, le temps de terminer tranquillement son dîner avec sa famille dans les étages supérieurs de la Maison blanche. Photographes et cameramen avaient chômé ce jour là, et les agences de presse n’avaient pas le moindre communiqué commun ni la moindre déclaration à se mettre sous la dent.&lt;br /&gt; Juillet 2010 : le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, arrivait aux Etats-Unis pour rencontrer le président Barack Obama. Celui-ci était tout sucre tout miel avec celui-là. L’accueil était extrêmement chaleureux. Photographes et cameramen avaient fait des heures supplémentaires ce jour là, et les téléscripteurs n’avaient pas arrêté de cracher toutes sortes d’informations sur la rencontre, ponctuée d’éloges mutuels que se faisaient les deux hommes, de déclarations enfiévrées sur le caractère indestructible des relations entre Israël et les Etats-Unis, sur l’engagement éternel de ceux-ci pour la sécurité et le bien-être de celui-là etc.&lt;br /&gt; Mais les choses ne s’arrêtaient pas là. Si l’on en croit le quotidien israélien « Haaretz », l’administration Obama « a reconnu le droit d’Israël de posséder des armes nucléaires à des fins dissuasives », une première dans les annales de la diplomatie américaine. D’autre part, la même administration a promis à Israël que la conférence sur la dénucléarisation du Moyen-Orient, prévue en septembre prochain, serait tout bonnement annulée, si les participants maintenaient leur intention de faire du nucléaire israélien l’objet central de cette conférence qui, rappelons-le, était une idée américaine. &lt;br /&gt; Mieux encore, l’administration Obama a regretté ce qu’elle a appelé son « erreur » d’avoir demandé à ce qu’Israël rejoigne le TNP et ouvre ses installations nucléaires à l’inspection de l’AIEA…&lt;br /&gt; Comme si tout cela n’est pas assez, Obama s’est adressé aux Israéliens sur leurs chaînes de télévision pour les rassurer de son soutien indéfectible. Quand la journaliste Yonit Levy de la deuxième chaîne israélienne lui faisait part de l’ « anxiété » qu’il suscitait chez les Israéliens, Obama répondit que « ça s’explique par le fait que mon patronyme est Hussein, et cela crée la suspicion »…&lt;br /&gt; Mais Obama se voulait plus rassurant et plus persuasif encore sur la deuxième chaîne israélienne : « Mon chef du personnel (à la Maison blanche) s’appelle Rahm Israel Emanuel, et mon plus grand conseiller politique est un descendant de survivants de l’Holocauste. Et mon étroite relation avec la communauté juive américaine est probablement ce qui m’a propulsé au sénat américain.» &lt;br /&gt;La prudence américaine et les caresses dans le sens du poil continuent. A la question si les Etats-Unis vont presser Israël de prolonger le moratoire sur la colonisation qui se termine en septembre prochain, Obama n’a pas répondu. Il a tout simplement esquivé la question. En revanche, il a répondu avec empressement à la question de la journaliste israélienne s’il considérait Netanyahu capable de signer un accord de paix avec les Palestiniens : « Oui », Obama pense que « Netanyahu pourrait le faire ». Voilà, Netanyahu est, selon Barack Hussein Obama, un homme de paix, tout comme l’était Sharon, selon George Walker Bush… &lt;br /&gt;Qu’est ce qui s’est passé entre les deux visites de Netanyahu chez Obama ? Rien, sinon qu’Israël a encore aggravé son cas en attaquant dans les eaux internationales la flottille de la paix et en tuant neuf personnes, dont un Américain d’origine turque. Pourquoi alors ce changement de 180° dans l’attitude du président américain vis-à-vis de Netanyahu ? Ce désir ardent de plaire aux Israéliens ? Ces appels du pied au Lobby ?&lt;br /&gt;Une chose est certaine : Obama et ses conseillers ont clairement regretté l’accueil glacial réservé à Netanyahu en mars dernier et ont décidé de tout entreprendre pour lui faire oublier cette petite humiliation, tout en se fixant des lignes rouges à ne pas dépasser. Tout le monde a remarqué que l’équipe Obama n’a pas évoqué le moindre sujet de nature à déplaire aux Israéliens ou susceptible de froisser l’âme sensible de leur Premier ministre. Exit donc les questions relatives aux colonies et à l’attaque contre la flottille de la paix dans les eaux internationales, et place à la liste interminable des droits d’Israël et des devoirs des Etats-Unis à son égard.&lt;br /&gt;La raison concrète de ce revirement de 180° ? Il reste moins que quatre mois aux élections de mi-mandat de novembre 2010 qui verront le renouvellement du tiers du sénat et de la totalité de la Chambre des représentants. L’administration Obama est visiblement inquiète du fait que plus cette échéance approche, plus la situation économique et sociale se complique et plus les chances des Républicains de rafler la mise se précise.&lt;br /&gt;L’économie menace de sombrer dans la dépression, le chômage est en augmentation constante, des dizaines de millions d’Américains peinent à joindre les deux bouts ou à s’acquitter de leurs crédits bancaires, le Golfe du Mexique est sinistré par la plus grande catastrophe écologique de l’histoire, bref rien d’encourageant dans l’horizon.&lt;br /&gt;Obama et ses conseillers ont donc dû se rendre à l’évidence qu’avec toutes ces perspectives plus sombres les unes que les autres, ils ne pouvaient pas se permettre d’avoir sur le dos le Lobby, compte tenu de son influence inégalable sur l’issue des élections américaines.&lt;br /&gt;Pour revenir au sujet qui nous intéresse, c'est-à-dire le processus de paix au Proche-Orient, le revirement de l’administration Obama prouve encore une fois que l’engagement américain est rythmé par les considérations de politique intérieure, plutôt que par les grands principes de justice, de paix ou de concorde internationale. En un mot, on n’est pas sorti de l’auberge. Mais au fait, sortira-t-on un jour de l’auberge ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-5931841478123335652?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/5931841478123335652/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=5931841478123335652' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5931841478123335652'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/5931841478123335652'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/sortira-t-on-un-jour-de-lauberge.html' title='Sortira-t-on un jour de l&apos;auberge?'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-4617340600301726372</id><published>2010-07-08T08:55:00.000+02:00</published><updated>2010-07-08T08:56:28.099+02:00</updated><title type='text'>La mission précise d'Avigdor Lieberman</title><content type='html'>Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, n’a pas une très haute idée de son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. L’ancien videur de boîte de nuit, devenu ministre, a officiellement le titre mais, de fait, il n’a pas la fonction. Pour être franc, ce n’est vraiment pas une incongruité en Israël. Dans ce pays, n’importe qui peut devenir quelqu’un. Il suffit de créer un parti autour du thème « la terre appartient aux Israéliens et non aux Palestiniens », de faire des discours démagogiques, de défendre les colonies et de pourfendre les Arabes pour devenir une personnalité politique et influer sur les choix de l’Etat israélien.&lt;br /&gt; L’exemple le plus parfait est celui d’Avigdor Lieberman qui, fatigué du travail ingrat de videur de boîte de nuit, a décidé de créer son parti « Ysrael Beitenu » (Israël notre maison), et, sans perdre trop de temps, il est devenu carrément ministre des Affaires étrangères. Mais ce changement radical dans la vie de l’émigré moldave n’a pas transformé, cela va sans dire, son excès de muscles en un trop plein de matière grise, comme il n’a pas cessé de le démontrer chaque fois qu’il ouvre la bouche. &lt;br /&gt; Netanyahu, qui lui-même ne risque pas d’être étouffé par un excès d’intelligence ou de clairvoyance, n’a donc pas une très haute idée de son ministre des Affaires étrangères et il est en train de le marginaliser en lui retirant les dossiers les plus épineux. Mais il ne peut pas le « vider », pour ainsi dire, du gouvernement, car le Lieberman est le chef d’Ysrael Beitenu, troisième parti du pays, avec plus de poids que le parti travailliste, et par conséquent son renvoi pourrait déstabiliser tout le gouvernement, et peut-être même provoquer des élections anticipées que le Likoud n’est pas assuré de remporter.&lt;br /&gt; Les deux sujets les plus urgents à traiter par la diplomatie israélienne actuellement sont les relations avec les Etats-Unis d’un côté et avec la Turquie de l’autre.&lt;br /&gt; Le dossier des colonies et son implication sur les relations avec Washington est confié au ministre de la défense, Ehud Barak, qui est, semble-t-il, en pleine négociation avec les responsables américains sur le sujet. Mais là, Avigdor Lieberman ne se sent pas particulièrement humilié. Il est même un peu soulagé, car il aurait été un peu trop grotesque qu’un colon (Lieberman habite dans une colonie en Cisjordanie) soit chargé de négocier un dossier si délicat avec Washington. Les Américains, qui d’ailleurs ne veulent ni voir ni entendre parler de Lieberman, auraient pris cela pour une mauvaise plaisanterie. &lt;br /&gt; Le dossier de la Turquie a été confié par Netanyahu à son ministre de l’industrie, Benyamin Ben-Eliezer, qui a rencontré secrètement, la semaine dernière à Bruxelles, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Tout ministre des Affaires étrangères qu’il est, Lieberman a appris cela par la presse. &lt;br /&gt; Mais si en tant que colon, il est soulagé de voir le dossier des colonies discuté par un autre avec Washington, en tant que ministre des Affaires étrangères, il est entré dans une fureur noire d’apprendre que pour ce qui est du dossier relatif à la Turquie, il a joué malgré lui le rôle de dindon de la farce. Dans un communiqué rendu public, Lieberman a considéré cela comme « une insulte et un coup dur pour la confiance entre le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre. »&lt;br /&gt; Lieberman s’est ressaisi du dossier turc et est en train de le résoudre à sa manière en utilisant tous les moyens, sauf ceux de la diplomatie bien sûr. Pour lui, résoudre le problème qui empoisonne les relations turco-israéliennes, c’est répéter sur tous les tons et tous les fronts que ce n’est pas à Israël de s’excuser, mais à la Turquie, qu’Israël ne s’excusera jamais et ne paiera aucune compensation pour les neuf Turcs tués dans les eaux internationales par les commandos israéliens, que la Turquie menace l’existence d’Israël par son soutien aux activistes du bateau de la paix, et autres balivernes plus délirantes les unes que les autres.&lt;br /&gt; Dans ce cas précis, Avigdor Lieberman est en train de se comporter comme quelqu’un chargé d’une mission précise : détruire le dernier lien qui lie encore Israël à la Turquie afin de parfaire l’isolement du pays dans la région du Moyen-Orient. Il y a un tiers de siècle, Israël était l’allié stratégique des deux plus grands et plus puissants pays du Moyen-Orient : l’Iran du Chah et la Turquie. Après avoir perdu l’Iran, les Israéliens sont en train de tout faire pour perdre encore la Turquie.&lt;br /&gt; Le plus étonnant est que les Israéliens trouvent encore toute l’aide nécessaire de la part des Américains et des Européens pour poursuivre dans cette voie sans issue. Il n’y a qu’à entendre les critiques acerbes des congressistes américains et les menaces qu’il profèrent contre la Turquie, et les justifications qu’ils trouvent à l’attaque israélienne contre le bateau de la paix dans les eaux internationales. Ou encore les Européens qui s’inquiètent des nouvelles orientations de la Turquie qui « tourne son dos à l’Occident ». Encore une confirmation d’une vérité expérimentée depuis longtemps dans la région : quiconque demande des comptes à Israël doit s’attendre à voir ses relations avec l’Occident perturbées.&lt;br /&gt; Tout se passe comme si plus Israël s’isole, plus il est soutenu par ses « amis » américains et européens. Le pacifiste israélien Uri Avnery a soutenu l’idée qu’il y a « des antisémites au pouvoir en Israël » qui oeuvrent pour la destruction du pays. Le soutien que ces destructeurs continuent de recevoir outre Atlantique et outre Méditerranée est pour le moins troublant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-4617340600301726372?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/4617340600301726372/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=4617340600301726372' title='0 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4617340600301726372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/4617340600301726372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/la-mission-precise-davigdor-lieberman.html' title='La mission précise d&apos;Avigdor Lieberman'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-8138102553348552623</id><published>2010-07-05T22:44:00.000+02:00</published><updated>2010-07-05T22:45:12.903+02:00</updated><title type='text'>Feindre d'avancer tout en piétinant sur place</title><content type='html'>En mars dernier, le vice président américain, Joe Biden, qui se qualifie lui-même de « sioniste », arrivait à Tel Aviv. En guise de cadeau de bienvenue, les Israéliens annonçaient une extension des colonies. Fureur à Washington, non pas parce que le gouvernement Netanyahu continue de déposséder les Palestiniens de leurs terres, mais pour l’humiliation infligée au numéro deux de l’exécutif américain et l’un des plus grands amis d’Israël.&lt;br /&gt; Le même mois, Netanyahu était reçu à la Maison blanche. La blessure était encore vive et le chef du gouvernement israélien eut droit à un accueil glacial. Pas de photographes, pas de cameramen, pas de conférence de presse commune, pas de communiqué commun. La presse américaine, soucieuse de rester dans les bonnes grâces du Lobby, s’en était prise à l’administration Obama d’avoir osé traiter ainsi un si précieux allié comme s’il était « un dictateur du tiers monde »… &lt;br /&gt; Ce qu’il faut noter ici, c’est que la fureur américaine de mars dernier n’avait rien à voir avec le problème de fond, c'est-à-dire la colonisation, mais avec le « timing » de l’annonce de l’agrandissement des colonies. Sachant cela mieux que tout autre, Netanyahu s’était alors excusé du « timing », et non du fond du problème. Car Israël ne s’excuse pas de la colonisation sans risquer de remettre en cause la nature même de son Etat. Un Etat colonial digne du XIXe siècle, mais qui n’a pas sa place au XXIe. &lt;br /&gt; Entre temps, beaucoup de logements pour colons israéliens ont été construits sur des terres palestiniennes, et beaucoup d’expropriations ont été décidées, notamment à Jérusalem, sans que cela ne provoque le moindre émoi dans les cercles gouvernementaux américains.&lt;br /&gt; Les relations semblent de nouveau au beau fixe, puisque Netanyahu sera accueilli aujourd’hui même à la Maison blanche, mais cette fois les photographes et les cameramen seront là et l’on aura même droit peut-être à une conférence de presse commune où l’on nous parlera encore une fois du désir ardent d’Israël de conclure la paix avec ses voisins, de la détermination des Etats-Unis à aider à la création d’un Etat palestinien et autres promesses de ce genre qui, bien entendu, n’engagent que ceux qui y croient…&lt;br /&gt; Quels changements ont-ils eu lieu entre la rencontre de mars dernier et celle d’aujourd’hui à la Maison blanche ? Rien, sinon que la réalité sur le terrain s’est aggravée un peu plus, rendant encore plus difficile la création de l’Etat palestinien. Le président américain et le Premier ministre israélien ont-ils des choses si nouvelles et si importantes à se dire au point que cela nécessite le déplacement de celui-ci de Tel Aviv à Washington ? Il est permis d’en douter.&lt;br /&gt; Netanyahu étant ce qu’il est, on peut être sûr que tout ce que va lui dire aujourd’hui Obama tombera dans l’oreille d’un sourd. Et les Etats-Unis étant ce qu’ils sont, on peut être sûr aussi que pas la moindre pression ne sera exercée sur le chef du gouvernement israélien pour qu’il accorde un peu plus d’importance à ce qu’on lui dit à Washington au cours de ses visites. &lt;br /&gt; D’ailleurs la rencontre décisive de Netanyahu n’est pas celle qu’il va avoir le 6 juillet,  avec Obama à Washington, mais celle qu’il aura le lendemain 7 juillet à New York avec le Lobby. Décisive dans le sens où le comportement de l’Etat israélien ne sera pas déterminé par ce qui va se dire à la Maison blanche entre Obama et Netanyahu, mais par ce qui se dira entre celui-ci et le Lobby.&lt;br /&gt; Il y a tout lieu de croire que le Lobby s’appliquera à encourager Netanyahu à persévérer dans la stratégie israélienne qui se poursuit pendant des années et qui consiste à feindre le mouvement en avant, tout en piétinant sur place. En d’autres termes, Netanyahu sera encouragé à accélérer le rythme de la colonisation afin d’atteindre le but ultime recherché : rendre géographiquement, ou plutôt territorialement impossible la création d’un Etat palestinien.&lt;br /&gt; Quiconque veut voir honnêtement et objectivement les choses telles qu’elles sont aujourd’hui, il ne peut que conclure qu’il y a bel et bien une course frénétique contre la montre qui se déroule aujourd’hui dans les territoires palestiniens occupés. Une course entre la colonisation rampante de la Cisjordanie et de la ville sainte de Jérusalem d’une part, et les pressions internationales en vue de la création d’un Etat palestinien d’autre part.&lt;br /&gt; Jusqu’à présent, cette course est fondamentalement inégale. Elle ressemble à celle engagée entre un coureur dopé d’anabolisants et déterminé à gagner coûte que coûte, et un autre assez peu motivé et qui ne semble pas intéressé outre mesure par l’enjeu de la course.&lt;br /&gt; Demain à New York, Netanyahu ira chercher les anabolisants chez le Lobby afin de doper encore plus les ardeurs colonialistes de son gouvernement, à supposer qu’elles aient besoin encore de dopage. Après avoir écouté les vœux pieux de la Maison blanche, il recevra les appuis et les soutiens les plus concrets du Lobby. &lt;br /&gt; Il ne faut donc pas s’étonner d’entendre les responsables israéliens parler sur tous les tons de leur désir de paix. C’est pour faire patienter la galerie jusqu’au moment décisif, c'est-à-dire jusqu’au moment où le monde entier se rendra compte que les composantes fondamentales nécessaires à la création d’un Etat palestinien (le peuple et la reconnaissance internationale) sont bien là. Mais manque l’essentiel : le territoire. &lt;br /&gt; Les Palestiniens sont les premiers à être conscients de cette triste réalité. Que peuvent-ils faire d’autre sinon refuser tout dialogue direct avec l’occupant qui continue d’avaler leur territoire un arpent après l’autre. Privés d’un si précieux partenaire sur leur scène théâtrale, les Israéliens remuent ciel et terre pour faire revenir les Palestiniens à leur rôle de dindon de la farce. Pour cela, Netanyahu n’a pas hésité à affirmer qu’il est prêt à se rendre à Ramallah.  Mais il n’a pas précisé s’il exige le tapis rouge.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36378163-8138102553348552623?l=lastas.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lastas.blogspot.com/feeds/8138102553348552623/comments/default' title='Post Comments'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=36378163&amp;postID=8138102553348552623' title='1 Comments'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8138102553348552623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/36378163/posts/default/8138102553348552623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lastas.blogspot.com/2010/07/feindre-davancer-tout-en-pietinant-sur.html' title='Feindre d&apos;avancer tout en piétinant sur place'/><author><name>Hmida Ben Romdhane</name><uri>http://www.blogger.com/profile/16532525399361528391</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='23' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_yEqEioR24QQ/SctFx1XJ0hI/AAAAAAAAAAw/FQ1aYFLg6Is/S220/HMIDA-1.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-36378163.post-7185960951359198714</id><published>2010-07-03T11:06:00.000+02:00</published><updated>2010-07-03T11:07:51.018+02:00</updated><title type='text'>Les deux mots que le monde entier attend</title><content type='html'>Il y a des pays si discrets, si pacifiques, si occupés à surmonter les problèmes de la vie quotidienne qu’on en entend rarement parler. Ils occupent une place très marginale dans l’actualité internationale et ne s’en plaignent pas. La Jordanie est un exemple type. Démunie de richesses minières et énergétiques, avec une population à 60% d’origine palestinienne, l’unique objectif que semble avoir la Jordanie est de compenser l’avarice de la nature à son égard par le travail et l’effort continus.&lt;br /&gt; Si l’on examine l’actualité des quarante dernières années, on constatera que la Jordanie n’a été propulsée de manière spectaculaire sur la scène internationale qu’à deux reprises : en septembre 1970 lors de la confrontation sanglante entre l’armée jordanienne et les combattants palestiniens, et en octobre 1994 lors de la signature de l’accord de paix israélo-jordanien.&lt;br /&gt;  Pour Washington, c’est connu, la seule chose qui compte au Moyen-Orient, c’est la sécurité d’Israël. Par conséquent, pour la diplomatie américaine, il n’y a pas de pays arabes discrets ou pacifiques. Tous les Arabes sont suspects d’inimitié et de mauvaises intentions envers Israël, et il convient donc de les surveiller de très près. Aux yeux des Américains, l’accord jordano-israélien d’octobre 1994 ne change rien à l’ordre des choses, les Jordaniens sont tout aussi suspects que les autres et subissent actuellement de la part des Etats-Unis des pressions insolites, pour ne pas dire absurdes.     &lt;br /&gt; De quoi s’agit-il ? La Jordanie, on insiste, est dépourvue de la moindre ressource énergétique et ses finances subissent annuellement une véritable hémorragie rien que pour assurer les besoins du pays en électricité. Des milliards de dollars sont déboursés chaque année par le royaume pour acheter l’électricité. Et puis un jour, en 2007, c’est le soulagement. La Jordanie découvre quelque part dans son vaste désert une mine d’uranium qui contient 65000 tonnes du précieux minerai, classée 11eme dans le monde.&lt;br /&gt; Quoi de plus naturel dans ces conditions que de s’engager dans la construction de réacteurs nucléaires, enrichir l’uranium et l’utiliser dans la production de l’électricité ? C’est ce que la Jordanie a fait en lançant un appel d’offres international pour la construction d’un réacteur de 1100 mégawatts, le premier d’une série de réacteurs qui permettraient dans un premier temps au pays de satisfaire ses besoins en électricité et, dans un deuxième temps, d’exporter l’énergie électrique à ses voisins, et ce ne sont pas les acheteurs qui manquent. Les Jordaniens commencent à rêver puisque non seulement ils feront l’économie de milliards de dollars en n’important plus d’électricité, mais ils vont, dans un proche avenir, engranger les devises en devenant exportateurs…&lt;br /&gt; Tout allait bien jusqu’au jour où la diplomatie américaine fit irruption. La Jordanie est priée d’oublier ses mines d’uranium. En tant que signataire du traité de non prolifération, elle a le droit de développer un programme nucléaire civil, de construire un réacteur pour produire l’électricité, mais l’uranium enrichi nécessaire devrait être acheté sur le marché international et non produit localement. C’est en gros le message de la diplomatie américaine au royaume hachémite.&lt;br /&gt; On comprend la fureur du roi Abdallah II. L’opposition américaine à ce que la Jordanie enrichisse elle-même l’uranium découvert dans son désert, équivaut à un blocage d’une importante perspective de développement pour le Jordaniens qui ont commencé à rêver d’une amélioration de leur niveau de vie. Les Jordaniens devraient rester dans l’état où ils sont parce qu’Israël a des insomnies chaque fois q’un pays arabe ou musulman se tourne vers l’énergie nucléaire. &lt;br /&gt; Le roi Abdallah soupçonne Israël évidemment d’être derrière les pressions américaines, et ses soupçons sont parfaitement fondés. Car sans les jérémiades israéliennes, les Etats-Unis n’auraient même pas eu l’idée d’interpeller les Jordaniens pour la simple raison qu’ils ont décidé d’exercer un droit que le TNP accorde à tous les pays signataires.&lt;br /&gt; Ces pressions américaines absurdes soulèvent plusieurs questions. Pourquoi refuser à la Jordanie le droit élémentaire d’enrichir à 20% son propre uranium, puisque que, en tant que pays signataire du TNP, toutes ses installations et activités nucléaires seront étroitement surveillées par les insp
